Page 142 - La Guerre Sainte par John Bunyan
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Seigneur Volonté. Il y avait eu tant d'alliances entre ceux de la ville
et les Diaboloniens, qu'il semblait à peu près impossible d'extermi-
ner tous les ennemis de l'Âme.
Lorsque Diabolus fut capturé et chassé, Sécurité charnelle disparut,
pensant qu'il serait prudent de se faire oublier. C'était là un sage
raisonnement:
Après une absence prolongée, il sortit de sa retraite avec précau-
tions. Il fut très prudent et, d'abord, ne se mêla qu'au peuple, van-
tant la gloire et la puissance de la ville qu'il déclarait imprenable dé-
sormais. Ses discours plurent, et il en éprouva une grande satisfac-
tion. Il se mit ensuite à chanter la valeur des capitaines, la puis-
sance des armes, la solidité des fortifications de la Ville, à chanter la
bonté d'Emmanuel qui avait promis un bonheur éternel à la Cité.
Ensuite, il essaya de gagner la faveur des particuliers de marque.
Et, bientôt, toute la Ville se laissa prendre aux beaux discours qui
résonnaient si agréablement à ses oreilles. Elle éprouva à son tour
ces sentiments de sécurité charnelle qui endorment la vigilance, vi-
gilance d'autant plus nécessaire que des Diaboloniens étaient tou-
jours dissimulés et actifs en son enceinte. Les habitants firent des
festins que ne présidait plus Emmanuel, bien qu'il habitât toujours
dans la ville. Les gouverneurs aussi se laissèrent prendre au babil-
lage incessant et flatteur de « Sécurité charnelle » qui chatouillait
agréablement leurs oreilles. Cependant tous avaient entendu les
avertissements répétés d'Emmanuel. Il leur avait dit que la force de
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