Page 141 - La Guerre Sainte par John Bunyan
P. 141
pas de jour ne se passait qu'Il n'allât voir les anciens ou qu'ils ne
vinssent le voir. Ils avaient besoin de parler ensemble des grandes
choses accomplies et de celles qui étaient encore en son Coeur pour
la Cité. Il allait par les rues, les jardins, les vergers, guérissant les
malades, bénissant, disant quelques paroles aimables. Il voyait aus-
si ses capitaines quotidiennement. Un sourire d'Emmanuel leur don-
nait force et vigueur plus et mieux que quoi que ce soit d'autre,
sous les cieux. Pas de semaine ne se passait que le Prince ne reçût
les habitants à sa table, ou qu'Il ne fût reçu chez eux. Tous les jours
maintenant étaient jours de banquet spirituel. Et quand ils rega-
gnaient leurs demeures ils emportaient toujours quelque présent
royal. Si les Anciens n'allaient pas au château, Emmanuel leur en-
voyait des vivres de la Cour: du pain et du vin de la table du Père.
Si les habitants de la Cité espaçaient leurs visites, Lui allait vers
eux, frappait à leurs portes, attendant qu'on lui ouvrît, apportant
avec soi quelque marque de son amour et de sa faveur.
On n'entendait plus que cantiques de louanges dans la Ville. Tout
était allégresse, bonheur, tranquillité. Emmanuel avait installé un
nouveau Chef dans la Cité: la Paix de Dieu. Plus de disputes, de
querelles, tout était harmonie, joie, santé. Cet état de chose dura
tout l'été.
Mais il se trouvait dans la ville un individu nommé Sécurité char-
nelle, il entraîna les habitants en un triste esclavage. Diabolonien
par son père, il était par sa mère, Lady Ne craint rien, petit-fils du
139