DICTIONNAIRE DE LA BIBLE

ou

CONCORDANCE RAISONNÉE DES SAINTES ÉCRITURES

 

JEAN-AUGUSTIN BOST 1849

corrigé, rénové, et augmenté de plusieurs notes

 

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 annotations en italique par Jean leDuc 2014

avec la gracieuse permission du site GoDieu.com

 

CONCORDANCE EXHAUSTIVE BIBLE DE MACHAIRA - CONCORDANCE THÉMATIQUE BIBLE MACHAIRA

 BIBLE MACHAIRA AVEC CODES STRONG - CONCORANCE STRONG AVEC LEXIQUES HÉBREU ET GREC

DICTIONNAIRE HÉBREU-FRANÇAIS - DICTIONNAIRE GREC-FRANÇAIS

 

 

A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - X - Y - Z


AVERTISSEMENT: D'extraordinaires TRÉSORS bibliques demeurent toujours cachés aux francophones. Des outils en or tel que ce dictionnaire qui a été traité par un logiciel de reconnaissance de texte et sommairement corrigé, c'est-à-dire, qu'il n'a pas subit une correction minutieuse mot à mot, faute de valeureux ouvriers Christiens pour en faire la vérification et correction. Son texte peut donc contenir des erreurs typographiques involontaires (les nombres vérifiés et corrigés). Un supplément accompagnait ces deux tomes et fut intégré au texte.

 

CONTENANT, EN PLUS DE 4,000 ARTICLES:

1.             La Biographie sacrée;

2.             L'Histoire sainte;

3.             L'Archéologie biblique;

4.             La Géographie biblique;

5.             L'Histoire naturelle biblique, la Botanique, la Zoologie et la Géologie;

6.             L'Esprit de la législation mosaïque;

7.             Des Introductions spéciales aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament;

8.             Des Essais sur diverses portions des Écritures;

9.             L'Interprétation et l'explication d'un grand nombre de passages obscurs ou mal traduits;

10.          Des Directions pour l'étude de la prophétie, etc.

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DICTIONNAIRE DE LA BIBLE

             MM. Howeker, libraire à Amsterdam.

             L. Van Bakkenes, libraire à Amsterdam.

             Caarelsen et Comp., libraires à Amsterdam.

             Broese et Comp., libraires à Bréda.

             J. Van Golverdinge, libraire à La Haye.

             À la Librairie Évangélique, rue de l'Impératrice, 33, à Bruxelles.

             Dulau et Comp., libraires, Soho-Square, à Londres.

             Partridge et Oakey, 34, Paternoster Row, à Londres.

             Bagster and Sons, Paternoster Row, 15, à Londres.

             G. Bridel, libraire à Lausanne.

             Veuve Duret-Corbaz, libraire à Lausanne.

             Michaud, libraire à Neuchâtel.

             Ch. Twietmeyer, libraire à Leipzig.

 

PRÉFACE

Si la destructivité est peut-être le caractère dominant de notre siècle, si la destructibilité est le caractère de toutes les puissances qui cherchent sur la terre un point d'appui; s'il n'y a plus rien ici-bas qui soit aujourd'hui respecté, si tout est ébranlé, si les royaumes se dissolvent, si la propriété est menacée d'une transformation, si par quelques-uns la famille est niée au point de vue humanitaire; si la tiare pontificale, vulgairement appelée religion, est elle-même compromise, si les États de l'Église sont menacés dans leur existence comme les Églises de l'État, si les puissances les mieux établies semblent être à la merci du premier vent qui souffle, il reste encore une puissance que rien n'a jamais pu renverser, ni ébranler: une puissance qui n'a pu être détruite ni par les révolutionnaires français du dix-huitième siècle, ni par les révolutionnaires romains du douzième et du seizième; une puissance contre laquelle ont échoué les dragonnades de Louis XIV, et les flammes du clergé; une puissance qui a résisté à la force plus délétère encore de l'oubli, de l'indifférence, de l'ignorance, du mépris; une puissance que n'ont pu compromettre ni les moines oisifs des couvents, ni les moines furieux de l'inquisition, ni ceux qui élevaient leurs bâtards sur le trône des papes, ni ceux qui brûlaient Jean Huss; une puissance qui s'est montrée plus forte que les supplices, plus forte aussi que la corruption; une puissance enfin qui depuis dix-huit siècles toujours la même, toujours sereine et pure, préside à la chute de tous ses ennemis, offre à tous les malheureux d'ineffables consolations, et reste seule debout, seule forte, au milieu des débris nombreux qui jonchent la terre autour d'elle.

Cette puissance, c'est la Parole de Dieu.

Sa force, c'est de ne renfermer aucun alliage humain. Elle est esprit et vie. Insensible à toute action terrestre, elle grandit par ses revers comme par ses succès, à l'inverse de tous les pouvoirs matériels, ecclésiastiques ou civils, qui, souillés de terre, tombent par leurs succès non moins que par leurs revers.

Il semble que la société moderne commence à le comprendre; elle se détache toujours plus, et surtout en religion, de ces autorités sans force morale qui pendant longtemps ont voulu s'imposer à elle. Assez longtemps on lui a dit: Occupez-vous du matériel, je m'occuperai du spirituel. Et maintenant ce matériel lui pèse; elle s'en effraye; elle veut, elle aussi, s'occuper du spirituel; elle le cherche, mais où le trouvera-t-elle? Dans l'énervante et fade lecture des romans et des livres d'imagination? elle l'a essayé, et n'en veut plus. Dans les préoccupations politiques? elle l'a essayé, elle a espéré, elle n'a trouvé que déceptions. Dans la religion? mais laquelle? À laquelle donnera-t-on ce nom? Dieu a permis que celle que Voltaire appelait l'infâme, et que la main des hommes ne saurait détruire, se détruisît elle-même, qu'elle tombât de son propre poids, qu'elle arrachât elle-même le bandeau à ses prétendus sectateurs, et qu'elle leur dît: Je ne suis pas une puissance spirituelle, je ne suis qu'une puissance matérielle; je ne succomberai point; j'ai 300,000 baïonnettes pour me soutenir. Il a fallu (Dieu l'a permis) qu'elle se montrât non point la colonne et l'appui de la vérité, mais la fille des armes et du mensonge. Depuis longtemps on le soupçonnait, on le sait aujourd'hui. Qui recueillera son héritage?

Il n'y a plus que deux prétendants en présence, la Parole de Dieu, et l'incrédulité. Le grand nombre sans doute se rangeront dans les rangs de ce dernier, l'incrédulité, qui peut s'accommoder de toutes les formes religieuses, parce qu'elle a la conscience qu'elle les détruira toutes dès qu'elle le voudra. Le petit nombre se grouperont autour de la Parole de Dieu, et ils s'y grouperont tous, parce que l'idole que quelques-uns adoraient encore par habitude ou par préjugé, se décompose de jour en jour, et perd jusqu'à son prestige extérieur. Les âmes pieuses de toutes les communions sentent le besoin impérieux de s'unir entre elles et de se séparer du monde. L'unité factice, dont le pesant niveau a si longtemps écrasé les peuples et l'Église, ne suffit plus aujourd'hui, pas plus en religion qu'en politique; le temps des fictions est passé, parce que l'âge de majorité est venu. Une lutte sourde, un travail souterrain s'accomplit au sein de toutes les sectes de la chrétienté: le protestantisme n'est pas moins divisé que le catholicisme, quoique par sa nature plus spirituelle, il ait moins à souffrir à l'extérieur: dans aucun pays protestant on n'aurait songé à faire venir de la troupe pour imposer un pasteur à ses paroissiens. Mais si, chez nous, la lutte est plus théologique, plus ecclésiastique, moins mondaine, elle n'en existe pas moins; si le principe de la liberté, qui est la base de notre constitution comme Église, est lui-même notre sauvegarde contre les excès de la liberté, et ne nous protège pas contre l'incrédulité; sous ce rapport même, parce qu'on n'a pas l'habitude de se repaître de chimères, de se payer de mots, les déchirements intérieurs sont plus visibles, plus sensibles, plus apparents, et l'on peut compter et classer nos diverses Églises. Mais ce travail de décomposition, ce travail qui se fait partout, n'est que le prélude nécessaire de la recomposition: la déformation annonce non seulement une réformation, mais une transformation. L'énigme est posée, mais elle n'est pas encore résolue, le mot n'en est pas encore trouvé. Ce que l'on peut affirmer seulement, c'est que c'est autour de la Parole de Dieu que l'Église chrétienne se constituera, des fragments de tous ces corps qui auront été brisés entre les deux écueils de la superstition et de l'irréligion, du fanatisme et de l'incrédulité: la Parole de Dieu sera la seule autorité de l'Église nouvelle, parce que seule elle est infaillible et spirituelle, parce que son autorité a déjà subi toutes les épreuves sans ployer et sans rompre sous aucune. C'est même une chose assez remarquable déjà, quoiqu'on ne puisse pas en conclure tout ce que les prémices feraient attendre, que la Bible se soit créé un public en dehors du monde religieux qui fait reposer sur elle ses espérances et sa foi. Les sciences profanes, la philosophie, la philologie, l'histoire naturelle, étudient cet antique document d'un vieux monde passé, et viennent tour à tour lui rendre hommage; nos grands historiens cherchent dans la divinité la clef, le secret de l'histoire; c'est dans la religion que les littérateurs vont puiser leurs plus belles inspirations; les politiques, les économistes en appellent à la Bible, et les journalistes même, dans l'examen des questions sociales, empruntent à la législation hébraïque, aux discours de Jésus, aux enseignements des apôtres des arguments dont le point de départ, du moins, aurait bien étonné les encyclopédistes, et les désorienterait tout à fait s'ils n'avaient pas, pour se retrouver en chemin, le point commun d'arrivée et de but. La Bible a rompu les digues que les hommes avaient élevées pour la contenir, elle est entrée dans le domaine public, le principe de la réforme a triomphé comme triomphe toujours tout principe véritable; il reste maintenant à le développer, à l'appliquer. C'est le moment de la crise. Tous les partis ont fait cette expérience qu'il est plus aisé de remporter une victoire que d'en profiter, et que l'organisation définitive est bien rarement accomplie par les mêmes mains qui ont fait la conquête.

Quels que soient les hommes nouveaux de cette œuvre nouvelle, et quels que soient leurs devoirs, ce n'est que dans la Bible qu'ils pourront trouver et leur raison d'être et leurs moyens d'action. Ils ne seront pas appelés à créer ou à inventer; leur but peut être immense, mais leur tâche continuera d'être modeste; ils auront à comprendre la théologie, à l'appliquer, mais ils ne pourront pas en faire une nouvelle. Ils devront autant se garder de faire quelque chose de moderne, que d'évoquer les traditions de l'ancienne scolastique. La simple, mais consciencieuse et savante étude de la Bible doit toujours plus devenir à cet égard le grand juge des controverses, la règle de la foi, le mobile de la vie; et cette étude n'est autre que la théologie. Qu'il y ait encore bien des choses à comprendre, et même à apprendre, c'est ce qui est évident pour tous ceux qui n'auront pas un parti pris d'avance de ne rien apprendre, et de ne rien oublier. L'étude des prophéties et plusieurs points de la dogmatique renferment des obscurités qui ne doivent point être éternelles, et l'on ne saurait avoir tout dit, quand on a dit: C'est un mystère. Dans la pratique le degré du renoncement à soi-même, le degré de l'amour que l'on doit avoir pour son prochain (degré est un triste mot pour des choses qu'on aime à se représenter comme devant être sans limites), les rapports des hommes les uns avec les autres, des riches avec les pauvres, les droits et les devoirs d'un État chrétien, le point où la désobéissance à l'État devient un devoir pour le chrétien (dans la question du service militaire par exemple), les divertissements légitimes, etc., sont autant de sujets sur lesquels il faut réfléchir encore, autant de points sur lesquels la théologie prononcera plus sûrement encore quand elle sera débarrassée des préoccupations personnelles, des langes du passé, et de l'ignorance accidentelle ou systématique de ceux que l'on pourrait quelquefois croire ses représentants.

La théologie! ce mot ne sera guère bien vu de tout le monde. On l'a condamné pour l'abus qu'on en a fait. Aux uns il rappelle la scolastique du moyen âge; pour les autres il est le synonyme d'idéologie; c'est pour plusieurs une vaine théorie, une science faussement ainsi nommée, la foi sans les œuvres, ou une pédantesque érudition. C'est une chose assez ordinaire de faire porter aux systèmes la peine des fautes de leurs partisans; le christianisme a été attaqué souvent à cause de la conduite des chrétiens; la théologie, au même titre, a dû pâtir des fautes des théologiens; mais l'imputation n'est pas plus juste dans un cas que dans l'autre. La théologie ne diffère pas plus du christianisme que la foi ne diffère des œuvres; la théologie c'est le christianisme acquérant la conscience de lui-même; la théologie c'est l'étude des saintes lettres, la contemplation de Dieu en Jésus-Christ.

Sans doute on pourra dire encore qu'en définitive la théologie n'est que de la théorie; mais ce que l'on ne dira pas, c'est le mal qu'un semblable indifférentisme a fait à l'Église. Ce dédain pour la science théologique est tout aussi légitime que le serait le mépris du voyageur pour celui dont les rêves ont imaginé l'application de la vapeur à la mécanique. On peut se passer de la science théologique comme on peut se passer des élucubrations astronomiques de tous ceux qui ont tracé et calculé la marche des astres; ils ont travaillé dans le ciel, et les praticiens sont sur la terre. Comme science, la théologie n'est sans doute pas le christianisme, mais elle en est à la fois l'avant-garde, et la sauvegarde. La théologie a souvent fait fausse route, mais qui nous dira combien de fois l'ignorance s'est jetée dans les travers du mysticisme ou de l'incrédulité? Qui nous dira les écueils contre lesquels sont venues se heurter des âmes simples et sérieuses naviguant sans la connaissance des eaux? Qui nous dira combien de fois, en marchant sur cette terre inconnue, à tâtons au milieu de précipices dont rien n'indiquait la présence, des âmes pieuses et des Églises entières ont versé pour ne se relever qu'avec peine, ou ne point se relever, et compromis ainsi une cause qu'elles voulaient servir avec zèle, mais sans connaissance? Qui nous dira jusqu'à quel point cette ignorance n'a pas, de nos jours encore, fatalement influé sur la durée, la profondeur et la réalité du réveil religieux, dont on avait pu concevoir tant et de si belles espérances! Pourquoi si peu de fruits après tant de fleurs? Ah! sans doute, lorsque la foi est ce qu'elle doit être, vive, enfantine et pure, elle peut suppléer à la connaissance, parce qu'elle est elle-même la démonstration des choses qu'on ne voit point. Mais elle ne le peut qu'à la condition d'être entière et sans tache ni défaut. Elle ne le peut aussi que parce qu'il est dans sa nature même de ne point rester incomplète, mais de s'agréger la connaissance, de s'approprier la science, de croître en s'assimilant tous les éléments de la révélation. Elle ne veut perdre aucune des paroles qui lui ont été données comme «propres à enseigner, à instruire, à convaincre, pour que l'homme de Dieu soit accompli, et parfaitement instruit pour toute bonne œuvre.» Elle ne se contente pas de connaître en partie, elle aspire à connaître parfaitement. Du jour où l'ignorance cesse de lui peser, c'est que l'indifférence a commencé; c'est que la foi languit; alors cette plénitude de vie et de force qui la soutenait au milieu des difficultés de la route l'abandonne; alors aussi cette connaissance qui était pour elle un besoin intérieur, devient pour elle, bon gré mal gré, un besoin extérieur. La force qui lui manque au-dedans, il faut qu'elle la retrouve au dehors; après comme avant, à la foi il faut ajouter la science. C'est une nécessité pour l'individu comme pour l'Église.

Il suffirait d'ailleurs pour s'en convaincre de consulter l'état de nos paroisses, ou de lire quelques-uns de ces pâles sermons, maigres, étiques, sans substance, dont on les repaît si habituellement en tant de lieux. De la morale, de la dogmatique, délayée en trois points filandreux, de bons vœux, sans doute, parfois des descriptions pathétiques, de touchants tableaux, mais le retour invincible aux lieux communs, au cadre tout fait, au moule convenu, enfin l'horreur des questions élevées et précises, scientifiques et complètes; voilà ce qui leur a valu depuis un certain nombre d'années cette réputation de somnolence dont ils auront de la peine à se débarrasser. Et pour peu que cela continue quelque temps encore, nous n'aurons bientôt plus grand chose à envier sous ce rapport aux prônes des curés de village; nous aurons même le pittoresque de moins. Les paroisses de leur côté, ou plutôt les paroissiens, ne cessant d'entendre les mêmes choses sous toutes les formes, et ne distinguant plus les sermons que par les textes, ne tardent pas à s'imaginer qu'ils en savent aussi long que leurs conducteurs, et partant ils cessent d'étudier l'Écriture; bientôt ils cessent même de la lire; ils ne fréquentent plus le culte, ou s'ils le fréquentent encore, ce n'est que par accident. On a des anciens qui ne connaissent plus, même les éléments de la vérité religieuse, et des catéchumènes dont l'unique préoccupation, puisqu'ils en savent autant que leurs pères, est d'avoir vite expédié la formalité de l'instruction religieuse. Il en est sans doute autrement dans les grands centres, où, sur le nombre, il s'est conservé un noyau vivant de ces chrétiens de la vieille roche qui veulent encore que la Bible soit étudiée comme elle doit l'être, sérieusement et à fond; et ce qui prouve le mieux en faveur de l'idée sur laquelle nous croyons devoir insister, c'est ce double fait que, partout, ceux qui ont la foi cherchent à la nourrir et à la fortifier par l'étude de l'Écriture, partout aussi, ceux qui n'ont pas la foi négligent jusqu'à la simple lecture de la Parole de Dieu.

Et qu'on ne dise pas que cette étude suffise à elle seule et sans aucune espèce de secours. L'Écriture a beau être simple et claire comme le jour, pour tout ce qui concerne les points essentiels de la morale et de la foi, elle n'en renferme pas moins des difficultés de fait, matérielles, résultant pour nous des temps et des lieux où elle a été écrite. On dira sans doute, pour pouvoir continuer de dormir, que les détails importent peu lorsqu'on est sûr de l'ensemble, et que, pourvu que les points fondamentaux soient solidement acquis, et clairs à entendre, on peut se passer de l'intelligence de tout ce qui n'est que matériel, lettre, et non esprit. Avec ce faux spiritualisme, invoqué déjà par les docètes, avec cette spirituelle paresse, avec ce dédain pour les faits et pour les détails, on ira, et l'on a été déjà plus loin qu'on ne voulait. Le Verbe éternel du Père a été mis dan un corps humain: les Juifs n'ont crucifié que la matière. La Parole divine a été incarnée dans un livre: ceux qui le brûlent ne brûlent que la matière, du papier. On reconnaît la divinité du Saint-Esprit, mais on nie sa personnalité; on garde l'esprit, on ne repousse que la forme: on n'a plus qu'un pas à faire pour prétendre, avec Strauss, conserver l'esprit du christianisme et rejeter le Christ historique, le mythe, la forme, la matière. Mais, comme en général on est trop faible, trop inconséquent pour pousser jusqu'au bout les principes, on taxera d'exagération ces déductions, car la pratique habituelle ne les justifie pas. Eh bien! l'on aura autre chose. Vous aurez un bon frère du Béarn qui lira, dans une assemblée chrétienne, la parole de Jacques: «L'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement», et qui, pour tout commentaire de la doctrine de l'apôtre, vous dira simplement «qu'il y a là sans doute une faute d'impression.» Vous aurez tel autre bon frère de la Suisse française, qui fera un commentaire de dix minutes sur la chrétienne naïveté de saint Paul qui nous dit: «Il vaut mieux se marier que de se brûler.» Vous aurez surtout cette foule de petits docteurs qui ont le bonheur de ne douter de rien, qui, non seulement, ne diront pas avec Socrate: Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien; mais qui ne diront pas même avec saint Paul: Je ne veux savoir autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. Docteurs irréfragables, mais non pas angéliques, ils savent tout, affirment tout, et n'admettent pas même qu'on puisse avoir un autre sentiment que le leur. Si vous leur faites quelque objection, ils vous citeront, avec plus de mémoire et de piété que d'intelligence et de sens, une foule de passages qu'ils comprendront peu, mais dont ils refuseront de discuter la signification réelle; genre de controverse facile, et dont on trouve des exemples ailleurs que chez ceux qui sont simples de langage, de fortune, de titres ou de position. Et si c'est à l'orthodoxie qu'on peut surtout adresser ce reproche, c'est que, seule aussi, elle risque de tomber dans cet excès: l'indifférence religieuse a tout l'aplomb de la sagesse et les plus parfaits dehors de la langueur et du marasme. Les uns ont un zèle sans connaissance, on le leur reproche souvent; les autres n'ont ni zèle ni connaissance, et c'est ainsi qu'ils se maintiennent en équilibre. Les premiers lisent la Bible, mais ils ne l'étudient pas; les autres ne lisent rien, ou bien ils lisent des romans ou des journaux. Il serait instructif, sous ce rapport, de comparer le nombre des protestants de langue française, avec l'écoulement moyen des publications qui leur sont adressées, en ne prenant même que les publications hors ligne par le talent, et qui s'adressent à toutes les intelligences, à toutes les consciences, à toutes les convictions. Quoi qu'il en soit, on lit peu; on ne se nourrit pas, il semble que chacun tienne à ne se plus nourrir que de sa propre substance, et l'on aura beau dire, ce ne sera jamais une nourriture fort substantielle; les individus languissent, et l'Église! l'Église elle-même, elle a fait ses preuves, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle languit aussi, c'est qu'elle est affaiblie, c'est que ces temps généreux et forts des Dubosc, des Jurieu, des Basnage, des Dumoulin, des Drelincourt, des Duplessis-Mornay, sont passés et n'ont laissé aux siècles qui devaient suivre qu'un souvenir toujours vénéré, mais qu'on n'a ni le courage, ni parfois même le désir d'imiter.

Nous possédons d'excellents ouvrages de controverse, de dogmatique, d'histoire, d'excellents recueils de sermons; notre littérature religieuse a des richesses de circonstance: elle possède aussi quelque travaux d'un intérêt général, mais il y en a peu dans le nombre qu aient directement pour objet l'étude et l'explication de l'Écriture sainte.

Cette lacune, j'ai essayé de la combler, du moins en partie. L'empressement avec lequel l'annonce de cette publication a été reçue presque généralement, prouve qu'un travail de ce genre était désiré, et que le Dictionnaire de la Bible répond à un besoin réel et senti. L'ouvrage est maintenant entre les mains du public; je n'ai plus à en expliquer la nature, et chacun pourra voir si j'ai réalisé les promesses de mon prospectus. «Le Dictionnaire, disais-je, traite de tout ce qui est matériellement et naturellement obscur dans la Bible, des mœurs, des lieux, des hommes, des noms de plantes, d'animaux, de minéraux, etc. J'explique par un mot la signification des noms hébreux conservés dans les traductions, je rapporte les étymologies, les divisions, les opinions diverses; j'ai cherché à donner des définitions claires et précises, et à éviter tout ensemble les répétitions inutiles et la confusion qui résulterait d'une trop grande concision. — J'ai conservé la chronologie d'Ussérius. — J'ai cherché à mettre à profit la plupart des ouvrages de notre littérature religieuse, et comme mon travail a pour but l'instruction plus que l'édification proprement dite, ou plutôt, comme il se propose l'édification de l'Église par son développement intellectuel, je suis sobre de réflexions, mais je cite habituellement les ouvrages, dissertations, sermons, commentaires, etc., qui peuvent suppléer à ce que je suis forcé d'omettre ou d'abréger.» — Je n'ai pas consacré d'articles spéciaux aux noms de villes ou d'hommes qui ne se rencontrent que dans les listes généalogiques ou dans les tables géographiques, sans aucun détail qui les caractérise, parce qu'il n'y avait rien à en dire.

Le Dictionnaire de la Bible de dora Calmet, le Realvœrterbuch de Winer, la Biographie sacrée de M. Coquerel, ont été mis à profit pour la composition du présent travail, ainsi que les ouvrages spéciaux de l'Allemagne et de l'Angleterre, Harris, Horne, Hævernick, Hengstenberg, Tholuck, Olshausen, Schrœder, Harless, Steiger, etc. Quelques amis, MM. le comte de Saint-Georges, A. Bost, Fr. Chavannes, Arm, de Mestral, Chatelanat, Woringer, Golliez, etc., m'ont fourni des articles ou des renseignements utiles. Je dois en particulier à M. de Saint-Georges les deux importants articles Déluge et Création. Élève de l'École de Théologie de Genève, j'ai cru pouvoir aussi me servir sans indiscrétion des notes de mes anciens maîtres, auxquels je suis d'autant plus heureux de restituer publiquement une partie de ce qui leur est dû, que vu le caractère privé de ces emprunts, je n'ai pu citer chaque fois mes autorités, comme je l'ai fait lorsqu'il s'agissait de livres tombés dans le domaine public.

Sans doute ce travail, le premier de ce genre qui ait été entrepris dans notre Église, présentera des imperfections; je suis bien loin de me le dissimuler, mais je ne veux pas anticiper sur la critique, et surtout je ne veux pas me critiquer moi-même. Assez d'autres se chargeront de ce soin; et je ne doute pas qu'ils ne soient plus indulgents que je ne pourrais l'être et que je ne le suis réellement. Ils trouveront peut-être aussi que malgré ses imperfections, ce livre occupera une place utile dans toutes les maisons chrétiennes, et qu'il est de nature à rendre de vrais services aux familles et aux Églises.

 

Quoique j'aie évité les articles de dogmatique proprement dits, on s'apercevra aisément, et je ne m'en suis point caché, que mes convictions sont celles qu'on connaît généralement sous le nom d'orthodoxes, ou évangéliques. J'en bénis Dieu. Mais je ne le bénirais pas si, sous un rapport quelconque, j'étais un homme de parti; c'est là une première réserve. Je n'aime pas les partis, et je n'ai jamais su m'affilier à aucun; ils sont presque toujours faux, et les partisans risquent d'aliéner, entre les mains de leurs chefs, leurs doctrines, leur responsabilité, et leur spontanéité. Les partis creusent la tombe de l'Église, parce que l'Église ne vit que d'amour, les partis que de haine. — Je suis orthodoxe, mais je ne le suis que sous bénéfice d'inventaire; c'est ma seconde réserve; on la trouvera très simple, parce qu'elle ressort de l'idée même du protestantisme, mais aujourd'hui ce qui est simple et logique n'est guère à l'ordre du jour. Toutes les fois donc que, dans les 1200 pages de ce livre, je suivrai la route (d'autres diraient la routine) orthodoxe, je le ferai non point par devoir, ou comme un parti pris d'avance, mais par conviction personnelle et réfléchie, qu'il s'agisse d'une question d'authenticité, d'un miracle, ou d'une interprétation. — Enfin, et c'est ma troisième réserve, si pour moi l'orthodoxie est essentielle à la vie, elle n'est cependant point la vie. C'est sur ce point surtout que J'abonde dans le sens de cette vieille et vraie brochure de mon père: Christianisme et Théologie, dont l'apparition a fait tant de bruit et suscité tant de clameurs.

J'ai eu le temps de contracter bien des obligations depuis que j'ai mis la main à l'œuvre, et je saisis avec joie l'occasion de remercier ici collectivement les nombreux amis, connus et inconnus, qui m'ont aidé, les uns de leur collaboration, les autres par l'appui chaleureux et sympathique de lettres affectueuses auxquelles je n'ai pu répondre toujours, mais que je conserve comme un des plus doux souvenirs qui me restent de mon travail. Je dois en particulier des remerciements à mon collègue et ami M. le pasteur Bastie, qui a bien voulu se charger de revoir la plus grande partie de mon manuscrit; à M. Marc Ducloux dont le désintéressement a assuré la publication de cet ouvrage, et dont l'intelligente activité a su tenir plus encore qu'il n'avait promis; à M. Juste Olivier, enfin, l'ancien professeur de l'académie de Lausanne, le poète populaire qui, lorsqu'il chantait:

Il est doux, il est doux d'avoir une patrie,

Des montagnes, des bois, un lac, un fleuve à soi,

Vignes, vergers, champs d'or, fraîche et verte prairie,

Un cimetière en fleur, un autel pour sa foi!

O qu'il est donc amer d'errer à l'aventure,

Privé de tous ces biens!...

ne se doutait pas et ne pouvait guère se douter, qu'un jour ces paroles de l'exilé seraient les siennes, et qu'il ne pourrait plus chanter que de loin cette belle patrie où Dieu l'avait fait naître, et où ses compatriotes s'étaient habitués à voir en lui le chantre et l'historien naturel de leur nationalité.

Les circonstances, en le portant ailleurs, m'ont favorisé d'une collaboration qui m'a été d'autant plus précieuse qu'elle avait pour objet un travail minutieux et pénible, la surveillance et la vérification de détails que l'auteur est, moins que personne, à même de faire d'une manière convenable, et qui n'en exige pas moins tous les efforts d'une intelligence attentive et clairvoyante. M. Olivier a ainsi contrôlé, la Bible sous les yeux, toute cette multitude de chiffres qui y renvoient, afin de s'assurer que sur ce point capital, où, avec mon système de notation abrégée, le moindre faux trait de lettre ou de plume pouvait entraîner aisément et bientôt multiplier de graves erreurs, les épreuves n'en laisseraient pas subsister. Le lecteur peut donc avoir à cet égard une sécurité qui, surtout dans les ouvrages du genre du mien, est une chose assez rare en typographie, pour qu'il soit juste de la mentionner ici. — Deux ou trois passages, sur lesquels il y avait eu un malentendu, ont été rétablis dans le supplément.

Je m'arrête. Cependant encore un mot, un mot pour moi plus que pour le lecteur. Après dix années d'un travail pénible que n'encourageait pas même la perspective d'un heureux dénouement, il m'est permis d'être ému lorsque je vois enfin tous les obstacles aplanis, et cette entreprise, peu considérable pour d'autres, mais très importante pour moi, bien grande en comparaison de mes faibles forces, se réaliser au gré de mes désirs et au-delà de tout ce que j'eusse pu espérer. Pour la première fois depuis dix ans, je puis respirer à pleins poumons l'air pur de la campagne, et voir une amie dans cette reine des nuits qui s'incline à l'horizon, saluer avec joie ces premiers feux du jour qui tant de fois m'ont surpris dans un travail angoissé, qui me trouvent aujourd'hui traçant ces dernières lignes, le cœur plein de joie et de reconnaissance pour ce Dieu fidèle et bon qui seul m'a soutenu et conduit. J'ai fait une fois de plus la douce expérience de sa fidélité; j'ai compris une fois de plus qu'il vaut mieux se reposer sur l'Éternel que sur les principaux d'entre les hommes. C'est pour Lui que j'ai travaillé; c'est entre ses mains aussi que je remets avec confiance l'avenir de ce travail, le suppliant de le bénir pour l'Église comme il l'a béni pour moi-même.

 

Templeux-le-Guérard, le 3 juillet 1849, au matin.

J.-Aug. Bost.

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Dictionnaire de la Bible J.-A. Bost 1849-A

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AARON,

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Lévite, fils ou descendant de Hamram et de Jokébed, frère aîné de Moïse et cadet de Marie, Exode 6:20 Nombres 26:59, naquit en Égypte l'an du monde 2430, une année avant la loi cruelle qui ordonnait la destruction des enfants mâles des Hébreux. Il épousa Élisébah, qui lui enfanta quatre fils, Nadab, Abihu, Éléazar et Ithamar. On a fort peu de détails sur ses premières années, et c'est à l'âge de 83 ans seulement que commence pour nous son histoire. Doué d'une grande éloquence naturelle, il fut donné à Moïse pour porter la parole soit devant Pharaon, soit devant le peuple d'Israël, Exode 4:14-16. Il annonce à ses malheureux compatriotes les desseins de Dieu à leur égard; il leur promet une prompte délivrance, et dénonce au roi d'Égypte les châtiments qui l'attendent s'il refuse de se soumettre à la volonté de l'Éternel. Bientôt les deux frères accomplissent leurs menaces, et le peuple, délivré de la servitude, traverse la mer Rouge et s'avance dans le désert. Là, deux mois après, les Hébreux sont attaqués par les Hamalécites; Moïse monte sur une colline et prie: la victoire est au peuple qu'il conduit, aussi longtemps qu'il étend les mains vers le ciel. Mais Moïse est vieux, ses mains sont devenues pesantes, et Aaron son frère, ainsi qu'un autre ami, le soutiennent dans l'attitude de la prière, pendant que Josué combat dans la plaine, Exode 17:12. Après la promulgation de la loi, Aaron, suivi de ses deux fils aînés et de soixante-dix anciens d'Israël, accompagne Moïse sur le Sinaï. Il s'arrête en chemin avec ses amis; mais il peut voir de près et sans en éprouver aucun dommage, les signes glorieux par lesquels l'Éternel manifeste sa présence à Moïse 24:1-2,9-11. Peu après, Aaron est choisi pour exercer, lui et sa postérité, la sacrificature jusqu'à la venue du Messie promis, 29:1 et suivants. À peine est-il revêtu de cet honneur insigne, qu'il fait la chute la plus grave. Sollicité par le peuple de lui faire des dieux pour le conduire à la place de ce Moïse qui ne revient pas, il rassemble tous les bijoux d'or et d'argent qu'il peut trouver (peut-être pour détourner Israël de l'idolâtrie, en lui demandant d'immenses sacrifices), et en fait un veau d'or, à l'imitation du bœuf Apis, que les Égyptiens adoraient; il fait placer l'idole sur un piédestal et proclame une fête à l'Éternel. Triste mélange de judaïsme et de paganisme, condescendance d'autant plus dangereuse qu'elle semblait vouloir conserver le vrai culte avec les cérémonies païennes! Moïse revient, qui censure avec force son coupable frère. Aaron cherche d'abord à s'excuser; mais bientôt il s'humilie, et Dieu lui pardonne. Environ deux mois après, il est revêtu des ornements sacerdotaux, ainsi que ses quatre fils, et Moïse les consacre par des purifications, par l'onction sainte et par des sacrifices, Lévitique 8. Aussitôt Aaron offre un holocauste pour la congrégation d'Israël, et pendant qu'il bénit l'assemblée, le feu du ciel descend et consume le sacrifice (chapitre 9). Après cela, au mépris de l'ordonnance divine, les deux fils aînés d'Aaron, Nadab et Abihu, voulant offrir le parfum, prennent ailleurs que sur l'autel d'airain le feu dont ils remplissent leurs encensoirs et sont consumés par l'Éternel. Aaron supporte avec résignation ce coup terrible, mais juste; ni lui ni ses fils ne prennent le deuil de ces rebelles: cependant ils ne mangent point les restes de la victime qui avait été offerte en propitiation pour les péchés du peuple, et comme Moïse, irrité, leur reproche d'avoir ainsi violé la loi de l'Éternel, Aaron justifie ses enfants, rappelle la brèche qui a été faite dans sa famille, et demande si dans cette circonstance douloureuse ils auraient pu se réjouir par un festin (chapitre 10). Une année s'était à peine écoulée, que Aaron et Marie, jaloux de l'autorité qu'exerçait Moïse, lui reprochèrent durement son mariage avec une Éthiopienne. Aaron, dont la présence au tabernacle était journellement nécessaire (et qui peut-être était moins coupable), ne reçut aucun châtiment de son insubordination; mais Marie fut frappée de la lèpre. Le souverain sacrificateur reconnut aussitôt la faute qu'il avait commise, il demanda son pardon et celui de sa sœur, implorant avec instance la guérison de cette dernière, Nombres 12. Quelque temps après, Coré et ses complices portant à leur tour envie au souverain sacrificateur, voulurent s'ingérer dans les fonctions du sacerdoce. Le Seigneur ayant détruit miraculeusement ces rebelles, le peuple s'éleva contre les deux frères comme s'ils eussent été les meurtriers de Coré et des siens; mais le châtiment ne se fit pas attendre, et l'Éternel envoya sur eux un fléau qui menaça de détruire la congrégation toute entière. Aaron, dont les prières avaient déjà arrêté le bras de Dieu lorsqu'il frappait les premiers coupables, sauva encore, au péril de sa vie, ses frères si ingrats et si injustes envers lui. Il court entre les vivants et les morts, l'encensoir à la main; il fait propitiation pour leurs péchés, et le fléau s'arrête. En récompense de sa charité, et pour couper court à toute contestation future sur les fonctions sacerdotales, Dieu confirme Aaron dans son office, en faisant fleurir la branche d'amandier qu'il avait déposée dans le tabernacle, tandis que celles qu'y avaient placées les onze autres tribus demeurèrent sèches et stériles, Nombres 16 et 17.

Il n'est plus reparlé d'Aaron jusqu'à la journée de Méribah, en laquelle lui et Moïse péchèrent par un manque de confiance en l'Éternel. Pour punir cette offense et pour montrer que la sacrificature lévitique n'était pas capable d'introduire les hommes dans l'héritage céleste, Dieu déclara qu'Aaron n'entrerait pas dans la terre promise. Aussi, bientôt, pendant le campement de Motséra, Aaron, sur l'ordre de Dieu, monta sur le mont Hor, où Moïse le dépouilla de ses vêtements sacerdotaux, dont il revêtit son fils Éléazar; puis il mourut âgé de cent vingt-trois ans. Son fils et son frère l'ensevelirent dans une grotte, et le peuple mena deuil pendant trente jours; Nombres 10. Deutéronome 10:6. Sa postérité reçut le nom de Aaronites, et devint si nombreuse que treize villes lui furent données en héritage dans les tribus de Juda et de Benjamin. 1 Chroniques 12:27; 6:54-60; Josué 21:13-19. Le nom d'Aaron accompagne presque toujours les mentions qui sont faites de sa race dans l'Écriture; il se trouve encore cité Josué 24:5; 1 Samuel 12:6; Psaumes 77:21; 99:6; 105:26; 118:3; 133:2; Michée 6:4; Actes 7:40; Hébreux 5:4; 7:11; 9:4.

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AB,

un des mois de l'année juive; il ne se trouve pas dans la Bible,

— Voir: Mois.

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ABADDON

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(destruction), nom hébreu de celui qui est aussi appelé Apollyon (grec, destructeur). C'est l'ange de l'abîme, le roi des sauterelles, Apocalypse 9:11. Il semblerait que son nom nous soit donné en hébreu et en grec pour indiquer qu'il étendra ses ravages sur les Juifs et sur les Gentils.

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ABANA et Parpar,

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deux rivières ou fleuves de Syrie, que Naaman le lépreux estimait plus propres à le guérir que toutes les eaux d'Israël, 2 Rois 5:12. Abana est probablement le Barrady ou Chrysorrhoas qui, venant du Liban, coule doucement vers le sud, et après un cours de quelques lieues, se divise en trois branches; la plus considérable, celle du milieu, traverse la ville de Damas, les deux autres l'entourent et en fertilisent les magnifiques jardins. Ces trois rivières se réunissent de nouveau vers le sud et vont, après un cours d'environ 22 kilomètres, se perdre dans les sables du désert. Maundrel et Benjamin de Tudéla pensent que le bras du fleuve qui traverse la ville est l'Abana, et que les deux bras qui parcourent les jardins portaient l'un et l'autre le nom de Parpar; cependant il est plus probable qu'il faut entendre par ce dernier l'Orontes, la plus considérable des rivières de Syrie, qui, prenant sa source un peu au nord ou nord-est de Damas, coule à travers une plaine délicieuse, passe à Antioche, et après un cours nord-ouest d'environ 300 kilomètres, va se jeter dans la Méditerranée.

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ABARIM

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(les passages), nom d'une chaîne de montagnes rocailleuses qui s'étendent à l'est de la mer Morte, au sud et au nord de l'Arnon, entre le grand désert et le plateau habité par les Moabites. Elles portent aujourd'hui les noms de Orokarayeh, Tarfouyeh et Ghoweytheh. Les Israélites, en venant du sud, sous la conduite de Moïse, longèrent d'abord la partie méridionale de cette chaîne de montagnes, qu'ils laissèrent à gauche, passèrent le Zéred et l'Arnon, qui partagent ces montagnes dans la direction de l'est à l'ouest, et vinrent camper dans la partie septentrionale de ces monts, au pied du Nébo. Cf. Nombres 21:11-13; 33:44-47; Deutéronome 2:18,24; Juges 11:18, et articles Nébo, Pisga et Péhor.

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ABBA

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(syr., père). Plusieurs mots hébreux ont été conservés par les auteurs du Nouveau Testament, quoiqu'ils écrivissent en grec; tels sont Abba, Hosanna, Jéhovah, Sabbat, Alléluia, etc.: d'où l'on peut conclure que ces mots exprimaient des idées difficiles à rendre dans une autre langue. C'est ainsi que le mot Abba ne répond pas simplement à l'idée de père, mais il renferme encore ce quelque chose de tendre et de familier qui se trouve dans l'expression d'amour et de confiance d'un petit enfant envers ses parents. Au plus fort de ses souffrances en Gethsémané, notre Sauveur s'adresse au Père en l'appelant Abba, Père, Marc 14:36. Et saint Paul voulant faire comprendre aux Romains les glorieux privilèges qui sont attachés à leur nouvelle qualité de membres de l'Église chrétienne, leur dit qu'ils ont reçu l'esprit d'adoption par lequel ils crient «Abba, Père», c'est-à-dire qu'ils sont avec lui dans les relations les plus intimes; Romains 8:15; cf. Galates 4:6.

— On a fait la remarque bien juste que dans toutes les langues les premiers bégaiements des enfants ont une étonnante ressemblance avec l'Abba des Hébreux.

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ABDIAS

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(serviteur de l'Éternel) (avant J.-C. 904).

1.             Intendant d'Achab roi d'Israël, au temps d'Élie. Pendant que la méchante Jézabel exterminait les prophètes, cet homme pieux préserva de la mort cent d'entre eux, qu'il cacha dans deux cavernes et qu'il nourrit secrètement aussi longtemps que dura la persécution. Plus tard, il entra comme serviteur dans la maison d'Achab, qui lui accorda, sinon son affection, du moins sa confiance. Pendant que la famine prédite par Élie désolait le pays, Abdias fut envoyé par son maître pour chercher auprès des sources et des fontaines un peu d'herbe pour les chevaux du roi. Dans une de ses courses il rencontra Élie, qui voulut l'envoyer auprès d'Achab pour lui annoncer son arrivée. Abdias craignant que, pendant qu'il ferait son message, Élie ne fût transporté ailleurs, et lui-même mis à mort pour avoir trompé ce roi cruel, hésita d'abord à se charger d'une mission aussi dangereuse; mais le prophète l'ayant rassuré, Abdias se rendit auprès d'Achab et lui raconta son entrevue. Cet homme fut sans doute un des 7,000 qui ne fléchirent point le genou devant Bahal; mais on n'a pas d'autres détails sur sa vie. Quelques-uns l'identifient avec celui des petits prophètes qui porte ce nom; d'autres ajoutent qu'il était l'époux de la Sunamite chez laquelle logeait Élisée, et que c'est lui qui fut le troisième centenier envoyé par Achazia pour se saisir d'Élie au mont Carmel; mais ces traditions ne reposent sur aucun fondement solide.

2.             Abdias, le quatrième des petits prophètes, et l'auteur du livre le plus court de l'Ancien Testament. Son nom revient fréquemment dans les Chroniques, mais avec des détails trop vagues pour que l'on puisse y reconnaître le prophète. On ne sait rien de sa famille ni de son histoire; l'époque même à laquelle il vécut est incertaine. On s'accorde généralement à penser qu'il prophétisa entre la prise de Jérusalem (587 avant J.-C.) et la destruction des Iduméens par Nébucadnetsar (583). Il aurait donc été contemporain de Jérémie, qui semble avoir répété et reproduit une partie de ses prophéties; cf. Jérémie 49:14-16,7-10; et Abdias 1-9.

— Les seize premiers versets annoncent la destruction des Édomites, à cause de leur orgueil, de la joie maligne qu'ils témoignèrent lors de la chute de Jérusalem, et de leur lâcheté à augmenter les malheurs des vaincus en cherchant à en faire leur profit. Depuis le verset 17, le prophète annonce le rétablissement d'Israël et le relèvement de Jacob. Luther fait remarquer que ce livre est particulièrement consolant pour ceux qui ont, comme les Israélites, à gémir de la haine ou des insultes de leurs proches. Les oracles d'Abdias s'accomplirent probablement en partie sous Nébucadnetsar qui, cinq ans environ après la prise de Jérusalem, se leva contre les nations limitrophes de la Judée; en partie sous les Maccabées.

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ABED-NÉGO ou Habed-Négo,

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(606 avant J.-C.) ou Habed-Négo, nom chaldéen que l'officier du roi de Babylone donna à Hazaria, l'un des trois compagnons de Daniel, Daniel 1:7. Ce nom signifie serviteur de Négo, le soleil, ou l'étoile du matin, ainsi nommée à cause de son éclat (hébreu nagah, briller). Négo (négro): signifie: celui qui est brûlé, le noir, le brillant, un des noms de Nimrod, fondateur de Babylone. Jeune encore il fut transporté à Babylone avec Daniel, Hanania et Misaël, et tous les quatre, à la cour du grand roi, préférèrent l'abstinence et le jeûne aux repas somptueux qu'on leur destinait. Ils vécurent ainsi trois ans, et crûrent en beauté extérieure et en sagesse; leur science fit leur renommée, et sur la recommandation de Daniel, ses trois jeunes compagnons furent établis gouverneurs de Babylone, Daniel 2:49. De pareils succès firent des jaloux, et lorsque Nébucadnetsar eut élevé dans la plaine de Dura la haute statue que tous les grands seigneurs devaient adorer, Daniel 3, on accusa Sadrac, Mésac, et Abed-Négo de ne s'être point prosternés. Sur leur refus réitéré de le faire, ils furent jetés dans une fournaise si ardente que leurs bourreaux en furent consumés; mais eux n'en reçurent aucun mal, selon qu'ils l'avaient annoncé au roi idolâtre: «Voici, notre Dieu peut nous délivrer, et il nous délivrera de ta main.» Nébucadnetsar, confondu en voyant les trois condamnés se promener au milieu des flammes avec un quatrième personnage semblable à un fils de Dieu, les appela hors de la fournaise: pas un de leurs cheveux n'était brûlé, leurs vêtements n'étaient point changés, et l'odeur du feu n'avait pas même passé sur eux. Une si éclatante délivrance augmenta le crédit dont ils jouissaient, et confondit leurs ennemis.

Le mot de Nébucadnetsar: «La forme du quatrième est semblable à un fils de Dieu», (la bonne traduction est: «semblable au Fils de Dieu»), prouve que les nations païennes d'alors, surtout celles qui se trouvaient en rapport avec les Juifs, n'ignoraient pas les promesses relatives au Messie. Quelle vive représentation n'avons-nous pas d'ailleurs ici, de ce salut accompli par le Fils de Dieu! Il a pris la forme d'un serviteur, il a marché dans la fournaise ardente de la colère de Dieu, et il en délivre les membres de son Église, sans que même une étincelle puisse les atteindre.

— Le commencement du verset Hébreux 11:34 est très probablement une allusion à la conservation miraculeuse de ces trois jeunes fidèles.

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ABEILLES.

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Elles ont toujours été et sont encore très nombreuses en Orient. On en élève beaucoup dans des ruches; les forêts et les campagnes sont remplies d'abeilles sauvages. Le pays de Canaan était particulièrement riche sous ce rapport, de sorte que la dénomination de pays découlant de miel, serait presque littéralement exacte; car les abeilles sauvages s'établissent dans les fentes des rochers, sur les buissons, sur les arbres, dans tous les trous ou ouvertures qui leur conviennent, pour y construire leurs rayons, et la grande chaleur de ces contrées fait fondre et répand tout à l'entour le miel renfermé dans leurs cellules.

— Voir: Miel.

Juges 14:8, nos traductions parlent d'abeilles établies dans la charogne d'un lion: il faut lire «dans la carcasse», car les abeilles fuient toute odeur forte, et notamment toute odeur de putréfaction; mais elles se plaisent à bâtir leurs rayons dans les carcasses desséchées et décharnées des animaux, qui sont pour elles des ruches commodes et toutes faites.

Il suit de Ésaïe 7:18 et suivant qu'on avait alors déjà des abeilles en ruches; car ce passage contient une allusion à la coutume de faire sortir les abeilles pour les envoyer dans les champs, et de les rappeler à l'approche d'un orage ou à la chute du jour, ce qu'on faisait en sifflant. C'est ainsi que l'Éternel menace de réunir les ennemis de Juda de tous les côtés, quelque éloignés qu'ils puissent être, et d'en composer une armée formidable, acharnée, irrésistible. Les abeilles, en Orient, surtout les abeilles sauvages, sont beaucoup plus irascibles que chez nous; leur piqûre est plus brûlante et plus dangereuse, et l'Écriture sainte tire souvent ses comparaisons des abeilles pour désigner des armées ennemies. Moïse, Deutéronome 1:44, compare aux abeilles les Amorrhéens, le plus acharné de tous les peuples cananéens contre les Israélites, qu'il attaquait avec fureur et sans relâche,

— Voir: aussi Psaumes 118:12.

L'abeille était au nombre des animaux déclarés impurs par la loi cérémonielle. Lévitique 11:20,23.

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ABEL,

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Genèse 4, le second fils du premier couple humain, naquit probablement la 2e ou 3e année du monde; d'autres disent la 15e et même la 30e année; on ne possède aucune donnée sur ces dates. Certains commentateurs ont examiné la question de savoir si Caïn et Abel étaient frères jumeaux (c'est entre autres l'opinion de Calvin), ou si étant nés en des années différentes, ils ont eu chacun une sœur jumelle, questions qui n'ont évidemment aucune importance.

— Ses parents le nommèrent Abel (hébreu habél), c'est-à-dire vanité, peut-être pour marquer leur conviction que depuis la chute toutes les jouissances terrestres n'étaient que passagères. Entre «les diverses manières dont Dieu a parlé à nos pères par les prophètes», Hébreux 1:1, les noms prophétiques donnés à certains hommes par inspiration ne sont pas une des moins remarquables. (Abel: littéralement Abba-El ou Dieu le Père, avec la notion d'être insignifiant.)

— Abel fut le premier sur lequel s'exécuta cette sentence de malédiction: «Tu es poudre, et tu retourneras en poudre»; il est aussi le premier que l'on puisse citer à l'appui de la déclaration du Psalmiste: «Certainement l'homme se promène parmi ce qui n'a que l'apparence; ce n'est que pure vanité de tout homme, quoiqu'il soit debout» Psaumes 39:5-6.

— Abel était berger et Caïn laboureur; c'était l'accomplissement de cette autre partie de la malédiction: «Tu mangeras ton pain à la sueur de ton visage.» Bien qu'héritiers de l'empire du monde, ils devaient gagner leur subsistance par le travail. (Ëtre berger signifie aussi «être pasteur» et prendre soin des brebis du Seigneur. Il est fort possible que cela était le rôle primordial d'Abel dans cette période obscure de la pré-histoire.)

— L'auteur inspiré décrit en peu de mots, mais d'une manière bien propre à fixer l'attention, le culte qu'ils rendaient à l'Éternel. «Or, il arriva qu'au bout de quelque temps... Abel offrit des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. «Ce passage, rapproché de Hébreux 11:4, montre en quoi consistait l'adoration des premiers temps. Plein de foi dans le Messie promis, dans cette postérité de la femme qui devait détruire les œuvres du diable, Abel offrit son oblation. Ces deux circonstances, le choix qu'il fit dans son troupeau (les premiers-nés), et la partie de l'animal dont il composa surtout son offrande, montrent l'idée relevée qu'il se faisait de celui auquel il regardait par la foi; ce sacrifice offert à Dieu était l'ombre ou la représentation des souffrances et de la mort de Christ pour les coupables. Dieu eut égard à Abel et à son oblation. Pourquoi? Quelques commentateurs ont mis en avant diverses conjectures, et ont vu soit dans la composition, soit dans la nature même des sacrifices, le motif de la différence que Dieu fit entre celui d'Abel et celui de Caïn. La meilleure réponse à cette question se trouve dans le passage déjà cité, Hébreux 11:4. L'offrande d'Abel fut plus agréable que celle de Caïn, parce qu'il l'offrit avec foi. La manière dont Dieu manifesta sa préférence pour Abel n'est pas indiquée; on ne sait pas si le feu du ciel consuma son offrande, s'il y eut vision ou simple révélation intérieure. Quoi qu'il en soit, Caïn, jaloux et irrité, fut rempli de cette haine que l'Apôtre décrit avec tant de force, Jean 8:44 et 1 Jean 3:12. Abel fut le premier martyr de sa foi, et cette histoire des premiers frères ennemis est demeurée dans tous les âges comme un exemple terrible des résultats auxquels peuvent conduire l'envie et la colère.

Abel, quoique mort, parle encore; il est mis au nombre de ceux qui obtinrent un bon témoignage par la foi, de ceux dont nous devons imiter la foi et la patience. Il est mort victime du malin, et type de celui qui a souffert par excellence. Le sang de l'aspersion prononce de meilleures choses que celui d'Abel, Hébreux 12:24; celui-ci criait vengeance, celui de Christ apporte la paix; mais si le sang d'Abel fut vengé jusqu'à sept fois sur Caïn, combien le sang de Christ ne pèsera-t-il pas avec plus de force sur ceux qui le crucifièrent? Et si le sang d'Abel le juste a été redemandé à la génération qui rejeta le Seigneur, Matthieu 23:34-38, quels terribles châtiments ne sont pas réservés à ceux qui ont immolé tant de martyrs à leur haine pour le Juste, Jacques 5:6. Jésus, l'anti-type d'Abel, le chef et le sauveur des martyrs. Cf. Apocalypse 1:5, etc.

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ABEL

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(prairie, plaine, et deuil), nom propre de plusieurs villes ou places de la Palestine, ordinairement accompagnées d'une épithète.

 

— Abel-Beth-Mahaca (ou Abel-Majim, plaine des eaux, 2 Chroniques 16:4) ville forte et assez considérable, située vers la partie méridionale du mont Liban, au nord du lac Mérom, aux environs de Dan, de Hatsor et de Kédès; elle appartenait probablement à la tribu de Nephthali. Sébah, fils de Bicri, s'y réfugia, lorsqu'il était poursuivi par les troupes de David. D'après les conseils d'une femme prudente, et pour échapper au siège terrible dont Joab les menaçait, les habitants firent périr le rebelle et jetèrent sa tête hors de la ville par-dessus la muraille, 2 Samuel 20:14-18.

 

— Environ 80 ans après, Ben-Hadad, roi de Syrie, prit cette place et la dévasta, 1 Rois 15:20. Deux siècles plus tard Tiglath-Piléser s'en empara de même, et en transporta les habitants captifs en Assyrie, 2 Rois 15:29. Cette ville fut rebâtie par la suite, et devint le chef-lieu de l'Abilène.

— Voir: Mahaca.

 

— Abel-Kéramim (plaine des vignes), bourg situé à l'est du Jourdain, à 10 kilomètres de Rabbath, capitale des Ammonites. C'est jusque-là que Jephthé poursuivit ses ennemis vaincus, Juges 11:33.

 

— Abel-Méholah (plaine de la danse), ville de la tribu d'Issachar, à 25 kilomètres environ au sud de Beth-Séan, 1 Rois 4:12; ce fut près de là que Gédéon défit miraculeusement les Madianites, Juges 7:22. La principale gloire de cette localité est d'avoir été la patrie du prophète Élisée, 1 Rois 19:16.

 

— Abel-Mitsraïm (deuil des Égyptiens), aussi nommé l'Aire-d'Atad, Genèse 50:10-11. Ce fut là que les Égyptiens firent le deuil de Jacob, lorsqu'on transporta son corps à Macpélah. Selon saint Jérôme, c'est le même endroit près de Jérico, à 3 ou 4 kilomètres du Jourdain, qui, plus tard, reçut le nom de Beth-Agla.

 

— Abel-Sittim (plaine des acacias), à 14 kilomètres est du Jourdain, vis-à-vis de Jérico, dans le pays de Moab et près du mont Péhor. Cette ville s'appelle quelquefois simplement Sittim, Nombres 25:1; Josué 3:1. C'est là que les Hébreux campèrent peu avant la mort de Moïse; ils y tombèrent dans l'idolâtrie et dans la souillure par la séduction des Moabites, et surtout par celle des femmes madianites. Punis par la mort de 24,000 d'entre eux en un seul jour, leurs lamentations firent peut-être donner à cet endroit le nom d'Abel, qui signifierait alors deuil de Sittim, Nombres 33:48-49.

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ABI

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(mon père).

1.             Fille de Zacharie, épouse d'Achaz, et mère d'Ézéchias, 2 Rois 18:2; elle s'appelle Abija, 2 Chroniques 29:1.

2.             Surnom de Hiram, q. y.

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ABIA,

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— Voir: Abija.

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ABIASAPH

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(un père consumant), fils ou petit-fils de Coré, Exode 6,24; 1 Chroniques 6:23.

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ABIATHAR

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(père excellent), le dixième des souverains sacrificateurs depuis Aaron, et le quatrième depuis Héli. Quand Saül, à Nob, fit mourir Ahimélec son père et les autres sacrificateurs, Abiathar échappa seul et s'enfuit au désert auprès de David, 1 Samuel 22. Il emporta l'Éphod avec lui dans sa fuite, et put servir de sacrificateur à l'armée de David; nous le voyons en effet consulter l'Éternel à Kéhila et à Tsiklag, 1 Samuel 23:9; 30:7. Pendant ce temps Saül, en haine d'Ahimélec qu'il croyait avoir trahi ses intérêts, avait conféré le sacerdoce à Tsadoc, de la branche d'Éléazar; lorsque David monta sur le trône il ne renversa point Tsadoc, mais il lui adjoignit Abiathar qu'il voulait récompenser de sa fidélité, 2 Samuel 20:25: il y eut donc deux sacrificateurs tout le temps de son règne. Abiathar présida aux cérémonies qui accompagnèrent le retour de l'arche, demeurée jusqu'alors chez Hobed-Édom, 15:24; il resta fidèle à David pendant la révolte d'Absalon, 15:35; 17:15, calma les esprits après que les troubles eurent cessé, 19:11; puis, par une triste et inconcevable contradiction, se joignit au parti du conspirateur Adonija, 1 Rois 1:7, et trahit dans sa vieillesse son vieil ami, son vieux roi. David ne le punit point lui-même, mais Salomon, tout en lui taisant grâce de la vie, le priva de son office et le relégua à Hanathoth, 2:26-27. C'est ainsi que la famille d'Héli se vit à jamais exclue du souverain sacerdoce, comme Dieu le lui avait annoncé, 1 Samuel 2:30-31,36. La sacrificature rentra dès-lors dans la famille d'Éléazar, fils aîné d'Aaron, dont elle était sortie pour passer par Héli dans la branche d'Ithamar.

 

Le nom d'Abimélec, 1 Chroniques 18:16, et celui d'Ahimélec, 2 Samuel 8:17, désignent dans ces deux passages le fils d'Abiathar, et non son père. Cela peut s'expliquer ou par une transposition du copiste, ou par le fait assez probable que le père et le fils auraient eu l'un et l'autre le double nom d'Abiathar et d'Ahimélec. (Dans le passage des Chroniques, il est possible encore qu'il faille lire Ahimélec au lieu de Abimélec.) Le nom d'Abiathar, Marc 2:26; cf. 1 Samuel 21:1, désignerait alors son père; mais il pourrait cependant aussi se rapporter au fils, car il est certain qu'il vivait alors, et son nom se trouverait là comme indication de l'époque (au temps d'Abiathar), parce qu'il était plus connu que son père.

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ABIB ou Nisan,

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(ou Nisan, Néhémie 2:1; Esther 3:7), premier mois de l'année religieuse, et 7e de l'année civile des Juifs; il était de trente jours et correspondait à notre mois de mars (fin de mars et commencement d'avril). Ce mot signifie «fruit mûr ou mûrissant»; nos versions le traduisent par «au mois que les épis mûrissent», Exode 13:4; 23:15; Deutéronome 16:1. C'est dans ce mois que les Juifs commençaient leurs moissons: le 10e jour on mettait à part l'agneau de Pâque, le 14e on le mangeait; pendant les sept jours suivants on observait les pains sans levain, et le dernier de ces sept jours avait lieu une convocation solennelle, Exode 12 et 13. Le 15 du mois ils cueillaient la gerbe des prémices de l'orge, et ils l'offraient le lendemain, après quoi ils pouvaient commencer la moisson, Lévitique 23:14. Le 29, ils demandaient, par des prières publiques, les pluies de l'arrière-saison.

 

— Les Juifs modernes observent encore plusieurs jeûnes pendant ce mois: le 1er pour la mort de Nadab et d'Abihu, le 10 pour la mort de Marie, sœur de Moïse, et le 27 pour la mort de Josué.

— Voir: Année, Mois, etc.

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ABIDAN,

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chef de la tribu de Benjamin dans le désert, Nombres 1:11.

— Voir: Tribu.

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ABIEL

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(mon père est Dieu), 1 Samuel 9:1, appelé aussi Jéhiel, 1 Chroniques 9:35-36; père de Kis et de Ner, grand-père de Saül.

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ABIGAÏL

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(joie de mon père), femme de bon sens et belle de visage, 1 Samuel 25:3, ayant appris la manière dont le riche Nabal, son époux, avait traité les serviteurs de David en fuite qui, à l'époque de la tonte des brebis, étaient venus lui demander quelques provisions pour leur maître, se hâta de réparer le mal que Nabal avait fait. Elle se rappelait que David avait protégé dans le désert de Paran et sur le Carmel de Juda les troupeaux de son mari; elle savait d'ailleurs que David était assez fort pour châtier l'insolence de Nabal: sans consulter personne elle fait une ample provision de vivres, qu'elle met sur des ânes, et descend, accompagnée de quelques serviteurs, à la rencontre de David qui s'approchait. Ses présents et ses paroles pleines de sagesse lui gagnèrent l'estime de David, qui consentit à pardonner à Nabal. Heureuse de ce qu'elle avait fait, Abigaïl retourna sur la montagne auprès de son mari, et lui raconta le lendemain le danger dont elle l'avait préservé. Peu de jours après Nabal étant mort, elle épousa David, le suivit à Gath, 27:3, fut prise à Tsiklag, resta prisonnière jusqu'après la victoire de David sur les Hamalécites, 30:5,18; et le suivit à Hébron, 2 Samuel 2:2. Elle n'eut de David qu'un seul fils, nommé Kiléab, 2 Samuel 2:3, et Daniel 1 Chroniques 3:1.

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ABIHAÏL

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(la force de mon père).

1.             Fils de Huri et père de Micaël, Messulam et quelques autres, 1 Chroniques 5:14.

2.             Père de Zariel de la famille de Mérari. Nombres 3:35.

3.             Père d'Ester et oncle de Mardochée, Esther 2:15; 9:29.

4.             Fille d'Éliab, frère de David, et femme de Roboam roi de Juda, 2 Chroniques 11:18.

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ABIHALBON

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(père d'intelligence), natif d'Arbath, un des vaillants guerriers de David, 2 Samuel 23:31.

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ABIHU

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(mon père lui-même) fils d'Aaron le souverain sacrificateur, et d'Élisébah, Exode 6:23, fut consumé avec son frère Nadab par le feu de l'Éternel (la foudre ou une flamme sortie de l'autel?), parce qu'ils avaient offert l'encens avec du feu pris ailleurs que sur l'autel des holocaustes (1490 avant J.-C.);

— Voir: l'article Autel.

 

Cet événement terrible et souvent rappelé, Lévitique 10:1; 16:1. Nombres 3:4; 26:61; 1 Chroniques 24:2, eut lieu peu de jours après la dédicace du tabernacle et la consécration d'Aaron et de ses fils, peu de jours après qu'ils eurent été admis à l'insigne faveur de voir le Dieu d'Israël, Exode 24:9-10. De la défense qui est faite immédiatement après aux sacrificateurs de boire du vin, l'on peut supposer que les deux frères étaient dans un état d'ivresse lorsqu'ils se présentèrent devant l'Éternel pour officier. Quelques commentateurs prétendent qu'il n'y avait au fond rien de très criminel dans la conduite des deux fils d'Aaron, mais qu'ils furent punis avec cette sévérité pour apprendre aux ministres du Seigneur l'exactitude et la fidélité qu'ils doivent mettre dans l'exercice de leurs fonctions. On peut y voir cependant une instruction plus grande encore: c'est un exemple éclatant de la colère divine contre ceux qui prétendent servir Dieu autrement qu'il ne l'a commandé, et qui vont allumer leur encens ailleurs que sur l'autel sur lequel s'est offerte la victime qui sauve les pécheurs et sanctifie leur culte.

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ABIJA ou Abia,

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(l'Éternel est mon père).

 

1.             Second fils de Samuel et frère de Joël ou Vasni, 1 Samuel 8:2; 1 Chroniques 6;28. Samuel leur ayant confié l'administration de la justice et le gouvernement du peuple, ils s'acquittèrent si mal de leurs fonctions, se détournant après le gain déshonnête et recevant des présents, que les Israélites y trouvèrent un prétexte pour demander un roi (1095 avant J.-C.).

2.             Abija ou Abia, 1 Chroniques 24:10; Luc 1:5, descendant d'Ithamar, se trouva le chef du huitième ordre de sacrificateurs, lorsque David en fit la distribution en vingt-quatre classes (1016 avant J.-C.).

3.             Abija, fils de Jéroboam le premier roi des dix tribus, étant tombé dangereusement malade, sa mère se rendit auprès du prophète Ahija pour l'interroger. Ahija l'ayant reconnue à travers son déguisement lui annonça la mort de son enfant; il ajouta que seul de sa famille il recevrait les honneurs de la sépulture et serait pleuré d'Israël, mais que tous les autres seraient mangés des chiens ou dévorés par les oiseaux, en punition de l'ingratitude et de l'impiété de Jéroboam. La parole du prophète fut accomplie; Abija mourut au moment où sa mère, de retour, franchissait le seuil du palais. (954 avant J.-C.) Il fut retiré de devant le mal, et sa mort ne fut un châtiment que pour son père.

4.             Abija, 1 Chroniques 3:10; 2 Chroniques 13:1; ou Abijam, 1 Rois 15:1, fils de Roboam et de Mahaca, succéda à son père sur le trône de Juda, dont il fut le second roi depuis la séparation des dix tribus. Abija n'était sans doute pas l'aîné des nombreux enfants de Roboam; mais il était le fils de l'épouse préférée, et ce fut cette raison qui l'éleva au-dessus de ses frères, 2 Chroniques 11:21-22. Il descendait de David par son père et par sa mère, mais dans les trois années de son règne (957-955) il suivit le mauvais train de son père, et mourut en paix au milieu de ses 18 femmes et de ses 60 concubines. Hiddo le prophète a recueilli non seulement ses actions, mais plusieurs de ses paroles, 2 Chroniques 13:22, ce qui permet de croire qu'il avait des talents et de l'esprit; d'ailleurs son discours, 2 Chroniques 13, montre une grande finesse et beaucoup d'habileté. Il fut en guerre pendant sa vie avec Jéroboam roi d'Israël; ce dernier vint avec 800,000 hommes contre Abija, qui n'en avait que 400,000. Abija s'était campé dans les montagnes d'Éphraïm, à peu près là où fut bâtie depuis la ville de Samarie. Pendant qu'il haranguait ses troupes et qu'il les engageait au nom de l'Éternel à monter hardiment contre leur ennemi adorateur des faux dieux, Jéroboam, joignant la ruse à la force, dressait des embûches à ceux de Juda et envoyait ses troupes pour les cerner de toutes parts. Mais l'Éternel combattit avec le descendant de David, ceux de Juda poussèrent un cri de joie, les trompettes sacrées se firent entendre, et Abija fut vainqueur. Jéroboam fut humilié pour tout le temps que le fils de Roboam fut sur le trône.

 

— Quant à l'énormité des chiffres indiquant le nombre des hommes d'armes.

— Voir: articles Armées et Nombres.

5.             Abija, fille de Zacharie, femme d'Achas, et mère d'Ézéchias, 2 Chroniques 29:1.

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ABIJAM,

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— Voir: l'article précédant.

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ABILÈNE,

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beau défilé et petit canton de la Syrie, situé au Nord-Ouest de Damas, entre le Liban et l'Anti-Liban, ainsi nommé de sa capitale Abila dont parlent Ptolémée, Polybe et Flavius Josèphe, et qu'il ne faut pas confondre avec une autre Abila dont les ruines se trouvent encore aujourd'hui en Décapolis. Ni l'une ni l'autre de ces deux villes n'est mentionnée dans la Bible; mais Luc 3:1, nous parle de la province d'Abilène, comme étant une des quatre tétrarchies, gouvernées par des princes indigènes, mais sous la tutelle des Romains. Lysanias en était le gouverneur dans la quinzième année de Tibère, lorsque Jean-Baptiste commença l'exercice de son ministère. L'histoire de cette petite province est peu connue, parce que ce n'est qu'en passant que les auteurs la mentionnent.

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ABIMAËL,

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fils de Joktan et patriarche d'une tribu arabe, Genèse 10:28. Les savants ont fait beaucoup de recherches pour trouver les traces d'une ville ou d'une province de ce nom. Ptolémée et Abulféda parlent d'un endroit nommé Mani près de la Mecque. Théophraste mentionne une tribu Mali (ou Mani) dans les mêmes contrées; peut-être ces noms pourront-ils nous diriger dans la recherche des descendants d'Abimaël.

— Voir: Sem.

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ABÎME.

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L'Écriture donne ce nom à l'enfer, Luc 8:31; Romains 10:7; Apocalypse 9:1; 11:7, etc.; aux profondeurs de la mer, Genèse 7:11; Exode 15:5, etc., et au chaos sur lequel l'Esprit de Dieu se mouvait à l'origine du monde, au milieu des ténèbres, Genèse 1:2. C'est dans l'abîme que l'Écriture nous montre les trépassés, Proverbes 15:24; Psaumes 71:20; et notamment les rois orgueilleux et cruels qui se sont élevés contre le peuple de Dieu: ceux de Babylone, Ésaïe 14:9, ceux de Tyr, Ézéchiel 26:19, ceux d'Égypte, ib. 31:18; 32:19.

 

L'Apocalypse appelle abîme la demeure des impies, des démons et de Satan. Dans l'opinion des Hébreux, Ecclésiaste 1:7, les sources et les rivières venaient de l'abîme ou de la mer; elles en jaillissaient par des canaux invisibles et y retournaient en suivant les lits qu'elles s'étaient creusés. Au moment du déluge les fontaines du grand abîme furent rompues et franchirent les limites qui leur étaient assignées, Proverbes 8:28-29; les sources forcèrent leurs digues et se répandirent sur la terre, en même temps que les bondes du ciel éclataient pour inonder le monde pécheur, Genèse 7:11.

— Voir: Déluge.

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ABIMÉLEC

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(mon père est roi).

 

1.             Roi des Philistins. Ayant été frappé de la beauté de Sara femme d'Abraham qui était venu se fixer à Guérar, et croyant d'après ce qu'Abraham lui avait dit qu'elle n'était que sa sœur, il l'enleva et la prit chez lui dans l'intention d'en faire sa femme. Dieu ne permit pas que ce mariage s'accomplît; il apparut en songe à Abimélec et le menaça d'une mort soudaine s'il ne renvoyait cette femme à son mari: déjà même, en châtiment de ce péché d'ignorance, la famille et la maison de ce prince toute entière avait été frappée de stérilité. Abimélec, dont rien ne prouve qu'il fût idolâtre, s'excusa auprès de l'Éternel sur ce qu'il avait été induit en erreur par Abraham, rendit à ce dernier sa femme en le censurant à cause de son mensonge, lui fit un présent considérable, et lui demanda de prier pour sa famille malade. Abimélec donna entre autres à Sara mille pièces d'argent (environ 2600 fr.) pour acheter un voile dont elle pût couvrir son visage encore éclatant de beauté malgré ses quatre-vingt-dix ans. C'était à la fois reconnaître publiquement Sara comme l'épouse du patriarche, et blâmer ce dernier pour la dissimulation dont il avait usé à son égard. Abraham continua de demeurer à Guérar, et environ quatorze ans après, lors de la naissance d'Isaac, Abimélec craignant la puissance toujours croissante de son riche voisin, vint avec Picol, le général de ses troupes, lui proposer un traité qui atteste le rang éminent du patriarche au milieu des nations, et qu'Abraham s'empressa d'accepter (1897 avant J.-C.).

2.             Abimélec, fils et successeur du précédent à ce que l'on croit (1804 avant J.-C.), fut trompé par Isaac comme son père l'avait été par Abraham: mais ayant aperçu de sa fenêtre" quelques familiarités entre Isaac et Rébecca, il en conclut qu'ils étaient dans des rapports plus intimes qu'ils ne le lui avaient avoué. Il fit donc venir Isaac et lui reprocha la gravité de son mensonge. Isaac n'allégua d'autre excuse que la beauté de sa femme et la crainte qu'il avait eue qu'on ne le fît mourir afin de pouvoir s'emparer d'elle. Abimélec défendit en conséquence à tous ses sujets, sous peine de mort, de faire aucun mal aux deux époux. Mais comme Isaac s'enrichissait, et que sa prospérité excitait la jalousie des Philistins, Abimélec l'engagea poliment à quitter son territoire; Isaac se rendit d'abord dans la vallée de Guérar, puis à Béer-Sébah, où les bénédictions divines continuèrent de s'attachera sa maison; ce qu'ayant vu Abimélec, il se repentit de ce qu'il avait fait, et voulut renouveler avec Isaac l'alliance qui avait existé entre leurs pères; il vint donc auprès de lui avec Ahuzat son ami et Picol chef de son armée, et confirma solennellement cette alliance à Béer-Sébah, où Isaac lui donna un grand festin, Genèse 26.

3.             Le nom d'Abimélec paraît avoir été celui des rois Philistins en général, comme Pharaon celui des rois d'Égypte, et le Psaume 34, qui donne le nom d'Abimélec au roi Akis, cf. 1 Samuel 21:10, en est une preuve convaincante.

— Voir: Akis.

4.             Fils illégitime de Gédéon; méchant, ambitieux et sanguinaire, il réussit, à force d'énergie et d'habileté, dans les plans de destruction qu'il conçut contre ses frères et contre les Sichémites. Il finit par trouver la mort sous les murs de Tébets, qu'il assiégeait, et périt par la main d'une femme (1235 avant J.-C.).

5.             — Voir: Abiathar et Ahimélec.

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ABINADAD

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(mon père est prince, ou père d'un noble).

 

1.             Lévite de Kiriath-Jéharim dans la maison duquel l'arche rendue par les Philistins fut déposée, et où elle resta pendant soixante-dix ans sous la garde de son fils Éléazar (1116 avant J.-C.) 1 Samuel 7:1.

2.             Fils aîné d'Isaï et frère de David, 1 Samuel 16:8.

3.             Fils de Saül tué en Guilboah, 1 Samuel 31:2; 1 Chroniques 8:33; 10:2.

4.             Inconnu, dont le fils, un des douze commissaires d'Israël, épousa Taphath, fille de Salomon, 1 Rois 4:11.

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ABIRAM

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(mon père est haut élevé).

 

1.             Dathan et Abiram, fils d'Éliab, conspirèrent avec Coré contre Moïse et Aaron: Coré, par jalousie de famille peut-être; Dathan et Abiram, comme chefs de la tribu de Ruben, qui aurait voulu voir tout le gouvernement d'Israël entre les mains du premier-né de Jacob. Moïse ayant engagé le peuple à se retirer dans leurs tentes, car un cas tout nouveau devait atteindre les rebelles, Abiram et Dathan restèrent debout avec les leurs, dehors, pour braver l'Éternel; mais la terre s'entr'ouvrit sous eux et les engloutit, eux, leurs familles, leurs adhérents et leurs biens, Nombres 16, etc. Cet événement est rappelé Psaumes 106:17.

— Voir: Coré.

2.             L'aîné des fils de Hiel, de Béthel.

Il perdit la vie lorsque son père voulut rebâtir les murs de Jérico, 1 Rois 16:34. Sa mort fut l'accomplissement d'une prophétie de Josué 6:26.

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ABISAG

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(l'erreur de mon père)

jeune femme de Sunam, dans la tribu d'Issachar, remarquable par sa grande beauté, et que les serviteurs de David donnèrent à leur maître pour femme, lorsque, l'âge ayant diminué la chaleur vitale, le vieux roi ne put plus trouver dans l'abondance des vêtements la chaleur dont il avait besoin. Abisag s'attacha tendrement à lui et lui donna tous les soins qu'une fille donnerait à son père. Après la mort de David, Adonija la demanda en mariage, moins par amour sans doute que par ambition; mais Salomon ayant démêlé les motifs qui le faisaient agir, et pensant avec raison qu'Adonija voulait se frayer le chemin du trône en épousant la veuve du défunt roi, le fit mettre à mort. (1013 avant J.-C.) 1 Rois 1:3; et suivant.

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ABISAÏ

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(récompense de mon père)

 

fils de Tséruia, soeur de David, 1 Chroniques 2:16, vaillant guerrier qui fut des premiers à embrasser le parti de son oncle et qui ne cessa jamais de lui être fidèle. Étant entré avec David dans la tente de Saül, il sollicita la permission de tuer le tyran; mais David n'y voulut point consentir, 1 Samuel 26:7,11. Il fit la guerre contre Is-Boseth, et poursuivit vigoureusement l'ennemi dans sa fuite, 2 Samuel 2:18-24. Dans la guerre contre les Iduméens il tailla en pièces 18,000 hommes, 1 Chroniques 18:12. Dans la campagne contre les Syriens et les Hammonites, ce fut lui qui engagea le combat avec ces derniers et qui les mit en déroute, 2 Samuel 10:10-14, et dans la guerre des Philistins, il tua de sa propre main Jisbi-Bénob, géant fameux qui était près de faire tomber David sous ses coups, 21:16-17. Une autre fois il attaqua seul un corps de 300 hommes et les détruisit tous jusqu'au dernier, 23:18-19; 1 Chroniques 11:20-21. Irrité des insolences de Simhi, il l'aurait frappé de son épée si David ne s'y fût opposé, 2 Samuel 16:9-11. Enfin il commanda le tiers des troupes qui défirent Absalon, 18:2, et fut mis à la tête des soldats de la maison du roi, qui poursuivirent Sébah, fils de Bicri, 20:6-7. On ignore l'époque et le genre de sa mort. Sa bravoure et sa force le placèrent dans l'armée de David immédiatement après les trois plus grands guerriers de ce prince. Le premier ordre ou la première liste était composée de Jasobham, Éléazar et Samma; Abisaï forma avec Bénaja et Hazaël la seconde; on sait que la troisième se composait de trente hommes, du moins d'après les indications de 2 Samuel 23:23, car dans 1 Chroniques 11, le nombre de ces guerriers est plus considérable, différence qui tient soit à ce que la première de ces listes fut formée au commencement du règne de David, et la seconde à la fin, soit peut-être à ce que la première fut plus tard complétée ensuite de diverses réclamations. Ces catégories de guerriers étaient apparemment des espèces d'ordres honorifiques semblables à ceux de la chevalerie.

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ABISUAH,

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Prêtres.

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ABIUD,

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Matthieu 1:13. Un des ancêtres de Jésus-Christ selon la chair, et fils de Zorobabel, q.v.; on a cru le reconnaître dans le Hodaïvahu de 1 Chroniques 3:24; d'autres n'y ont vu qu'un surnom signifiant père de Jude.

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ABLUTIONS,

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— Voir: Baptême.

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ABNER

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(lampe de mon père)

fils de Ner, cousin de Saül, 1 Samuel 14:50, et général de ses troupes. Comme il était habituellement à l'armée et qu'il y occupait une place importante, il n'est pas étonnant qu'il ne connût pas David lorsque celui-ci vint à Soco et combattit Goliath, 1 Samuel 17:53-58; mais il est plus difficile de concevoir qu'il gardât assez mal son maître pour que David et Abisaï aient pu pénétrer dans le camp sans être aperçus, 26:5-14. Après la mort de Saül, Is-Boseth son fils lui succéda et fut couronné par Aimer, qui pendant sept ans soutint les prétentions de la famille déchue; mais dans presque toutes les batailles il dut se retirer avec perte. Les troupes de David et celles d'Is-Boseth s'étant rencontrées près de Gabaon, Abner eut la barbarie de proposer, soit comme simple prélude, soit pour gagner du temps, un combat singulier entre douze hommes de chaque parti. Les vingt-quatre combattants se furent bientôt égorgés les uns les autres, une affreuse mêlée s'ensuivit, et les troupes d'Abner furent mises en pleine déroute. Vivement poursuivi par Hazaël, Abner frappa ce guerrier et retendit sur le carreau après l'avoir d'abord vainement sollicité de s'éloigner; mais Joab et Abisaï, frères d'Hazaël, n'en furent que plus acharnés à poursuivre l'armée ennemie; enfin, au coucher du soleil, Abner demanda que le combat fût suspendu, et profita des ténèbres pour se retirer avec les siens. Cependant Abner avait noué une intrigue avec Ritspa, concubine de Saül; Is-Boseth, soit qu'il y vît une tache pour sa famille, soit qu'il crût y voir plutôt les prétentions de son général au trône, lui en fit des reproches. Abner, piqué au vif, répondit avec aigreur, rappela à Is-Boseth les services qu'il lui avait rendus, et jura de livrer tout le royaume entre les mains de son adversaire. Aussitôt il entre en effet en correspondance avec David, lui fait rendre sa femme Mical que Saül avait donnée à un autre, et se rend auprès de lui à Hébron. À peine est-il sorti du festin auquel David l'avait invité, que Joab, informé de ce qui se passait, tâche de persuader au roi son oncle qu'Abner est venu dans de perfides intentions. Puis, sans s'ouvrir davantage sur ses desseins, il envoie à Abner un messager qui Je ramène à Hébron; là, il le tire à l'écart et lui donne la mort, poussé à ce crime par le souvenir du meurtre de son frère Hazaël, mais sans doute aussi par la crainte de voir Abner prendre rang sur lui dans les armées et dans la faveur du roi. David détesta cette coupable action de son neveu, qui avait répandu durant la paix le sang qu'on répand en temps de guerre, 1 Rois 2:5; il rendit de grands honneurs à la dépouille mortelle du général, il composa un hymne sur sa mort, et près de sa fin rappela à Salomon ce crime qui ne devait pas rester impuni. 1 Rois 2:5,32-34.

— Voir: encore 2 Samuel 2 et 3.

 

(Le capitaine Abner, qui joue un si beau rôle dans l'Athalie de Racine, est un personnage purement fictif qui n'a pas de correspondant dans l'histoire sainte.)

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ABRAM ou ABRAHAM,

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Genèse 11:26-25:10, fils de Taré, naquit à Ur, ville des Chaldéens, l'an du monde 2008, avant J.-C. 1996. Il passa les premières années de sa vie dans la maison de son père, qui était idolâtre; peut-être adora-t-il lui-même les idoles pendant quelque temps, mais Dieu lui ouvrit les yeux, et l'on prétend qu'Abraham fut, à cause de sa conversion, exposé à toutes sortes de persécutions de la part de ses compatriotes. Il paraît assez probable que Taré fut aussi convaincu de la vanité des faux dieux, puisqu'il partit d'Ur avec son fils et qu'il l'accompagna dans le lieu que l'Éternel leur avait désigné. Ils se rendirent d'abord à Caran en Mésopotamie, où Abraham eut la douleur de perdre son père: de là, il vint en Palestine avec Saraï sa femme, Lot son neveu, leurs serviteurs et leurs troupeaux, et ils se fixèrent momentanément dans cette contrée habitée parles Cananéens, mais dont Dieu promit à Abraham que sa postérité la posséderait. Toutefois, Abraham n'y posséda jamais lui-même un pouce de terrain (sauf la caverne qu'il acheta pour y ensevelir son épouse), mais il y demeura toujours comme étranger. Peu de temps après son établissement dans ce pays, il survint une grande famine qui le contraignit de descendre en Égypte, et, dans la crainte que les Égyptiens frappés de la beauté de sa femme ne voulussent la lui ravir et ne lui ôtassent la vie à lui-même, peut-être aussi pour se soustraire à l'opprobre que lui aurait causé la stérilité de Saraï, il la fit passer pour sa sœur. Pharaon la fit en conséquence enlever et voulut la mettre au nombre de ses femmes; mais averti par une vision et par les châtiments divins, il se hâta de la rendre à son mari avec de grands présents. La famine ayant cessé, Abraham retourna en Canaan avec Lot qui l'avait toujours accompagné jusqu'alors, et dressa ses tentes entre Béthel et Haï, où précédemment il avait élevé un autel. De fréquentes contestations entre les bergers de l'oncle et du neveu au sujet des citernes et des pâturages dont ils voulaient jouir exclusivement les uns et les autres, leur montrèrent que «la terre ne les pouvait porter pour demeurer ensemble.» Abraham laissa généreusement à Lot la liberté de choisir le premier l'endroit où il se fixerait; et Lot ayant choisi l'Orient et le Midi, toute la plaine du Jourdain, Abraham se rendit dans les plaines de l'Amorrhéen Mamré près d'Hébron (1920, avant J.-C.) Quelques années après, Lot ayant été fait prisonnier par Kédor-Lahomer et ses alliés, Abraham avec 318 de ses serviteurs et quelques Cananéens de son voisinage, part, poursuit les vainqueurs, les joint à Dan, près des sources du Jourdain, délivre son neveu, lui fait rendre tout ce qui lui avait été enlevé et reprend le chemin du retour. Les rois de la plaine voulaient abandonner à Abraham tout le butin qu'il avait fait, et ils le supplièrent de leur rendre au moins les prisonniers, mais Abraham leur rendit le tout ne voulant rien garder pour lui-même et réservant seulement une faible part pour les Cananéens qui l'avaient secondé dans son expédition. Comme il passait devant Salem (plus tard Jérusalem), Melchisédec, roi de cette ville et sacrificateur du Dieu fort souverain, vint à sa rencontre, le bénit, et lui offrit du pain et du vin pour le restaurer lui et ses gens. Quelques-uns pensent que ce fut plutôt à Dieu qu'il offrit ce pain et ce vin en sacrifice d'actions de grâce; Abraham lui donna la dîme du butin, Hébreux 7:4. À cette occasion, l'Éternel renouvela les promesses qu'il avait faites à son serviteur, lui réitérant l'assurance qu'il posséderait le pays de Canaan; un fils lui fut promis, et Dieu, le conduisant hors de sa tente, lui annonça que sa postérité serait aussi nombreuse que ces étoiles qui brillaient au firmament. Abraham offre alors un sacrifice d'après l'ordre que Dieu lui en donne, une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et un pigeon; puis, quand le soir est venu, il voit en vision le feu du ciel passer entre les victimes, et Dieu lui dévoile l'avenir, lui annonce la captivité d'Égypte, sa fin glorieuse, et les biens qui seraient le partage de sa descendance.

 

Cependant ces promesses ne se réalisaient pas; le patriarche avançait en âge, et tout semblait annoncer qu'Élihézer son intendant serait aussi l'héritier de ses richesses. Saraï, pensant que peut-être ce n'était pas à elle qu'était destiné l'honneur de donner un fils à Abraham, engagea son mari à prendre pour femme Agar sa servante égyptienne, espérant que Dieu accomplirait ses promesses dans les enfants qu'il aurait d'elle; Saraï de son côté les aurait adoptés et pris pour siens, suivant la coutume de ces temps. Mais quand Agar se vit sur le point de devenir mère, elle méprisa sa maîtresse et voulut s'élever au-dessus d'elle. Abraham maintint Sara dans ses droits; Agar maltraitée dut s'enfuir, mais l'ange de l'Éternel lui apparut au désert et lui ordonna de retourner chez Abraham et de se soumettre à sa maîtresse; elle obéit et donna le jour à Ismaël. (1910, avant J.-C.)

 

Treize ans après, le Seigneur renouvela son alliance avec le patriarche, et changea son nom d'Abram (père illustre) en celui d'Abraham (père d'une multitude), et celui de Saraï (ma princesse) en celui de Sara (princesse). Comme signe et pour confirmation de l'alliance, il lui ordonna de se circoncire lui et tous les mâles de sa famille et de sa maison, et il lui promit positivement qu'avant le terme d'une année, il lui naîtrait un fils de Sara.

 

Mais les énormités qui se commettaient dans la contrée où Lot s'était retiré, à Sodome, à Gomorrhe, et dans les villes voisines, avaient décidé l'Éternel à les détruire toutes avec le sol même sur lequel elles reposaient. Un jour qu'Abraham était assis a la porte de sa tente, il vit s'approcher trois personnages, Genèse 18. Sans les attendre, il court à eux, les invite à entrer pour se rafraîchir, leur lave les pieds, et prépare avec Sara de quoi leur servir à manger. Quand ils eurent achevé leur repas, ils se firent connaître pour ce qu'ils étaient, et répétèrent au patriarche la promesse que l'Éternel lui avait faite peu de jours auparavant. Mais Sara n'ayant pu retenir un sourire d'incrédulité, l'Éternel dit à Abraham: «Pourquoi Sara a-t-elle ri? Y a-t-il quelque chose qui soit difficile à l'Éternel?» Puis les messagers célestes reprirent leur voyage, marchant vers Sodome, et Abraham les accompagnait. C'est ici que se place une des scènes les plus touchantes dont il soit fait mention dans l'Écriture, une scène qu'on ne peut lire sans la plus vive émotion, l'intercession d'Abraham auprès de l'Éternel en faveur des villes de la plaine. Pendant que les deux anges marchaient en avant, l'Éternel communiquait à Abraham ce qu'il allait faire à l'égard de ces villes, et Abraham ne cessa de plaider pour leur conservation que lorsque les réponses pleines de grâce et de miséricorde du Seigneur l'eurent persuadé que ces malheureuses cités étaient tombées en effet dans la plus affreuse dégradation. Les dix justes ne se trouvaient pas dans toute cette contrée. Au jour suivant, Abraham, se levant de bon matin, vint à l'endroit où la veille encore il s'était tenu devant l'Éternel; une fumée comme celle d'une fournaise s'élevait à la place qu'avaient occupée les villes maudites.

 

Quelque temps après, Abraham quitta les plaines de Mamré et, se dirigeant vers le sud, alla demeurer à Guérar où régnait Abimélec. Éprouvant en ce lieu les mêmes craintes qu'il avait déjà eues en Égypte, il employa le même moyen pour échapper au danger qu'il redoutait et, pour la seconde fois, fit passer Sara pour sa sœur (— Voir: Abimélec); mais sa ruse, de nouveau découverte, eut pour Abimélec les mêmes suites qu'elle avait eues pour Pharaon, et attira au patriarche des reproches plus vifs encore. C'était la dernière fois que ce subterfuge était possible, car bientôt après, la même année, Sara donna à Abraham un fils qui rendit leur union manifeste et plus intime. L'enfant fut nommé Isaac, et lorsqu'on le sevra, Abraham fit un grand festin: ce fut alors, à ce qu'il paraît, que Sara vit Ismaël tourmenter son petit frère, et qu'elle supplia son mari de chasser le fils de l'Égyptienne, afin qu'il ne partageât pas l'héritage avec Isaac. Abraham, connaissant les promesses relatives à Ismaël, refusa d'abord de complaire à sa femme; mais, sur un avertissement de l'Éternel qui lui confirmait ce qu'il lui avait annoncé au sujet de cet enfant, il n'hésita plus à le renvoyer, ainsi que sa mère.

 

Vers le même temps à peu près, Abimélec se rendit en visite auprès du patriarche et fit alliance avec lui. Il s'agissait d'un puits que les serviteurs du prince avaient enlevé par violence aux bergers du patriarche. Abraham le racheta en offrant volontairement sept jeunes brebis en échange; ils appelèrent ce lieu Béer-Sébah (puits du serment), parce que leur traité fut ratifié par un serment solennel. Abraham y planta un bois de chêne et y demeura quelque temps.

 

Vingt années environ se passèrent sans qu'il arrivât rien de remarquable dans la vie ou dans la famille du patriarche; le fils sur lequel reposaient tant d'espérances et de promesses précieuses grandissait et semblait réaliser déjà tout ce que ses parents en attendaient, lorsqu'il faillit être enlevé à leur tendresse par l'ordre de ce même Dieu qui l'avait accordé à leurs prières et à leur foi. Abraham dut offrir son Isaac en holocauste à l'Éternel, épreuve terrible, mais nécessaire, et qui devait faire d'Abraham le père des croyants: il prit donc son fils et deux de ses serviteurs, et se mit en chemin pour se rendre à la montagne que Dieu devait lui indiquer. Deux jours de voyage furent pour Abraham un exercice de foi dans lequel il put se demander bien souvent ce qu'allaient devenir ces promesses qui lui avaient été faites d'une innombrable postérité; mais il connaissait l'Éternel et savait qu'il n'est pas homme pour mentir ni fils de l'homme pour se repentir, et il estimait que Dieu le pourrait même ressusciter d'entre les morts. Au troisième jour la montagne funèbre apparut: c'est là que devait se consommer un sanglant sacrifice. Isaac cherche où est la victime pour l'holocauste; son père lui répond: «Mon fils, l'Éternel y pourvoira.» Déjà les deux patriarches ont atteint seuls le sommet de la colline; le bois est prêt, l'autel est dressé, la victime est liée, le bras du père est levé sur son fils comme le couteau du sacrificateur sur sa victime. Abraham n'hésite pas; mais du haut des cieux une voix se fait entendre, la voix de celui qui n'a permis qu'un seul sacrifice humain, celui de l'homme-Dieu son fils. L'épreuve avait été suffisante, et un bélier remplaça sur l'autel le fils unique de l'ami de Dieu. Ils rejoignirent donc leurs serviteurs et retournèrent à Béer-Sébah.

 

— Douze ans après, Sara mourut à Hébron. Abraham, étranger dans le pays et n'y possédant aucun fonds de terre, acheta de Héphron le Héthien, pour le prix de 400 sicles d'argent (environ 1300 francs), le champ de Macpélah où se trouvait une caverne propre à servir de lieu de sépulture, et il y ensevelit sa femme après en avoir fait le deuil suivant l'usage du pays.

 

Se sentant vieillir, Abraham envoya Élihézer, son intendant, en Mésopotamie, pour y chercher une jeune fille de sa parenté qu'il pût donner en mariage à Isaac. C'était trois ans après la mort de Sara. Le fidèle serviteur s'acquitta de sa mission avec zèle, sagesse et promptitude, et obtint pour son maître la main de Rébecca fille de Béthuel, petite-fille de Nacor et petite-nièce d'Abraham. Le patriarche vécut encore 35 ans depuis le mariage de son fils, et il eut de Kéturah, sa seconde femme, six fils qui furent pères de divers peuples ou peuplades de l'Arabie et des environs. Il mourut âgé de 175 ans, un siècle après son arrivée dans le pays de Canaan. Il ne paraît pas que, durant les 33 dernières années de sa vie, il ait eu ni d'éclatantes révélations ni de grandes épreuves. Les jours des fidèles, même les plus éminents, ne sont pas tous marqués par des interventions signalées du Seigneur, et il est beaucoup de ses serviteurs qui s'en vont tout doucement et sans éclat dans le lieu du repos. Telle fut la fin de la carrière d'Abraham; il mourut rassasié de jours et fut recueilli vers ses peuples. Son corps retourna dans la terre comme celui de ses ancêtres, et son âme rejoignit celle des hommes qui avant lui avaient appartenu au peuple de Dieu, Hébreux 11,13-16. Il fut enseveli dans la grotte de Macpélah par ses fils Isaac et Ismaël (avant J.-C. 1821); ce dernier avait alors 89 ans, et Isaac 75.

 

L'antique figure du patriarche est une des plus belles que nous présente l'Ancien Testament; elle est noble, vivante et prophétique; elle n'a rien de plastique, comme celle de Noé; elle est davantage la représentation d'une vie réelle: Abraham n'est pas le dieu des abîmes et du déluge, il est le père des croyants.

 

Parmi les observations nombreuses auxquelles son histoire pourrait donner lieu, nous nous bornerons aux suivantes:

 

1.             L'auteur sacré introduit Abraham d'une manière très abrupte, en quelque sorte sans préparation: «Et Dieu dit à Abraham, etc.» Genèse 12:1. Mais pour qu'un homme entreprenne un voyage lointain, fatigant, et sans terme à lui connu, il faut nécessairement qu'il ait confiance en celui par qui l'ordre et le signal du départ est donné. L'Éternel avait donc fait entendre sa voix à Abraham auparavant, et peut-être même à plus d'une reprise, quoique nous ne sachions pas de quelle manière. Or, indépendamment de ce que l'Écriture nous atteste Josué 24:2,14.

— Voir: Taré,

nous apprenons par d'autres sources que l'idolâtrie régnait en Caldée à cette époque, et tout porte à croire que ce fut un des principaux motifs du déplacement d'Abraham.

2.             Abraham n'était point dépourvu de moyens de subsistance lorsqu'il se mit en route pour le pays de Canaan: «il prit avec lui Saraï et Lot, et tout leur bien qu'ils avaient acquis et les personnes qu'ils avaient eues à Caran.» Ce ne fut donc pas dans un intérêt terrestre, et comme ferait un aventurier qui cherche fortune, qu'il quitta sa famille et sa parenté pour se rendre en d'autres lieux.

3.             La première épreuve de la foi d'Abraham fut dans la famine qui le contraignit à quitter momentanément cette terre de Canaan que l'Éternel avait promise à sa postérité. L'épreuve fut plus forte qu'on ne le suppose au premier moment, et il est impossible de ne pas voir que la foi du patriarche en souffrit d'abord quelque peu; car, se méfiant de l'Éternel pendant qu'il est en Égypte, il s'abandonne à des craintes excessives qui le font tomber dans le péché. Son mensonge n'est sans doute pas des plus grossiers et des plus révoltants; néanmoins, en donnant à entendre autre chose que la stricte vérité, il induisait son prochain en erreur et pouvait devenir l'occasion d'un grand crime; en sorte que les reproches de Pharaon, parfaitement fondés, durent humilier le patriarche plus que ne le réjouirent les grands présents qui lui furent offerts.

4.             On apprécierait bien mal la valeur morale des actions humaines, si l'on en jugeait toujours par leurs résultats les pires prochains. Abraham semble récompensé de son mensonge par les grands biens qu'il emporta d'Égypte, mais cet accroissement de fortune fut la cause d'un de ses plus grands chagrins domestiques: il dut se séparer de Lot, son neveu, qu'il aimait tendrement et qui était pour lui comme son fils adoptif.

5.             Si la foi des enfants de Dieu a ses éclipses, comme le soleil les siennes, elle ne reparaît ensuite que plus brillante. Il n'est personne qui n'ait remarqué la débonnaireté, la douceur et la confiance en Dieu qu'Abraham manifesta dans sa conduite avec Lot lorsqu'ils durent se séparer, Genèse 13. C'est ainsi que le père des croyants fut relevé de sa chute par la grâce du Seigneur.

6.             Le salut du fidèle est fondé sur les promesses et sur la véracité de l'Éternel: «Ce n'est point par les œuvres, afin que nul ne se glorifie.» Cependant le fidèle ne fait jamais une œuvre, n'accomplit jamais quelque devoir difficile, ne remporte jamais quelque victoire sur le péché, sans que Dieu ne lui donne un sentiment plus vif de sa miséricorde; c'est-à-dire que la grâce qui sauve sanctifie l'âme qu'elle veut sauver, et console celle qu'elle sanctifie.

 

— Après qu'Abraham eut montré sa foi par ses œuvres dans sa conduite avec Lot, l'Éternel lui renouvela ses promesses, les lui rendit plus claires et même les agrandit, car il ne lui avait pas encore annoncé que sa postérité serait innombrable, Genèse 13:14-17. La même chose lui arriva plus tard en de semblables occasions, particulièrement après la défaite des rois de la plaine, 15:1; et après le sacrifice d'Isaac 22:16.

7.             Nous avons une preuve de la grandeur et de la puissance d'Abraham dans l'histoire de la délivrance de Lot. Il fallait qu'il eût de grands biens, celui qui pouvait armer 318 esclaves nés dans sa maison, car cela suppose naturellement qu'il en avait d'autres qui n'étaient pas nés chez lui, en qui il avait peut-être moins de confiance, et qu'il laissa pour la garde de ses troupeaux. Si l'on y ajoute encore les femmes et les petits enfants, on comprendra que les Héthiens aient pu lui dire: «Tu es un prince excellent parmi nous», 23:6. Ainsi s'accomplissait déjà une partie des promesses qui lui avaient été faites. Ce qui n'est pas moins à remarquer, c'est le désintéressement et l'esprit de justice qui le portèrent à refuser la propriété du butin, tout en réservant la part des Cananéens qui lui avaient donné du secours, 14:21,24.

8.             Quanta l'union d'Abraham et d'Agar, on s'exposerait à porter un faux jugement si l'on voulait juger cette action d'après nos mœurs et en se mettant uniquement au point de vue de l'Évangile. D'abord, il est évident que le patriarche ne contracta pas ce mariage, ou plutôt cette union passagère, pour satisfaire les inclinations de la chair; de plus, il le fit non pas malgré Saraï, ni avec le simple consentement de son épouse légitime, mais sur sa demande expresse; enfin, la polygamie était déjà généralement adoptée par les mœurs dégénérées de l'Orient. On peut ajouter que l'Éternel n'avait pas encore dit à Abraham que c'était de Sara que naîtrait la postérité promise: il pouvait donc s'abandonner à la pensée qu'une autre femme devait accomplir pour lui la parole de l'Éternel. Tout cela peut expliquer sa conduite, et diminuer ce qu'elle eut de blâmable sans toutefois la justifier pleinement. Cependant, quand on réfléchit qu'Abraham est le premier des descendants de Sera qui se soit écarté de l'institution primitive du mariage, que cet écart fut le résultat d'une faiblesse dans sa foi, l'on ne peut s'empêcher d'y voir une chute. Comme Adam, Abraham eut tort d'obéir à la parole de sa femme, Genèse 3:47; il eut tort de penser un seul instant qu'il dût amener la réalisation des promesses divines par une voie de péché; et certes, cette fois comme toujours, la peine du péché fut à la porte. Dès ce moment Abraham eut de grands chagrins domestiques, la division se mit dans sa famille, et plus tard il dut renvoyer de chez lui cet Ismaël qu'il aimait tendrement, et cette Agar qui, selon toute apparence, était redevenue simplement son esclave, puisqu'il n'en eut pas d'autres enfants, Genèse 25:1-2, mais qui n'en était pas moins la mère de son premier-né.

— Voir: Gaussen (Abraham épousant Agar); Grandpierre, sur le Pentateuque.

9.             L'alliance de l'Éternel avec Abraham était à la fois temporelle et spirituelle; elle reposait d'ailleurs tout entière sur des promesses. Abraham sera grand, il aura une nombreuse postérité, plusieurs nations sortiront de lui, et le pays de Canaan sera son héritage. D'autre part il lui est annoncé que toutes les familles de la terre seront bénies en sa postérité.

— Abraham est grand, même à ne parler que selon la manière de voir des hommes; son nom est vénéré non seulement des juifs et des chrétiens, mais encore des musulmans, c'est-à-dire par la moitié de la race humaine; il n'y a pas d'homme qui ait eu une gloire pareille, et tous les détails de sa vie occupent une grande place dans les traditions des Orientaux. De lui sont sortis divers peuples: par Ismaël, les Arabes; par les fils de Kéturah, les Madianites et d'autres encore; par Ésaü, les Iduméens, et par Jacob, les Israélites, qui demeurent une grande nation au milieu des peuples de la terre. Enfin, lorsque le temps marqué fut accompli, la famille d'Abraham prit possession de ce pays de Canaan promis depuis plusieurs siècles. Voilà pour le temporel.

 

— Quant au spirituel, un Rédempteur est venu, qui selon la chair, est fils d'Abraham sa vraie postérité, et par qui le salut a été acquis aux pécheurs de toute langue, de toute tribu, peuple et nation. Abraham lui-même, et tous les fidèles qui l'avaient précédé, ainsi que ceux qui l'ont suivi, ont été bénis en ce Rédempteur promis dès les premiers jours du monde aux deux premiers pécheurs. Cette grande bénédiction spirituelle, qui était la partie essentielle de l'alliance faite avec Abraham, donne à toutes les parties de cette alliance une signification spirituelle. Abraham est grand par sa foi et parce qu'il est le père des croyants; de lui sortent spirituellement tous les vrais fidèles qui sont sa postérité, et une postérité aussi nombreuse que les étoiles du firmament; enfin il possède avec eux, pour l'éternité, la Canaan céleste, dont la terrestre n'était que le type.

10.          Il importe de remarquer ici, quoique ce ne soit pas le lieu d'entrer dans des détails sur ce point, que l'ange qui apparut au patriarche sous les chênes de Mamré, qui lui annonça la naissance d'un fils et la destruction de Sodome, Genèse 18, qui lui retint plus tard le bras lorsqu'il allait sacrifier son unique, 22:15, etc., etc., est constamment appelé du nom de l'Éternel, et qu'il ne cesse de parler lui-même comme le Dieu tout-puissant.

— Voir: l'article Ange.

11.          L'Ancien et le Nouveau Testament sont remplis de la gloire d'Abraham, de son nom, de sa mémoire, de son alliance, de ses épreuves, de sa foi. Sans entrer dans l'examen des divers passages où il est parlé de lui, nous nous bornerons à en indiquer ici rapidement les principaux:

Ancien Testament.

Genèse, passim. Exode 2:24; 3:6,15-16. 6:3; 32:13; 33:1; Lévitique 26:42; Nombres 32:11; Deutéronome 1:8; 6:10; 9:5; 29:13; 30:20; 34:4; Josué 24:3; 1 Rois 18:36; 2 Rois 13:23; 1 Chroniques 16:16; 29:18; 2 Chroniques 20:7; 30:6; Néhémie 9:7; Psaumes 47:9; 105:6,9,42; Ésaïe 29:22; 51:2; 63:16; Jérémie 33:26; Ézéchiel 33:24; Michée 7:20.

Nouveau Testament.

Matthieu 3:9; 8:11; Luc 1:55; 3:8; 13:16,28; 16:22; 19:9; Jean 8:33, etc., Actes 3:13; 7:2; 13:26. Romains 4:1; 9:7; 11:1; 2 Corinthiens 11:22; Galates 3:6, etc., 4:22; Hébreux 2:16; 7:1; etc. 11:8,17-19.

Le sein d'Abraham, Luc 16:22, désigne le ciel ou le lieu du repos. Les Juifs avaient trois manières d'exprimer le bonheur des justes à leur mort: ils allaient au jardin d'Éden, sous le trône de gloire, ou dans le sein d'Abraham. Ce patriarche étant le père des croyants, leur semblait devoir être naturellement chargé de les recueillir dans la félicité céleste. Cette même expression se retrouve dans ce que dit notre Seigneur, que les fidèles seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob; car on sait que les anciens se plaçaient à table de telle manière que chacun se trouvait comme couché sur le sein de son plus proche voisin.

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ABSALON

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(père de paix)

troisième fils du roi David, eut pour mère Mahaca, fille de Talmaï, roi de Guésur. Ce qui le distinguait entre les fils de David, c'était sa grande beauté et surtout sa longue chevelure; il la coupait chaque année, ou plutôt, comme on peut aussi traduire, à de certaines époques, et elle pesait jusqu'à 200 siècles, c'est-à-dire environ deux kilogrammes et demi. Il eut trois fils, qui moururent en bas âge, et une fille remarquablement belle, nommée Tamar, 2 Samuel 14:27, du nom d'une des sœurs d'Absalon, qui fut victime de l'amour incestueux d'Amnon, un autre fils de David. Absalon, résolu de venger l'insulte faite à sa sœur, attendit l'occasion de le faire. Au bout de deux ans, lors de la tonte des moutons, il fit un festin auquel il convia son frère, et lorsque celui-ci fut ivre, il le fit égorger par ses serviteurs, et s'enfuit à Guésur, auprès de son grand-père. Il y était depuis deux ans, lorsque Joab, voyant que David ne serait pas éloigné de pardonner à son fils, imagina, pour le faire rappeler, une ruse qui lui réussit comme il l'espérait. Une femme de Tékoah 2 Samuel 14, se présenta devant David pour solliciter sa protection; elle se disait veuve et n'avait que deux fils, l'un desquels avait tué l'autre dans une querelle, et sa famille voulait venger le mort par la mort du meurtrier, de telle sorte qu'elle serait privée des deux à la fois, et elle suppliait le roi d'intercéder en faveur du coupable. David comprit ce qu'on voulait, et devina même l'auteur de la ruse; il consentit à ce qu'Absalon fût rappelé de son exil; mais il refusa de le voir, et deux nouvelles années se passèrent. Cependant Absalon, fatigué de cette longue disgrâce, cherchait à en sortir, et comme il ne pouvait pas même obtenir une entrevue avec Joab, il le contraignit à venir, en faisant mettre le feu à un champ d'orge que Joab possédait près d'une propriété appartenant à Absalon. Ils entrèrent en pourparlers; Joab intervint auprès du roi, et Absalon ayant reçu de David l'assurance d'un entier pardon, profita de sa liberté et de l'influence qui lui était rendue, pour conspirer presqu'aussitôt contre son père. Il trompa le peuple par sa popularité, se concilia sa faveur par des intrigues et des promesses, employa toutes sortes d'artifices pour parvenir à ses fins, se procura des chevaux et des chariots, et s'entoura d'une garde permanente de 50 archers. Enfin, la quatrième année depuis son retour de Syrie, il se rendit à Hébron, sous prétexte d'y accomplir un vœu: deux cents personnes de distinction l'y attendaient, mais sans suspecter ses desseins. Aussitôt il s'ouvre à ceux qui étaient là, et fait proclamer dans toutes les villes d'Israël qu'il a fixé le siège de son empire à Hébron, là même où David, son père, avait été sacré roi quarante ans auparavant, 2 Samuel 2:1-11. Achithophel est des premiers à joindre l'usurpateur; la masse du peuple suit cet exemple, et David s'enfuit de Jérusalem avec une poignée d'amis sûrs et fidèles. Absalon s'y rend aussitôt, et le vengeur d'un inceste devient lui-même incestueux, d'après l'avis de son principal conseiller, en se faisant livrer les femmes de son père, pour rendre toute réconciliation impossible. Achithophel voulait encore qu'Absalon lui remît le soin de poursuivre immédiatement David, avec 12,000 hommes de troupes choisies; mais cet avis ne fut pas écouté, grâces à Cusaï, qui, feignant d'entrer dans la révolte, afin de mieux servir son maître légitime, et flattant l'amour-propre d'Absalon, lui conseilla d'attendre, de réunir d'abord tout le peuple en une formidable armée, et de marcher ensuite lui-même à la tête de ses troupes. Une victoire brillante lui était assurée. Pendant qu'Absalon rassemblait ainsi le peuple, il donnait à David le temps de réunir ses vieux soldats, et ce furent eux qui le délivrèrent de ses ennemis dans la bataille qu'ils livrèrent au milieu des forêts d'Éphraïm. Vingt mille hommes restèrent parmi les morts, et Absalon lui-même, en traversant l'épaisseur de la forêt, demeura suspendu aux branches d'un arbre, entre lesquelles sa tête ou sa chevelure s'embarrassa. Son cousin Joab l'ayant appris, il courut en hâte, et, de sa propre main, lui arracha la vie, malgré la défense expresse du roi, qui voulait qu'on l'épargnât. (1021, avant J.-C.) Ce fut donc un neveu de David qui le priva d'un fils, bien coupable sans doute et peu digne d'intérêt, mais auquel son père n'avait pas retiré son affection. Absalon, pour éterniser sa mémoire, s'était fait ériger un monument, près duquel il désirait peut-être qu'on l'ensevelît. L'historien Flavius Josèphe dit que c'était une colonne de marbre, et qu'elle était à 300 pas de Jérusalem, dans la vallée de Josaphat. Mais son corps fut jeté dans une fosse immédiatement après le combat, et recouvert d'un monceau de pierres. Quand David apprit la mort de son malheureux fils, il versa sur lui d'abondantes larmes, dont l'amertume était bien justifiée par une si triste vie suivie d'une si triste fin, 2 Samuel 18:33.

 

— Le nom d'Absalon ne se trouve, en dehors des livres historiques, que dans l'épigraphe du Psaumes 3.

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ABSINTHE.

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Cette plante, bien connue chez nous, contient un jus amer. Les Hébreux, qui regardaient les plantes amères comme nuisibles, et comme vénéneuses (— Voir: Apocalypse 8:10 et 11), se servent souvent du nom de cette plante pour désigner ce qui est généralement désagréable, nuisible et pernicieux; et le paraphraste caldéen appelle cette plante «absinthe de mort.» Les versions orientales et les rabbins traduisent l'hébreu Lahenah par absinthe, tandis que les versions grecques d'Alexandrie lui substituent le nom des choses représentées. Ainsi, Deutéronome 29:18, elles traduisent absinthe par amertume; Jérémie 9:15, par nécessite; 23:15, par douleur. Les idolâtres sont représentés, Deutéronome 29:18, sous l'image même d'une racine qui produit de l'absinthe, cf. Hébreux 12:15. La Bible lui compare aussi les attraits d'une femme de mauvaise vie, Proverbes 5:4; les juges iniques, Amos 5:7. 6:12; Jérémie 9:15; 23:15, les souffrances et les tribulations, Lamentations 3:15,19. Quelques savants pensent, mais sans raison, que la plante mentionnée dans la Bible n'est pas l'absinthe ordinaire, mais l'absinthium santonicum, ou chiha des Arabes, qui croît librement et sans culture dans les plaines de la Palestine.

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ACACIA,

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— Voir: Sittim (bois de).

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ACCAD,

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ville bâtie par Nimrod au pays de Sinhar, Genèse 10:10. Il faut la chercher en Babylonie ou en Assyrie. Les Septante lisent Arcad, ce qui a fait penser à Bochart qu'elle était située aux environs du fleuve Argade, dans la Sittacène.

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ACCOUPLEMENTS

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hétérogènes. Il était défendu aux Hébreux d'allier, dans le cours de leur vie et dans les affaires les plus ordinaires, les choses qui ne devaient pas naturellement aller ensemble, Lévitique 19:19; Deutéronome 22:9 et suivant. Ils ne pouvaient pas, en particulier:

 

1.             porter des habits faits d'étoffes différentes, de laine et de lin ensemble (demi-laine);

2.             semer dans un même champ deux sortes de graines différentes;

3.             atteler à la charrue deux animaux différents, un âne et un bœuf;

4.             accoupler pour la propagation des bêtes d'espèces différentes qui auraient produit des animaux neutres et bâtards, des mulets.

L'Écriture n'explique nulle part la cause de cette défense, et les Juifs eux-mêmes ne paraissent pas l'avoir comprise d'une manière plus claire. Mais l'idée qui se présente le plus naturellement à l'esprit, et qui est le plus conforme à l'ensemble des dispositions mosaïques, c'est que le législateur voulait, en défendant l'union de choses étrangères, inculquer toujours plus fortement au peuple à part l'horreur des alliances étrangères, soit avec les Égyptiens qu'ils venaient de quitter, soit avec les Cananéens qu'ils allaient rencontrer, et avec lesquels ils ne devaient se rencontrer que pour les déposséder et les extirper. La semence sainte allait se trouver sur le même sol que la semence maudite: ils devaient avoir horreur de cet alliage, de ce mélange qui les souillerait; ils devaient l'empêcher par l'extermination du mal.

 

La défense d'accoupler des animaux d'espèces différentes se comprend mieux que les autres. Pervertir en effet le cours de la nature pour essayer de produire ce que Dieu n'a pas créé, forcer ou favoriser une marche différente de celle qui est établie, et faire des monstres, était une pensée qui devait répugner déjà au simple sens moral et religieux, et provoquer des mesures préventives; en outre, et a fortiori, cette interdiction disait le dernier mot sur le crime de la bestialité si fréquent parmi les anciens païens, et que le législateur n'a pas même osé nommer; ce crime, la plus grande des monstruosités morales, était banni même de la loi, comme le parricide l'était des lois de Solon.

 

— Du reste il n'était pas défendu d'acheter et de nourrir des mulets, et les Israélites en faisaient venir pour leur usage des pays étrangers.

 

Quant à la défense d'atteler à une même charrue des animaux différents, Flavius Josèphe et Philon la regardent comme une loi d'humanité en faveur des animaux laboureurs; on sait, en effet, que de semblables attelages sont pour l'un et l'autre animal une charge pénible et difficile, à cause de la différence de pas, de forces et d'allure.

 

Les rabbins ont donné encore beaucoup d'autres explications, toutes plus ou moins satisfaisantes: ils ont dit, par exemple, qu'il était défendu au peuple de porter des vêtements mi-laine, parce que ce devait être le costume des seuls sacrificateurs, ce qui n'est pas prouvé. Ils ont dit encore que par laine la loi n'entendait absolument que la laine de moutons, et qu'elle permettait celle de chameaux et d'autres animaux; que cette défense ne s'appliquait qu'aux vêtements, et point à tous les autres tissus que l'on pouvait faire, tapis, linges, couvertures, essuie-mains, etc. Ces explications de détail ne mènent guère loin.

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ACHAB

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1.             (918, avant J.-C.), 1 Rois 16:28-22:40, fils et successeur de Homri, monta sur le trône d'Israël lorsque Asa régnait à Jérusalem; il fut le plus impie de sa race, et ne fut surpassé peut-être que par sa digne compagne Jésabel ou Izebel, fille d'Ethbahal, roi de Sidon. Son idolâtrie fut punie par une famine qui désola le pays pendant trois ans et six mois, et qui lui fut annoncée parle prophète Élie. À la fin de ce temps, une épreuve solennelle fut proposée par Élie: les ministres de Banal se réunirent au Carmel, offrirent des sacrifices et prièrent leur dieu qu'il voulût bien faire tomber la pluie sur la terre; mais ils prièrent en vain pendant une demi-journée. Élie, s'approchant à son tour, bâtit un autel et pria le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, de se manifester comme le seul et vrai Dieu: le feu du ciel consuma l'holocauste, un petit nuage parut à l'horizon, comme la paume de la main, et Achab, montant sur son char, s'enfuit en hâte à Jizréhel avant que l'orage l'atteignît. Quelques années après commença la guerre avec Ben-Hadad, roi de Syrie, et trente-deux autres rois, 1 Rois 20; mais quelque nombreux que fussent les ennemis d'Israël, l'Éternel n'était point avec eux, et leur déroute fut complète; ils furent vaincus par deux fois sur la montagne et dans la plaine. Achab pouvait et devait exterminer Ben-Hadad, mais par orgueil, ou par une générosité hors de saison et que Dieu réprouvait, il préféra faire alliance avec lui. Cette désobéissance lui devint fatale: un prophète, 20:35 (probablement le même Michée que 22:8), lui annonça que puisqu'il avait laissé échapper l'homme que Dieu lui avait donné à détruire, sa vie répondrait pour celle de Ben-Hadad, et son peuple pour le sien. Irrité de ces paroles prophétiques, de l'accomplissement desquelles il ne pouvait douter, Achab revint à Samarie et ne fit que pécher davantage au lieu de chercher à apaiser l'Éternel. Sa femme fit lapider Naboth dont la vigne plaisait à Achab; mais pendant que le malheureux roi parcourait sa nouvelle possession, Élie se présenta devant lui, et l'âme coupable et bourrelée s'écria comme le démoniaque du Nouveau Testament: «Pourquoi viens-tu me tourmenter? Me chercheras-tu toujours? Suis-je ton ennemi?» Tu l'es, lui répondit le prophète, et en même temps il lui annonça les maux qui devaient l'accabler lui-même et fondre sur sa coupable famille. Épouvanté de tant de malheurs, Achab déchira ses vêtements dans cette vigne même dont un crime l'avait rendu l'infortuné propriétaire, il se couvrit d'un sac et se traînait en marchant. L'Éternel eut égard à cette humiliation, sincère peut-être, mais passagère, et renvoya d'une génération l'accomplissement de ses menaces. «Tant il est vrai, ajoute Saurin, ce que nous disons, que Dieu aime tant la repentance qu'il en couronne quelquefois les dehors, et qu'il en récompense quelquefois jusqu'aux apparences.» (Sermon sur les dévot. passag.) Trois années après, 2 Chroniques 18, Achab s'unit à Josaphat, roi de Juda, pour reprendre la ville de Ramoth de Galaad, et fit mettre en prison le prophète Michée, qui lui prédisait sa mort et la défaite de son armée. Cette mesure séculière n'empêcha pas l'accomplissement de la parole divine: Achab fut blessé malgré son déguisement et mourut malgré son armure; une flèche tirée presque au hasard le frappa au défaut de la cuirasse, il tomba au fond de son chariot et mourut vers le soir, baigné dans son sang, après un triste règne de 22 ans (897 avant J.-C.). On lava son char et ses armes dans le vivier de Samarie, et les chiens léchèrent son sang, ainsi que l'Éternel l'avait annoncé. L'auteur sacré nous trace en deux mots le caractère de ce méchant prince. «Achab fît ce qui déplaît à l'Éternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui. Et il arriva que, comme si ce lui eût été peu de chose de marcher dans les péchés de Jéroboam, fils de Hébat, il prit pour femme Izebel; puis il alla et servit Bahal et se prosterna devant lui; et il lui dressa un autel, et fit un bocage», 1 Rois 16:30-33. Son histoire est la plus triste peut-être de toutes celles des rois d'Israël et de Juda, et l'Écriture sainte s'en sert comme d'un terme de comparaison pour juger l'impiété de ses successeurs,

— Voir: 2 Rois 8:18; 9:7; 10:1; 21:3; 2 Chroniques 21:6; 22:3; Michée 6:16.

2.             Achab, fils de Kolaja, et Sédécias, faux prophètes qui séduisaient le peuple juif captif à Babylone, et qui joignaient à des paroles de mensonge des mœurs impures, Jérémie 29:21-22. Leur mort passera en proverbe et deviendra un formulaire de malédiction, dit Jérémie, et l'on dira: «Que l'Éternel te mette en tel état qu'il a mis Achab et Sédécias, lesquels le roi de Babylone a grillés au feu.» On ne sait rien de plus sur leur compte; quelques-uns ont voulu les confondre avec les deux anciens de l'histoire de Suzanne; mais, même en admettant cette histoire comme vraie, l'identité serait plus que douteuse, car il est dit que les deux vieillards furent lapidés et non point brûlés.

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ACHAÏE.

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Actes 18:1-12; 2 Corinthiens 1:1. Originairement ce nom ne désignait que la côte septentrionale du Péloponèse, mais du temps des apôtres il comprenait toute la province romaine, c'est-à-dire l'ancienne Hellas (Livadie) et le Péloponèse (Morée). Elle fat successivement régie par des proconsuls et des procurateurs. Elle avait pour capitale Corinthe, la seule ville un peu considérable de son territoire; Gallion y résidait lorsque Paul y prêcha l'Évangile et qu'il y fonda plusieurs congrégations chrétiennes.

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ACHAIQUE,

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disciple de saint Paul, dont le nom semble indiquer la patrie. On ne sait rien de particulier sur sa vie, et son nom ne se trouve que 1 Corinthiens 16:17, où nous voyons saint Paul le recommander avec force aux Corinthiens. Envoyé de Corinthe vers l'apôtre, avec Stéphanas et Fortunat, ce fut peut-être encore lui qui fut chargé de remettre aux fidèles de sa patrie la 1re épître qui leur est adressée.

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ACHAZ,

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2 Rois 15:38; 16:20; 23:12; 2 Chroniques 28; fils de Jotham, roi de Juda, épousa, fort jeune encore, Abija dont il eut Ézéchias. Il monta sur le trône à l'âge de 20 ans, 742 avant J.-C., et régna 16 ans. Il s'adonna tout entier à l'idolâtrie, fit passer ses enfants par le feu en l'honneur de Moloch, et sacrifia aux idoles dans le temple même de Jérusalem. Bientôt il vit réunis contre lui Retsin, roi de Syrie, et Pékach, roi d'Israël, avec une armée formidable; vaincu dans une sanglante bataille, il s'enferma dans sa capitale où ses ennemis l'assiégèrent, pendant que d'un autre côté les Iduméens et les Philistins ravageaient ses états, s'emparaient de ses forteresses et dépouillaient tous ceux qu'ils rencontraient. Achaz fit alors alliance avec le roi d'Assyrie Tiglath-Piléser, dont le secours ne lui fut pas fort avantageux. Dans ces tristes circonstances, Dieu restait encore à la postérité de David; il envoya vers le malheureux monarque le prophète Ésaïe, pour lui annoncer une prochaine délivrance, Ésaïe 7 et 8. Ésaïe offrit même au prince, en garantie de cette promesse, de lui donner tel signe qu'il voudrait; mais Achaz, sous prétexte de ne pas tenter Dieu, Deutéronome 6:16, refusa; sa véritable crainte était justement de recevoir ce signe, qui l'aurait alors obligé de Suivre la voie indiquée par le prophète, et d'abandonner l'alliance assyrienne. Toutefois ce signe lui fut donné: une vierge enfanterait un fils, et avant que l'enfant pût prononcer les noms de père et de mère, Achaz serait délivré. Cette prophétie eut son accomplissement: le roi d'Assyrie, pour des raisons peut-être personnelles, fondit sur les ennemis de Juda, prit Damas dont il transporta les habitants, et fit mourir Retsin. Achaz alla rendre visite au vainqueur et lui fit hommage des trésors du temple et du palais de Jérusalem. Frappé de la beauté d'un autel d'idoles qu'il vit à Damas, il en envoya le modèle au grand prêtre Urie, et lui enjoignit d'en faire construire un semblable pouf le mettre à la place de celui de Salomon dans le temple de l'Éternel, auquel il fit encore plusieurs autres changements également coupables et impies. Pendant ce temps, Ésaïe et le prophète Michée, 3:3-12, ne cessaient de prononcer contre Jérusalem de redoutables menaces. Elles demeuraient inutiles: d'autres prophètes, plus nombreux et plus agréables, flattaient les goûts du roi et de la multitude, et Achaz, se plaisant en leurs voix séductrices, mourut au milieu de ses iniquités, 726 avant J.-C. On l'ensevelit à Jérusalem, maison ne lui donna pas de place dans le sépulcre à côté des rois ses ancêtres.

 

— Son nom ne se retrouve plus que pour servir de date aux oracles des prophètes, Ésaïe 1:1. Osée 1:1, etc.

— Cadran d'Achaz,

— Voir: Cadran.

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ACHAZIA.

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1.             Fils d'Achab, d'abord son associé pendant un an, puis son successeur au trône d'Israël, 1 Rois 22:40; 2 Rois 1; 2 Chroniques 20:35-37, marcha dans l'idolâtrie comme son père et comme sa mère Jésabel, fut malheureux dans une alliance qu'il contracta avec Josaphat pour l'équipement de vaisseaux de commerce, et laissa les Moabites se soustraire à son pouvoir. Il tomba de son palais de Samarie «par le treillis de sa chambre haute», qui donnait à la fois sur la cour intérieure du palais par une trappe, et sur la rue ou sur les parvis extérieurs par la balustrade dont le toit était environné,

— Voir: Maison;

comme il était fort malade de sa chute, il envoya consulter Bahal-Zébub, dieu de Hébron; ses serviteurs ne purent remplir leur message et revinrent annoncer à leur maître qu'un prophète les ayant rencontrés leur avait annoncé la mort prochaine et sûre d'Achazia. Le roi, sur la description qui lui en fut faite, reconnut le prophète Élie, et, pensant tuer la prophétie en tuant le prophète, il envoya l'une après l'autre deux compagnies de cinquante hommes au Carmel pour le saisir. Une troisième troupe fut encore envoyée, dont le chef (— Voir: Abdias), au lieu de prendre le ton impérieux qui avait attiré le feu du ciel sur les deux premiers, s'agenouilla devant le prophète et le supplia de le suivre auprès du roi. Élie descendit, alla vers le roi et lui répéta ce qu'il avait déjà dit à ses serviteurs: «Tu ne descendras pas du lit sur lequel tu es monté, mais certainement tu mourras.» Il mourut en effet, suivant la parole du Seigneur, et sans postérité, un an après la mort de son père, 896 avant J.-C.; Joram, son frère, lui succéda.

2.             Achazia, 2 Rois 8:25; 9:29, ou Jehoachaz, 2 Chroniques 21:17; 22:1, appelé aussi Hazaria 22:6 (à moins que ce ne soit une faute de copiste), fils de Joram et d'Hatalie, monta sur le trône à l'âge de 22 ans, 885 avant J.-C., et ne régna qu'un an. Il combattit avec Joram contre les Syriens, et lorsque celui-ci, blessé, eut dû s'enfuir à Jizréhel, Achazia vint lui faire visite. Cependant Jéhu, simple capitaine, que son maître avait laissé au siège de Ramoth de Galaad, ayant été oint roi par Élisée, se souleva, tua Joram et poursuivit Achazia qui, bien que blessé mortellement à la montée de Gur, put encore s'enfuir dans la contrée de Samarie, à Méguiddo, où Jéhu l'ayant découvert le fit mettre à mort. Ses serviteurs l'emmenèrent à Jérusalem, et il fut enseveli avec ses pères, 2 Rois 8:25; 9:29.

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ACHIM,

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fils de Sadoc, père d'Éliud, de la tribu de Juda, nommé dans la généalogie du Sauveur, Matthieu 1:14, mais du reste, inconnu.

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ACHITHOPHEL

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(frère de ruine ou de folie), 2 Samuel 15:16 et 17, natif de Guilo, père d'Éliham, 2 Samuel 23:34, et grand-père de Bathsébah, cf. 11:3, courtisan fort habile dont les avis étaient reçus comme des conseils de Dieu, 16:23, fut des premiers à embrasser le parti d'Absalon révolté contre son père, et l'on suppose que ce fut pour venger l'affront fait par ce prince à la personne de sa petite-fille. Du moins on ne voit pas quel intérêt aurait pu porter ce vieillard à trahir son premier maître; et toute sa conduite, ses paroles, ses conseils, ses actions respirent la haine personnelle la plus violente contre David. Il veut une rupture complète et conseille à son nouveau roi d'abuser en public des femmes de son père, afin que tout le peuple, en voyant ce crime, comprenne qu'Absalon ne reculera pas devant tous les autres; puis il demande qu'on lui donne 12,000 hommes, avec lesquels il partira la nuit même et poursuivra le roi sans lui donner de repos; il se jettera sur lui et ne frappera que lui. Ce féroce conseil était bon et digne d'un homme d'État consommé, mais Dieu le dissipa. Cusaï, ami secret de David, conseilla des lenteurs qui furent approuvées et qui perdirent Absalon. Achithophel, prévoyant que David serait vainqueur, et sachant bien qu'il ne pouvait en espérer aucun pardon, fit seller son âne, revint à Guilo, mit en ordre ses affaires et s'étrangla, 1021 avant J.-C.

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ACHMÉTHA,

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— Voir: Ecbatane.

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ACIER,

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— Voir: Fer.

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ACSAPH

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(un prisonnier), ville cananéenne dont le roi fut vaincu par Josué, Josué 11:1; 12:20, et qui fit plus tard partie de la tribu d'Aser, 19:25. Elle était près du mont Thabor. M. Buckingham, qui a visité ces lieux en 1816, dit que c'est actuellement une petite ville nommé Idippa ou Ecdippa, près de la Méditerranée, entre Tyr et Ptolémaïs. Au temps de saint Jérôme, environ quatre siècles après Christ, c'était, à ce qu'il paraît, un petit village nommé Chassalus.

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ACTES DES APÔTRES.

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Actes (actions ou faits) des Apôtres. Ce livre est le 5e et dernier des livres historiques du Nouveau Testament Il fait suite aux Évangiles et sert d'introduction préparatoire aux apôtres. Il contient l'histoire inspirée de ce que les apôtres ont fait et souffert depuis l'ascension du Seigneur; il est plein de récits d'un haut intérêt et fournit une foule de preuves éclatantes du pouvoir et de la grâce de Dieu. Pierre, Jean, Paul et Barnabas en sont les principaux personnages. Après avoir raconté l'ascension de Jésus-Christ, les Actes parlent du choix qui fut fait de Matthias en remplacement de Judas, puis de l'effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte, de la prédication miraculeuse des apôtres, de leurs succès, des persécutions qu'ils eurent à éprouver. On voit ensuite l'élection des diacres, le martyre d'Étienne, la dispersion des fidèles en Samarie, la honteuse conduite de Simon le magicien, le baptême de l'eunuque d'Éthiopie. Les chapitres 9-15 nous montrent Pierre ressuscitant Dorcas, baptisant Corneille, annonçant l'Évangile aux païens et s'en justifiant auprès des Juifs convertis. Partout on recueille des aumônes pour les fidèles de Jérusalem qui souffrent de la famine; Jacques est décapité; Pierre emprisonné est délivré par un ange, Hérode est rongé des vers. L'assemblée de Jérusalem condamne ceux qui veulent faire de l'observance des cérémonies lévitiques une condition de salut, mais elle ordonne de s'abstenir des choses consacrées aux idoles, de la fornication, des viandes étouffées et du sang.

 

— Le reste du livre (et déjà les chapitres 11 et 13, et une portion du 9e), raconte la conversion, les travaux et les souffrances de Paul, et fait l'histoire abrégée de la fondation et du gouvernement de l'Église chrétienne pendant environ trente années.

 

L'évangéliste Luc est l'écrivain dont Dieu s'est servi pour nous transmettre ces faits, et le livre des Actes est la suite immédiate de l'Évangile du même disciple. L'usage fréquent de la première personne du pluriel montre que l'auteur a été souvent le témoin des choses qu'il raconte. On croit que son principal dessein, en entreprenant ce travail, a été d'opposer une véritable histoire des apôtres aux faux actes et aux contes absurdes que l'on commençait à répandre en grand nombre. Le premier et le dernier verset de ce livre déterminent tout ce que l'on peut savoir quant à l'époque à laquelle il fut composé: ce fut après l'Évangile, et après le séjour de deux ans que saint Paul fit à Rome. Saint Luc l'écrivit en grec et dans un style plus élégant que celui des autres écrivains sacrés du Nouveau Testament

 

— L'authenticité de ce livre n'a jamais été contestée; quelques hérétiques seuls, dont les doctrines s'y trouvaient trop fortement condamnées, les marcionites et les manichéens, l'ont rejeté. Les ébionites le traduisirent en hébreu et le défigurèrent grossièrement. D'autres essayèrent, mais en vain, de faire admettre par l'Église plusieurs imitations de ce livre, sous les titres mensongers d'Actes des apôtres par Abdias, Actes de Pierre, de Paul, de sainte Thècle (qui nous raconte le baptême d'un lion), de Jean, d'André, de Thomas, de Philippe, de Matthias, etc.

— Voir: Paul et Luc.

 

La plus grande difficulté du livre des Actes est certainement la partie chronologique: on a déjà fait beaucoup de travaux à cet égard sans arriver à des résultats bien satisfaisants et bien concluants; mais, comme en pareille matière il vaut mieux avoir une idée fixe et arrêtée, fût-elle même fausse, que de n'en avoir point, et puisqu'il faut choisir entre plusieurs systèmes peu sûrs celui qui présente le plus de garanties, nous renvoyons nos lecteurs français aux Deux dissertations de M. Bost sur le droit des Papes, suivies d'une table chronologique des Actes des apôtres,

— et à l'Histoire de l'établissement du Christianisme, par le même, 1er vol., p. 5-53;

— Voir: encore l'ouvrage de Néander, traduit par M. Fontanès (Établ. et direction de l'Égl. chr. parles ap.); quelques pages de Sardinoux (sur les Galates), et de Rilliet (Philippiens); Concordance de Mackenzie, Introduction, etc.

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ACZIB

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(menteur),

1.             ville de la tribu d'Aser, Josué 19:25,29, peut-être la même que Acsaph.

2.             Autre ville du même nom dans la tribu de Juda, Josué 15:44. Michée, jouant sur la signification du nom de cette ville, dit (1:14): «Les maisons d'Aczib mentiront aux rois d'Israël», c'est-à-dire que les gens d'Aczib et leurs forces ne leur seront d'aucun secours pendant l'invasion des Assyriens.

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ADAM.

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Dieu dit au commencement: «Faisons l'homme à notre image», et l'homme fut tiré de la poudre; Dieu les créa maie et femelle, Genèse 1:26-27. Le mot Adam signifie terre; c'est un nom qui aurait pu, dans sa généralité, s'appliquer à tous les individus de la race humaine, mais qui est demeuré le nom propre de notre premier père. (Le nom Adam, terme désignant l'humanité, incluant mâles et femelles Gen. 5:2, provient d'adamah et porte aussi les notions de «l'intelligent, l'astucieux, le brillant, le clairvoyant, l'éclairé, le lucide, le raisonnable, le sage, le spirituel, le subtil, le vif.)

 

— Quand l'organisation matérielle de ce vaste univers fut achevée, le Créateur compléta son œuvre en créant l'homme à son image et selon sa ressemblance. Dieu lit l'homme droit, non pas impeccable, non pas doué de la toute puissance, ni de la toute-science, mais pur de cœur et sain d'entendement comme de corps. En connaissance, en justice et en vraie sainteté, il réfléchissait l'image sans tache de son puissant Créateur, et il était pourvu de ce qu'il lui fallait pour exercer l'empire sur les œuvres de la création. Celles-ci étaient alors» très bonnes» à tous égards. Ce vaste ensemble n'était qu'harmonie et bénédiction; le gouverneur suprême en remit la domination à Adam, et lit passer devant lui toutes les créatures afin qu'il les nommât et qu'il décidât ainsi de leur rang et de leur qualité, car c'est ce qu'emportait chez les Hébreux le droit de donner le nom à quelqu'un ou à quelque chose. Mais tout ce monde et ces milliers d'êtres ne présentaient pas à l'homme le secours et la communion de sympathie dont il avait besoin; Adam était seul; nul être ne pouvait partager son bonheur et répondre à ses sentiments. C'est pourquoi l'Éternel le plongea dans un profond sommeil, et d'une de ses côtes lui forma une compagne: la femme est créée, le mariage est institué, et l'homme exprime, en ternies pleins d'énergie, ses nouvelles affections et le sentiment qu'il a de l'intimité qui doit régner entre lui et celle qui est un autre lui-même: le nom qu'il lui donne d'abord (Adamah, Hommesse, 2:23), est destiné à rappeler constamment ce fait. Comme les saisons n'avaient point encore leurs intempéries, et que le sentiment de la honte et de la pudeur, premier fruit du péché, était inconnu à nos premiers parents, ils marchaient dans l'innocence des petits enfants, sans songer à voiler leur corps par des vêtements. (— Voir: Création, Ève, Femme.)

 

Plus l'homme était haut placé, plus l'autorité que l'Éternel lui avait donnée sur les œuvres de la création était grande, plus il importait aussi que quelque chose vînt sans cesse lui rappeler qu'il avait un maître au-dessus de lui, un Seigneur qui l'avait créé pour sa gloire et auquel il devait hommage et obéissance. Peu importait en soi quel que fut le signe de cette dépendance. Dieu défendit sévèrement à l'homme le fruit d'un des arbres du jardin qui, pour cela, fut nommé l'Arbre de la connaissance du bien et du mal. Le bonheur d'Adam était ainsi entre ses mains et dépendait de ses œuvres: s'il obéissait au commandement, lui et les siens, il jouirait avec eux et à toujours d'un bonheur sans mélange, dans la communion de Dieu. Vie éternelle, vie spirituelle, voilà ce qui lui avait été donné avec la vie naturelle, et ce que son obéissance devait lui conserver. L'arbre de vie qui est au milieu du jardin sert de signe à ces promesses. Mais s'il manque à la loi qui lui est imposée, alors tout le contraire lui arrivera: la mort naturelle, la mort spirituelle, la mort éternelle seront son partage, à moins que la miséricorde divine n'intervienne; mais Dieu ne lui fait encore aucune promesse à cet égaré, parce qu'il ne veut pas préjuger sa chute.

 

Le grand adversaire que nos versions appelle Satan et le Diable, celui qui est menteur dès le commencement, et père du mensonge, se sert du serpent pour séduire la femme, il parvient à glisser la tentation dans son cœur. La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'orgueil de la vie, 1 Jean 2:16, suffirent à faire succomber Ève: quand elle vit que le fruit de l'arbre était bon à manger, et qu'il était agréable à la vue, et que cet arbre était désirable pour donner de la science, elle en prit du fruit et entraîna son mari dans sa chute; (— Voir: un Sermon de Hor. Monod sur les trois Convoitises.) Dès lors l'image de Dieu dans l'homme fut effacée; Adam et Ève sont morts spirituellement, et leur communion avec Dieu se trouvant rompue, ils apprennent ce que c'est que le trouble et la honte; ils cousent ensemble des feuilles de figuier et s'en font une ceinture autour des reins; puis, lorsque la voix, la parole de l'Éternel, se fait entendre dans le jardin, ils se cachent au milieu des arbres et pensent pouvoir celer à Dieu ce qu'ils ont fait. Bien plus, quand Adam voit que tout est découvert aux yeux de celui à qui nous devons tous rendre compte, il essaye de rejeter toute la faute sur celle qu'il devait aimer comme lui-même, et indirectement, par un horrible blasphème, sur l'Éternel qui lui avait donné cette compagne. Toutefois, avant de frapper, l'Éternel fait entendre aux coupables l'Évangile, la bonne nouvelle du salut, c'est que la postérité de la femme brisera la tête du serpent: puis il leur annonce la malédiction qui reposera sur Adam et sur toute sa race, même sur les élus qui auront part à la grande délivrance finale. Infirmités, douleurs de l'enfantement et sujétion à son mari, telle sera la part spéciale de la femme; travail et fatigues, récoltes précaires et arrosées de sueurs, toutes sortes de peines et d'infortunes, et la mort après tout, voilà ce qui attend Adam et le genre humain tout entier dont il est le représentant et le père. «Tu es poudre et tu retourneras dans la poudre», sentence pleine de miséricorde pour le fidèle quand on la compare à l'éternelle mort qu'il a méritée, et quand on pense à l'éternelle félicité que la grâce de Dieu lui assure.

 

(Le mot serpent ou NACHASH porte aussi le sens «le raisonnement, l'intellect», c'est à dire «être brillant, être éblouissant, être flamboyant, être illustre, être magnifique, être séduisant, être trompeur. Tout porte à penser que le serpent n'est qu'un terme figuratif qui représente l'esprit de la chair en l'homme, un esprit de contrariété humaine qui veut son indépendance de Dieu et s'oppose à toutes ses voies.)

 

Adam nomma sa femme Ève, c'est-à-dire vivante, parce qu'elle devait être la mère des vivants: l'immortalité de l'individu fut remplacée sur la terre par celle de la race, mais ce fut toujours l'immortalité. Puis l'Éternel, les ayant revêtus de robes de peaux, les chassa du paradis, dont il fit garder l'entrée par un ange armé d'une épée flamboyante. Bientôt après naquirent Caïn et Abel portant l'un et l'autre l'image de leur père terrestre, c'est-à-dire pécheurs et mortels comme lui. D'autres enfants en grand nombre, des fils et des filles, furent donnés à Adam; Seth est le seul dont le nom soit conservé; il naquit la 130e année de son père. Adam mourut huit siècles après, à l'âge de 930 ans. Lémec, père de Noé, en avait alors 56.

 

Observations détachées.

1.             On a pensé, mais sans fondement, que le mot Adam signifiait premier créé; d'autres ont cru y reconnaître le mot sanscrit Adim, qui signifie le premier; enfin, l'on a prétendu qu'il dérivait d'un mot hébreu signifiant ressemblance. Ce qui est plus probable, c'est qu'il vient de Adamah, terre: le corps d'Adam fut formé de terre, et c'est encore à présent la terre végétale, ou terreau, qui, varié de mille manières, est le principe constitutif, non seulement des végétaux, mais encore des animaux.

2.             La création de l'homme est racontée de manière à nous montrer combien d'importance l'esprit de Dieu donne à la formation de ce chef-d'œuvre sorti des mains du Créateur. Le récit ne nous dit pas simplement que l'homme a été formé, mais il nous fait part des pensées divines qui précédèrent ce grand et dernier acte de la création; l'Éternel tient conseil et veut que nous sachions l'idée essentielle que sa puissance va réaliser. «Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance.»

3.             «Dieu souffla en l'homme une respiration de vie, et l'homme fut fait en âme vivante, ce qui veut dire, non seulement que Dieu donna la vie à l'homme comme il l'avait déjà donnée aux animaux, mais encore qu'il lui donna une âme, siège de l'intelligence et du sentiment, et qu'il le doua d'un sens moral qui était la vie de son âme et son privilège essentiel. Par ses sens, dont rien ne troublait le libre et droit exercice, l'homme était en rapport avec la nature matérielle, et les facultés de son entendement dans leur force originelle le mettaient en état de saisir tous ces rapports et de les combiner, en sorte qu'il avait, hors de lui et en lui, la source de toutes les connaissances naturelles qu'il devait progressivement acquérir. D'un autre côté, il pouvait s'élever par le sens moral aux relations qui l'unissaient à Dieu, et les pieuses affections de son cœur devaient tendre à se développer par la contemplation et par l'exercice. Tel nous parait avoir dû être le premier homme quand il sortit des mains de son Créateur, sans toutefois que nous croyions possible d'arriver à quelque chose de bien certain sur sa nature, vierge encore de toutes impressions, que les uns croient avoir été extrêmement développée, et que d'autres comparent à celle d'un enfant admirablement doué de la puissance d'acquérir, mais qui n'a encore rien acquis.

4.             La dégradation dans laquelle tombe le premier homme, et les rapides progrès qu'il fait dans la voie du mal, sont vraiment effrayants. On peut remarquer trois faits dans cette chute: la faiblesse singulière du pécheur, qui cède à la voix de sa femme; sa lâcheté à vouloir s'excuser en l'accusant; enfin, et surtout, l'endurcissement qu'il manifeste au point de n'exprimer aucune repentance de son péché. C'est que le repentir est impossible là où il n'y a point d'espérance, et nulle promesse de pardon n'était encore sortie de la bouche de l'Éternel. Mais, dès que la promesse d'un libérateur eut été prononcée, il y eut pour Adam une voie de retour à Dieu, et le nom même qu'il donna à sa femme semble indiquer qu'il entra aussitôt dans cette voie. Il l'appela Vivante et Mère des vivants, au moment que la sentence de mort contre elle et contre sa postérité venait d'être portée; ce qui rend probable qu'il lui donna ce nom en vue de la promesse, c'est-à-dire par la foi.

5.             Si le Seigneur afflige quelqu'un, il en a aussi compassion selon la grandeur de ses gratuités, a dit Jérémie, Lamentations 3:32; et non seulement, après la chute, Dieu donne la promesse d'un Rédempteur, mais même plusieurs parties de la malédiction sont de réelles bénédictions, un bonheur dans le malheur, de tristes remèdes, mais pourtant salutaires à l'homme. Que fussions-nous en effet devenus si, le mal étant entré dans le monde, nous n'eussions pas été assujettis à travailler pour vivre, et que de maux l'oisiveté n'eût-elle pas amoncelés sur le genre humain! Quel avenir de bonheur n'y a-t-il donc pas dans ces paroles: «Tu mangeras le pain à la sueur de ton visage»!

— Et si l'homme, après s'être maudit lui-même par sa chute, eût continué d'être immortel, combien son sort n'aurait-il pas été déplorable! L'immortalité dans la misère! Mais Dieu prend soin qu'il ne puisse plus toucher à l'arbre de la vie, et cette privation, ce châtiment apparent tourne encore au meilleur bien de la créature.

6.             On suppose, et non sans raison, que les robes dont l'Éternel recouvrit Adam et Ève, furent faites avec la peau d'animaux qu'ils durent offrir en sacrifice par l'ordre de Dieu, quoique cet ordre ne soit pas mentionné par Moïse. Ces robes seraient alors une figure de la justice de Christ, dont le Seigneur revêt ses élus.

7.             L'Éternel ayant chassé Adam et Ève du paradis, prit des mesures pour qu'ils n'y pussent rentrer. C'est ainsi que les fidèles eux-mêmes, aussi longtemps qu'ils sont ici-bas, ne peuvent être pleinement rétablis dans la pureté et la félicité originelles; et c'est dans ce sens qu'ils ne sont «sauvés qu'en espérance.»

8.             La longévité d'Adam et des premiers hommes a eu pour but, évidemment, d'augmenter plus promptement la famille humaine, et de suppléer en même temps, par la tradition, au défaut de la parole écrite. Quand la population n'aurait alors doublé que tous les cinquante ans, il y aurait eu sur la terre, à la mort d'Adam, près d'un million et cinq cent mille individus issus de lui; et Lémec, qui mourut cinq ans seulement avant le déluge, avait pu recevoir de la bouche d'Adam lui-même le récit des premières révélations de l'Éternel.

9.             La Parole de Dieu nous montre en Adam un type de notre Seigneur Jésus-Christ, Romains 5:12-19; 1 Corinthiens 15:45. Comme le corps d'Adam fut formé par la puissance de Dieu et pris de la terre, de même Jésus-Christ homme a été formé par cette puissance dans le sein de Marie. Christ est l'image du Dieu invisible, sa parfaite ressemblance. Jésus, en sa qualité de Messie, de Christ, a reçu la domination sur toutes choses. Il est le premier-né d'entre ses frères, le chef et la tige de tous les élus. Enfin, de même que le péché d'Adam est devenu le péché de toute sa race, la justice de Christ appartient à tous ceux qui sont spirituellement sa postérité.

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ADAM,

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Josué 3:16, peut-être la même qui est appelée Adama et Adaminébek, 19:33,36; ville de la tribu de Nephthali, située près de l'extrémité sud de la mer de Tibériade. Ce fut près de là que les eaux du Jourdain s'amoncelèrent lors de l'entrée des Hébreux en Canaan.

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ADAMA et Adaminébek,

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— Voir: l'article précédent.

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ADAR

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 (haut, éminent)

 

le douzième mois de l'année religieuse des Juifs, et le sixième de leur année civile. Il n'avait que vingt-neuf jours et correspondait à notre mois de février et aux premiers jours de mars. Ce fut le troisième jour de ce mois que l'on acheva et que l'on dédia le second temple, Esdras 6:15. Le septième jour, les Juifs célèbrent un jeûne pour la mort de Moïse. Le treizième, ils font la commémoration du jeûne d'Ester et de Mardochée. Le quatorzième, a lieu le jeûne de Purim, Esther 3:12; 4:1, etc., 9:17. Le vingt-cinquième enfin, célébration de la délivrance de Jéhojachin, Jérémie 52:31. Tous les trois ans on ajoutait après ce mois, à l'année, un mois supplémentaire de vingt-neuf ou trente jours, qu'on appelait Be-Adar ou second Adar.

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ADDI,

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fils de Cosam et père de Melchi, un des ancêtres de notre Seigneur, d'après Luc, 3:28; du reste, inconnu.

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ADMA

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(terrestre)

 

la plus occidentale des quatre villes détruites par le feu du ciel lors de l'embrasement de Sodome, Genèse 14:2. Deutéronome 29:23. La version de Martin porte Adama en Osée, 11:8; il faut lire Adma.

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ADMINISTRATION,

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— Voir: Gouvernement.

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ADONI-BÉZEK

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(seigneur de Bézek)

 

Immédiatement avant que Josué entrât en Canaan, Adoni avait fait aux rois de son voisinage une guerre sanglante; soixante et dix d'entre eux étaient tombés en son pouvoir; il leur avait fait couper les pouces des mains et des pieds, sans doute afin de leur ôter la possibilité de manier les armes, et il les nourrissait des débris de sa table, comme des chiens. Après la mort de Josué, les tribus de Juda et de Siméon, continuant la guerre d'extermination contre les peuplades maudites, battirent Adoni-Bézek, le firent prisonnier et le traitèrent comme il avait traité lui-même ses captifs; il reconnut la justice de ce châtiment, et mourut à Jérusalem. Juges 1:4-7.

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ADONIJA

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(le Seigneur est mon maître)

 

quatrième fils de David, par Hagguith, 2 Samuel 3:4; 1 Chroniques 3:2, naquit à Héglon. Après la mort de ses deux frères aînés, Amnon et Absalon (et peut-être aussi Kiléab, dont on ne sait autre chose que le nom), son père étant affaibli par l'âge et les infirmités, il tenta de s'assurer le trône auquel il pensait avoir des droits par le privilège de sa naissance, quoique son frère cadet, Salomon, fût désigné comme l'héritier légitime. Il se procura un magnifique train de chevaux et de chariots, et s'entoura d'une garde de cinquante cavaliers, comme précédemment son frère Absalon. Son père, qui l'aimait, le laissa faire d'abord sans en manifester son déplaisir. Cependant son influence augmentait rapidement à la cour; il avait dans son parti Joab, le général des troupes royales, et Abiathar, le souverain sacrificateur. Mais Bénaja, Tsadok et le prophète Nathan ne s'étaient point laissés entraîner. Au jour fixé pour faire éclater la conjuration, Adonija fit un grand festin près de la fontaine de Roguel, et il y invita tousses frères (à l'exception de Salomon), et avec eux ses principaux adhérents.

 

— Pendant qu'ils se livraient aux excès de la table et qu'ils saluaient leur nouveau roi, Nathan et Bathsébah vinrent informer David de ce qui se passait, et reçurent de lui l'ordre de faire couronner immédiatement son fils Salomon, que l'Éternel lui-même avait désigné comme son successeur. Adonija et les siens, instruits de la chose par les acclamations du peuple et par le rapport que vient leur en faire Jonathan, fils d'Abiathar, sont saisis de terreur et se dispersent; Adonija se réfugie aux cornes de l'autel, probablement dans l'aire d'Arauna; Salomon lui tend une main de paix, à condition qu'il ne lui donnera plus, à l'avenir, aucun sujet de plainte, et Adonija rentre dans sa maison, après avoir reconnu Salomon pour son roi, 1 Rois 1.

 

— Mais à peine David a-t-il rendu le dernier soupir, 1 Rois 2:13, etc., qu'Adonija, laissant percer de nouveau l'ambition qui le dévore, fait demander pour lui la main d'Abisag la Sunamite, dernière épouse du roi son père. C'est Bathsébah, mère de Salomon, qui se charge de ce message et qui demande à son fils d'exaucer la prière d'Adonija. Une si haute intercession fut cependant inutile, et comme, dans les mœurs du temps, c'était afficher des prétentions au trône, Salomon dut ordonner à Bénaja de faire mourir Adonija. Cela arriva une année environ après sa première révolte, 1013 avant J.-C.

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ADONIRAM

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(seigneur haut élevé)

 

1 Rois 5:14, le principal receveur de l'impôt ordonné par Salomon, et le directeur en chef des 30,000 hommes qui furent envoyés au Liban pour couper le bois nécessaire à la construction du Temple et de ses magnifiques dépendances.

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ADONITSÉDEC

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(seigneur de justice), roi de Jérusalem, 1451 avant J.-C. Quand il eut appris que Josué s'était emparé de Jérico et de Haï, et que les Gabaonites avaient fait leur soumission, il se coalisa avec quatre rois ses voisins pour châtier les Gabaonites, et pour empêcher ainsi que les autres Cananéens ne suivissent leur exemple. Les Gabaonites recoururent à la protection des Israélites, qu'ils obtinrent sans peine. Josué marche alors à la rencontre des cinq rois, les attaque et les met en déroute. Une pluie de pierres, envoyée par l'Éternel, détruit un grand nombre d'ennemis, et le soleil s'arrête pour donner aux Israélites le temps d'achever leur œuvre de destruction. Les rois s'étant réfugiés dans une caverne, on les y tint renfermés jusqu'à l'arrivée de Josué, puis on les en tira et on les pendit à cinq potences; leurs cadavres furent ensuite jetés dans la caverne, dont on referma l'entrée au moyen de gros blocs de pierres qu'on y laissa en mémorial. Le résultat de cette victoire fut la prise et le sac des villes appartenant à ces Cananéens, à l'exception toutefois de Jérusalem. Josué 10.

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ADORAM

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(leur louange).

1.             Receveur général du roi David, 2 Samuel 20:24, peut-être le même qu'Adoniram (?),

2.             Trésorier en chef de Roboam et l'intendant de ses travaux. Il fut envoyé aux dix tribus pour essayer de les ramener à l'obéissance du fils de Salomon; mais les Israélites, le soupçonnant peut-être d'avoir conseillé la levée des impôts oppressifs qui avaient causé leur révolte, le lapidèrent sur place, 1 Rois 12:18; 2 Chroniques 10:18; dans ce dernier passage on lit Hadoram.

3.             Genèse 10:27.

 

— Voir: Hadoram.

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ADORATION,

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hommage religieux que l'on rend à la divinité, soit intérieurement, soit extérieurement; ce terme, pris dans son sens étymologique, signifie proprement l'acte de baiser quelque chose en le portant à sa bouche. L'adoration était différente suivant la nature des cultes eux-mêmes. Chez les païens elle consistait à se couvrir d'un voile, à mettre la main sur la bouche et à faire plusieurs fois le tour de l'autel. On trouve, Job 31:26-27, une allusion à ce mode de culte rendu au soleil et à la lune;

 

— Voir: encore 1 Rois 19:18:

 

«Je me suis réservé 7,000 hommes de reste en Israël, savoir, tous ceux qui n'ont point fléchi leurs genoux devant Bahal et dont la bouche ne l'a point baisé;»

 

— et Psaumes 2:12: «Baisez le Fils, de peur qu'il ne s'irrite.» Le passage Genèse 41:40; peut de même se traduire «tout mon peuple baisera sa main en ta présence.» On adorait encore de diverses manières: Jésus est à genoux, Luc 22:41; Salomon a les mains étendues vers les cieux, 1 Rois 8:22; David paraît debout, 2 Samuel 7:18, etc. Mais l'adoration la plus fréquente était la prostration: l'on s'inclinait profondément, ou même on se prosternait jusqu'à terre, pour témoigner un grand respect soit à Dieu, soit à des personnages de distinction qu'on voulait honorer. C'est de cette manière qu'Abraham reçoit, dans les plaines de Mamré, les trois messagers célestes qu'il prend pour des voyageurs, Genèse 18:2. Lot également se prosterne devant eux le visage contre terre à la porte de Sodome, 19:1. Et lorsqu'Abraham veut obtenir des Héthiens un champ pour la sépulture de Sara, nous le voyons se prosterner devant le peuple du pays, 23:7.

 

— Voir: encore Exode 4:31, et ailleurs.

 

— L'adoration intérieure est la plus pure et le plus digne du vrai Dieu, mais elle aime à se manifester quelquefois par des actes extérieurs: les deux peuvent être unies, mais, par leur nature, elles sont indépendantes. C'est par cette sainte action que nous élevons nos cœurs vers l'Éternel pour magnifier sa grandeur, ou pour célébrer ses gratuités et ses merveilles envers les fils des hommes; c'est un culte qui ne cessera jamais, et que nous rendrons à Dieu dans les joies même de l'éternité, Apocalypse 5:14; 7:11, etc. L'Écriture sainte nous apprend à n'adorer que Dieu, c'est à lui seul que nous devons un culte, Exode 20:5, et tout hommage rendu à la créature est une transgression.

 

— Voir: Idolâtrie.

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ADRAMMÉLEC.

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1.             C'était avec Hanammélec l'idole des colons de Sépharvajim, transportés en Samarie, 2 Rois 17:31, à la place des Israélites emmenés au-delà de l'Euphrate. On rendait à ces deux fausses divinités le même culte qu'à Moloch, c'est-à-dire qu'on faisait passer des enfants par le feu en leur honneur.

Adrammélech, selon quelques-uns, était représentée sous la forme d'un mulet: d'autres disent qu'elle avait la figure d'un paon. Mais le nom de ces deux divinités qui signifie, en hébreu et en assyrien, l'un un roi magnifique, l'autre (Hanammélec) un roi débonnaire, peut nous porter à voir, avec Jurieu, dans le premier le soleil, et dans le second la lune qui, chez plusieurs Orientaux (comme encore chez les Allemands), n'était pas féminin mais masculin, et était adoré comme un dieu. Adrammélec veut dire en persan roi des troupeaux, et Hanammélec présente également une signification analogue, qui pourrait nous faire supposer qu'on regardait ces divinités comme protectrices du bétail.

2.             2 Rois 19:37; Ésaïe 37:38, Adrammélec et Saréetser, fils de Sanchérib, trempèrent leurs mains dans le sang de leur père pendant qu'il adorait, dans la maison de Nisroc, son dieu. Peut-être furent-ils poussés à ce crime par la crainte que leur père ne les offrît en sacrifice à l'idole. Après ce parricide ils s'enfuirent en Arménie et laissèrent le trône à Ésar-Haddon, leur frère. Encore une révolution qui n'a profité en rien à ses auteurs!

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ADRAMITE.

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1.             ville sur la côte septentrionale de l'Afrique, à l'ouest de l'Égypte;

2.             ville sur la côte occidentale de la Mysie dans l'Asie Mineure, vis-à-vis de l'île de Lesbos. Ce fut sur un vaisseau de cet endroit que saint Paul fit le voyage de Césarée à Myra, Actes 27:2.

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ADRIATIQUE,

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Actes 27:27, ne signifie pas seulement le golfe de Venise, mais se prend pour tout l'espace maritime compris entre la Grèce et l'Italie, jusque sur les côtes de la Sicile. Hésychius a même appelé Adriatique la mer Ionienne; mais les plus anciens auteurs, Pline 3, 16, 29, distinguent l'une et l'autre, et font commencer la différence des noms là où le golfe Adriatique commence à s'élargir, près des îles Ioniennes.

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ADULTÈRE.

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Ce mot dans son sens littéral désigne les relations charnelles de deux personnes dont l'une ou l'autre, ou toutes les deux, sont unies à une autre par les liens du mariage. Il faut observer seulement que la polygamie étant admise chez les Hébreux, l'homme ne pouvait commettre adultère qu'en s'unissant avec une femme mariée. La loi de Moïse punissait de mort l'adultère, Lévitique 20:10, et l'on suppose, d'après Jean 8:5, que la lapidation était le supplice ordinaire en pareil cas. Anciennement c'était peut-être le supplice du feu, d'après Genèse 38:24. Mais s'il importait dans ces climats brûlants du Midi, que le législateur accordât une satisfaction à l'époux offensé, il n'était pas moins nécessaire qu'il protégeât une femme innocente contre la jalouse et terrible passion d'un époux soupçonneux. C'est dans ce but, pour condamner la coupable et pour absoudre celle qui ne l'était pas, que Moïse avait institué la loi des jalousies, l'épreuve des eaux amères que l'on trouve Nombres 5:12, et suivants. Le mari conduisait sa femme au sacrificateur; et là, devant l'autel et tenant dans ses mains le gâteau de jalousie sans huile ni encens, elle devait repousser avec serment l'accusation portée contre elle. La formule du serment, accompagnée d'exécrations, était ensuite mise par écrit, puis effacée avec l'eau sainte d'amertume mélangée avec quelques herbes amères et quelque peu de poussière prise sur le sol du tabernacle. L'accusée prenait ce breuvage, et aussitôt qu'elle l'avait bu, la sentence était prononcée: elle était déclarée innocente et fidèle, si elle n'en était pas incommodée; mais elle enflait aussitôt par tout le corps, elle pâlissait et périssait dans d'affreux tourments, si elle avait manqué à la foi conjugale. La fiancée adultère était punie aussi sévèrement que si elle eût été mariée, à l'exception des fiancées esclaves, Lévitique 19:20, qui, étant moins libres de leurs actions, en étaient aussi moins responsables.

 

Job 31:9-12, et le livre des Proverbes expriment en plusieurs endroits l'horreur profonde que ce crime doit inspirer, et l'Écriture sainte en général met tous ces genres de souillures au nombre des plus grandes iniquités, au point d'appeler adultère et prostitution spirituelle l'abandon du vrai Dieu, l'idolâtrie et l'apostasie; cf. Jérémie 3:9; Ézéchiel 23:43, etc.. C'est dans ce sens que Jésus appelle les Juifs une nation adultère et pécheresse, Marc 8:38, etc.

 

L'histoire de la femme adultère, Jean 8, renferme une bien grande leçon d'humilité, lorsqu'elle nous montre Jésus en appeler à la conscience de tous, et tous se retirer convaincus en eux-mêmes du même crime. Dieu, d'ailleurs, va plus loin que les hommes, et la nouvelle économie va plus loin que l'ancienne en appelant adultère ce que la loi de Moïse nommait simplement convoitise; cf. Matthieu 5:27-28; avec Exode 20:14.

 

— Voir: Divorce.

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ADUMMIM,

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montagne et ville du lot échu à la tribu de Benjamin, entre Jérusalem et Jérico; ce passage fut souvent infesté de voleurs, et c'est peut-être à cette circonstance qu'il fut redevable de son nom qui signifie rouge de sang. Josué 15:7. 18:17. Jésus y a placé l'histoire ou la parabole du bon Samaritain. Luc 10:30-36.

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AGABUS,

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prophète, et peut-être l'un des soixante-dix disciples envoyés par Jésus, annonça, Actes 11:28, l'approche d'une grande famine qui eut lieu en effet la 4e année de Claude César, 44 après J.-C., et qui, au dire de l'historien Flavius Josèphe, fut particulièrement violente en Palestine. Plus tard, vers l'an 60, Agabus alla voir Paul à Césarée et lui prédit par une action symbolique qu'il serait mis dans les chaînes à Jérusalem, Actes 21:10. C'est tout ce que l'on sait de la vie de ce prophète; les Grecs assurent qu'il fut martyrisé à Antioche.

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AGAG

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paraît avoir été un nom commun à tous les rois d'Hamalek. Ils étaient déjà puissants au temps de Moïse, et Balaam les nomme comme tels dans une de ses prophéties, Nombres 24:7. (c'est par erreur que quelques éditions de Martin lisent Agar), La défaite et la mort d'un de ces rois nous est racontée 1 Samuel 15. Saül reçut la nouvelle de sa déchéance, parce que au lieu de détruire Agag et ses troupeaux à la façon de l'interdit, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre, il les avait épargnés.

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AGAR,

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Genèse 16 et 21, servante égyptienne que Sara donna pour femme à Abraham. Sur le point de devenir mère, elle dut fuir pour avoir méprisé sa maîtresse; mais l'ange de l'Éternel qui lui apparut, lui rappela son devoir en la nommant «servante de Saraï; «lui montra ses torts en lui demandant: «D'où viens-tu?» et l'avertit des dangers qu'elle courait au désert, par cette seule parole: «Où vas-tu?» C'est qu'en effet elle fuyait loin de son devoir, et l'on ne rencontre que dangers et malheurs hors des sentiers du devoir. Plus tard, lorsqu'Ismaël eut atteint l'âge de 17 ou 18 ans, il se moqua de son jeune frère Isaac que l'on sevrait, et la servante dut s'enfuir pour toujours avec son fils. L'ange de l'Éternel lui apparut de nouveau dans sa détresse, lui fit voir une source d'eau, 21:19, et lui annonça les glorieuses destinées réservées à Ismaël.

 

Les mahométans font d'Agar une épouse légitime d'Abraham, et, légitimant ainsi la naissance d'Ismaël, ils prétendent qu'il jouit des privilèges du droit d'aînesse; ils en voient même une preuve dans le fait qu'Isaac n'a obtenu en héritage que la Palestine, tandis qu'Ismaël possède les contrées beaucoup plus étendues et plus riches de l'Arabie.

 

Saint Paul, Galates 4:22-31, représente la synagogue et la loi sous la figure d'Agar qui ne produit que des esclaves, fils selon la chair mais non selon la promesse, et il distingue les deux alliances et les deux Jérusalem, et les rattache ainsi, en les comparant, à la double postérité du père des croyants. Le nom d'Agar, signifiant en arabe rocher, pierre, pouvait d'autant mieux être employé par l'apôtre pour marquer la dure montagne sur laquelle la loi avait été promulguée.

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AGATHE,

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Exode 28:19; 39:12, pierre précieuse qui est proprement une composition de quartz, de pyrite, de jaspe et d'autres minéraux, ce qui fait qu'on la trouve tantôt plus, tantôt moins transparente, et de différentes couleurs souvent mélangées d'une manière fort curieuse, de noir et de blanc, d'or et d'améthyste. Elle est peu rare; on la trouve ordinairement dans les rivières près des montagnes de roche primitive, et selon quelques auteurs, elle tirerait son nom d'un fleuve de Sicile où elle se rencontrait en assez grande abondance. Anciennement elle était fort estimée, mais déjà du temps de Pline le naturaliste, elle avait beaucoup perdu de sa valeur; on s'en servait comme de nos jours pour ornements. L'agathe était la 8e pierre du pectoral d'Aaron, mais elle n'est pas nommée comme faisant partie des fondements de la nouvelle Jérusalem de l'Apocalypse.

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ÂGE.

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L'âge a toujours été, chez tous les peuples et dans tous les temps, la mesure de l'honneur que l'on devait rendre à chacun. Partout un âge avancé a trouvé chez des hommes plus jeunes la vénération qui lui était due, et que tous lui accordent soit involontairement, soit par un simple mouvement naturel, soit par la considération de la longue expérience attachée à une longue carrière. Cette coutume instinctive, à laquelle tous les auteurs profanes rendent témoignage, est également consacrée dans le plus ancien livre des Hébreux, Job 12:12; 15:10; 29:8. Ce dernier passage nous montre même les jeunes gens se cachant ou se retirant par respect à l'approche d'un vieillard, et la loi de Moïse ordonne au jeune homme de se lever devant les cheveux blancs, Lévitique 19:32. Le livre des Lamentations 5:42, met au nombre des plus grands crimes le manque de respect pour le vieillard.

— Et ce respect chez les Hébreux était si loin de n'être qu'une formalité, que nous voyons au contraire les chefs des villes, des tribus, ou du gouvernement, toujours choisis parmi les anciens et toutes les choses importantes ou honorables données à des hommes âgés.

— Voir: Anciens.

Le respect pour l'âge a beaucoup diminué dans la société moderne. Ce qu'on vénérait chez un vieillard, c'est moins son âge que les qualités de son âge; or la civilisation prétend, pour bien des choses, remplacer ces qualités; on acquiert, on apprend, on vieillit vite, et l'on mûrit de bonne heure, mais on mûrit mal; dans le bouleversement de notre système social, à une époque où toute autorité est remise en question, celle de l'âge devait se voir aussi contestée; c'est un signe fâcheux; nous signalons le fait, l'explication qu'on en pourrait donner ne le justifie pas.

Le mot âge a encore dans l'Écriture sainte différents sens:

1.             le moment où les facultés d'un homme sont à leur maturité, sans indiquer cependant la vieillesse, Jean 9:21,23;

2.             une période de temps passé, présent ou à venir, Éphésiens 3:5; 2:7;

3.             les hommes qui vivent ou qui ont vécu en quelqu'une de ces périodes, Colossiens 1:26.

On divise ordinairement en âges ou périodes l'histoire de la théocratie; c'est commode, mais arbitraire, et chacun peut choisir la division qu'il aime le mieux. Un premier âge trouvera cependant ses limites naturelles dans la formation de l'ancien monde et son bouleversement sous Noé. L'époque suivante, dans laquelle Dieu se manifeste à ses enfants sans avoir encore choisi un peuple dépositaire de ses oracles, formerait le second âge allant depuis Noé jusqu'à Abraham; un troisième, d'Abraham à Moïse; un quatrième, jusqu'à la mort de Samuel, comprendrait la conquête du pays de Canaan et le gouvernement des Juges; cinquièmement enfin, la royauté jusqu'au retour de la captivité sous Esdras. C'est ici que finissent les livres historiques de l'Ancien Testament. Un sixième âge renfermerait le temps écoulé depuis cette époque jusqu'aux jours de Christ.

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AGGÉE,

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prophète hébreu qui vivait au commencement du règne de Darius fils d'Hystaspe, 522 avant J.-C. On ne sait rien de particulier sur sa vie.

 

— Sa mission était d'activer la construction du second temple; pour cela il fallait agir sur les dispositions morales du peuple en général; il fallait l'amener à se repentir de son ingratitude envers Dieu et de son manque de zèle; mais il fallait aussi relever son courage qui pouvait facilement être abattu par la vue d'un état de choses qui correspondait si peu aux espérances magnifiques qu'on avait cru pouvoir concevoir d'après des prophéties précédentes: c'est pourquoi Aggée annonce que la gloire du second temple surpassera celle du premier (2:6-9), et c'est ce qui fut accompli par la venue du Messie,

 

— Voir: Temple.

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AGNEAU,

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— Voir: Brebis.

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AGRAFE.

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Ésaïe 3:18; Les versets 16 à 24 de ce chapitre d'Ésaü renferment des difficultés philologiques presque insurmontables, et dont l'examen dépasserait les bornes de notre travail. Ceux qui voudraient entrer plus avant dans l'explication de ce passage, pourront consulter l'ouvrage de Schrœder «Commentarius philologicocriticus de vestitu mulierum hebræarum, ad intelligentiam Ésaïe 3:16-24. Leyde 1745.» Ce livre sert de guide à tous les interprètes modernes.

 

— Quant au sens du mot hébreu traduit par agrafe, il y a deux explications: selon les uns, ce seraient quelques ornements en forme de filet destinés à garnir la tête; selon d'autres, ce seraient de petits soleils; il y aurait alors parallèle ou opposition avec le mot suivant, boucles, ou plutôt petites lunes. On ne peut décider entre ces deux opinions.

 

— Nous traduirions ainsi les versets d'Ésaïe susmentionnés:

18.          En ce temps-là le Seigneur ôtera l'ornement des bracelets (pour les pieds), des coiffes, et des croissants;

19.          et les perles, et les bracelets, et les longs voiles;

20.          et les bonnets, et les chaînettes (qui lient les bracelets des pieds), et les rubans, et les flacons odoriférants, et les oreillettes (servant d'amulettes);

21.          et les boucles d'oreilles, et les bagues du nez;

22.          et les habits de fête, et les longs habits à manches, et les manteaux, et les poches;

23.          et les miroirs, et les chemises (ou crêpes), et les turbans, et les voiles de gaze;

24.          (les punitions sont rattachées au luxe) et il arrivera au lieu de senteurs aromatiques, de la puanteur; et au lieu de ceinture, une corde; et au lieu de boucles poudrées d'or (Vitringa), une tête chauve; et au lieu d'habits larges et somptueux, des ceintures de cordes de sac; et des stigmates au lieu de beauté.

Cette traduction, trop littérale pour aspirer à un autre mérite, n'a pour but que d'indiquer avec précision, et une fois pour toutes, le sens des modifications qui devraient être introduites dans une nouvelle version de ce passage; la plupart des changements adoptés sont empruntés à l'ouvrage de Schrœder cité plus haut.

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AGRIPPA.

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1.             Hérode Agrippa, Actes 12:1,23,

— Voir: Hérode.

2.             Agrippa, fils de celui-ci, était à Rome auprès de l'empereur Claude lorsque son père mourut, l'an 44 de Jésus-Christ. L'empereur penchait à lui transférer toute l'autorité dont son père avait joui, mais ses courtisans l'en détournèrent, en considération de la jeunesse du prince, à peine âgé de 17 ans. L'année suivante, le gouverneur de la Syrie voulut un instant contraindre les Juifs à lui remettre les ornements de leur souverain sacrificateur pour les placer dans la tour Antonia, sous la garde des Romains; mais Agrippa obtint la révocation de cet ordre.

 

— Hérode, oncle d'Agrippa, roi de Chalcide, étant mort, l'an 49, sa succession fut donnée à son neveu, mais lui fut de nouveau retirée au bout de quatre ans: l'empereur l'en dédommagea, du reste, en lui conférant le gouvernement de cinq provinces, notamment de l'Abilène et de la Trachonite, auxquelles Néron ajouta bientôt Julia dans la Pérée, et une partie de la Galilée, à l'occident de la mer de Tibériade. Il s'occupa avec zèle d'embellir les villes de son ressort, et surtout Jérusalem; mais malgré cela il ne fut jamais aimé des Juifs, à cause de l'arbitraire avec lequel il déposait des souverains sacrificateurs et en établissait de nouveaux. Lorsque Festus fut nommé gouverneur de la Judée, l'an 60. Agrippa et sa soeur Bérénice se rendirent à Césarée pour le complimenter. L'apôtre Paul y était alors détenu et venait d'en appeler à César. Festus ayant entretenu Agrippa de cette affaire, celui-ci désira vivement d'entendre le prisonnier; il fut tellement charmé du sens droit et de la majesté qui régnait dans le discours de Paul, qu'il se sentit à moitié convaincu de la vérité de l'Évangile. «Tu me persuades à peu près d'être chrétien!» s'écria-t-il un moment, comme s'il oubliait son caractère déjuge et de roi; mais ce ne fut, hélas! qu'une émotion passagère: homme juste, doux, et bon Juif du reste, Agrippa ne voulait de la religion que ce qui ne gênait pas sa morale particulière, et il ne considéra les paroles de Paul qu'en juge chargé d'en examiner la culpabilité, sans penser qu'elles pussent le concerner lui-même. Après la ruine de Jérusalem, il se retira à Rome avec sa sœur, et mourut âgé de 70 ans. (90 après J.-C.).

 

— Voir: Actes 25 et 26.

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AGUR,

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fils de Jaké, auteur du chapitre 30 des Proverbes, du reste inconnu. Quelques-uns pensent que c'est Salomon lui-même qui aurait voulu se cacher sous ce pseudonyme; opinion qui ne se peut guère soutenir. En effet, pour quelle raison aurait-il changé de nom? Pourquoi se serait-il caché; pourquoi d'ailleurs Salomon qui s'appelle encore fils de David alors même qu'il change de nom, Ecclésiaste 1:1, se serait-il appelé ici fils de Jaké sans aucun motif plausible? Le style de ce chapitre n'est point non plus celui de Salomon dans le reste des Proverbes; ce n'est pas l'homme qui a reçu de Dieu une sagesse extraordinaire qui peut venir dire: «Certainement je suis le plus hébété de tous les hommes, et il n'y a point en moi de prudence humaine», verset 2; ce n'est pas non plus l'homme et le roi le plus riche du monde qui peut dire à Dieu: «Ne me donne ni pauvreté ni richesse», verset 8, et la lecture de ce chapitre tout entier trahit évidemment une personnalité différente.

 

Agur parle à ses deux amis ou disciples, Ithiel et Ucal, de sa grande ignorance dans les mystères des profondeurs divines; il exprime sa vénération pour la parole de Dieu, et semble répondre à des questions qui lui auraient été adressées.

 

— Composé peut-être par un des sages dont il est parlé 24:23, ce fragment aura sans doute été recueilli par les gens d'Ézéchias, de même que les cinq chapitres qui précèdent. Cf. 25:1.

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AHA!

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Psaumes 35:21,25; 40:16; Ézéchiel 25:3, interjection qui exprime le mépris, la dérision, l'insulte; à l'exception peut-être d'Ésaïe 44:16, où elle marquerait la satisfaction.

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AHAVA,

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Esdras 8:15,21,31, petite rivière de la Caldée ou de l'Assyrie, sur les bords de laquelle Esdras rassembla les captifs qu'il devait ramener en Judée, et où il publia un jeûne, «afin, dit-il, de nous humilier devant notre Dieu, le priant de nous donner un heureux voyage pour nous et pour nos familles.» Selon quelques-uns, ce serait le fleuve connu sous le nom d'Adiava qui coulait dans l'Adiabène; d'autres, à cause de Esdras 8:15, prennent Ahava pour une ville ou un district et le comparent avec le pays de Hava nommé, 2 Rois 17:24.

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AHIHÉSER.

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1.             Chef des enfants de Dan, Nombres 2:25; 7:66-71.

2.             Benjamite et parent de Saül, 1 Chroniques 12:2-3, etc., chef d'archers et de frondeurs, et vaillant homme, vint au secours de David, lorsque, fuyant devant Saül, ce malheureux roi était enfermé dans Tsiklag.

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AHIJA

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(frère de l'Éternel).

1.             Fils d'Ahitub et arrière-petit-fils d'Héli, souverain sacrificateur du temps de Saül, 1 Samuel 14:3, probablement le même que Ahimélec 22:9.

— Voir: Ahimélec.

2.             Prophète du Seigneur, qui habitait à Silo. Ce fut lui, selon toute apparence, qui encouragea Salomon à construire le temple, 1 Rois 6:11, et qui le menaça ensuite du démembrement de son royaume, 11:9,29; 12:15. Ayant rencontré Jéroboam dans un champ, il déchira sa robe en douze pièces, et lui en donna dix, comme signe de la domination qu'il exercerait sur dix tribus d'Israël. Plus tard, et dans sa vieillesse avancée, le même prophète fit entendre au même roi des paroles bien différentes, lorsqu'il annonça à son épouse déguisée la mort de leur fils Abija et la ruine de toute leur maison, 14:2, lia écrit des mémoires sur les temps de Salomon et de Jéroboam, mais ces prophéties, comme tant d'autres, se sont perdues, 2 Chroniques 9:29.

3.             De la tribu d'Issacar, père de Bahasa, le meurtrier et le successeur de Nadab, 1 Rois 15:27.

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AHIKAM,

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fils de Saphan et père de Guédalia, 2 Rois 22:12; 25:22; 2 Chroniques 34:20; Jérémie 26:17-24; 40:6. Il fut envoyé par Josias, roi de Juda, auprès de Hulda la prophétesse, pour la consulter sur le livre de la loi qui avait été trouvé dans le temple. Sous Jéhojakim, il prit le parti de Jérémie et empêcha qu'il ne fût livré au peuple, et qu'on ne le fît mourir.

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AHIMAHATS.

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1.             Beau-père de Saül, 1 Samuel 14:50.

2.             Fils et successeur de Tsadok, souverain sacrificateur, 2 Samuel 15:36; 17 et 18, rendit à David d'importants services pendant la rébellion d'Absalon. Chargé de faire passer au monarque les précieux avis de Cusaï, il se tenait avec Jonathan, caché derrière la fontaine de Roguel. Une servante vint leur annoncer les résolutions qui venaient d'être prises par Absalon, et ils partirent; mais, dénoncés par un garçon qui les avait découverts, ils furent poursuivis et durent se cacher à Bahurim, dans la maison d'un partisan de David, qui avait au milieu de sa cour un puits au fond duquel ils descendirent. La femme de la maison étendit un grand drap sur l'ouverture de la citerne et y répandit du grain pilé; puis, lorsque les émissaires furent arrivés, elle les éloigna par de faux renseignements et rendit la liberté à ses hôtes.

— Ce fut encore Ahimahats qui annonça le premier à David la défaite d'Absalon, mais il remit à un autre le soin de lui répondre sur le triste sort de son fils, sachant bien qu'une pareille nouvelle serait peu favorable à celui qui l'apporterait.

— Hazaria, son fils, lui succéda dans l'exercice de la sacrificature. 1 Chroniques 6:8.

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AHIMAN,

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Josué 15:14. Juges 1:10, un des fils de Hanak, fut chassé de Hébron après que Caleb eut pris cette ville.

— Voir: Hanak.

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AHIMÉLEC

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(mon frère est roi).

 

1.             Fils d'Ahitub. Au milieu des difficultés qui mettent tant de confusion dans l'histoire de la succession des grands prêtres, on ne sait pas encore si Ahitub a eu deux fils souverains sacrificateurs, ou s'il n'en a eu qu'un seul portant à la fois les deux noms d'Ahija et d'Ahimélec (à ce dernier il faut en tout cas joindre encore celui d'Abiathar, — Voir: ce mot). D'après 1 Samuel 22:14, Ahimélec paraît avoir rempli pendant longtemps les fonctions de son ministère, ce qui rend assez difficile la supposition qu'un frère les aurait exercées avant lui. Il est donc probable que Ahija et Ahimélec ne sont qu'un seul et même individu. Ce fut lui qui, pendant l'expédition de Migron contre les Philistins, consulta l'Éternel et qui, ne recevant point de réponse, fit connaître au peuple que Jonathan avait, sans le vouloir, violé le serment de Saül qu'il ne connaissait pas. Il avait sa résidence à Nob avec le tabernacle et un certain nombre de sacrificateurs. David, fuyant la cour et Saül, se réfugia auprès d'Ahimélec, qui lui donna à manger des pains de proposition. Il remit de plus à David l'épée de Goliath, que l'on conservait dans le tabernacle comme le trophée d'une grande et glorieuse victoire. Ahimélec fit cela, ne connaissant rien des discussions qui régnaient entre David et Saül; il vivait trop loin de la cour, et n'avait eu aucun moyen d'apprendre ces querelles intestines et domestiques entre le gendre et le beau-père; mais l'ombrageux et jaloux monarque n'en eut pas été plus tôt informé par Doëg, qu'il fit massacrer le grand pontife et tous les prêtres de Nob.

2.             Ahimélec ou Abimélec, fils d'Abiathar (ou Ahimélec), exerça la souveraine sacrificature de concert avec Tsadok que Saül avait mis à la place du premier Ahimélec son père. Ce serait alors le même qu'Abiathar q.v. En tous cas ce fut sous son ministère que David distribua les sacrificateurs en 24 ordres ou séries, 1 Chroniques 24:3,6; 18:16; 2 Samuel 8:17; 20:25.

3.             Héthien à qui David proposa, de même qu'à Abisaï, de l'accompagner au camp de Saül, 1 Samuel 26:6.

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AHINOHAM.

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1.             Fille d'Ahimahats et femme de Saül, 1 Samuel 14:50. On ne voit pas que Saül ait eu d'autre femme (sauf Ritspa, 2 Samuel 3:7) et l'on peut croire que ce premier roi d'Israël s'est écarté des mœurs orientales soit par respect pour la loi de Dieu, Deutéronome 17:17, soit pour ne pas effrayer le peuple déjà prévenu, 1 Samuel 8,13.

2.             Ahinoham de Jizréhel, 1 Samuel 25:43, seconde femme de David, mère d'Amnon, 1 Chroniques 3:1, suivit son mari à Gath, 1 Samuel 27:3, fut faite prisonnière par les Hamalécites lors du pillage de Tsiklag, 30:1-5, fut délivrée par David, verset 18, et l'accompagna à Hébron, 2 Samuel 2:2; 3.

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AHIO ou Ahjo,

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2 Samuel 6:3; 1 Chroniques 13:7, allait devant l'arche pendant que son frère Huza marchait à côté, lorsqu'on ta reconduisait de la maison d'Abinadab à Jérusalem. S'il eût été à la place de son frère, il eût eu sans doute la même tentation si naturelle de retenir l'arche chancelante, et il eût péri comme lui. Pourquoi Dieu a-t-il assigné à deux frères des emplois qui devaient amener pour l'un et pour l'autre un résultat final si différent? C'est le mystère qui se retrouve dans toute vie d'homme.

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AHITUB

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(père de bonté).

1.             Fils de Planées et frère d'Icabod. Son père étant mort dans cette fameuse journée où l'arche tomba entre les mains des Philistins, il succéda à son grand-père Héli et remplit ainsi les fonctions de souverain sacrificateur sous Samuel. Il fut remplacé par son fils Ahija ou Ahimélec, 1 Samuel 14:3.

2.             Fils d'Amaria, descendant d'Éléazar, fils d'Aaron, ne paraît pas avoir exercé la sacrificature; il eut pour fils Tsadok, 1 Chroniques 6:8.

3.             Fils d'un autre Amaria, et père d'un autre Tsadok, 1 Chroniques 6:11.

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AHOLA et Aholiba,

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Ézéchiel 23, deux noms supposés, le premier signifiant sa tente (de l'Éternel), le second, ma tente est là. Ces deux femmes, filles d'une même mère, et qui se sont prostituées aux Égyptiens et aux Assyriens, représentent, l'une, le royaume d'Israël ou de Samarie, et l'autre, le royaume de Juda, qui ont imité les abominations idolâtres de l'Égypte et de l'Assyrie: aussi l'Éternel a réduit ces épouses adultères à la plus dure servitude, et elles ont été menées en captivité.

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AHOLIAB,

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— Voir: Betsaléel.

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AHOLIBAMA.

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Genèse 36:2; sq., femme d'Ésaü et mère de Jéhus, Jahlam et Korah. Un de ses descendants fut le chef d'une tribu du même nom, verset 41.

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AHUZAT,

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ami du second Abimélec qu'il accompagna, de même que Picol, lorsqu'il vint pour traiter alliance avec Isaac, Genèse 26:26. (Quelques versions traduisent «une compagnie d'amis», au lieu de Ahuzat et son ami.)

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AIGLE.

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Exode 19:4; Lévitique 11:13; Deutéronome 32:11; et ailleurs. L'aigle a toujours été regardé, dans le langage populaire, comme le roi des oiseaux à cause de sa force, de sa férocité, de la rapidité et de l'élévation de son vol, et de la terreur qu'il inspire aux autres habitants de l'air. C'est un oiseau solitaire, parce qu'il lui faut une grande étendue de pays pour se procurer sa nourriture: deux paires d'aigles ne se trouvent jamais dans le même voisinage. Il n'attaque l'homme que rarement, et les petits animaux jamais. S'il ne peut dévorer sa proie en entier, il n'y revient pas une seconde fois, car il méprise la chair qui sent. Il niche seulement sur les rochers les plus élevés et les plus inaccessibles à l'homme; et Balaam, dans sa prophétie, Nombres 24:21, lui compare sous ce rapport les Kéniens.

 

— Voir: encore Habacuc 2:9; Abdias, 4.

 

— Job 39:30 sq. nous donne l'histoire naturelle de cet oiseau. Deutéronome 32:11, nous parle des soins tout particuliers de l'aigle pour apprendre à voler à ses jeunes aiglons. Exode 19:4, est une allusion à l'ancienne croyance que l'aigle emporte ses petits sur ses ailes, ou qu'il les aide à voler en planant au-dessous d'eux pour les soutenir s'ils venaient à tomber. Job 39:33, est littéralement vrai de certaines espèces d'aigles qui mangent les corps morts, à moins qu'ils n'exhalent une odeur de putréfaction trop forte. Notre Sauveur fait une espèce d'allusion à ce passage lorsqu'il dit: «Où sera le corps mort, là s'assembleront les aigles.» Dans Matthieu 24:28, cette parole semble avoir le sens plus général: partout où la corruption se montre on trouve de faux Christs tout prêts à en profiter; mais Luc 17:37, doit s'entendre particulièrement des aigles romaines qui fondirent sur le peuple juif pour s'en emparer, après qu'il eut perdu toute vie religieuse et nationale et qu'il ne fut plus qu'un corps mort.

 

— Du reste, dans le passage de Job, quelques-uns pensent que l'aigle serait ici confondu avec le vautour, comme cela se fait souvent dans le langage ordinaire.

 

— Voir: encore Proverbes 30:17.

 

— Michée 1:16, ne peut s'appliquer qu'au vautour; les mots qui mue ne se trouvent pas dans l'original, et le prophète veut parler d'un oiseau qui a naturellement la tête nue; or aucune espèce d'aigle n'est dans ce cas. Il est souvent fait allusion dans l'Écriture à la rapidité du vol de l'aigle, Deutéronome 28:49; 2 Samuel 1:23; Jérémie 4:13, etc.; à la distance extraordinaire de laquelle il découvre sa proie, Deutéronome 28:49; Habacuc 1:8; à l'impétuosité avec laquelle il se précipite pour s'en emparer, Job 9:26; Proverbes 30:19. Le vol de l'aigle est aussi grandiose qu'il est impétueux et rapide; aucun autre oiseau ne s'élève aussi avant dans les airs; il laisse derrière lui les nuages et les régions du tonnerre et de l'éclair; son nid s'élève sur les sommets des rochers, et «entre les étoiles», Abdias 4; Jérémie 49:16; Job 39:30-31. Cette immense élévation, jointe à une vue rapide et si perçante qu'il passait pour regarder le soleil en face, l'ont fait prendre comme symbole du prophète.

 

L'aigle est un des quatre animaux qui entrent dans la composition des chérubins, Ézéchiel 1:10; Apocalypse 4:7.

 

— Psaumes 103:5; Ésaïe 40:31, se rapportent à l'opinion anciennement très répandue que par la mue l'aigle, chaque printemps, renouvelle son plumage et rajeunit ses forces, ou selon d'autres, qu'il atteint un âge très avancé, et que dans sa vieillesse il mue et acquiert une nouvelle jeunesse avec de nouvelles plumes. Cyrus, qu'Ésaïe 46:11, compare prophétiquement à un aigle, avait en effet cet oiseau pour ses armes. Les Perses, d'après les anciens auteurs, avaient pour enseignes un aigle d'or aux ailes déployées: il est probable qu'ils tenaient ce symbole des Assyriens qui le portaient déjà sur leurs bannières, circonstance qui nous fait comprendre pourquoi les écrivains sacrés font si souvent allusion à l'aigle et à ses ailes quand ils décrivent la marche victorieuse des armées assyriennes, Osée 8:1; Jérémie 48:40; Ésaïe 8:8, et ailleurs.

 

— Voir: Animaux impurs, et Vautour.

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AIRAIN.

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L'hébreu Nechosheth, dans la Bible, désigne le cuivre, et non pas le métal que nous appelons communément airain ou bronze, lequel est d'une invention plus moderne. Anciennement les outils, instruments, etc., qui dans la suite se firent en fer, étaient surtout en cuivre. Déjà dans la septième génération après Adam, Tubal-Caïn travaillait ce métal, Genèse 4:22. Chez les anciens Hébreux les armes étaient de cuivre, même les arcs, 1 Samuel 17:5; 6:38; 2 Samuel 22:35; 1 Rois 14:27; Job 20:24. Les Philistins lièrent Samson avec des chaînes de cuivre, Juges 16:21. Beaucoup de meubles et ustensiles du tabernacle, les colonnes du temple de Salomon, 1 Rois 7:13-21, le grand bassin appelé la mer d'airain, 2 Rois 25:13, et d'autres objets qui servaient aux sacrifices étaient pareillement de cuivre, 2 Chroniques 4:16, de même que les miroirs de femmes, Exode 38:8; cf. Job 37:18. Les marchands de Mésec et de Tubal apportaient des vases de cuivre au marché de Tyr, Ézéchiel 27:13.

 

Il est aussi parlé ailleurs de cuivre poli et brillant, et l'on croit que c'était le métal connu des Grecs et des Romains sous le nom d'aurichalcum. Il y en avait de naturel et d'artificiel; ce dernier, appelé œs pyropum, ou χαλκός χρυτοείδης par Aristote, était une sorte de cuivre jaune ou de laiton. L'aurichalcum naturel est peu connu: les anciens ne nous ont laissé que des renseignements incomplets à cet égard; il paraît qu'il avait l'éclat et la couleur de l'or, et la dureté du cuivre, et comme on le tirait des Indes, quelques savants pensent que c'était notre platine; mais la chose est peu probable. Le trésor de Darius renfermait plusieurs vases de ce métal.

 

— Voir: encore Esdras 8:27.

 

De nos jours il y a des savants qui croient que l'aurichalcum est un métal dont parle le voyageur Chardin et dont il dit qu'il se trouve dans l'île de Sumatra, qu'il y est plus estimé que l'or, et que les rois seuls ont le droit de le posséder: il tient le milieu entre l'or et le cuivre. Sa couleur est un rose pâle très fin; il se laisse facilement polir et surpasse l'or en lustre et en éclat. Bochart et d'autres encore supposent que ce métal est désigné, Ézéchiel 1:4,27; 8,2, par le mot chaldéen Hasmal (qui signifie composition d'or et de cuivre), auquel le prophète compare la clarté lumineuse et brillante qu'il voyait dans sa vision céleste. Les versions grecque et latine traduisent ce dernier mot par Electrum, qui désigne non seulement l'ambre jaune, mais encore un métal composé d'or et d'argent, très estimé des anciens à cause de son éclat. L'apôtre Jean, dans l'Apocalypse 1:15; 2:18, rend ce mot par Χαλκολίδανον, cuivre ardent, ou cuivre qui brille comme s'il était ardent; Luther le rend par laiton, Bochart y voit une composition d'or et d'argent; mais ces traductions ne sont que des hypothèses plus ou moins probables, et toutes les savantes recherches que l'on a pu faire jusqu'à nos jours n'ont encore amené aucun résultat clair et satisfaisant sur ce point.

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AJALON.

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1.             Ville de la tribu de Dan, assignée aux lévites descendants de Kéhath, Josué 21:24, près de Timnah et non loin de Bethsémès, 2 Chroniques 28:18. Il paraît qu'elle demeura au pouvoir des Amorrhéens jusqu'au temps de Hozias ou de quelque autre puissant roi de Juda. Les Philistins la reprirent sous Achaz. Ce fut là peut-être que Saül cessa de poursuivre l'armée des Philistins, battue à Micmas; cf. Josué 19:42; 21:24; 1 Samuel 14:31. On pense que c'est au-dessus de cette ville que Josué commanda à la lune de s'arrêter; elle devait être non loin de Haï et de Gabaon. Josué 10:12.

2.             Ville de Benjamin, à 5 ou 6 kilomètres environ à l'est de Béthel (Eusèbe); elle fut fortifiée par Roboam. 2 Chroniques 11:10.

3.             Dans Zabulon, sépulture d'Élon, juge d'Israël. Juges 12:12.

Quelques-uns comptent une quatrième ville de ce nom en Éphraïm près de Sichem; mais nous pensons que cette ville n'est autre que la première qui serait tombée entre les mains des Éphraïmites, cf. Josué 21:24, avec 1 Chroniques 6:69.

 

— Vallée d'Ajalon, espèce d'enfoncement dans le plateau d'Éphraïm, se dirigeant de l'est à l'ouest, long d'environ 18 kilomètres et large de 9. Cette vallée, près de Gabaon, est celle sur laquelle la lune s'arrêta au commandement de Josué.

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AKIS.

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1.             Roi de Gath, auprès de qui David se réfugia par deux fois. La première fois, il contrefit l'insensé afin de donner le change aux officiers philistins qui paraissaient avoir reconnu en lui le vainqueur de Goliath et le héros d'Israël, 1 Samuel 21:10-15; la seconde fois, toujours en fuite, il revint avec 600 hommes, et Akis, sur sa demande, lui donna Tsiklag pour demeure. David y passa seize mois en paix avec les Philistins, mais faisant des excursions continuelles sur les terres de leurs amis. Il devait même servir dans les troupes d'Akis contre Saül; mais la méfiance des principaux officiers l'éloigna de l'armée, au regret d'Akis lui-même.

2.             Autre roi de Gath du temps de Salomon, 1 Rois 2:39-40.

Akis est appelé Abimélec au Psaumes 34:1, ce qui s'explique par le fait que ce dernier nom était une désignation générale s'appliquant à tous les rois des Philistins, comme Padischa aux rois de Perse, Pharaon aux Égyptiens, etc.

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ALBÂTRE.

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Matthieu 26:7; Marc 14:3; Luc 7:37. Espèce de carbonate ou de sulfate de chaux, pierre gypseuse assez semblable au marbre, mais moins dure et plus difficile à polir; ordinairement blanche comme la neige, quoiqu'on en trouve aussi qui tire sur le gris, le rouge ou le brun. C'est en Égypte, en Syrie, en Grèce qu'elle est en plus grande abondance. Quelques savants croient que l'albâtre est aussi désigné sous le nom d'onyx. L'albâtre blanc était autrefois très estimé: on le travaille facilement pour en faire des ornements de sculpture, des meubles, des pieds de lits, des chaises, des vases, des écuelles, des boîtes de senteur, etc. Comme on préférait les flacons d'albâtre pour garder les parfums, parce qu'on pensait qu'ils s'y conservaient mieux que dans d'autres (Pline 13, 2; Hérodote 3, 20), le mot albâtre désignait par extension un vase ou flacon d'albâtre: ces derniers avaient pour l'ordinaire un long col, et l'ouverture en était cachetée, de sorte que pour en faire sortir les parfums il fallait briser le cachet: c'est ce qui est indiqué Marc 14:3, où nous voyons la femme pécheresse répandre sur la tête du Sauveur le nard du vase précieux: elle ne rompit pas le vase lui-même, ce qui n'eût pas été facile en tous cas aux faibles mains d'une femme, mais elle en rompit le cachet, ou, comme on peut aussi traduire, elle l'entama sur sa tête, elle commença à le verser sur la tête de Jésus (Matthieu et Marc), et répandit le reste sur ses pieds (Jean 12:3).

 

— Dans le passage 2 Rois 21:13, les Septante (probablement pour la raison indiquée plus haut) traduisent par albâtre le mot hébreu qui signifie proprement une écuelle.

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ALEPH,

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première lettre de l'alphabet hébreu. On trouve quelques psaumes (25, 34, 37, 111, 112, 119 et 145) dont le premier verset commence par un Aleph et les autres versets par chacune des lettres suivantes de l'alphabet. Quoi qu'en pensent les Juifs, il n'y faut pas chercher de mystère; c'est une forme de vers acrostiches que le poète sacré a préférée, et voilà tout. Ces psaumes étaient plus faciles à retenir parce que, pour chaque verset, la mémoire était aidée de l'ordre alphabétique. Le roi Lémuel, Proverbes 31, a suivi une marche semblable dans les paroles d'instruction qu'il nous a conservées; et Jérémie a de même écrit en vers abécédaires ses quatre premières élégies sur la ruine de Jérusalem. Les chapitres 1, 2 et 4 ont 22 versets suivant le nombre des lettres de l'alphabet; le chapitre 3 en a 66, parce que trois versets de suite commencent par la même lettre.

 

— Voir: l'article Lamentations.

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ALEXANDRE.

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1.             Fils de Simon de Cyrène, Marc 15:21. Son frère Rufus, leur mère et lui semblent avoir été bien connus des premiers chrétiens: ils étaient eux-mêmes, selon toute apparence, membres de l'Église.

2.             Alexandre Lysimaque d'Alexandrie, frère du célèbre Philon, et le plus riche des Juifs de son temps, fit au temple de magnifiques présents, il fut jeté en prison par l'ordre de Caligula, qu'il avait sans doute refusé d'adorer, et ne fut rendu à la liberté que par l'empereur Claude. Quelques auteurs pensent que c'est lui que nous voyons, Actes 4:6, dans la compagnie des souverains sacrificateurs et des anciens, lorsqu'on fit emprisonner les apôtres après la guérison de l'impotent. Cependant l'identité est peu probable, car le frère de Philon remplissait à Alexandrie les fonctions d'alabarque (premier magistrat, chef des Juifs en Égypte), et ne pouvait par conséquent pas faire partie du sanhédrin à Jérusalem. On ne saurait alors autre chose de cet Alexandre sinon qu'il était de la race sacerdotale.

3.             Le forgeron, 2 Timothée 4:14-15; cf. Actes 19:33; 1 Timothée 1:20. S'agit-il d'une seule personne, ou de deux, ou de trois dans ces différents passages? Dans les Actes, pendant l'émeute d'Éphèse, un Juif, nommé Alexandre, veut parler au peuple; c'est un ouvrier en argenterie, et le nom de forgeron peut s'appliquer à lui dans ce sens; mais on ne sait pas s'il veut parler pour sauver Paul, ou si c'est pour rejeter sur les chrétiens toute la faute en déchargeant les Juifs. Luc a écrit, selon toute apparence, à Rome et pour quelqu'un qui ne connaissait pas en détail les affaires de l'Asie, et cependant il parle d'Alexandre comme d'un personnage connu, d'où l'on peut conclure que cet Alexandre avait fait plus tard un voyage à Rome. Paul, écrivant à Timothée (2e épître), semble bien avoir en vue ce même individu, d'autant plus qu'il ne lui donne pas d'autre désignation que celle de son métier, la croyant suffisante pour le faire reconnaître. Celui de la 1re épître est plus difficile à déterminer; il paraît que c'était un Juif qui cherchait à faire du mal à Paul en attaquant publiquement sa doctrine. Saint Paul le livre à Satan pour qu'il apprenne à ne plus blasphémer, et l'on peut croire qu'il est différent d'Alexandre le forgeron, puisque dans la 2e à Timothée, écrite plus tard, l'apôtre parle de ce dernier comme d'un homme qui n'a pas encore reçu la récompense de son impiété.

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ALEXANDRIE,

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ville célèbre de la Basse Égypte. Elle était située entre le lac Maréotis et le Canopique ou bras le plus occidental du Nil, à peu de distance de la Méditerranée. Alexandre le Grand en fut le fondateur et ne tarda pas à y être enseveli dans un cercueil d'or.

 

— Le célèbre Dinocrate avait fait le plan de cette ville et en avait donné les dimensions; elle occupait un espace d'environ 25 kilomètres. Le palais, qui faisait à lui seul la cinquième partie de la ville, était du côté de la mer, et renfermait la résidence royale, le musée et les tombeaux des princes. La principale rue avait 35 mètres de largeur et traversait toute la ville. Les Ptolémées, qui succédèrent à Alexandre, en tirent pendant deux siècles la capitale de l'Égypte. Sa proximité de la mer Rouge et de la Méditerranée, y attirait le commerce du monde entier, de sorte qu'après Rome il n'y avait pas de cité plus florissante. Elle possédait une bibliothèque fameuse, recueillie par les ordres de Ptolémée-Philadelphe; c'est le même prince sous les auspices duquel fut commencée la première traduction des livres saints, 280-222 avant J.-C. Quoique ce travail soit connu sous le nom de version des Septante, le nombre de ceux qui y coopérèrent est fort incertain: les auteurs le font varier de cinq à soixante et douze, et le chiffre le plus faible semble approcher davantage de la vérité.

 

— La bibliothèque d'Alexandrie fut brûlée par les Arabes ou Sarrasins l'an 642 de l'ère chrétienne. Lorsqu'ils s'emparèrent de cette ville, elle comptait 4,000 palais, 400 places, 4,000 maisons de bain, et 12,000 personnes uniquement employées à la vente des légumes et des fruits. Ce n'est plus guère maintenant qu'un immense village qui n'a rien de remarquable que ses ruines, et un commerce assez étendu.

 

Cette capitale de l'Égypte a toujours eu pour habitants, depuis l'époque d'Alexandre, un grand nombre de Juifs, quelquefois jusqu'à cent mille et au-delà. Une partie d'entre eux étant revenus à Jérusalem, concoururent à la persécution dont Étienne fut le premier martyr, Actes 6:9. Apollos était natif d'Alexandrie, 18:24, et le vaisseau qui transporta saint Paul à Rome venait de cette ville, (27:6) dont les navires, chargés de blé, faisaient assez ordinairement le trajet d'Égypte en Italie et débarquaient à Pouzzoles, 28:13.

 

— 50,000 Juifs y furent massacrés par l'ordre de Néron; et quand les Arabes en tirent la conquête, ils y trouvèrent 40,000 Juifs qui leur payèrent le tribut.

 

Le christianisme s'introduisit de bonne heure à Alexandrie, par le ministère, à ce que l'on croit, de saint Marc l'évangéliste, vers l'an 59 ou 60: après sa mort il fut remplacé par Anien qu'il avait converti dès ses premières prédications. Clément, Origène, le grand Athanase et beaucoup d'autres illustres serviteurs de Dieu furent successivement la gloire de cette Église. Pendant plusieurs siècles, l'évêque d'Alexandrie partagea avec ceux d'Antioche, de Constantinople et de Rome, la direction souveraine de l'Église chrétienne; il avait sous sa juridiction les églises de la partie orientale de l'Afrique. L'école d'Alexandrie jouit longtemps d'une fort grande vogue, l'école juive d'abord, puis l'école chrétienne. Outre d'éloquents prédicateurs, elle a produit d'habiles copistes des saintes Écritures, et sous ce dernier rapport nous avons un échantillon de leurs travaux dans le célèbre manuscrit d'Alexandrie, qui se trouve maintenant au Musée britannique de Londres, et qui fut écrit par Thécla, jeune fille noble de cette cité.

 

— Voir: Steiger, Introduction aux livres du Nouveau Testament, p. 87 et 88.

 

— La Vulgate a traduit à tort par Alexandrie la ville de No qui se trouve Nahum 3:8; Jérémie 46:25; Ézéchiel 30:14-15, et ailleurs.

 

 

— Voir: No.

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ALGUES,

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— Voir: Roseaux.

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ALGUMMIM,

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— Voir: Almugghim.

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ALLIANCE.

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On appelle ainsi la relation qui s'établit entre des parties qui, séparées antérieurement, se rapprochent l'une de l'autre sous diverses conditions et dans divers buts, et qui consolident ce rapprochement par certains rites et par certaines promesses qui le rendent sacré. Ce rapprochement est donc opéré par un lien, et comme ce lien introduit souvent entre ceux qu'il rattache un genre d'unité ou de communauté, alliance désigne quelquefois non pas le lien seulement, mais encore ce qui fut lié ou plutôt l'état d'union qui en dérive. Dans ce cas, alliance et communion ont un même sens, Matthieu 26:28; 1 Corinthiens 10:16. Or, une même communauté ou un même corps ne pouvant être animés que d'une seule et même vie, on comprendra facilement pourquoi toute participation à une même nourriture (comme principe de cette même vie) constatait une alliance déjà consommée ou acceptée, tout comme ce qui déterminait un droit à cette participation commune, constatait la consommation elle-même de l'alliance; cf. Exode 24, les versets 4, 5, 6, avec 9, 10, 11. Quant à l'alliance, c'est-à-dire quant aux liens proprement dits, ils ressortaient nécessairement de la qualité et des circonstances des personnes qui entraient dans de pareils rapports, car de cette qualité ou de ces circonstances se tiraient les considérations qui fixaient, non seulement la nature et le caractère du traité que l'on voulait former, mais celles surtout par lesquelles se spécifiaient encore les intérêts et les avantages des personnes qui y voulaient entrer, Exode 19:4; 20:2; Genèse 31:43; 15:7; Josué 9:9; 1 Samuel 20:15. Du reste, une alliance ne se faisait point sans qu'elle imposât des obligations qui lui étaient particulières, et qui, le plus souvent, se trouvaient réciproques pour chacune des parties. Genèse 26:28; Exode 19:5; Genèse 31:50,52,54. Observer ces obligations devenait indispensable, puisqu'elles étaient autant de conditions sans l'accomplissement desquelles le contrat formé ne pouvait obtenir la réalisation de sa fin. On devait, par conséquent, envisager de pareilles obligations ou de pareilles conditions comme si étroitement unies aux alliances, que si, de part et d'autre, elles n'étaient pas fidèlement remplies, les liens du traité lui-même se rompaient inévitablement. Toute la valeur de l'alliance dépendait ainsi de l'engagement que prenait chaque partie de respecter les nouveaux devoirs qu'elle venait de contracter et de ne se rien permettre qui pût détruire ou troubler les nouveaux rapports dans lesquels elle venait d'entrer. Or cet engagement consistait en une promesse solennelle, c'est-à-dire accompagnée de serments et de témoignages, et comme le traité tirait d'elle toute sa force, faire cette promesse et la garder se disaient l'un et l'autre: confirmer l'alliance, Galates 3:15 et 17; Daniel 9:27. Cette confirmation étant une promesse d'observer une alliance faite, suivait naturellement l'alliance elle-même.

 

Pour qu'une alliance fût consommée, il fallait que cette alliance et que la promesse de la garder fussent consacrées par certains actes religieux. Ces actes avaient deux buts:

1.             de réclamer une intervention et par conséquent une sanction divine;

2.             de consommer le traité, en d'autres termes, de le mettre en activité par une démonstration solennelle qui exprimait à la fois son caractère et sa réalité.

L'acte qui réclamait l'intervention et la sanction de la Divinité, consistait dans une reconnaissance formelle d'un Dieu, et comme témoin de la vérité des traités, et comme exécuteur du bien et du mal que leur observation ou que leur transgression méritait.

 

Ces fonctions de témoin et d'exécuteur des contrats, quoiqu'elles appartinssent à Dieu proprement, pouvaient cependant, par une autorisation légale ou spéciale de sa part, être transmises à d'autres. Mais ces deux fonctions étant réunies en Dieu, le devaient être également dans ceux qui les recevaient de lui, Deutéronome 17:7. Du reste, l'une et l'autre avaient un même office; elles exigeaient un témoignage rendu à l'inviolabilité des traités, par conséquent leur exécution, en tant qu'elle dépendait de Dieu et non plus des hommes seulement. Ce témoignage ou cette exécution n'étaient donc qu'un jugement de Dieu direct ou indirect, c'est-à-dire sa bénédiction ou sa malédiction, imposées en vertu de l'alliance elle-même, et suivant la fidélité des contractants.

 

L'acte religieux qui, dans une alliance quelconque, consacrait une sanction pareille était d'une double espèce: c'était d'abord un signe qui, comme symbole, constatait quelle était cette intervention dont chacune des parties reconnaissait la validité, et qui, comme témoignage quelquefois monumental, constatait en même temps la réquisition que l'on en avait faite; c'était ensuite un serment par lequel on déclarait se soumettre et s'attendre à être jugé par le tiers intervenant (appelé témoin), selon les termes de l'alliance et selon la manière dont on l'aurait gardée. Quant au serment lui-même, la nature du traité le pouvait aussi modifier, c'est-à-dire qu'il appelait séparément la bénédiction ou la malédiction, ou qu'il certifiait la possibilité de l'une et de l'autre. Dans certains cas, il était accompagné d'un symbole qui montrait que la sentence méritée était immédiatement imposée, symbole dont le sens devenait alors sacramentel.

 

L'acte qui servait à consommer une alliance, ou plutôt à la mettre en vigueur par une démonstration solennelle, laquelle devait exprimer à la fois et la réalité et la nature du lien qu'elle établissait entre les contractants, cet acte précédait le serment et variait d'après la nature du contrat. Il paraît, du moins, s'être distingué de certains rites païens par ce côté essentiel, que jamais, dans ses formes, il ne confondait une alliance profane avec une alliance dont le but était proprement religieux. Enfin, il était lui-même réclamé comme témoignage; et indépendamment d'un rapport quelconque avec la religion, certains symboles lui donnaient, par leur signification, le caractère sacré qu'il devait toujours posséder. Quant aux rites qui accompagnaient de semblables contrats, ils offrent des modifications que la variété des circonstances sert à expliquer. Ces explications sont donc renvoyées à l'article qui traite le sujet particulier auquel elles se rapportent. Nous nous bornons ici à indiquer les formes les plus indispensables et les plus inhérentes au cérémonial des alliances contractées.

 

Ce qui figurait l'alliance comme lien et communauté, c'est-à-dire ce qui figurait l'alliance elle-même, c'était ordinairement un repas pris en commun, Genèse 26:30; 31:46; Josué 9:14. Quand la communauté fondée était une communauté religieuse, alors seulement le repas se faisait avec les victimes du sacrifice, Deutéronome 27:7. Le pain et le vin, mais surtout le sel, paraissent avoir été habituellement employés. Le sel particulièrement tirait des qualités qui lui appartiennent, un sens symbolique correspondant à l'idée même d'alliance. Par cette puissance qu'il a d'attaquer dans un corps certaines parties, en même temps qu'il en conserve d'autres, par cette action amie et ennemie qu'il exerce à la fois sur tout aliment, il était le symbole le plus naturel d'un contrat dont la vertu propre est justement de vous rendre et l'ami de ceux qui sont les amis de votre allié, et l'ennemi de ceux qui en seraient les ennemis, Genèse 12:3. Mais une alliance faite en ces ternies: «Je bénirai ceux qui te bénissent, et je maudirai ceux qui te maudissent», étant considérée comme l'alliance la plus sacrée et la plus indestructible que l'on pût former, le sel, dont la propriété est de conserver, exprimait doublement le caractère de semblables alliances, de ces alliances éternelles que, dans certains endroits, l'Écriture nomme également, à cause de cela, des alliances de sel, Nombres 18:19; 2 Chroniques 13:5. Enfin, l'épithète d'alliance accompagne le mot sel là où il est ordonné de le faire entrer dans la composition de tout ce que l'on devait offrir à Dieu d'après son alliance, Lévitique 2:13.

 

Un autre rite non moins solennel et non moins répandu dans toute l'antiquité (il a donné son nom au mot hébreu qui signifie alliance, Berith, de Barah, disséquer, tailler, partager), consistait à partager un ou plusieurs animaux en des parts qui se plaçaient de manière à se correspondre, Genèse 15:10; les parties contractantes passaient entre ces moitiés, et donnaient ainsi à entendre qu'elles entraient dans les mêmes rapports qui avaient précédemment uni les membres de la victime. Cette interprétation sera peut-être contestée, mais toutes les autres se fondent sur des points de vue qui semblent inconciliables avec le seul exemple que l'Écriture nous fournisse d'une alliance faite de cette manière, l'alliance de Dieu avec Abraham.

 

— Jérémie 34:18, n'est point en opposition avec ce que nous venons de dire; car rien ne prouve que les deux parts représentassent les deux parties contractantes.

 

Un dernier usage que nous consignerons sur ce point, et dont il est parlé Genèse 21:28, fut de donner à celui avec lequel on voulait contracter, une portion de son propre bien.

 

Les parties contractantes, leur sincérité dans les engagements qu'elles avaient pris, sont également figurés dans le rituel des alliances par des signes matériels et visibles, destinés à servir quelquefois de témoignages permanents, Genèse 31:46. Les symboles employés dans ce but étaient habituellement des pierres; on les érigeait en un monceau, suivant le nombre des parties contractantes, et si l'alliance où elles entraient était une alliance religieuse, on en faisait un autel, Exode 24:4. À l'égard de ces autels, il est constamment ordonné de les construire de pierres non taillées, Exode 20:25; Deutéronome 27:5; Josué 8:31. Cet ordre fut donné, d'abord afin que ces autels ne fussent point une occasion de révolte contre le commandement exprès de n'offrir des sacrifices qu'au lieu que l'Éternel aurait désigné lui-même (pour cette même raison ils se faisaient de terre dans les autres cas), mais surtout afin qu'ils marquassent plus expressément leur genre de destination et qu'ils représentassent par leur propre intégrité la vie, la plénitude, la sainteté du témoignage dont ils faisaient foi, Deutéronome 27:8; 1 Pierre 2:5; 1 Rois 6:7; Éphésiens 2:22; Jean 19:36; Exode 12:46. La consécration des alliances, en tant que ces alliances sont une promesse à garder, trouve dans le rituel des symboles correspondants. Cette consécration consiste, avons-nous dit, dans l'invocation d'un témoignage divin, invocation qui imposait au lien établi, et surtout à la promesse donnée, un caractère inviolable et sacré; néanmoins elle ne les convertissait jamais en des rapports proprement religieux, si déjà ils ne l'étaient pas par eux-mêmes. Ce témoignage invoqué était habituellement représenté par des pierres; tantôt ces pierres étaient carrées, alors elles étaient le symbole reconnu de l'univers; tantôt elles étaient non taillées, et elles représentaient davantage l'œuvre de Dieu: dans ce dernier cas elles étaient tout ensemble un témoignage rendu à Dieu, et un témoignage venant de Dieu. Dans l'un et dans l'autre cas, les cieux ou la terre étaient invoqués en témoignage. Ces pierres donnaient à entendre que celui qui est l'auteur de la création devait être le Dieu du témoignage, l'auteur des serments, le Dieu par lequel on devait jurer, cf. Philippiens 2:10-11; Apocalypse 5:8, etc., Josué 24:22, et Deutéronome 27:9. Celui qui érigeait une telle pierre faisait donc un acte de foi, et il en usait comme d'un gage de sa propre fidélité. C'est pourquoi aussi Dieu, voulant donner à son peuple, au sujet de son alliance avec lui, un gage (ou un témoin) de sa propre fidélité, il employa pour signe dans le second temple une pierre carrée (Théod. Hasæns, de lapide fundamenti, dans le Thésaurus Ugolini. t. VIII), et dans le premier deux tables de pierre, qui sans doute, sous une forme appropriée aux circonstances, représentaient ces cieux et cette terre où Dieu a partout écrit de son doigt le témoignage, c'est-à-dire sa loi. Le nombre sept avait une place sacrée parmi les symboles destinés à la consécration du serment. Il représente le monde dans sa durée; mais cette durée, elle est envisagée elle-même dans son rapport avec le témoignage de Dieu. De là l'emploi de ce nombre dans notre cas; Hérodote 3, 8; Genèse 21:30. Christ comme témoin est également représenté par une pierre à sept yeux, Zacharie 3:9; cf Apocalypse 5:6.

 

Enfin la consécration des alliances, en tant que ces alliances sont un lien et une communion établis entre plusieurs, ne se célébrait point d'après des rites religieux, si les rapports fondés sur ces alliances n'étaient eux-mêmes essentiellement religieux. Ainsi aucun sacrifice, aucune libation, aucune participation à la victime, aucun signe d'une consécration personnelle n'accompagnait une alliance purement humaine. Les cérémonies païennes, par exemple celles des Grecs (Iliad. III, 251), celles des anciens Arabes (Hérodote 3, 8), celles des Scythes (Hérodote 4, 70; comp. Sali. Cat. 22), celles des Lydiens et des Mèdes consistaient toutes au contraire dans une participation des contractants à la victime (Iliad. III, 273), ou dans une corrélation établie mystiquement entre eux par la communication de leur propre sang (Hérodote 1, 74). L'un et l'autre étaient défendus à l'Israélite; boire le sang lui était interdit, le sacrifice appartenait au temple.

 

L'usage de partager un animal en deux moitiés, et de passer entre elles, fut commun à plusieurs peuples de l'antiquité. De là sont venues, en hébreu, les expressions Berith (partage), Karath Berith (partager); mais rien ne prouve que les mots foedus icere, ferire, percutere, et δρκια τέμνειν, en soient également déduits (voyez cependant le passage de l'Iliade cité plus haut). Quoi qu'il en soit, rien ne nous oblige à voir dans ce rite un sacrifice proprement dit, plutôt qu'un acte symbolique et solennel dont le sens a été indiqué, lequel paraît certain à l'égard des Juifs: rien ne prouve qu'il en fût autrement chez les autres nations (Hérodote 2, 139; 7, 39; comp. Liv. 1, 24. Sophonie Aj. 1177, sq.). Cela explique pourquoi nous ne trouvons rien de pareil dans la consécration des alliances de Dieu avec son peuple, et pourquoi encore ce signe n'était point un signe de réciprocité, et s'employait seulement quand l'une des parties était sommée par l'autre de donner un témoignage figuratif des engagements qu'elle contractait, Genèse 15:8.

 

De là dérivent néanmoins certaines formules d'imprécation ou de malédiction, qui pourtant ne contredisent en rien ce que nous venons d'avancer, puisqu'elles démontrent justement que l'animal partagé ne figurait que l'une des parties du contrat, Jérémie 34:19.

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ALLON-BACUTH,

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Genèse 35:8, chêne sous lequel fut ensevelie Débora, nourrice de Rébecca; son nom signifie chêne des pleurs.

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ALMODAD,

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Genèse 10:26, peuplade arabe de la famille des Joktanides, mais du reste inconnue. Bochart pense aux Allonmaïotes de Ptolémée dans l'Arabie Heureuse.

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ALMUGGHIM, ou Algummim,

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1 Rois 10:11-12, ou Algummim, 2 Chroniques 2:8-11, nom d'une espèce de bois qui se trouvait au nombre des marchandises que la flotte syrienne apportait d'Ophir, du temps de Salomon. Ces deux noms désignent la même chose, car de pareilles transpositions de lettres se font presque involontairement, et ont leurs analogues dans toutes les langues.

 

— Dans le passage du livre des Rois, les Septante traduisent ce mot par «du bois travaillé et taillé», Jérôme et la Vulgate par «ligna thyina», et dans les passages des Chroniques, les Septante le rendent, ainsi que les traductions latines, par «bois de pin.» S'attachant à ces anciennes interprétations, quelques savants ont cru que l'Almugghim était un bois résineux et odoriférant; mais un tel bois n'aurait pu être propre à l'usage auquel le destinait Salomon, car il en fit faire, non seulement des instruments de musique, mais encore des barrières et des piliers. Par la même raison, et plus encore, il faut repousser l'idée qui veut traduire ce mot par corail.

 

— Les anciens commentateurs juifs les plus célèbres, Kimhi et autres, pensent que ce bois d'Ophir était celui que les Arabes nomment El-Bakam, bois du Brésil, ou de Sandal rouge, lequel en tout cas fut connu et décrit bien antérieurement à la découverte du Brésil. Cet arbre croît dans les Indes; son bois, dur et pesant, est noir au dehors, rouge au centre, et sans odeur; il sert à la teinture, à la menuiserie et à la sculpture.

 

— D'autres interprètes pensent que c'était une espèce de pin du mont Liban, 2 Chroniques 2:8; mais c'est peu probable à cause de ce qui est dit, 1 Rois 10:12, qu'il n'était point encore venu de ce bois, et qu'on n'en avait point vu jusqu'à ce jour: un bois si précieux, et dans un voisinage aussi rapproché, n'aurait pas échappé longtemps à l'attention des architectes.

 

— Enfin, les plus modernes prennent ce bois pour le Santalum Album de Linné, arbre de haute futaie qu'on trouve dans les Indes, en Arabie et en Afrique: ce serait le bois appelé citrus par les Romains, et thyion par saint Jérôme. Il est très odoriférant, et d'autant plus qu'il est plus près de terre et que la couleur en est plus foncée. On s'en servait comme d'encens, mais plus généralement encore pour la construction des temples, et pour la sculpture. Cette opinion qui est la plus probable est confirmée par le témoignage de Flavius Josèphe (Antiquités Judaïques 8, 7). «Les vaisseaux d'Ophir, dit-il, apportaient des pierres précieuses et des pins dont Salomon faisait faire des colonnes pour le temple et pour son palais, et des instruments de musique. Ce bois était plus grand et plus fin qu'aucun autre bois connu jusqu'alors; il avait l'apparence de bois de figuier, mais il était encore plus blanc et plus éclatant.»

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ALOÈS,

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Nombres 24:6; Proverbes 7:17, etc., genre d'arbre dont Tournefort compte quatorze espèces; celui dont il est question dans la Bible n'est pas l'aloès de nos jardins, mais un arbre des Indes, le bois d'aloès appelé aussi bois d'aigle. Il a de huit à dix pieds de hauteur; sa cime est couronnée d'une touffe de feuilles ovales, dentelées, épaisses et longues d'environ quatre pieds; ses fleurs, d'un rouge mêlé de jaune ou de blanc, exhalent un parfum délicieux; son fruit est de la grandeur d'une cerise; de sorte que c'est un des plus beaux arbres qui existent. L'aloès a une sève extrêmement amère, et son écorce recouvre trois couches de bois différentes; la couche extérieure est noire, dure et pesante; la seconde est brune, très poreuse et pleine d'une résine odoriférante; enfin l'intérieur du bois a une odeur aromatique extrêmement forte. Les anciens faisaient déjà grand cas de cette dernière couche et l'estimaient plus que l'or. On s'en sert pour parfumer les habits, les appartements, etc., soit en le réduisant en poudre, soit en le brûlant, soit en en mettant de petits morceaux appelés calumbaks dans les objets que l'on veut parfumer: on garde ordinairement ces calumbaks dans des flacons pour empêcher l'odeur de s'évaporer.

 

Balaam, pour indiquer combien le peuple d'Israël est agréable à son Seigneur, et précieux devant lui, le compare à des arbres d'aloès que l'Éternel a plantés, Nombres 24:6. Parmi les attraits que la femme de mauvaise vie met en usage pour séduire, Salomon lui fait dire qu'elle a parfumé son lit d'aloès, Proverbes 7:17. La myrrhe, l'aloès et la casse sont dans les vêtements de la reine chantée Psaumes 45:8; et l'épouse du Cantique, 4:14, dit que la myrrhe, l'aloès et tous les parfums aromatiques se trouvent dans le jardin de son époux. Quand le corps de notre Seigneur eut été descendu de la croix, Jean 19:39, Nicodème apporta de la myrrhe et de l'aloès, non pour embaumer le corps, mais pour mettre ces aromates dans les linges, verset 40, afin de conserver le corps jusqu'après le sabbat.

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ALPHA,

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a, première lettre de l'alphabet grec, dont oméga (ou o long) est la dernière. Le Saint-Esprit désigne par ces deux lettres l'éternité de Dieu et celle de Jésus-Christ, Apocalypse 1:8,11; 21:6; 22:13.

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ALPHÉE.

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1.             Père des apôtres Jacques le mineur, et Jude; époux de Marie sœur de la mère de Jésus, Matthieu 10:3; Marc 3:18; Luc 6:15; Actes 1:13; Marc 13:40; le même que le Cléopas de Jean 19:25, mais différent de celui qui est nommé Luc 24:18.

— Voir: Cléopas.

On ne sait, du reste rien sur sa vie.

2.             Père de Lévi ou saint Matthieu, Marc 2:14, également inconnu. Peut-être est-ce le même que le précédent, et, dans ce cas, Matthieu son fils, qui n'est jamais indiqué parmi les enfants de Marie, serait le fils d'un premier mariage.

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ALTASCHETH,

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inscription des Psaumes 57, 58, 59 et 75, signifie ne détruis point.

«On ne saurait, dit Calvin, amener de certaine raison pourquoi l'inscription de ce psaume (57) est ne détruis point; et pourtant les expositeurs sont différents d'opinion, comme en une chose obscure et douteuse. Aucuns pensent que c'était le commencement de quelque vieille chanson. Les autres estiment que ce sont les mots que David prononça se voyant environné de toutes parts sans espoir d'échapper, «O Dieu, ne détruis point.» Les autres sont d'advis que la preud'hommie de David est louée par cette sentence, lequel empescha et destourna Abisaï qui voulait aller tuer Saül, pour ce aussi que l'histoire sainte exprime nommément cette repréhension en ces termes: Ne le deffais point, 1 Samuel 26:9. Mais pour ce que David avait fait cette prière et psaume déjà auparavant (comme on le voit par l'inscription même), ceste opinion ne peut convenir. Par quoy il nous faut tenir à l'une de ces deux expositions, ou que ce psaume a été composé sur le chant d'une chanson commune, ou que David a voulu yci noter en brief, comme une chose mémorable, la prière qu'une frayeur soudaine lui tira de la bouche.»

Ainsi parle Calvin, et depuis lui la science n'a rien découvert que l'on puisse ajouter à son explication. La version de nos Bibles est défectueuse dans ces inscriptions, et ne donne aucune idée du vrai sens du mot.

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AMANA,

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Cantique 4:8, une des cimes de l'Anti-Liban, à ce qu'il paraît d'après le contexte du passage cité. C'est probablement de cette montagne que sortait le fleuve Abana, q.v. Une correction apportée au texte hébreu de 2 Rois 5:12; autorise à croire que le vrai nom du fleuve est plutôt Amana comme celui de la montagne.

 

— Quelques-uns placent l'Amana au-delà du Jourdain, dans la demi-tribu de Manassé; d'autres, le cherchant au nord-est, pensent qu'il séparait la Syrie de la Cilicie.

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AMANDIER,

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Genèse 30:37; 43:11; Exode 25:33-34; 37:19-20. Les mots hébreux Louz et Shaked que nos versions rendent par amandier, ou par coudrier, Genèse 30:37, désignent deux espèces différentes de pêchers dont les fleurs et les feuilles se ressemblent beaucoup. L'un de ces arbres, dont le fruit ne mûrit qu'au mois de septembre, est le premier à fleurir aussitôt après les rigueurs de l'hiver, avant même qu'il ait poussé des feuilles. Cette particularité lui a fait donner en hébreu le nom de Shaked qui signifie «prompt, expéditif, qui se réveille de bonne heure, vigilant», et l'a fait prendre, Jérémie 1:11, pour le symbole de la rapidité avec laquelle les jugements de Dieu allaient éclater sur Israël. Jérémie a fait dans ce passage un jeu de mot conforme au goût des Orientaux, mais difficile à rendre dans notre langue.» Que vois-tu, Jérémie?» dit l'Éternel, et le prophète répond: «Je vois une branche shaked;» ce qui signifie tout à la fois: je vois une branche d'amandier, et je vois une branche, un bâton vigilant, qui veille, qui se hâte. Aussi l'Éternel, continuant d'employer le même mot dans son double sens, répond encore: «Tu as bien vu, car je me hâte d'exécuter ma parole.«C'est donc sur ce nom significatif de l'amandier que repose tout le sens de cette vision.

 

Dans le passage Ecclésiaste 12:7, cet arbre qui fleurit déjà lorsque ses branches sont encore dénuées de feuilles, est pris pour image de la tête du vieillard couverte seulement de quelques touffes de cheveux blancs.

 

— La verge d'Aaron qui le confirma dans sa dignité de grand prêtre, Nombres 17:8, était une verge d'amandier; et, selon quelques savants, une verge de ce bois était le signe distinctif des chefs des tribus israélites qui devait leur rappeler la vigilance.

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AMARIA.

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1.             Souverain sacrificateur, 1 Chroniques 6:7; il vécut du temps des juges, et paraît avoir fonctionné immédiatement avant Héli.

2.             1 Chroniques 6:11.

3.             Esdras 10:42.

4.             Sophonie 1:1.

5.             2 Chroniques 19:11. Souverain sacrificateur, placé par Josaphat à la tête de la cour suprême des juges d'Israël.

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AMATSIA.

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1.             Neuvième roi de Juda, fils de Joas et de Jéhohaddan, 2 Rois 12:21; 14:1; 1 Chroniques 3:12; 2 Chroniques 24:27; 25:1. Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il monta sur le trône, 839 ans avant J.-C., et régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Il commença par faire mourir les meurtriers de son père, mais ne permit pas qu'on fît le moindre mal à leurs enfants, mesure de grâce et de justice, bien rare alors, bien opposée aux moeurs barbares de ces temps, mais conforme à l'esprit et à la lettre de la loi mosaïque, Deutéronome 24:16. Il comptait dans son royaume 300,000 hommes en état de porter les armes; il s'en adjoignit encore 100,000 du royaume d'Israël, pour les envoyer contre les Iduméens qui s'étaient soustraits sous Joram à l'obéissance des rois de Juda, environ cinquante ans auparavant. Mais un prophète lui ayant rappelé que toute alliance avec les tribus rebelles serait fâcheuse au royaume de Juda, il comprit que c'est Dieu seul qui donne la victoire et qui met en fuite, et il se hâta de licencier les troupes étrangères, en faisant le sacrifice des cent talents (près d'un million) qu'il avait donnés pour les enrôler. La victoire se prononça en faveur de celui qui avait cru; il vainquit les Iduméens dans la vallée du Sel. Ici s'arrête la première partie de la vie d'Amatsia; sa foi ne l'accompagna pas dans toute sa carrière, parce que ce n'était pas une foi véritable; il se détourna de l'Éternel, et la fin de ses jours, à dater de cette victoire, ne fut plus que péchés et malheurs. Au nombre des objets pris sur l'armée d'Édom se trouvaient les idoles de Séhir. Amatsia les adora; puis, lorsqu'un prophète vint lui reprocher son incroyable idolâtrie, le culte de ces dieux vaincus, Amatsia lui répondit: «Qui t'a établi conseiller du roi. Cesse de m'importuner, car pourquoi te ferais-tu tuer?» Le prophète se retira donc, après lui avoir annoncé les châtiments que Dieu ferait tomber sur lui. Et Dieu aussi s'était retiré de la cour et des conseils du malheureux roi. Enivré de sa récente victoire, il osa défier son voisin d'Israël, et lui offrit le combat. On peut croire que la cause ou le prétexte de cette guerre, ce furent les déprédations que les 100,000 Israélites, frustrés du butin qu'ils avaient espéré de remporter sur Édom, avaient commises en s'en retournant dans leur pays, et dont le roi de Juda crut devoir demander satisfaction. Joas, roi d'Israël, se comparant lui-même au cèdre du Liban, et son adversaire à quelques ronces de la montagne, voulut le dissuader de son entreprise téméraire; mais Amatsia ne l'écouta point (car cela venait de Dieu). Les deux armées se rencontrèrent à Bethsémès, et le roi de Juda, fait prisonnier avec une partie de son armée, vit les remparts de Jérusalem démolis, ses trésors transportés à Samarie, et les principaux des siens emmenés comme otages. Il survécut encore quinze ans à Joas, et par conséquent à sa défaite; mais la fin de son règne fut sans gloire, et il périt victime d'une conjuration. Il fut assassiné à Lakis où il s'était réfugié, et son corps fut transporté à Jérusalem où on l'ensevelit avec ses pères.

2.             Amatsia, sacrificateur du veau d'or à Béthel (784 avant J.-C.), Amos 7:10 et sq., dénonça à Jéroboam les prophéties d'Amos, et ses menaces contre le culte idolâtre d'Israël. Amos répondit au faux prophète, qui l'engageait à s'enfuir de devant la colère du roi: «Je n'étais qu'un bouvier, piquant des figues sauvages (pour les faire mûrir), lorsque l'Éternel me dit: Va et prophétise à la maison d'Israël.» Et après avoir donné à Amatsia la preuve de sa divine mission, Amos lui annonça à lui-même les maux qui fondraient sur sa maison, sur sa femme, et sur ses enfants.

— Cyrille d'Alexandrie, Épiphane et d'autres pères, ajoutent qu'Amatsia employa la violence pour forcer le prophète à se taire, et qu'il lui fit souffrir divers supplices.

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AMBASSADEUR,

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officier d'un prince, envoyé pour annoncer quelque importante nouvelle, ou pour traiter quelque grande affaire. Les anciens n'avaient pas d'ambassadeurs titrés et à poste fixe; ce n'était qu'une charge temporaire, en vue d'un objet unique, et qui cessait après la négociation terminée. Élihézer, serviteur du patriarche Abraham, fut l'ambassadeur de ce riche et puissant prince auprès de Nacor, Genèse 24:1. Plus tard cette mission prit un caractère plus politique, ainsi que nous le voyons 2 Chroniques 32:9,31.

 

— Les ministres de l'Évangile sont appelés ambassadeurs de Christ, parce qu'au nom de ce Roi des rois, peu nombreux sur la terre, ils sont chargés de dire aux hommes sa volonté, et de proclamer le traité de grâce qu'il a fait avec eux; 2 Corinthiens 5:20. Éphésiens 6:20.

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ÂME.

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C'est le mot par lequel on traduit ordinairement l'hébreu néphesh dans l'Ancien Testament, et le grec ψυχή dans le Nouveau, cf. Deutéronome 6:5; Matthieu 22:37. L'hébreu leb, cœur, et le grec καρδια, désignent l'organe par lequel l'âme a la conscience d'elle-même, et perçoit les impressions, cf. Genèse 8:21; Exode 10:20; etc. Cette distinction ne saurait cependant s'appliquer à tous les cas, et l'on doit reconnaître que dans le sommaire de la loi, à moins de supposer une tautologie, l'âme et le cœur sont deux choses différentes, dont l'une n'est pas l'organe de l'autre, mais qui ont chacune un rôle indépendant, une action spéciale dans l'organisme moral. Le cœur représenterait davantage l'élément actif, le principe de l'aspiration, du désir; et l'âme, l'élément passif et susceptible de recevoir des impressions.

 

Les paroles du Deutéronome 6:5, sont citées trois fois dans les Évangiles, et chaque fois d'une manière différente, qui s'éloigne également du texte hébreu, et de la traduction des Septante. Il est aisé de voir que les évangélistes ont cité de mémoire, en s'occupant du sens plus que des mots.

 

Dans le texte hébreu du Deutéronome, on trouve en effet, et dans l'ordre suivant, les mots: cœur, âme, forces (Septante, δύναμις).

 

Dans saint Matthieu: cœur, âme, pensée (διανοία).

 

Saint Marc 12:30: cœur, âme, pensée (διανοία), force (ίσχύς): au verset 33 l'ordre des mots est encore interverti, et, en outre, συνέσις est mis à la place de διανοία.

 

Saint Luc 10:27: cœur, âme, force, pensée.

 

Le mot force (Deutéronome et Luc) désigne, presque sans contestation, l'action de la volonté, l'activité, la pratique; le mot pensée (ou intelligence, Marc 12:33) comprend les facultés intellectuelles; les mots cœur et âme, qui se retrouvent dans les quatre passages, ne peuvent avoir que le sens qui a été indiqué: la force serait alors l'expansion au dehors des impressions reçues, des désirs, et des résolutions formées par l'activité intérieure.

 

L'emploi et la distinction des mots cœur et âme, dans les plus anciens livres des Hébreux, indiquent déjà, même en admettant un certain matérialisme, que les Juifs avaient une idée de la spiritualité de l'homme. Comme la plupart de leurs notions religieuses, théologiques, philosophiques, psychologiques, cette idée était confuse et vague, parce que l'analyse n'était pas intervenue, parce que le temps ne l'avait pas mûrie. Moïse pouvait dire: L'âme de la bête est dans son sang, Lévitique 17:11; Deutéronome 12:23; cf. Genèse 9:4, sans être accusé d'hérésie, sans heurter le sentiment public et la délicatesse des sages. Longtemps après, on pouvait confondre encore par une même expression l'âme et la vie matérielle, ψυχή, Matthieu 16:26. Mais l'idée n'en existait pas moins qu'une substance immatérielle, qu'une réalité spirituelle était jointe au corps, à la matière; quelque intime que fût l'union, ce n'était qu'une union, et non une identité, une confusion. En disant l'esprit, l'âme et le corps, l'Écriture renferme des indices, sinon une théorie formelle sur la composition de l'homme, Ésaïe 57:16.

 

Le récit de la création même implique la distinction de nature entre le corps formé de la terre, et l'âme formée par le souffle, l'esprit de Dieu, et renferme par conséquent le germe de l'idée d'immortalité, Genèse 2:7, quoique les mots respiration de vie se retrouvent plus loin, 7:22, appliqués aux animaux, par suite de cette absence de précision, qui n'est pas l'erreur, mais qui accompagne toute définition encore incertaine, toute science dont les termes sont encore à créer. Les mots âme vivante sont également appliqués aux animaux, 1:20,30, et l'âme semble désigner simplement le principe vivifiant, comme Jonas 4:3, où le texte porte: ôte-moi, je te prie, l'âme, car la mort me vaut mieux que la vie. Cf. 1 Corinthiens 15:45. C'est encore le souffle, Ecclésiaste 12:9, qui retourne à Dieu, après que la poudre est retournée dans la terre.

 

— Voir: plus loin l'article Immortalité.

 

«L'âme dit Calvin, est prise pour la volonté et désir, à savoir, d'autant qu'elle est le siège de la volonté et du désir. En ce sens, il est dit que l'âme de Jonathan était liée à l'âme de David, et l'âme de Sichem adhéra à Dina, fille de Jacob... Quelquefois l'âme est simplement prise pour la personne, ou homme ayant âme, comme quand il est dit que «septante-six âmes descendirent avec Jacob en Égypte.» Item.: «L'âme qui aura péché mourra...» Et davantage, l'Écriture use de cette façon de parler que «l'âme se départ», au lieu que nous disons coutumièrement: «rendre l'âme...» Davantage, nous savons que quand ces deux mots, âme et esprit, sont conjoints ensemble, par l'âme est signifiée la volonté, et par l'esprit l'entendement;... il faut prendre en ce même sens ce que l'apôtre aux Hébreux dit, que «la parole de Dieu est vive et pleine d'efficace, et plus pénétrante que tout glaive à deux tranchants, et atteint jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit...» Toutefois, en ce dernier passage, aucuns aiment mieux par l'esprit entendre cette essence en laquelle est la raison et la volonté.... et par l'âme, le mouvement vital, et les sens que les philosophes appellent supérieurs et inférieurs.»

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AMEN.

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1.             Vrai, fidèle, certain. C'est le mot que nos traductions ordinaires rendent par «en vérité». Quand il est redoublé, il équivaut à la solennité du serment. Des quatre évangélistes, saint Jean est le seul qui ait conservé la répétition de ce mol, et cette différence entre lui et les synoptiques, se retrouve même dans les passages parallèles; cf. Matthieu 26:21,34; et Jean 13:21,38. Y aurait-il un sens mystérieux et caché dans le fait de cette double affirmation? C'est l'opinion de Bengel. La parole de Christ est la vérité à l'égard de celui qui parle, et à l'égard de ceux qui croient; cf. 1 Jean 2:8. Elle est la vérité quant à la forme et quant au fond. Christ n'est pas seul à rendre témoignage: lui et son Père sont uns à le rendre, Jean 8:18; 2 Corinthiens 1:20. Et lors même qu'on ne verrait pas dans cette répétition tout ce que Bengel y voit et qu'il développe d'une manière si intéressante, on ne saurait y méconnaître une affirmation solennelle. Des exemples de cette répétition se trouvent aussi dans l'Ancien Testament, par exemple Psaumes 41:14.

2.             Ainsi soit-il, Deutéronome 27:26; Jérémie 28:6; Apocalypse 1:18. Formule d'adhésion, d'approbation, d'affirmation, ou de souhait, ordinairement employée à la fin des prières comme pour en sceller le contenu, par exemple à la fin de l'oraison dominicale. On ne la trouve cependant ni à la fin de la prière sacerdotale, Jean 17:26, ni lors de la présentation de Matthias et Joseph à l'apostolat, Actes 1:25. Presque tous les écrits du Nouveau Testament se terminent par ce mot, qui semble être la récapitulation et la confirmation des faits et des renseignements qui s'y trouvent renfermés.

3.             Un des noms donnés à Christ, parce qu'il est le Véritable, le Dieu de vérité, la substance de la vérité révélée, le prophète infaillible, le fidèle et vrai témoin, Apocalypse 3:14. Toutes les promesses sont oui et amen en lui; elles sont inébranlablement fondées sur sa parole et sur son serment, irrévocablement ratifiées par sa mort, et scellées par son esprit, 2 Corinthiens 1:20.

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AMÉTHYSTE.

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Exode 28:19; 39:12; Apocalypse 21:20. Pierre précieuse, espèce de quartz transparent dont la couleur est un mélange de rouge et de bleu, de sorte qu'il y a des améthystes de couleurs diverses, tirant sur le pourpre, le rose ou le violet, selon que le rouge ou le bleu prédomine; il y a même des améthystes blanches. Les plus fines se trouvent en Arabie, en Syrie, en Arménie et dans les Indes. Les anciens, qui se faisaient déjà des bijoux de cette pierre précieuse, croyaient qu'elle préservait de l'ivresse, et lui ont, à cause de cela, donné le nom qu'elle porte, et qui pourrait se traduire par désenivrante.

 

— Les Rabbins ont aussi leurs étymologies, et prétendent que le nom hébreu de l'améthyste vient de ce qu'elle fait voir des songes à celui qui la porte; ce serait une songeuse.

 

— C'était la neuvième pierre dans le pectoral du souverain sacrificateur, Exode 28:19; elle forme dans le Nouveau Testament le douzième fondement de la Jérusalem céleste, Apocalypse 21:20.

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AMI,

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— Voir: Amon #3.

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AMINADAB.

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1.             Fils d'Aram, père de Naasson, nommé dans la généalogie de notre Sauveur, Matthieu 1:4; Luc 3:33. C'est le même que Hamminadab, Exode 6:23; Nombres 1:7; Ruth 4:19-20; 1 Chroniques 2:10. Sa fille Élisébah était femme d'Aaron.

2.             — Voir: Hamminadab.

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AMNON,

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l'aîné des fils de David, qui l'eut d'Ahinoham sa seconde femme, 2 Samuel 3:2; 1 Chroniques 3:1. Ce malheureux, épris d'une fureur coupable pour sa sœur de père, Tamar, que les lois de Moïse ne lui permettaient pas d'épouser (Lévitique 18; 20:17; Deutéronome 27:22), la déshonora, et se porta envers elle aux plus criminels excès, puis il la chassa honteusement comme «ne ennemie. Absalon, frère de Tamar, attendit pendant deux ans entiers l'occasion de venger l'outrage fait à sa sœur, et enfin finit par donner l'ordre à ses serviteurs de l'assassiner. Amnon périt misérablement au milieu d'un festin, 2 Samuel 13. Le crime fut puni: ce qu'Amnon avait semé, il le moissonna; Absalon trouva plus tard aussi la peine de sa vengeance; mais ces deux crimes furent un châtiment envoyé de l'Éternel sur David pour son adultère et pour le meurtre d'Urie. Amnon avait été une verge de Dieu: triste ministère que celui d'un fils dont Dieu se sert contre l'auteur de ses jours! Considérée en elle-même, l'histoire d'Amnon est un terrible exemple des excès auxquels peut porter une passion que l'on ne cherche pas à combattre, mais que l'on héberge comme un hôte, que l'on nourrit et que l'on entretient. La chute d'Amnon, précipitée et peut-être amenée par des conseils étrangers, doit nous apprendre en même temps à choisir nos amis parmi les fidèles, et à nous accompagner de ceux qui révèrent le nom de l'Éternel, Psaumes 119:63.

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AMON.

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1.             Gouverneur de la Samarie, auquel Achab ordonna d'emprisonner le prophète Michée, 1 Rois 22:26, jusqu'à son retour de l'expédition contre Josaphat.

2.             Fils de Manassé et de Mésullémet, quinzième roi de Juda, monta sur le trône à l'âge de vingt-deux ans, et régna deux ans. Ce fut un monstre de méchanceté; trop fidèle imitateur des désordres de son père, il ne l'imita pas dans sa repentance. Il fut assassiné par les gens de sa maison; mais le peuple, dont il avait su flatter les désordres ou les superstitions, le vengea et fit périr les meurtriers. Il ne fut pas, non plus que son père, enseveli dans le tombeau des rois, mais on le plaça dans son sépulcre, au jardin de Huza. Son fils Josias lui succéda. 2 Rois 21:18-26; 2 Chroniques 33:20-25; Matthieu 1:10; Jérémie 1:2; Sophonie 1:1.

3.             Ou Ami. Esdras 2:57; Néhémie 7:59. Un des principaux chefs des Juifs qui revinrent de la captivité.

4.             — Voir: No.

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AMORRHÉENS.

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C'était la peuplade cananéenne la plus considérable. Ils descendaient de Cam par son quatrième fils Canaan, et de Canaan aussi par son quatrième fils, Genèse 10:6,15-16. Plusieurs d'entre eux étaient des géants dont Amos dit, 2:9, que leur hauteur était comme celle des cèdres, et qu'ils étaient forts comme des chênes. Ils avaient à l'est du Jourdain les deux puissants royaumes de Basan et de Hesbon, gouvernés par Hog et par Sihon, Josué 9:10, qui s'étendaient depuis le torrent d'Arnon jusqu'à la montagne de Hermon, Deutéronome 3:8. Sihon s'était emparé d'une grande partie du territoire des Moabites et des Hammonites, Nombres 21:24; Juges 11:13. (Ce dernier passage indiquant les prétentions des Hammonnites sur une partie du pays qui leur avait appartenu, disent-ils, avant que les Amorrhéens le possédassent, est le seul indice d'une conquête faite sur les enfants de Hammon par les Amorrhéens.) Mais Moïse lit la conquête de toute cette contrée, et la donna aux tribus de Ruben et de Gad et à la demi-tribu de Manassé, Nombres 32:33; Deutéronome 3:8,12-13.

 

— Il y avait encore d'autres royaumes amorrhéens dans la partie méridionale de Canaan, à l'ouest du Jourdain, dans le voisinage de Hébron et de Hatsatson-Tamar, Genèse 14,7, occupant le territoire de la montagne de Juda, Nombres 13:30. Ce sont ceux-là qui battirent les Israélites à Horma, Nombres 14:45; Deutéronome 1:44; mais environ quarante ans après, Josué vainquit leurs cinq rois, Josué 10:5, et distribua leur pays aux tribus de Juda, de Siméon, de Dan et de Benjamin, Josué 15 et 19. Cependant ils ne purent être entièrement assujettis, et Josué même ne put les empêcher de se relever quelquefois et de faire des conquêtes sur Israël, Juges 1:34; 3:5; 1 Samuel 7:14; les Gabaonites, en particulier, un reste des Amorrhéens, subsistèrent longtemps, 2 Samuel 21:2; cf. Josué 9. Les nombreux débris de cette nation ne furent définitivement soumis que par Salomon qui les fit tributaires, 1 Rois 9:20; 2 Chroniques 8:7.

 

Comme les Amorrhéens occupaient le premier rang au milieu des Cananéens, il n'est pas rare que leur nom serve à désigner l'ensemble de ces peuplades, et Canaan tout entier, Genèse 15:16; Juges 6:10; 1 Rois 21:26; 2 Rois 21:11.

 

Dieu dit aux Juifs que leur père était Amorrhéen, et leur mère Héthienne, Ézéchiel 16:3, pour leur faire comprendre qu'ils n'étaient en réalité pas plus dignes des grâces de Dieu que les pires des Cananéens, et que, s'ils descendaient physiquement de Sem au lieu de descendre de Cam, il n'y avait en eux-mêmes rien qui les rendît plus agréables à Dieu que ces peuplades qu'ils avaient dépossédées, et dont ils habitaient le territoire.

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AMOS.

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1.             Le troisième des douze petits prophètes. Il vécut environ 800 ans avant J.-C., sous les règnes de Hozias roi de Juda, et de Jéroboam II roi d'Israël, et commença son ministère au moins en 784, année de la mort de Jéroboam; il se trouvait ainsi contemporain d'Osée, de Joël et d'Ésaïe, Amos 1:1. Il était originaire de Tékoah dans la tribu de Juda, et exerça d'abord la profession de berger, ou de bouvier, s'occupant parfois à piquer les figues sauvages pour les faire mûrir, 7:14; des images empruntées à son genre de vie se retrouvent fréquemment sous sa plume, 3:12; 4:1; 7:1-2. S'il paraît, 7:14, se refuser à lui-même le titre de prophète, il faut l'entendre seulement dans ce sens qu'il n'avait pas été élevé dans les écoles de prophètes, qu'il n'avait pas reçu l'éducation régulière des prophètes; car en luttant contre Amatsia il insiste fortement lui-même sur la divinité de sa mission; et la grande connaissance du Pentateuque, par exemple, qui perce dans ses écrits, montre qu'il était bien préparé pour remplir ses importantes fonctions.

C'est auprès des Juifs des dix tribus qu'il exerça essentiellement son ministère; l'idolâtrie, la corruption qui y régnaient, la tyrannie et les injustices des grands, forment le sujet de ses exhortations prophétiques, dans lesquelles il dénonce, pour une époque plus ou moins éloignée, de terribles jugements de Dieu. Sa sévère franchise lui attira la haine des prêtres qui s'efforcèrent d'obtenir du roi son expulsion, et la tradition nous le représente même comme étant mort victime de leurs cruels traitements.

Les six premiers chapitres contiennent dans un langage simple et sans figures, des prédictions, d'abord contre les ennemis du peuple théocratique, puis, depuis 2:4, contre le royaume même d'Israël. Les trois derniers chapitres dénoncent en un langage symbolique, les jugements de Dieu sur Israël, et se terminent, depuis 9:8, par des paroles consolantes. Le style est en général peu animé, mais toujours plein de dignité.

2.             Luc 3:25; Un des ancêtres de notre Seigneur, par Marie; inconnu.

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AMOTS.

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2 Rois 19:2; Ésaïe 1:1; Père du prophète Ésaïe. Nous ne savons rien sur lui de positif. Les uns le confondent, mais sans fondement, avec Amos le prophète; les autres le font fils de Joas et frère d'Amatsia, rois de Juda, en sorte qu'il aurait été de la famille royale.

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AMPHIPOLIS,

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ville de la Macédoine, et colonie athénienne, sur les confins de la Thrace. Paul et Silas la traversèrent lorsque, délivrés de la prison de Philippe, ils se rendirent à Thessalonique, Actes 47:1. Elle était située non loin de la mer, sur le Strymon qui l'entourait de tous les côtés; c'est de là que lui est venu son nom, d'après Thucydide 4, 102. Elle porte aujourd'hui le nom d'Acra, ou d'Emboli.

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AMPLIAS,

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Romains 16:8; Disciple bien-aimé de Paul qui le salue, mais du reste inconnu.

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AMRAPHEL,

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Genèse 14:1; Petit roi de Sinhar, contemporain d'Abraham et allié de Kédor-Lahomer, q.v.

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ANANIAS.

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1.             Le mari de Saphira, Actes 5:1. Il prit place au nombre des chrétiens de la primitive église de Jérusalem, et séduit par tout ce qu'il y avait d'honorable et de touchant dans le dévouement et l'abnégation des autres disciples, il voulut les contrefaire sans avoir le courage de les imiter, vendit une possession, retint une partie du prix d'accord avec sa femme, et en apporta le reste aux pieds des apôtres, mentant par son silence, comme s'il eût apporté la valeur entière de sa propriété. Son mensonge, qui ne s'adressait pas à l'homme, mais à Dieu, fut puni de Dieu lui-même, et l'hypocrite tomba mort aux pieds des apôtres. On connaît le beau tableau que ce sujet a inspiré à M. Paul Delaroche.

Il semble que ce ne fût qu'un mensonge: c'était un sacrilège. Ananias voulait-il s'enrichir aux dépens des frères en versant une partie de ses biens dans la bourse commune pour obtenir par là le droit d'être entretenu, lui et sa femme, aux frais de l'Église? Regardait-il les biens de la communauté comme une espèce de caisse d'assurances qui lui rapporterait un intérêt viager supérieur aux intérêts de la somme par lui déposée? Voulait-il peut-être seulement acquérir des droits à la considération des frères, en faisant un acte brillant de charité chrétienne? Il est probable qu'il y eut un mélange de tout cela dans son cœur livré à Satan, verset 3; l'intérêt et la vanité furent la source de l'hypocrisie et du mensonge.

Le châtiment de ces deux coupables peut paraître sévère, si on ne le considère qu'en lui-même, et surtout encore si on le compare avec le crime de Simon le magicien (chapitre 8), ou d'Élymas (chapitre 13), et la conduite des apôtres à leur égard. Quelques réflexions montreront qu'Ananias et Saphira furent punis justement, et que leur mort était nécessaire à la gloire de Dieu.

1.             Moins coupables en apparence que Simon le magicien et qu'Élymas, ils l'étaient plus à cause des grâces qu'ils avaient reçues et de la lumière dont ils jouissaient. Élymas était décidément un impie, ignorant peut-être jusqu'à l'histoire même de l'Évangile; et quant à Simon, qui paraît avoir eu plus d'instruction positive, et dont il est dit même qu'il crut, qu'il fut baptisé, et qu'il était comme ravi hors de lui-même, il paraît qu'il se laissa séduire par la grandeur de ces miracles qu'il ne pouvait imiter; mais il n'eut aucune idée de ce qu'était la vie chrétienne, la lumière de la Parole ne pénétra pas dans son cœur, il ne comprit pas l'Évangile: c'est là tout son crime, tout son malheur, et il agit comme un homme qui n'avait ni part ni héritage dans cette affaire, 8:21; il ne chercha pas à tromper les apôtres, il se trompa lui-même, tandis qu'Ananias, témoin peut-être des merveilles de la Pentecôte, et dans tous les cas, témoin des merveilles de l'amour fraternel, paraît avoir joui lui-même un certain temps de la lumière divine: il a trompé les autres sans s'être trompé lui-même.

2.             Le mensonge d'Ananias ne fut pas un simple mensonge, ce fut une tromperie dans les choses religieuses; il voulut servir Dieu et Mammon, jouir de la considération des chrétiens et des délices du péché, se faire des amis avec ses richesses iniques en conservant ces richesses dont il affectait de faire l'entier sacrifice; il feignit la piété, et si tout mensonge est un crime, celui qui ment au Saint-Esprit commet le plus grand des crimes; les tartufes débordent la mesure, ce sont des monstres qui étalent sur le devant de leur boutique les choses de Dieu pour gagner et pour s'enrichir; les vendeurs et les changeurs furent chassés du temple par Jésus parce qu'ils se logeaient dans la maison de Dieu pour faire leur commerce; mais il n'est point de fouet à cordelettes assez fort pour réprimer ceux qui vendent les choses saintes elles-mêmes, et l'encensoir et la manne. Le Saint-Esprit voyait d'avance tous ceux qui viendraient couverts du masque de la religion pour voiler les noirceurs de leur cœur et de leur conduite, et il a voulu les effrayer par le sort de ce premier trompeur.

3.             Si la ruse d'Ananias eût réussi, et qu'elle eût été découverte plus tard, ce fait seul eût suffi pour saper, et avec raison, toute l'autorité des apôtres: un infidèle se glissant dans l'Église primitive, et se faisant honorer par ses crimes, sans que les apôtres découvrissent la supercherie, eût fait douter que l'esprit d'en haut habitât en eux véritablement.

4.             Enfin, remarquons que si le précepte de saint Paul, Éphésiens 4:25: «Parlez en vérité chacun avec son prochain, car nous sommes les membres les uns des autres», devait jamais avoir une actualité vivante et forte, c'était bien à cette époque de réveil, où la multitude de ceux qui croyaient n'étaient qu'un cœur et qu'une âme, Actes 4:32, où tous par conséquent étaient les membres les uns des autres; une même sève de vérité jeune et vigoureuse, devait circuler de l'un à l'autre sans être altérée, et l'on pouvait regarder comme mort et corrompu tout membre qui ne transmettait pas à ceux qui {'entouraient la droiture et la pureté: l'Église devait le retrancher comme tel, et le Saint-Esprit a dû retrancher Ananias, parce que celui-ci, par le fait seul de son mensonge, montrait qu'il n'appartenait pas au corps des fidèles dont Christ est le chef.

5.             La mort subite d'Ananias et de Saphira devait servir d'exemple, comme leur péché avait été une provocation; le châtiment devait contrebalancer les effets de la chute. Ces deux coupables furent punis en quelque sorte pour le public, plutôt que pour eux-mêmes; et nous ne pouvons pas savoir s'ils ont trouvé grâce devant le Seigneur, ou s'ils sont morts sous la condamnation divine. Si leur foi était réelle, ce n'est pas parce qu'ils sont morts en état de chute qu'ils auront été condamnés; si leur foi était fausse, leur condamnation a été prononcée dans le ciel, non à cause de leur tromperie, mais à cause de leur manque de foi. La chute n'a été punie que d'une mort soudaine et prématurée.

2.             Disciple de Jésus-Christ, Actes 9:10-18. Peut-être l'un des soixante et dix évangélistes. Il prêchait l'Évangile à Damas, lorsqu'une nuit il fut appelé par une vision à se rendre auprès du fameux Saul de Tarse, trop célèbre alors par les persécutions qu'il exerçait contre les chrétiens. Ananias résista d'abord; il savait quels projets amenaient à Damas le disciple de Gamaliel, et les indications de l'ange étaient trop précises pour qu'il pût douter que celui qu'il devait visiter ne fût le même que l'ennemi furieux de l'Église primitive. Mais le Seigneur le rassure et lui annonce les brillantes destinées de Saul. Ananias part donc humble et confiant; il trouve Saul, évite de lui rappeler son égarement, lui donne le titre de frère, et a l'honneur de consacrer le premier, par l'imposition des mains, Paul l'apôtre des gentils et le grand missionnaire. Longtemps après, saint Paul, parlant de cette entrevue solennelle, montre qu'il en avait conservé un souvenir bien vivant, et il appelle Ananias un homme qui craignait Dieu selon la loi, et qui avait un bon témoignage de tous les Juifs qui demeuraient là, Actes 22:12.

3.             Ananias, Actes 23:2; 24:1. Souverain sacrificateur, d'un caractère altier, susceptible et remuant, était, d'après Flavius Josèphe, fils de Nébédée. Il succéda, vers l'an 48 de Jésus-Christ, à Joseph fils de Kamyde, dans les fonctions pontificales. Quadrants, gouverneur de Syrie, ayant réussi à étouffer les troubles excités en Judée par les Juifs et les Samaritains, envoya cet Ananias à Rome, pour y rendre compte de la conduite qu'il avait tenue aux milieu de ces désordres. Il parvint à se justifier entièrement, et l'empereur Claude le renvoya dans son pays. Quelques années après le retour d'Ananias, Paul eut à comparaître devant le Sanhédrin qu'il présidait, et comme l'apôtre, plein d'assurance et de modération, commençait à parler pour justifier le tumulte de la veille, 22:22-23; 23:1, Ananias le fit frapper au visage, sans qu'on puisse expliquer cette violence autrement que par l'irritation que lui causa le titre d'hommes frères, dont Paul se servit en s'adressant aux membres du conseil. Alors Paul, soit qu'il refusât de reconnaître Ananias en qualité de sacrificateur, soit qu'il ignorât effectivement qu'il fût le souverain sacrificateur en charge, lui reprocha son hypocrisie, et lui dénonça les châtiments de Dieu. On peut croire que les quarante assassins qui complotèrent pour faire périr l'apôtre, furent poussés à ce projet par Ananias et quelques autres de ses collègues, vieille manière, mais bien commode, de répondre aux arguments de ses adversaires. On sait, du reste, que ce crime ne put s'accomplir, parce que l'apôtre fut transféré à Césarée. Ananias l'y poursuivit encore, accompagné d'un certain rhéteur ou avocat nommé Tertulle, et ne discontinua ses accusations que lorsque Paul en eut appelé à l'empereur.

 

— Il est probable qu'il s'agit encore d'Ananias, 25:2, quoiqu'il ne soit pas nommé, dans la comparution de Paul devant Festus.

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ANCIEN.

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1.             Qui appartient aux temps passés, 1 Samuel 24:14; 1 Chroniques 4:22.

2.             Un vieillard, Job 12:12.

3.             Les chefs du peuple, soit civils, soit ecclésiastiques, sont appelés anciens, Ésaïe 3:14; Jérémie 19:1; 26:17. C'est le même mot traduit quelquefois par sénateurs, et quelquefois par prêtres dans le Nouveau Testament, Luc 7:3; Actes 11:30; 14:23; 15:2 sq. 16:4; 1 Timothée 4:14; Tite 1:5, etc. Les anciens formaient un conseil, un sénat, une espèce de municipalité religieuse, chargée de diriger les affaires de la communauté, sans avoir exclusivement la charge de l'enseignement et de la prédication, ce droit étant alors en quelque sorte illimité, et appartenant à tous les membres de l'Église. Le titre d'ancien était à l'origine synonyme du titre d'évêque, ainsi qu'on le voit clairement par Actes 20:17,28; Tite 1:5-7. Don Calmet lui-même avoue que «anciennement le nom d'évêque et celui de prêtre étaient communs et réciproques.»

— Voir: articles Évêque et Synagogue.

4.             Dieu est appelé l'Ancien des jours, pour désigner son éternelle existence, Daniel 7:9.

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ANCRE.

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Instrument dont on se sert pour arrêter les vaisseaux en rade ou au port. Ce furent d'abord de grandes pierres attachées avec des câbles: telles étaient les ancres des Argonautes. On se servit ensuite de pièces de bois chargées de plomb, ou de paniers pleins de pierres, espèce d'ancre encore en usage chez les Japonais. Les ancres faites de deux barbes ou dents, furent inventées par Eupalamius, ou par le Scythe Anacharsis, peu de temps après le retour des Juifs de la captivité. Dans les grands vaisseaux on tenait trois ou quatre ancres, mais il y en avait toujours une dont on ne se servait qu'à la dernière extrémité: on l'appelait ancre sacrée, et maintenant encore on l'appelé maîtresse-ancre. Autrefois on jetait les ancres de la poupe, Actes 27:29; de nos jours on les jette de la proue. Les ancres modernes sont de fer; elles ont la forme de crocs, en sorte que, de quelque manière qu'elles tombent, elles entrent dans le sable.

 

— L'espérance du salut est comparée par l'apôtre, Hébreux 6:19, à une ancre sûre et inébranlable, qui, allant se fixer au-delà du voile dans le ciel, vers Jésus et les choses invisibles, nous affermit au milieu des orages et de la tempête des passions, et nous empêche de flotter à tout vent de doctrines, cf. Jacques 1:6; Jude 13; 1 Timothée 1:19; Éphésiens 4:14.

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ANDRÉ,

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fils de Jonas, frère de Simon Pierre, et pêcheur comme lui, était de Bethsaïda, et fut un des premiers disciples de Jean-Baptiste. C'est aussi lui que Jean 1:35-42; nous montre comme le premier de ceux qui se joignirent à Jésus: il suivait le Maître timidement et sans lui adresser la parole, jouissant en silence de cette divine compagnie, ignorant même, peut-être, que Jésus l'eût aperçu. Mais Jésus s'approcha de lui (cf. Jacques 4:8) et le conduisit dans sa propre demeure où il le logea, car le jour était déjà avancé. Toutefois ce ne fut que plus tard que Jésus l'appela comme apôtre sur les bords de la merde Galilée, Matthieu 4:18; Marc 4:16, et dès lors il accompagna le Seigneur jusqu'à la fin. Son caractère était moins vif et moins ardent que celui de son frère, et son rôle fut modeste; nous ne le voyons qu'une fois seul dans la compagnie des trois grands apôtres, Marc 13:3. Il paraît avoir été lié plus particulièrement avec Philippe, qui le consulta, Jean 12:22, sur le désir de quelques Grecs de voir Jésus, cf. aussi Jean 6:7-8.

 

— Après la Pentecôte, la tradition nous le montre tournant ses pas vers la Scythie, puis vers Byzance où il aurait établi Stachys, Romains 16:9, comme premier évêque de cette future métropole. Partout il eut à combattre la magie et la foi au démon, et il le fit avec puissance et par des prodiges qui lui obtinrent des succès signalés. Il paraît qu'après avoir prêché l'Évangile dans la Grèce, il souffrit le martyre à Patras, en Achaïe.

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ANDRONIQUE,

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Romains 16:7, probablement le mari de Junias; on ne les connaît, l'un et l'autre, que par ce qui en est dit dans ce seul verset. On ignore où ils furent prisonniers avec Paul, si ce fut à Rome ou ailleurs. Saint Paul les appelle ses parents, mais le mot employé pourrait aussi ne s'entendre que dans le sens de compatriotes, issus d'une même famille, peut-être d'une même tribu. Ils sont distingués entre les apôtres, dit saint Paul, et le mot d'apôtre dans cette phrase a l'acception étendue qu'il a lorsqu'il est donné à Barnabas, Actes 14:14, et à d'autres disciples. On pourrait traduire aussi, mais c'est moins probable, «ils sont distingués par les apôtres.»

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ÂNE.

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Le nom hébreu de l'âne est Hhamor, qui signifie roux, roussâtre, parce que c'est, en Orient, la couleur ordinaire de cet animal; on en trouve cependant aussi de gris, et quelquefois même de noirs et de blancs. Bien différent de l'âne humble et méprisé de nos contrées, l'âne oriental est actif, grand et vigoureux, plein d'énergie et de légèreté dans ses mouvements; son poil est lisse et beau, son pas est sûr et agréable; en marchant il relève avec vivacité ses pieds légers, et porte la tête haute, en sorte que l'épithète de noble animal pourrait s'appliquer à lui tout aussi bien qu'au cheval. C'est peut-être à cause de sa vivacité qu'il est dit, Proverbes 26:3: «Le fouet est pour le cheval, et la bride pour l'âne;» on dirait le contraire chez nous. En Orient l'âne est aussi infatigable et plus fort que le cheval, et on le préfère pour les courses et les voyages dans les contrées montagneuses. Plusieurs voyageurs célèbres, comme Niebuhr et Myller, rapportent qu'ils faisaient souvent d'une lieue et demie à deux lieues par heure, montés sur ce léger coursier.

 

On trouve quelquefois en Asie des ânes entièrement blancs; ils sont considérés comme les plus beaux de leur espèce, et sont un objet de luxe; on les soigne mieux que les autres, on les couvre d'étoffes et de harnais plus précieux et plus brillants, et l'on n'épargne ni couleurs, ni sonnettes pour les parer. Quelquefois on marque leur poil blanc de taches et de raies rouges, avec le jus d'une plante nommée henna; la crinière et la queue sont de même teintes en rouge. C'est à cette coutume que se rapporte une discussion sur le sens du passage Juges 5:10, où il est question d'ânesses blanches (d'après le mot hébreu), et où quelques savants, s'appuyant sur le sens du même mot en arabe, veulent ajouter tachetées de rouge; toutefois, il est peu probable que les anciens Hébreux connussent l'art de peindre les animaux, et, en tout cas, nous n'avons aucune trace de cet usage.

 

— Comme ces ânes blancs sont plus rares et plus beaux que les autres, il n'y a que les grands et les riches qui puissent s'en procurer, et ces animaux sont, par là même, devenus une marque de distinction pour ceux qui les montent.

 

De tout temps, les ânes ont été fort estimés en Orient; et autrefois on leur donnait, surtout aux ânesses, autant de soins que les Arabes en donnent maintenant à leurs nobles chevaux. Ils composaient en grande partie la richesse des patriarches, Genèse 12:46; 22:3; 24:35; Exode 4:20; Nombres 22:21; Josué 9:4; Juges 5:40; 12:14; 2 Samuel 16:2; 1 Rois 13:13; Néhémie 7:69; Job 1:3, etc., etc.; et l'on comprend que les ânesses surtout dussent être d'un grand prix pour des peuples nomades. Comme l'élève des chevaux était presque nulle en Palestine, les Israélites se servaient d'ânes pour transporter leurs effets, tourner la meule ou traîner la charrue, cf. Deutéronome 22:10; Exode 23:12; Ésaïe 30:24; on les montait aussi comme nous montons les chevaux, Genèse 22:3,5; Exode 4:20, et les riches, comme on l'a vu, préféraient les ânesses, les ânes blancs ou les ânons, coutume qui s'est conservée jusqu'à nos jours. On bride l'animal, Nombres 22:21; Juges 19:10; on lui jette une couverture ou des habits sur le dos en guise de selle, Matthieu 21:7, et le conducteur marche à côté ou par derrière, Juges 19:3; 2 Rois 4:24.

 

Quand les chevaux commencèrent à être introduits en Israël, on s'en servit principalement pour la guerre et comme montures, et les ânes cessèrent d'être un objet de luxe; en sorte que la prophétie de Zacharie 9:9, que notre Seigneur ferait son entrée à Jérusalem monté sur un ânon, tout en étant conforme aux idées théocratiques des anciens temps, n'emportait plus l'idée de grandeur, mais celle de paix; et l'entrée de notre Seigneur dans cette métropole du vrai culte annonçait le triomphe de la paix. Christ allait accomplir, à cet égard, les anciennes prophéties messianiques, cf. Ésaïe 62:11; Zacharie 9:9; et l'épithète de débonnaire qui lui est donnée, doit être comprise dans ce sens.

 

Il paraîtrait, d'après 2 Rois 7:7, qu'à la guerre on ne chargeait ordinairement que le bagage sur les ânes; toutefois, dans la description prophétique de l'armée de Cyrus, roi des Perses, Ésaïe 21:7, il est question d'une cavalerie montée de ces animaux. Strabon, de même, assure que les Caramaniens, peuple soumis aux Perses, se servaient d'ânes pour leur cavalerie, et Hérodote nous raconte que, dans une bataille contre les Scythes, Darius, fils d'Hystaspe, n'avait pas d'autre monture pour ses cavaliers. Les historiens rapportent encore que, huit siècles après Jésus-Christ, un calife possédait une cavalerie montée d'ânes, et que ces animaux étaient si courageux, que depuis cette époque le mot a passé en proverbe chez les Arabes: «Âne de guerre ne fuit pas».

 

— Voir: d'Herbelot.

 

On croit que la défense, Deutéronome 22:10, d'atteler un âne et un bœuf ensemble à la charrue, de même que plusieurs lois du même genre, était une loi purement symbolique, soit qu'elle eût pour but de rappeler aux Israélites de se garder toujours de toute alliance inconvenante, tant en religion qu'en politique, cf. 2 Corinthiens 6:14, soit qu'elle dût leur apprendre l'humanité, même à l'égard des animaux, soit enfin qu'elle fût destinée à les préserver de certaines pratiques superstitieuses en usage chez les païens, et qui n'étaient pas sans rapport avec ces sortes d'alliances.

 

— Voir: Accouplements.

 

Quant à l'ânesse de Balaam, à laquelle le Seigneur ouvrit la bouche, Nombres 22:28.

 

— Voir: Balaam.

 

nous ferons seulement observer que chez les Romains aussi l'on trouve des traditions relatives à des animaux qui auraient parlé, et ce cas était toujours un présage funeste.

 

— Voir: Valér. Maxim. 1, 6; Pline, Hist. Nat. 8, 10; 70; et Bochart.

 

— Le passage Juges 15:19; a été expliqué de diverses manières; on peut voir l'article Samson et ce que nous avons dit dans l'Histoire des Juges d'Israël, p. 103. La traduction généralement adoptée est la seule littérale, et dans tous les cas, celle qui se justifie le mieux. D'après Lévitique 11:4, l'âne était mis au nombre des animaux impurs dont il était défendu de manger la chair; mais on comprend que dans les cas de famine, comme 2 Rois 6:25, cette défense n'ait pas été bien strictement observée. L'énormité de la somme payée pour une seule tête d'âne montre à quelle extrémité les habitants de Samarie étaient réduits.

 

Âne sauvage. Cet animal, connu aussi sous le nom d'onagre, surpasse de beaucoup l'âne domestique, même celui de l'Orient, par la beauté de sa taille et la proportion de ses membres; il ne saurait être dépassé en vitesse, même par le cheval arabe. Il se distingue par une crinière laineuse et foncée; son cou est un peu long et courbé, ses oreilles sont droites et très longues, son front est élevé, sa peau lisse et rayée de brun sur un fond couleur d'argent, tirant sur le jaunâtre vers le ventre; cependant on en trouve aussi d'une couleur plus foncée. Il est sauvage, vit, uniquement dans les déserts et ne se laisse pas approcher par l'homme, Job 39:8-9; Genèse 16:12; Ésaïe 32:14; Daniel 5:21. Il ne marche que par petites bandes ordinairement composées d'un mâle et de plusieurs femelles. Cf. Jérémie 2:24; Psaumes 104:11. De nos jours il habite surtout les déserts de l'Asie centrale, tandis qu'il se trouvait autrefois jusque dans les parties montagneuses et désertes de l'Asie Mineure, de la Syrie et de l'Arabie. Le livre de Job 6:5; 39:8-11, donne une belle description de ses habitudes et des lieux où il se tient de préférence. Les Bédouins, Job 24:5, aussi bien que leur père Ismaël, Genèse 16:12, sont comparés à des onagres, à cause de leur vie indépendante et libre dans les déserts, de leur opiniâtreté et de leur rapidité dans la fuite.

 

Outre l'âne sauvage, que nous venons de décrire, il en existe dans la Mongolie une autre espèce appelée djiggetaï ou ziggetaï (longue oreille), sorte de mulet sauvage et naturel qui tient le milieu entre le cheval et l'onagre. Presque tout ce que la Bible dit de l'âne sauvage pourrait se rapporter à ce djiggetaï; mais on ne le trouve pas dans l'Asie antérieure, et les anciens ont toujours soigneusement distingué ces deux animaux.

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ANET,

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Matthieu 23:23, herbe connue chez nous et dont les anciens employaient la graine comme épice, Pline 19, 61. Les juifs scrupuleux portaient leur zèle aveugle pour l'observation de la loi mosaïque jusqu'à payer la dîme de l'anet aussi bien que celle des autres productions de la terre, et le Talmud rémunère expressément parmi les objets soumis à la dîme. Notre Sauveur reproche aux pharisiens hypocrites d'être par ostentation fidèles dans les petites choses, mais infidèles dans les grandes.

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ANGE ou Messager,

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nom générique donné aux intelligences célestes par qui Dieu exécute une partie de ses desseins, et qui sont toujours prêts à lui obéir. Tous les peuples qui ont eu l'idée d'un esprit souverain y ont joint celle d'esprits subalternes ou génies. Il y a, en effet, lieu de supposer entre nous et la divinité une vie plus relevée que celle dont nous vivons ici-bas, une nature plus subtile, plus puissante, plus accomplie. De là, dans le monde païen, l'idée de ses demi-dieux dont il a peuplé l'espace, inventant jusqu'à des êtres protecteurs de peuples, de familles, même d'individus. La révélation est remarquable dans la pureté des conceptions qu'elle nous offre sous ce rapport, repoussant comme indigne en elle-même l'idée de dieux imparfaits, mais justifiant celle d'esprits supérieurs à nous, et qui animent ce monde immense encore caché à nos regards; elle place leur création au-dessus de l'origine de notre présent monde, et en distingue de bons et de mauvais. Job 38:7; Jean 8:44; Genèse 3:4; 1 Jean 5:18; 2 Pierre 2:4; Jude 6.

 

Les bons sont représentés comme plus élevés en intelligence, en force, en bonté, et par cela même en bonheur. Ils sont classés parmi les choses invisibles qui font aussi partie de la création. Colossiens 1:16; Hébreux 1:14; Luc 24:39 (1 Corinthiens 15:42-50); Matthieu 28:3; Marc 16:5; Luc 1:11; 2:9; 24:23; Actes 1:10; 6:15; 12:7; 2 Corinthiens 11,14; Apocalypse 1:20; Ésaïe 6:1, etc. Leur désignation commune de messagers ne renferme ni attribution de divinité, ni droit à aucun culte; ils sont comme les hommes, serviteurs clans le royaume et pour la loi, mais occupant un rang plus élevé. Ils sont appelés l'armée des deux, Luc 2:13; gardiens, Daniel 4:13-14; fils de Dieu, Job 1:6; élus, 1 Timothée 5:21; saints, Luc 9:26; Daniel 4:13.

 

— Ils paraissent classés en catégories variées: les séraphins, Ésaïe 6:2,6; les chérubins, Ézéchiel 10:1. Leurs rôles sont assignés, Exode 32:34. Enfin ils sont représentés comme ayant un corps, Juges 13:3, cf. verset 6. Leur armée est immense, et les divers noms qui leur sont donnés font supposer qu'il y a diversité de rangs parmi eux. Psaumes 68:17; Daniel 7:10; Matthieu 26:53; Colossiens 1:16; Apocalypse 5:2. (Car, même en admettant que ces noms soient le fruit d'un tradition babylonienne, ils sont consacrés dès qu'ils sont reçus par les écrivains inspirés, et par les anges eux-mêmes.)

 

— L'Écriture établit une grande liaison entre le monde invisible et le nôtre, liaison qui a été plus fréquente dans ses manifestations jusqu'à l'établissement complet de l'Église, et qui subsiste, quoique cachée, jusqu'à la fin, Hébreux 1:14. Quand tout ce qui est caché sera mis en évidence, et que le règne de Dieu prévaudra complètement, alors l'apparition des anges redeviendra un signe de communication libre entre les cieux et la terre. Matthieu 13:41,49; 16:27; 24:31; 25:31; 1 Thessaloniciens 4:16; 2 Thessaloniciens 1:7.

 

Quant aux anges déchus, leur histoire est et sera toujours une énigme pour nous jusqu'au jour où nous connaîtrons parfaitement. La possibilité de la chute finale d'êtres aussi excellents et aussi élevés, devait entrer dans le dessein primitif de leur Créateur, et nous lisons, Job 4:18: «Il met, ou il a mis de l'imperfection dans ses anges.» C'est la vraie traduction du passage. La question de cette chute se lie, du reste, à celle de l'origine du mal dans le monde, et nous ne pouvons l'examiner ici. Il reste seulement que l'œuvre de Dieu étant harmonique, il n'a pu créer deux principes contraires et hostiles: les anges déchus, comme tels, n'appartiennent pas à la création; leur existence tient à leur péché qui fut peut-être l'orgueil, et notre raison ne peut rien alléguer contre la possibilité d'une condition telle que ces anges en soient sortis par un usage plein, outré, poussé jusqu'à l'abus, de leur propre gloire; et comme parmi les hommes on voit celui qui est tombé chercher à entraîner les autres et, devenu séducteur, devenir ensuite persécuteur des bons qui résistent à son action funeste, on peut concevoir qu'une réaction semblable ait eu lieu chez ces grandeurs déchues et qu'elles cherchent maintenant à nous entraîner avec elles. Leur caractère est tracé dans ces paroles: «séduisant et étant séduits.»

 

Des apparitions d'anges dans le Nouveau Testament se lisent, Matthieu 1:20-21; 2:13,19; 4:11; Luc 1, passim; 2, passim; 22, 43; 24; Actes 1:10-11; 5:19, etc.

 

Dans une foule d'endroits de l'Ancien Testament, nous retrouvons l'action des anges; mais il est un de ces messagers célestes qui est appelé par excellence l'ange de l'Éternel, et même Jéhovah, l'Éternel, dans lequel il est impossible, malgré son refus de se nommer lorsque Jacob ou Manoah lui demande son nom, de ne pas voir le grand médiateur entre Dieu et les hommes, le Fils unique issu du Père, Dieu manifesté en chair; Genèse 16:7-13; 22:11,15-18; 31:11-13; 32:24-30; 48:15-16. Exode 3:2-6. Juges 2:1; 6:11,16,21-24; 13:16-22.

 

— Voir: Gaussen.

Gédéon devant l'ange de l'Éternel.

 

Contrairement à la notion populaire, les anges célestes de la cour de Dieu ne sont pas des êtres créés mais des émanations de Dieu. Dans les nombreuses émanations de Dieu lui-même, nous retrouvons les anges de sa puissance, messagers de sa gloire éternelle. L'Écriture nous donne le nom de deux anges seulement, Michael et Gabriel, mais ceux-ci suffisent pour nous indiquer une telle notion. L'étymologie du nom Michael signifie proprement «la présence de Dieu» et celle de Gabriel signifie «la force de Dieu», nous indiquant que les anges ne sont pas des créatures mais des émanations des différentes caractéristiques de l'essence du renoncement divin. Sans parler de la préexistence des élus qui sont éternellement les membres du Corps de Christ, on voit dans l'étymologie du nom Elohim ou «Lui-eux-qui-sont» qu'ils sont rassemblés avec les anges dans «la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste» (Héb. 12:22-24), pour former le Conseil de Dieu. Ceci nous indique que les anges sont la manifestation personnelle de Dieu dans ses caractéristiques phénoménales qui transmettent son message et sa puissance dans une circonstance donnée. Ainsi Gabriel transmet la force de Dieu et Michael sa présence requise dans une situation particulière. Toutes les caractéristiques qualificatives de l'Esprit de Dieu sont ainsi des anges, et puisque Dieu est infini, les anges sont innombrables. En suivant cette pensée, nous trouvons ainsi dans l'étymologie des termes hébraïques l'ange Dabâriel, messager de la Parole de Dieu; l'ange Owriel, messager de la Lumière de Dieu; l'ange Chokmaniel, messager de la sagesse de Dieu; l'ange Ahabiel, messager de l'amour de Dieu; l'ange Chananiel, messager de la Grâce de Dieu; l'ange Mélékiel, messager de la Royauté de Dieu; l'ange Aphiel, messager de la colère de Dieu; ainsi de suite, à l'infini.

 

Ceci nous laisse supposer que chaque ange a sa propre identité et sa propre existence, sans toutefois être indépendant de l'unité de l'essence divine dans laquelle il puise sa puissance et son existence. L'essence de Dieu est entièrement contenue en chaque ange, tout comme chaque ange est contenu dans l'essence divine, étant partie intégrale de la nature de Dieu comme des effets de la cause primaire. Par ceci nous voyons que les anges ne sont pas des êtres créés, mais des émanations phénoménales des différentes caractéristiques de Dieu qui est le centre de toute existence. Selon cette notion et en regardant le mot hébraïque «Ahabiel» qui signifie «l'amour de Dieu», lorsque Dieu se manifeste dans son amour il se dégage ou plutôt s'exhale comme l'ange Ahabiel, mais l'ange Ahabiel n'est point Dieu dans sa plénitude, il est seulement qu'un reflet d'une des différentes caractéristiques de Dieu. Il en est ainsi pour tous les anges. Cette conception nous fait réaliser l'impossibilité qu'un ange se rebelle contre Dieu, puisque cela voudrait dire que Dieu se rebellerait contre Lui-même. Ainsi nous voyons que la doctrine de la chute des anges n'est qu'une fiction formulée par des versets tirés hors de contexte dans le but d'impressionner les crédules afin de les séduire avec toutes sortes de fausses doctrines.

 

Le seul passage dans toute la Bible qui semble indiquer une création des anges se trouve dans les Psaumes 148:1-8, mais en regardant attentivement on voit tout un autre aperçu que celui qui lui est généralement attribué. Il ne s'agit aucunement des anges célestes dans ces passages des Psaumes. Le mot "anges" ou «Malâk» en Hébreu signifie «messager, envoyer, expédier» et nous indique dans le contexte de ces passages que toutes les forces de la nature dans la Création servent de «messager» pour exécuter la volonté de Dieu. En effet, l'apôtre Paul lui-même nous dit que la Création existe pour rendre témoignage de la puissance de Dieu et sa divinité (Rom.1:20).

 

La Parole de Dieu nous indique trois classes d'anges: 1) les esprits célestes; 2) les éléments de la nature; 3) les serviteurs de Dieu. Il faut avouer qu'il n'est pas toujours facile de discerner quand le mot «ange» s'applique à des êtres célestes, aux éléments de la nature, ou à des êtres humains. Une étude diligente du contexte où il apparaît, est le seul moyen d'en déterminer l'application. Généralement lorsqu'il s'agit d'être humains, le mot «messager» est utilisé, et lorsqu'il s'agit d'êtres célestes, on emploi le mot «ange» littéralement. Ceci est la règle employée par les traducteurs du Texte Sacré, mais cette règle n’est pas inviolable comme nous allons voir.

 

Un passage qui semble problématique à cause de la restriction d'un contexte insuffisant, est 1 Tim.5:21 qui mentionne «des anges élus». Sûrement si nous acceptions la possibilité non scripturaire d'une chute des anges, nous ne pourrions arriver qu'à la conclusion d'y voir que les anges qui n'ont pas chuté sont les anges élus, tandis que ceux qui auraient chuté seraient enchaînés dans l'abîme pour être réservés au jugement (2 Pi.2-4). Mais sachant qu'il n'y a jamais eu de chute d'anges, puisque cela est impossible, nous indique que les anges élus se rapportent à des êtres humains, c'est à dire aux saints, les élus, qui exercent le ministère de messagers de la Parole pour prêcher le salut, tel que les prophètes et les apôtres le furent. C'est dans ce contexte là qu'on doit aussi comprendre Heb. 1:13,14 où nous voyons que les anges ou messagers «sont envoyés pour servir en faveur de ceux qui doivent recevoir l'héritage du salut», principalement lorsque nous comparons ces deux versets avec Marc 16:15-20, d'où nous voyons le ministère des apôtres comme celui de messagers de l'Évangile du salut.

 

Il est assez intéressant de voir aussi dans Heb.1:14 que le mot «envoyés» est en Grec «Apostellomena», mot qui vient de «Apostolos» ou «Apôtre». Ceci ne signifie pas que les anges en tant qu'esprits célestes n'exercent pas un ministère spécifique dans la vie des chrétiens, mais que ces textes se rapportent plutôt à des êtres humains. Nous savons d'ailleurs que certains, en exerçant l'hospitalité, ont logé des anges sans le savoir (Heb. 13:2), ce qui s'applique aussi bien aux messagers de l'Évangile qu'aux anges célestes qui se manifestent en ce monde pour exercer un ministère en faveur des enfants de Dieu.

 

Pour ce qui concerne les anges qui ont péchés (2 Pi.2:4) et qui n'ont pas gardé leur origine, mais qui ont abandonné leur propre demeure (Jude 6), et les anges élus (l Tim.5:21); il faut comprendre le mot «anges» comme s'appliquant à des êtres humains, dont certains sont vivant et d'autres morts, plutôt qu'aux esprits célestes de la cour de Dieu. Une telle approche n'est pas injustifiée, car l'Écriture abonde d'exemples en ceci dans l'original. Dans Mat.11:10, Mc.1:2, et Luc 7:27, Jean-Baptiste est appelé «un ange». Dans Luc 7:24 les disciples de Jean-Baptiste sont appelé «des anges». Dans Luc 9:52 les disciples de Jésus sont appelé «des anges». Dans Jac.2:25, Rahab reçoit chez-elle «les anges» Israélites envoyés par Josué comme des espions (Jos.2:1,2). Dans Gen.32:3 Jacob envoya devant lui «des anges» à Ésau. Dans Nom. 20:14, Moise envoya «des anges» au roi d'Édom. Il existe en tout cent cinq exemples de la sorte, lorsque nous vérifions le mot «messager» dans une bonne Concordance qui donne l'étymologie des mots comme celle de Strong. Pour ce qui est du mot «Archange», il signifie «Chef des anges» et se rapporte au Seigneur Jésus-Christ qui est le Chef de la Création de Dieu et le Maître de tous les élus. Ce mot apparaît seulement deux fois dans l'Écriture et est toujours au singulier, ce qui nous indique qu'il n'existe aucune classe d'anges qui s'appelle des Archanges. Michael l'Archange est tout simplement un autre nom pour Jésus-Christ qui signifie «la Présence de Dieu, le dirigeant des messagers» (Dan.10:13,21; 12:1; Jude 9; Apoc.12:7).

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ANIMAUX.

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La Bible appelle en général les animaux êtres vivants, et leur principe vital âme ou souffle de vie. Dans la description que Moïse nous donne de la création, Genèse 1:20-29, les animaux sont nommés dans l'ordre suivant:

 

1.             petits animaux aquatiques,

2.             oiseaux,

3.             grands animaux aquatiques (poissons et amphibies),

4.             quadrupèdes,

5.             reptiles. Dans le 28e verset du même chapitre ils sont énumérés et classés sommairement comme suit:

1.             poissons de la mer,

2.             oiseaux des cieux,

3.             toute bête qui se meut sur la terre.

La même classification, dans un ordre peu différent, se retrouve 9:2; et, dans le récit du déluge, tous les animaux, à l'exception des aquatiques, sont compris dans les classes des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles, 6:20. Les quadrupèdes eux-mêmes sont divisés en bétail et bêtes des champs, division naturelle qui sanctionne celle que nous avons établie entre animaux domestiques et bêtes sauvages. Lévitique 11:3,26-27, la distinction est faite entre quadrupèdes,

1.             qui marchent sur des pattes,

2.             qui ont l'ongle divisé, et

3.             qui ont le pied fourchu;

 

dans ces deux dernières classes, Moïse distingue encore les animaux qui ruminent et ceux qui ne ruminent pas. Les animaux qui vivent dans l'eau sont divisés en deux classes, ceux qui ont des nageoires et des écailles, comme les poissons, et ceux qui n'en ont pas. Parmi les reptiles, ce législateur distingue ceux qui ont à la fois des ailes et quatre pieds, de ceux qui n'ont point d'ailes et qui rampent ou marchent sur quatre pieds ou davantage encore. C'est sur ces divisions que se fonde la distinction en animaux purs et animaux impurs, c'est-à-dire en animaux que l'usage transmis par les patriarches, et la loi de Moïse, permettaient ou interdisaient de manger. Lévitique 11.

 

Presque tous les animaux désignés comme purs, et quelques-uns de ceux qui sont déclarés impurs, nous sont connus; mais jusqu'à nos jours les savants ne sont pas encore parvenus à déterminer exactement et avec certitude quels sont les autres animaux impurs nommés dans la loi de Moïse. Il est évident, du reste, que cette distinction n'est pas arbitraire; elle existait déjà du temps de Noé, Genèse 7:2; 8:20, et date peut-être de la création même, ou plutôt de la chute. Cependant il ne faut pas croire que les animaux déclarés impurs fussent, pour cette seule raison, détestés, craints ou bannis du pays: leur chair seule était défendue, mais les Israélites s'en servaient pour d'autres usages. Ils possédaient des ânes, des chameaux, ainsi que plusieurs autres animaux de cette classe, et les estimaient pour leur utilité de tous les jours. Nous remarquons même que le lion et l'aigle, qui étaient des animaux impurs, entraient dans la composition des chérubins, Ézéchiel 1:10; Apocalypse 4:7. Les Israélites éprouvaient cependant, à l'égard du plus grand nombre de ces animaux, la même aversion naturelle à l'homme, que nous ressentons également à leur vue, quoique ce ne soient plus des motifs religieux qui nous l'inspirent.

 

Le Lévitique, au chapitre cité, indique les marques auxquelles on pouvait reconnaître et distinguer les animaux purs des animaux impurs, et ces caractères extérieurs sont si simples et si appropriés au but que se proposait le législateur, que les hommes les moins instruits du peuple pouvaient les reconnaître et les retenir; nos savants même ont été forcés d'admirer la simplicité, l'exactitude et la justesse de ce système mosaïque. Mais le législateur se tait sur les raisons qui l'ont guidé dans la distinction qu'il a faite entre ces animaux: le Seigneur l'avait prescrite, et cela devait suffire. Cependant, comme on doit admettre que Dieu avait certainement de bonnes raisons fondées sur la nature des objets en question, et sur les circonstances dans lesquelles les Juifs se trouvaient, les savants de tous les temps se sont donné beaucoup de peine pour découvrir ces motifs, et nous les trouvons dans les considérations suivantes:

 

1.             Il est écrit, Lévitique 20:25-26: «Séparez la bête nette de la souillée, et ne rendez point abominables vos personnes, en mangeant des bêtes et des oiseaux immondes... ni rien de ce que je vous ai défendu comme une chose immonde; vous me serez donc saints, car je suis saint, moi l'Éternel, et je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi»; cf. Deutéronome 4:2-3,20. La pureté spirituelle et morale à laquelle les Juifs étaient appelés, devait être exprimée et représentée par toutes leurs actions jusque dans celles de la vie ordinaire: l'extérieur devenait ainsi comme l'emblème et le signe de la vie intérieure, Lévitique 11:43-44. En habituant les Juifs à distinguer entre ce qui est pur et ce qui ne l'est pas, et à ne servir leur Dieu qu'avec des objets purs, ils se pénétraient d'amour pour la pureté et d'horreur pour l'impureté, aussi bien pour les choses spirituelles que pour les objets matériels. Aucun des dieux innombrables des païens n'exigeait la pureté et la sainteté: bien souvent, au contraire, leur service consistait dans des rites et des sacrifices moralement et physiquement impurs, qui ne répondaient que trop bien aux attributs de ces divinités, tandis que chez les Juifs le service du Dieu saint était une éducation continuelle qui devait élever l'âme et la remplir de sentiments nobles, saints et purs; cf. Ésaïe 65:3-4; 66:17.

2.             La distinction dont nous parlons était en outre le moyen le plus efficace de séparer le peuple de Dieu des nations environnantes; elle empêchait toute communion religieuse, et par là tout rapport familier avec les païens; car rien ne contribue tant à rendre les hommes intimes les uns avec les autres qu'une même religion, les mêmes cérémonies, et des festins en commun; et la table des païens eût été un filet continuel tendu sous les pas des Hébreux.

— Voir: Psaumes 69:22.

Cette distinction servait même à créer une certaine aversion mutuelle entre les Juifs et les païens, puisqu'elle faisait abhorrer aux uns ce qui, pour les autres, était un objet de vénération ou de jouissance, et obligeait les premiers à s'unir plus étroitement entre eux. Lorsque, par exemple, les fils de Jacob furent descendus en Égypte, Pharaon leur assigna une contrée à part, et comme en dehors de l'Égypte proprement dite. Il arrivait aussi que les Israélites et les Égyptiens ne pouvaient manger ensemble, s'ils ne voulaient se souiller les uns et les autres; car les uns s'occupaient et se nourrissaient de choses qui étaient presque invariablement réputées impures chez les autres. Genèse 43:32; 46:34.

3.             De plus, nous voyons par la loi elle-même que Moïse avait aussi des motifs d'hygiène publique et privée: il importait, en effet, beaucoup à un bon législateur de veiller à la santé du peuple, surtout dans un pays aussi chaud que la Palestine, où le climat développe les germes de maladie avec une telle rapidité, qu'il leur fait prendre facilement un caractère épidémique, ou les rend presque inguérissables. En s'abstenant ainsi de tout aliment qui prédisposait au moins à certaines maladies s'il ne les produisait pas lui-même, les Juifs non seulement n'engendraient pas ces maladies, mais ils se préservaient encore des maux épidémiques contagieux qui auraient pu se développer chez les peuples voisins.

4.             Nous trouvons un dernier motif à ces distinctions dans l'influence incontestable que la nourriture exerce sur le tempérament et les facultés intellectuelles de l'homme. On a observé de tout temps que certains aliments développent ou émoussent telles ou telles facultés, morales ou spirituelles, qu'ils rendent l'homme dur, sanguinaire, stupide, ou doux, léger, bienveillant, intelligent. Or, comme les Juifs devaient être un peuple religieux et moral, pur, propre à être guidé par l'influence de l'Esprit de Dieu et à recevoir ses révélations, il fallait bien leur interdire, entre autres choses, toute nourriture qui aurait favorisé et fortifié en eux des dispositions contraires. Il est évident que la nourriture, et en général la manière de vivre, rendent l'homme plus ou moins propre à servir d'organe à l'Esprit-Saint. Les observances du nazaréat sont tout entières fondées sur ce principe. L'Église chrétienne même, pour laquelle cette distinction détaillée entre aliments purs et impurs n'existe plus, Actes 10:10; sq., a néanmoins toujours senti et reconnu la même vérité; c'est ce que les règles des anciens ordres monastiques, des anachorètes, et bien d'autres témoignages, suffisent amplement à prouver.

 

— La chair de toute une série d'animaux, depuis les plus parfaits jusqu'aux plus imparfaits, contient une matière toute particulière, très acre et peut-être vénéneuse, qui en rend l'usage, comme nourriture, très désagréable, et qui répugne à la nature humaine: ce sont précisément ceux-là qui sont déclarés impurs par la Bible. La constitution intérieure de ces animaux correspond à cette propriété de leur chair; leur système ganglionnaire paraît plus développé que celui des autres; ceux en particulier que la loi mosaïque déclarait impurs étaient regardés par les Égyptiens et par d'autres peuples païens comme divinatoires (μαντυιά), tels que les chevaux et les chiens, par exemple. (Origène contre Celse, 4). Les Juifs croyaient que l'organisme intérieur de ces animaux les rendait particulièrement propres à subir l'influence des démons; cf. Matthieu 8:31-32, et ailleurs.

 

Ces lois sur les bêtes pures ou immondes n'étaient pas des préceptes de religion de l'observation desquels dépendît le salut des âmes, et leur transgression ne constituait pas un péché proprement dit, mais une souillure légale: les étrangers qui séjournaient parmi les Israélites n'étaient pas même tenus de les observer. Le concile des apôtres, Actes 15:29, n'interdit aux fidèles que les choses sacrifiées aux idoles, le sang et les bêtes étouffées: pour tout le reste, l'Église donne liberté plénière de manger ou de ne pas manger, pourvu que l'on rende grâces à Dieu, avec reconnaissance, dans un cas et dans l'autre. La vision de saint Pierre, Actes 10, dans laquelle des animaux impurs sont déclarés purs sous la nouvelle dispensation de Christ, est expliquée par cet apôtre lui-même, verset 28: «Dieu, dit-il, m'a montré que je ne devais plus estimer aucun homme être impur ou souillé»; les animaux immondes qu'il avait vus dans la vision représentaient les païens de toutes les nations.

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ANNE.

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1.             L'épouse d'Elkana, rivale de Péninna, stérile d'abord, puis mère de Samuel et de plusieurs autres enfants. 1 Samuel 1. Son histoire simple et touchante nous apprend ce que pouvait être la foi des Hébreux, et comment ils étaient récompensés pour avoir cru en, celui qu'ils ne voyaient pas. Pour plus de détails,

 

— Voir: Juges d'Israël, p. 114-118.

2.             Fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle fut mariée de bonne heure, et resta veuve après sept ans de mariage. Dès ce moment, elle se dévoua tout entière au service de Dieu: tous les malins et tous les soirs elle assistait aux sacrifices qui s'offraient dans le temple. Elle avait quatre-vingt-quatre ans lorsque Marie vint y apporter son enfant quarante jours après sa naissance; et après que Siméon eût béni Dieu de lui avoir fait voir son salut, Anne, inspirée par le Saint-Esprit, loua l'Éternel, et dirigea sur Jésus l'attention de tous ceux qui croyaient aux promesses de Dieu, en le leur annonçant comme le Messie promis à leurs pères. C'est elle qui, la première après Zacharie, prononça le mot de délivrance, rachat ou rédemption (Δύτρωτις) en l'appliquant à l'œuvre que Jésus venait accomplir sur la terre. Luc 2:36-38.

3.             Anne ou Annanus, souverain sacrificateur, fils de Seth et beau-père de Caïphe. Il eut plusieurs enfants, dont cinq fils qui remplirent successivement les mêmes fonctions que leur père, les uns de son vivant, les autres après sa mort. L'un d'eux, pareillement nommé Annanus, présida, selon Flavius Josèphe, à la mort de l'apôtre Jacques. Anne fut déposé de ses fonctions par Quirinus, légat impérial sous le règne de Tibère, mais continua d'exercer encore une grande influence sur les affaires; il conserva le titre honorifique de souverain sacrificateur, Actes 4:6, et fut probablement vicaire (ou Sagan) de son beau-père, le grand-prêtre Caïphe. C'est devant lui que Jésus fut conduit d'abord après son arrestation, et soit qu'il voulût se débarrasser d'une affaire désagréable, soit que, pour une cause de cette importance, il crût ne pas pouvoir la prendre sous sa responsabilité, il renvoya le prisonnier devant Caïphe, qui était le souverain sacrificateur de cette année-là, Jean 18:13. L'un et l'autre furent persécuteurs des apôtres, et nous les retrouvons Actes 4:6, au nombre de ceux qui devaient juger Pierre et Jean coupables d'avoir guéri un impotent.

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ANNEAUX,

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— Voir: Boucles.

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ANNÉE.

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L'année des Hébreux se divisait en six saisons, composées chacune d'un mois et de deux demi-mois. Ils avaient deux époques, à dater desquelles ils comptaient le commencement de l'année, suivant les objets qu'ils avaient en vue: ils avaient ainsi deux aimées différentes qui s'enchâssaient l'une dans l'autre, l'année sacrée et l'année civile. Cette dernière commençait, comme encore chez les Juifs de nos jours, au mois de Tisri, (mi-septembre); elle servait pour régler les jubilés et toutes les affaires civiles, Lévitique 25:8-10. L'autre, l'année sacrée, commençait au mois d'Abib ou Nisan (mi-mars), parce que c'est dans ce mois que les Israélites furent délivrés de la captivité d'Égypte, Exode 12:2. C'est d'après elle que se réglaient les fêtes et les services religieux; la fête de Pâque qui tombait au milieu du premier mois, était comme la dédicace ou la mère des autres solennités.

 

Comme les mois des Juifs suivaient plus que les nôtres la marche de la lune, et qu'ils étaient alternativement de 29 et de 30 jours, leur année était nécessairement plus courte que la nôtre, et ne comptait que 354 jours et 8 heures. Pour la faire correspondre avec l'année solaire, ils devaient par conséquent intercaler tous les deux ou trois ans, un mois supplémentaire qui se plaçait après le mois Adar, le douzième de l'année sacrée, et qu'on appelait pour cette raison second Adar (Beadar ou Veadar). Nous donnons ici les noms des douze mois, en renvoyant pour plus de détails soit à l'article mois, soit à leurs articles respectifs, pour ce qu'il y a à dire sur chacun de ces mois en particulier.

 

Année civile.

Tisri ou Ethanim (correspondant à notre fin de septembre et commencement d'octobre; nous n'indiquons, pour abréger, que le mois de septembre);

Marchesvan ou Bul (octobre);

Kisleu (novembre);

Tebeth (décembre);

Sébat (janvier);

Adar (février, suivi de Beadar quand il y avait lieu);

Nisan ou Abib (mars);

Jyar ou Zif ou Jiar (avril);

Sivan (mai);

Thammuz (juin);

Ab ou Af (juillet);

Élul (août).

Les noms de Tisri, Marchesvan, Jiar, Thammuz et Ab ne se trouvent pas dans l'Écriture.

 

L'année sacrée, commençant avec le septième mois de l'année civile, et se rapprochant davantage de la nôtre, comptait donc les mois dans l'ordre suivant:

 

1.             Abib (mars);

2.             Jyar;

3.             Sivan;

4.             Thammuz;

5.             Ab;

6.             Élul;

7.             Tisri;

8.             Bul;

9.             Kisleu;

10.          Tebeth;

11.          Sebat;

12.          Adar;

 

le mois intercalaire Beadar était le dernier de l'année sacrée.

 

— Voir: sur ce sujet le Traité de l'année juive de L. Bridel (Bâle, 1810); la matière y est savamment traitée.

 

Nous avons à mentionner ici deux institutions mosaïques bien extraordinaires pour nos mœurs, mais dont l'intention, dans la pensée du législateur, ne saurait être douteuse, savoir l'année du sabbat et l'année du jubilé.

 

Il y avait année sabbatique ou de repos fous les sept ans. Les travaux de la campagne devaient être interrompus; on ne pouvait ni ensemencer les champs, ni tailler la vigne dans cette année extraordinaire, Lévitique 25. Le propriétaire même ne pouvait pas jouir exclusivement des produits naturels de son domaine, et les fruits de la terre devaient être la propriété des pauvres, Exode 23:11. Les esclaves hébreux pouvaient être affranchis s'ils le voulaient. Et pour rassurer le cultivateur inquiet, Dieu promit aux propriétaires que l'année qui précéderait celle du sabbat, il enverrait sa bénédiction sur la terre, de telle sorte qu'elle produirait pour trois années, Lévitique 25:21. Durant cette septième année, le livre de la loi devait être lu publiquement devant tout Israël, d'après un commandement exprès de Dieu.

 

La loi sabbatique fut probablement observée au temps de Josué et des anciens qui lui survécurent; puis Israël se révolta contre l'Éternel pour servir Bahal, et comme il n'en est plus fait mention postérieurement, la fêle de la septième année ne fut probablement plus considérée que comme une division de temps, et comme une institution civile. Cette négligence, et le mépris de cette loi, fut l'une des causes de la captivité des soixante et dix années, 2 Chroniques 36:21.

 

Dans quel but Moïse a-t-il pu donner une loi si contraire en apparence au dessein qu'il s'était proposé d'arracher les Hébreux à leur vie nomade, et d'en faire un peuple d'agriculteurs? Cette loi ne devait-elle pas d'ailleurs, sous un point de vue tout à fait matériel, fausser les notions agricoles des Hébreux, et nuire au sol plutôt que de lui profiter? Remarquons à cet égard que, si chez nous un an de paresse pour la terre est comme un an de paresse pour l'homme et pour ses facultés intellectuelles, c'est-à-dire un temps de détérioration, nous ne devons pas juger du climat et du sol oriental d'après ce que l'un et l'autre sont chez nous. Plus vigoureuse et plus féconde, la vigne de la Palestine pouvait mieux supporter une année de repos et de mauvaise taille; et les champs autrement travaillés que les nôtres, plus fertiles, plus chauds, et peut-être mieux entretenus dans la sixième année, pouvaient conserver pour l'année sabbatique une force naturelle qui les fit travailler même sans le concours de la charrue et des engrais. D'ailleurs l'Éternel avait promis sa bénédiction pour cette année qui devenait la sienne, et ceux qui se confient en l'Éternel connaissent la valeur d'une semblable promesse. On peut croire aussi que cette loi servait de transition entre la vie précédente nomade, et la vie future des Hébreux; ce devait être pour eux comme un point de répit au milieu des rudes travaux de l'agriculture, qui les eussent effrayés sans l'espérance de cet otium dulce. Mais plus tard, accoutumés à ce nouveau genre de vie, ils voulurent l'utiliser tout entier, et négligèrent l'année de l'Éternel et des pauvres. De plus, en annonçant aux riches une année sans revenu, la loi les excitait au travail, à la prévoyance, à l'économie, tout comme elle y poussait les pauvres eux-mêmes, en leur donnant cette richesse passagère qu'ils devaient être jaloux de faire durer pendant les années qui devaient s'écouler jusqu'à la prochaine jachère septennale. Enfin, un dernier motif de cette loi, et qui certes n'était pas le moindre en importance comme en actualité: elle tendait à conserver au milieu des Hébreux le souvenir de la création et à augmenter leur respect pour l'institution d'un jour de repos au milieu d'eux. Aucun doute ne peut s'élever à cet égard, et l'on ne saurait méconnaître l'intention du législateur de rappeler encore au peuple, trop oublieux de ses devoirs, la nécessité d'observer le jour solennel du Créateur pour le sanctifier. Frappés par une loi de repos qui revenait de diverses manières et qui se présentait sous diverses formes, les Hébreux devaient y être rendus plus attentifs que si le sabbat leur eût été ordonné seul, isolé, sans dispositions analogues dans les autres parties de la loi générale du pays.

 

Cette dernière observation s'applique également à la loi de l'année du jubilé; elle venait tous les cinquante ans, après sept années de sabbat, et indiquait ainsi comme la clôture d'une semaine sabbatique, Lévitique 25:8-10. Le mot de jubilé, auquel on a donné diverses étymologies, vient probablement de Jobel qui signifie le son d'une trompette, parce que c'était au son de cet instrument que le soir du jour des expiations on annonçait l'approche de l'année jubilaire; quelques rabbins prétendent même que chaque. Israélite était obligé de sonner la trompette par neuf fois. Dès le moment où le bruit de l'airain sonore se répandait sur la surface du pays, les dettes étaient remises, les esclaves hébreux recouvraient leur liberté, les terres sorties des familles, par ventes ou par échanges, retournaient à leurs anciens possesseurs ou à leurs héritiers. C'était l'année des privilèges et de la liberté, l'année du pauvre et de l'esclave; c'était aussi par excellence l'année de la nation juive, celle dans laquelle toutes choses rentraient dans l'état normal primitif, et où les propriétés reprenaient le nom de leur premier maître.

 

Plus étrange encore à nos mœurs que la précédente, cette loi qui, sans doute, fut aussi moins religieusement observée, avait une portée plus nationale encore et plus théocratique, en même temps qu'elle avait pour but d'empêcher une trop grande inégalité des fortunes de s'introduire à la longue au milieu des Hébreux. Nous avons indiqué déjà son rapport avec l'institution du sabbat. Dieu lui-même avait donné aux Israélites la terre qu'ils habitaient, et il ne pouvait pas permettre qu'ils l'oubliassent. «La terre est à moi», dit-il Lévitique 25:23, et les Hébreux n'étaient que ses fermiers; s'ils eussent pu disposer à tout jamais des propriétés qui leur étaient confiées, ils eussent pu s'en croire les maîtres, et c'est re que Dieu voulait empêcher. À cet égard la loi du jubilé était donc une loi fondamentale, et reposait sur cette idée, base de la constitution israélite, c'est que Dieu ne traitait son peuple que comme des étrangers sur la terre, et qu'il leur refusait le droit de posséder.

 

Mais que devenait l'Hébreu que la misère avait forcé de vendre son champ?La modique somme qu'il en avait retirée devait être insuffisante pour l'entretenir lui et sa famille pendant le temps où il en était privé, et il était quelquefois obligé de se vendre lui-même, mesure pénible qui n'imprimait cependant aucune flétrissure sur celui qui y était réduit, et dont l'Éternel avait adouci l'amertume en lui donnant le droit de se racheter en l'année sabbatique, s'il le désirait, et en l'affranchissant nécessairement lorsque l'époque du jubilé venait lui rendre sa richesse première, ses propriétés, et abolir ses dettes. Cet affranchissement, comme le retour des propriétés à la famille de l'ancien possesseur, marquait encore la puissance de Dieu, et la dépendance de la créature. Aucun homme ne peut en posséder un autre, «car ils sont mes serviteurs», dit l'Éternel, Lévitique 25:42. Ils sont mes serviteurs, mes esclaves, et ne peuvent être possédés par personne; ils peuvent se mettre au service d'autrui pour un temps, mais personne ne peut réclamer sur eux des droits de propriété que moi seul je possède, moi l'Éternel. Par là même, chaque Hébreu conservait, avec sa liberté, le sentiment de sa dignité; la servitude n'avait rien de dégradant, parce qu'elle n'était que temporaire et en quelque sorte volontaire: l'esclave restait Hébreu, fils d'Abraham, et le maître, sachant que le terme n'était pas éloigné où les fortunes redeviendraient égales, où son esclave redeviendrait libre comme lui-même, n'était pas tenté d'abuser d'une autorité qu'il savait n'être pas éternelle, et se rappelait que son serviteur était en même temps son frère. La différence des rangs ne devait donc pas s'établir d'une manière stable et permanente, et ne pouvait se trancher au-delà de certaines limites.

 

Cette loi empêchait encore une trop grande disproportion des fortunes. Les terres, primitivement partagées par égales portions entre les familles hébraïques, ne pouvaient en sortir que pour un temps, et devaient, chaque année jubilaire, retourner à leur premier maître, ou aux héritiers de ses droits et de son nom. C'était une entrave à la possibilité d'acquérir de grandes richesses: tous les cinquante ans le niveau repassait sur le pays. De plus, comme ces achats de terre n'étaient à proprement parler que des baux à longs termes, la terre n'avait pas une aussi grande valeur que si la vente en eût été réelle, effective; l'acheteur n'achetait pas grand chose, et le vendeur ne retirait pas de sa propriété de quoi s'enrichir: il ne pouvait y avoir grande spéculation ni chez l'un, ni chez l'autre.

 

Enfin, par cette institution, les terres des diverses tribus leur étaient conservées; le cœur et le nom de chacun se rattachaient constamment à cette glèbe héréditaire, qui pouvait servir aux Hébreux de titres généalogiques; de sorte que la famille de Christ, comme celle de tout Juif, étant intimement liée à la possession d'une propriété, il était facile d'en suivre les traces et d'établir avec certitude la filiation de chacun jusqu'aux générations les plus reculées. On sait combien les Juifs tenaient à leurs généalogies, et l'on sait aussi pourquoi. La famille du Messie habitant à Nazareth, avait ses titres et ses propriétés à Bethléhem: c'est là que la famille de David dut se faire enregistrer lors du dénombrement de César-Auguste; Joseph et Marie descendirent au lieu de leur naissance, et pendant ce voyage notre Sauveur naquit au lieu même que les prophètes avaient annoncé.

 

L'année jubilaire est un type remarquable de la rédemption procurée par Jésus-Christ, Ésaïe 61:1-2, et le Sauveur lui-même établit cette analogie entre l'Évangile et le jubilé, Luc 4:19.

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ANTÉCHRIST, ou plutôt Anti-Christ

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(opposé à Christ, ennemi de Christ, et aussi, vicaire, substitut de Christ), 1 Jean 2:18; 4:3. On désigne généralement sous ce nom un monstre de puissance et de méchanceté qui doit s'élever dans les derniers temps pour terminer la période des gentils, et hâter par sa chute la restauration d'Israël et le second avènement du Seigneur. L'esprit de secte a souvent dénaturé les caractères par lesquels l'Écriture désigne ce personnage, et l'on y a vu, tour à tour et successivement, Mahomet et le pape, Luther et Napoléon, le papisme et l'esprit révolutionnaire des temps modernes. On l'a considéré dans le passé et non dans l'avenir, et on l'a assez généralement fait surgir de la partie occidentale de l'ancien empire romain. On peut consulter, sur ces divers points de vue, trois ouvrages à la portée de tout le monde, et qui se recommandent d'autant plus que leurs points de vue ne sont pas les mêmes: Vivien sur l'Apocalypse, Gaussen sur Daniel, et B. W. Newton, Pensées sur l'Apocalypse.

 

— Aucun de ces points de vue ne saurait être accepté d'une manière absolue; chacun a trop confondu l'anti-Christ avec les anti-Christs (cf. 1 Jean 2:18), les types avec l'anti-type. Comme Christ a été le résumé divin de tout ce qui avait été avant lui, de tout ce qui après lui devait être né de Dieu, l'anti-Christ sera le résumé diabolique et infernal, l'incarnation, la personnification de ce qui, dans tous les temps, aura représenté le principe anti-chrétien, le principe du mal opposé au principe du bien. Caïn, dans sa lutte contre Abel, Pharaon opprimant Israël, Hamalec, Madian, Saül luttant contre David, Nébucadnetsar, et surtout Antiochus Épiphanes (cf. Daniel 11), ont été de vrais anti-Christs, de vrais types de l'anti-Christ; depuis les jours apostoliques, Judas Iscariot, Néron et Domitien, Julien l'Apostat, Mahomet, le papisme, l'incrédulité voltairienne, ont été de même, hommes ou systèmes, de vrais anti-Christs, et le nombre en est considérable, mais seulement des types de l'anti-Christ qui doit venir à la fin des temps et que les prophètes annoncent, tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, comme une personnalité puissante et devant appartenir à l'ancien empire romain. Toute espèce d'opposition à Christ est un anti-christianisme; tout individu qui repousse ou nie Christ, est un anti-Christ; et ce nom lui appartient, sinon à plus juste titre, du moins avec plus d'apparence, à mesure que son influence est plus considérable. Mais ce ne sont là que des hommes ou des systèmes animés de l'esprit de Satan; l'anti-Christ en sera possédé; la plénitude de Satan habitera en lui, comme la plénitude de la divinité a demeuré en Christ. Entre ces deux termes il y a parallélisme et corrélation. L'arrivée de l'anti-Christ sera le signal du dernier engagement, de la lutte définitive entre les deux principes qui se sont toujours partagé le monde. Satan viendra lutter en personne contre le peuple de Dieu, qui sera persécuté pendant quarante-deux mois, trop faible pour résister, mais qui triomphera lorsque Christ en personne apparaîtra pour combattre son adversaire. C'est cette dernière lutte qui fait presque tout le fond des prophéties de l'Apocalypse, et a eu raison de dire, dans une série d'articles sur ce sujet, que la Bête était la clef de la Révélation. (Kirchenzeitung, janvier 1847)

 

Les chapitres qui jettent le plus grand jour sur l'histoire de l'anti-Christ, sont Ésaïe 13:44, et 30; Daniel 2, 7, 8, et 11; 2 Thessaloniciens 2; 1 Jean 2; Apocalypse 14:13, et 17. Il est appelé roi de Babylone, roi d'Assur, Lucifer (étoile du matin), la corne qui a des yeux (symbole de force et d'intelligence), le roi pour lequel Tophet est préparée, l'homme de péché, le méchant, l'anti-Christ et la Bête; c'est la onzième corne de la bête.

 

— Son caractère est essentiellement impie, mais d'une impiété orgueilleuse et surnaturelle. Il dira dans son cœur: Je suis semblable au Souverain. Il résistera contre le Seigneur des seigneurs; il s'élèvera pardessus tout Dieu, contre tout ce qui est nommé Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu; il niera le Père et le Fils, et sa bouche sera pleine de blasphème contre Dieu; la Bête est pleine de noms de blasphèmes. On peut voir également dans ces passages tout ce qui est dit de sa merveilleuse puissance, appuyée de miracles, et accompagnée d'un enthousiasme si général que les dix rois abdiqueront entre ses mains, et que tous ceux dont les noms ne sont pas inscrits au livre de vie, l'adoreront: caractère que l'on ne peut encore attribuer à aucune des puissances que l'on a voulu jusqu'à ce jour identifier avec l'anti-Christ (Antichrist).

 

— Le lieu de son origine et de son séjour, et le centre de son activité ne sont que très vaguement déterminés: il sera assis en la montagne d'assignation aux extrémités de l'aquilon, entre les nues, sur la noble montagne de la sainteté; il s'assiéra dans le temple de Dieu.

 

— et fera cesser le sacrifice continuel; la bête sort de la mer (Méditerranée). La plupart de ces données, et spécialement celles qui concernent l'activité de l'anti-Christ, semblent se rapporter assez clairement à Jérusalem, et c'est à Jérusalem aussi que prophétiseront les deux témoins que l'anti-Christ fera mettre à mort. Un caractère, plus important qu'il ne paraît d'abord, c'est que la seule fois où la Bête apparaît avec un corps (partout ailleurs on ne voit que son horrible coiffure), elle a un corps de léopard (symbole de l'empire macédonien), des pieds d'ours (l'empire mède), et une gueule de lion (l'empire babylonien), Apocalypse 13:2, comme si le prophète voulait nous rappeler les visions de Daniel, et constater que l'empire de cette Bête s'étendra sur tout ce qui est compris sous le nom général des quatre monarchies. Ajoutons que si l'Occident a depuis quelques siècles joué un rôle immense, bien plus important que l'Orient, l'Orient semble de nos jours se réveiller et vouloir rentrer dans la carrière de gloire, de civilisation, de puissance d'où son long assoupissement (le lion au cœur d'homme) l'a si longtemps exclu.

 

Sans entrer dans les détails du commentaire, nous résumerons en deux mots ce qui nous parait être la vérité sur cette redoutable apparition. L'anti-Christ sera l'incarnation de l'enfer; il naîtra sur les rives de la Méditerranée, cette grande mer des prophéties; il appartiendra peut-être, par son origine, à deux ou à plusieurs des quatre monarchies, plus spécialement à la monarchie macédonienne; il grandira dans une glorieuse infériorité jusqu'à ce qu'il dépossède celui qu'il aura servi; il s'emparera d'un ou de plusieurs trônes, et par ses qualités brillantes et chevaleresques, par ses dons miraculeux, il attirera à lui tous ceux qui ne seront pas de Christ (il séduirait même les élus s'il était possible); il régnera en Orient, et fera de Jérusalem le centre de ses opérations; il y persécutera les Juifs pieux (la femme), qui s'enfuiront dans le désert; il enverra après eux une armée (le fleuve), qui sera détruite ou engloutie; il fera mettre à mort les deux témoins, et c'est à ce moment, à l'apogée de sa puissance, que par l'intervention directe de Christ son règne prendra fin. La pierre sera coupée sans main, le Seigneur fera mourir le méchant par le souffle de ses lèvres, par l'Esprit de sa bouche; la bête sera prise et jetée toute vive dans l'étang ardent de feu et de soufre (Ésaïe 11:4; Daniel 8:25; 2 Thessaloniciens 2:8; Apocalypse 19:15,20) La plaine de Jizréhel, q.v., sera probablement le champ de cette dernière bataille.

 

Tout cela n’est que spéculations, car nous savons que l’Antichrist n’est pas un homme mais une doctrine qui élève l’homme au même niveau que Dieu. Il s’agit en effet de la doctrine du libre-choix (hérésie en Grec) de l’Arminianisme, nommée aussi doctrine du choix de la foi, que la Bible nomme aussi le mystère d’iniquité et la marque de la bête.

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ANTILIBAN,

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chaîne orientale et intérieure du Liban, qui se prolonge plus au midi que la chaîne occidentale. Son sommet principal, situé près de son extrémité sud, appartient encore à la Palestine. Solitaire et couvert de neiges éternelles, il dépasse de beaucoup les plus hautes sommités du Liban, et domine majestueusement les rangs étages des montagnes inférieures. Cette partie méridionale est appelée, dans la Bible, Hermon; c'est le Scénir des Amorrhéens, Deutéronome 3:9; et le Scirion des Sidoniens, Psaumes 29:6; elle porte aussi le nom de Sion, Deutéronome 4:48; Psaumes 133:3. La partie septentrionale qui est beaucoup plus basse, porte le nom d'Amana q.v. L'Antiliban est souvent compris sous la désignation générale de Liban; Cantique 7:4; Josué 13:5.

 

— Voir: Liban.

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ANTIMOINE.

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C'est par ce mot que nous croyons devoir traduire l'hébreu Pouk, 2 Rois 9:30; Jérémie 4:30, etc., que nos traductions rendent par fard. Les femmes se servaient, en effet, d'une composition d'antimoine et de zinc dont elles se noircissaient le bord des paupières, pour donner plus de relief au blanc de l'œil et ajouter ainsi à la beauté des yeux. Les propriétés astringentes de l'antimoine contractant aussi les paupières, font paraître les yeux plus larges, plus tendres et plus languissants, et les rendent semblables à ceux de la gazelle, que l'on regarde en Orient comme de la plus grande beauté. Pour appliquer ce fard, les femmes se servent d'une plume ou d'un poinçon d'argent ou d'ivoire, bien poli et long d'environ deux pouces, dont elles mouillent la pointe, et qu'elles plongent dans une boîte remplie d'une poudre d'antimoine, de parfums et d'autres ingrédients; puis elles le font glisser légèrement entre les paupières fermées: la poudre se dépose ainsi sur toute la largeur de la paupière et sur les coins des yeux (— Voir: Hussel, Hist. nat. d'Aleppo; Niebuhr, Descrip. de l'Arabie; Savary, 10e lettre sur l'Égypte). Anciennement les femmes hébraïques pratiquaient aussi cette coutume. C'est ainsi que Jézabel, pour se montrer à Jéhu, 2 Rois 9:30, farda ses yeux, ou, plus littéralement, «mit ses yeux dans du fard.» Le prophète Ézéchiel, 23:40, représente Israël sous l'image d'une femme coquette qui se farde les yeux. Et le nom d'une des tilles de Job (42:14), Kerem-Happuch, qui signifie cornet à fard, prouve que cette coutume était déjà fort ancienne. Les momies de femmes égyptiennes ont ordinairement près d'elles un flacon de fard d'antimoine, et Xénophon (Cyrop. 1, 15), rapporte que le roi efféminé Astyage avait aussi l'habitude de se farder les yeux. Clément d'Alexandrie, un des Pères de l'Église (Pédag. 3, 2), mentionne également cette coutume, et Tertullien (de cultu fœm.) se récrie contre les femmes de son temps qui aimaient mieux se farder les yeux avec le fard du diable que de les oindre avec le collyre de Christ.

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ANTIOCHE.

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Séleucus Nicator, le premier monarque syro-grec, fonda seize villes de ce nom, en mémoire de son père Antiochus; mais l'Écriture ne parle que de deux d'entre elles.

 

1.             La capitale de la Syrie. On pense qu'elle fut bâtie sur l'emplacement où se trouvait la ville de Ribla, au pays de Hamath, 2 Rois 23:33; 25:6,20-21, où Nébucadnetsar demeura pendant une partie du siège de Jérusalem, où il fit mourir une partie des enfants de Sédécias, creva les yeux de ce prince lui-même, et priva de la vie quelques-uns des principaux de Juda. Cette ville était située sur les deux rives de l'Oronte, à environ 27 kilomètres de la mer et d'Alep. Près de là se trouvait le fameux temple de Daphné, un des plus célèbres lieux de refuge qu'il y eût à cette époque. La ville d'Antioche avait environ 15 kilomètres de tour; elle servait de résidence aux successeurs d'Alexandre dans cette partie de son vaste empire, et fut une des plus riches et des plus florissantes villes du monde. On peut dire qu'elle était la capitale de l'Orient romain. Les Juifs y obtinrent égalité de droits avec les Grecs; Vespasien, Titus et d'autres empereurs la comblèrent d'honneurs et de franchises.

— Ce fut là que Paul et Barnabas annoncèrent les premiers l'Évangile, Actes 11:19-27; qu'Agabus prédit une grande famine, ibid, verset 28; que Pierre essaya un instant de dissimuler ses vrais sentiments en refusant de manger avec les païens, Galates 2:11-12, et que les disciples du Rédempteur reçurent pour la première fois le nom de chrétiens, Actes 11:26. Antioche devait être le premier centre des missions païennes; la seule vue humaine pouvait déjà le faire présumer; ses rapports avec les Grecs et les habitants de l'Asie Mineure étaient plus fréquents et plus naturels que ceux d'une ville juive: des hommes considérés, tels qu'un Simon Niger, un Lucius de Cyrène, un Manahem élevé à la cour, 13:1, y secondaient et pouvaient y remplacer plus ou moins pendant leur absence les Apôtres missionnaires; et l'Esprit de Dieu n'avait pas tardé à faire voir par des faits que telle était aussi sa volonté.

L'Église d'Antioche demeura longtemps célèbre: un des quatre patriarches de l'Orient y avait son siège, et l'illustre Chrysostôme y prêchait à la fin du quatrième siècle, aux applaudissements de tous et avec d'éclatants succès.

Cette ville fut, dans le quatrième siècle, presque renversée à trois reprises par des tremblements de terre, et à peu près aussi souvent dans le cinquième. L'an 548 de Jésus-Christ les Perses la brûlèrent et en passèrent les habitants au fil de l'épée. L'empereur Justinien la rebâtit plus belle qu'auparavant, mais bientôt les Perses la reprennent et en abattent les murailles. L'an 588, soixante mille de ses habitants périssent par un tremblement de terre; aussitôt rebâtie, elle est prise par les Sarrasins, l'an 637, et depuis ce moment le christianisme y est presque anéanti. L'an 966 l'empereur grec Nicéphore reprend Antioche, et peu de temps après elle tombe au pouvoir des Turcs. En 1098, elle est délivrée par les croisés, puis 90 ans plus tard elle redevient la proie des infidèles, qui la démolissent de fond en comble. Ses ruines actuelles, connues sous le nom d'Antakieh, comptent encore 18,000 habitants, dont 3,000 professant le christianisme.

2.             Antioche, capitale de la Pisidie, sur le mont Taurus, à l'est d'Apollonie, n'est plus maintenant qu'un bourg inconnu et nommé Akschehr, ou, selon d'autres, Versatgeli. Paul et Barnabas y prêchèrent l'Évangile avec de grands succès jusqu'au moment où les Juifs ayant excité le peuple contre eux, les con-contraignirent de s'éloigner, Actes 13:14; sq., cf. 2 Timothée 3:11.

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ANTIPAS,

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1.             fidèle martyr et témoin de Jésus-Christ, fut mis à mort à Pergame, ville de Mysie. On ne le connaît que par ce qui en est dit Apocalypse 2:13. Il paraît qu'il fut tué vers l'an 90, dans une émeute soulevée par les prêtres d'Esculape. Ses Actes portent qu'il fut évêque de Pergame et qu'il fut brûlé dans un taureau d'airain. Jean-Baptiste, Marc 6:17, Étienne, Actes 7, et Jacques, Actes 12, sont, avec Antipas, les seuls martyrs de leur fidélité dont les écrivains sacrés nous aient conservé le récit.

2.             Antipas, fils d'Hérode le Grand;

 

— Voir: Hérode.

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ANTIPATRIS,

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ville de Canaan, située dans une vallée fertile et bien arrosée, sur le chemin de Jérusalem à Césarée, à environ 30 kilomètres de Joppe, 74 de Jérusalem, et 45 de Césarée. Elle se nommait primitivement Capharsalma, aujourd'hui Saranas.

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APELLÉS,

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Romains 16:10, homme approuvé en Christ; complètement inconnu.

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APHARSEKIENS, et Apharsatkiens,

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Esdras 5:6; et apharsatkiens, 4:9, deux peuplades du royaume d'Assyrie, dont l'identité est incertaine; le plus probable est de les prendre pour les Parætaceni d'Hérodote (1, 101), entre la Perse et la Médie. Malgré la ressemblance du nom, il faut se garder de les confondre avec les Apharsiens, Esdras 4:9, par lesquels il semble qu'on doive entendre les Perses en général; c'est ainsi que Luther a traduit ce nom; les lettres radicales des deux mots sont les mêmes p. r. s.

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APHEK.

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1.             Ville de la tribu de Juda, où campèrent les Philistins lorsque l'arche fut amenée de Siloh et faite prisonnière, 1 Samuel 4:1. C'est probablement la même que Aphéka Josué 15:53.

2.             Ville de la tribu d'Issachar, dans la vallée de Jizréhel, près des montagnes de Guilboah, où Saül et ses fils turent défaits et tués. 1 Samuel 29:1. Il paraît que c'est le roi de cette ville qui fut mis à mort par Josué. Josué 12:18.

3.             Ville de la tribu d'Aser, sur les frontières des Sidoniens, Josué 19:30; 13:4. Peut-être la même que Aphik Juges 1:31, qui fut laissée en possession des Cananéens. Peut-être encore la même que

4.             Aphek, ville de Syrie, et l'une des principales du royaume de Benhadad: elle était située sur la route militaire de Damas en Palestine. C'est dans son voisinage que les Syriens, conduits par Benhadad, furent battus au nombre de 100,000 hommes, par Achab, roi d'Israël; ils se retirèrent précipitamment dans Aphek, dont les murailles s'écroulèrent sur eux et en écrasèrent 27,000. 1 Rois 20:26-34.

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APOCALYPSE, ou révélation,

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mot grec qui signifie révélation, et qui a été conservé en français pour désigner le livre de l'Écriture dans lequel saint Jean a consigné les merveilles qu'il lui avait été donné de voir dans l'avenir touchant Christ et son Église. L'authenticité de cet ouvrage, accrédité généralement pendant tout le second siècle, n'a commencé à être mise en question que par un certain Caïus qui vivait au commencement du troisième, et qui l'attribuait à l'hérétique Cérinthe. Après lui, Denys d'Alexandrie rapporte le fait de l'opinion de Caïus; pour son propre compte il ne peut l'admettre, il pense que l'Apocalypse a été écrite par un homme pieux, nommé Jean, mais il n'ose affirmer que ce soit le même que l'apôtre frère de Jacques, fils de Zébédée. Eusèbe épouse la même hypothèse qui lui paraît un bon juste milieu, quoique dans ses premiers ouvrages (Démonstration évangélique) il eût admis l'opinion générale que saint Jean le théologien était l'auteur de l'Apocalypse. Avant Caïus quelques hérétiques, Marcion en tête, avaient nié l'authenticité de ce livre; mais ce témoignage est plutôt une preuve en sa faveur, vu la qualité des opposants. Quant à la Peshito, qui ne comprend plus l'Apocalypse, elle serait le seul témoin de quelque autorité qu'on pût invoquer dans ce sens, s'il était prouvé que cette lacune est aussi ancienne que la traduction elle-même: or c'est le contraire qui paraît établi. Éphrem, au quatrième siècle, s'est évidemment servi d'une traduction syriaque qui comprenait l'Apocalypse, (— Voir: l'Einleitung de Hug. et Steiger, Introduction générale aux livres du Nouveau Testament, p. 47 à 51)

 

Les témoignages en faveur de l'Apocalypse sont à la fois plus anciens, plus nombreux et plus respectables; ce sont: Irénée, qui rapporte les paroles de personnes qui avaient connu l'apôtre Jean; Polycarpe, Papias de Hiérapolis, Mélithon de Sardes, Apollonius d'Éphèse, Justin martyr; Théophile d'Antioche, Clément d'Alexandrie, Tertullien, l'Église du deuxième siècle tout entière, les millénaires et les anti-millénaires, même les montanistes, tous ont reconnu cette authenticité.

 

— Au troisième siècle, nous trouvons d'abord le fragment de canon dit de Muratori; Cyprien, Hippolyte, Jacques d'Édesse et Ébed Jesu, Origène, Méthodius, l'évêque Népos d'Égypte.

 

— Au quatrième, chez les Latins, Lactance, Victorinus de Petanio, Commodien, Jérôme, le concile d'Hippone de 393, celui de Carthage 397, etc.: dès lors il n'y a plus de doutes dans l'Église latine; chez les Grecs, Grégoire de Nysse, Grégoire de Naziance, Cyrille de Jérusalem, Basile le Grand, Épiphane de Chypre, Athanase, Didyme d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie, etc., etc.

 

À l'époque de la réforme, où toutes les anciennes traditions durent subir l'épreuve d'un examen à compte nouveau pour laisser la vérité reprendre ses droits légitimes, l'authenticité de l'Apocalypse passa par des crises difficiles, Luther la nia assez librement en 1522, avec plus de modération en 1534; Zwingle partagea cette manière de voir; Théodore de Bèze, au contraire, traita d'une manière solide les anciens témoignages qui établissent que ce livre est de l'apôtre Jean, et Calvin paraît avoir partagé cette opinion, quoiqu'il n'ait pas essayé d'ouvrir un système d'interprétation sur le contenu de ce livre.

 

Dans le dix-huitième siècle où chacun se borna presqu'exclusivement à douter et à nier, tantôt en vers, tantôt en prose, on douta naturellement aussi de l'Apocalypse. D'Abauzit, de Genève, commença; l'école moderne peut le revendiquer comme son maître. Après lui vinrent successivement Michaélis qui doutait, Œder, Semler, Merkel, etc, qui ne doutaient plus, mais qui affirmaient hardiment que Cérinthe était l'auteur de l'Apocalypse. L'opinion contraire fut défendue par Twells, Wolff, Schmid, Hartwig, etc., et surtout par Storr dont l'ouvrage est encore utile;

 

— Voir: aussi Bengel.

 

Nommons enfin dans notre siècle, parmi les adversaires, Heinrichs, De Wette, Bretschneider, Ewald, Schott et Lücke; parmi les défenseurs, Hug, Schulz, Hemsel, Winer, Guericke; l'ouvrage de Lücke a en outre été réfuté dans la Gazette évangélique de Berlin par Hævernick, 1834, numéros 88-91, et par Steiger, 1835, numéros 14, 15, 22, 23.

 

Il ressort, de ce qui précède, que les témoignages historiques sont décidément en faveur de l'Apocalypse. Quant aux caractères intérieurs, il est clair que ce livre, seul en son genre, seul prophétique parmi ceux qui sont sortis du christianisme, ne saurait être jugé d'après l'analogie des autres écrits du Nouveau Testament. Le style et le caractère rhétorique des ouvrages d'un même auteur peut toujours varier, et même considérablement, suivant le sujet et la matière traitée.

 

Saint Jean eut ces révélations pendant son exil à Patmos, dans les dernières années du règne de Domitien, et il les mit par écrit lorsqu'il fut de retour à Éphèse, vers l'an 96 ou 97. Néanmoins, le contexte interne de l’Apocalypse indique plutôt une date antérieure vers la fin de l’an 60 juste avant la destruction de Jérusalem par les armées romaines en l’an 70.

 

Il n'entre pas dans notre plan d'examiner quel fut le but de l'apôtre, quelle est la portée de ses révélations, le sens de ses prophéties, la clef de tous ses mystères. Toutefois, il n'est pas hors de propos de dire un mot de l'oubli dans lequel ce livre est tombé, et de l'indifférence avec laquelle une partie considérable de la chrétienté le lit ou le ferme. Beaucoup de personnes l'excluent de leur lecture habituelle; elles reculent et préfèrent donner plus de temps à la méditation des autres portions de la Bible qu'elles ont plus de chance de comprendre, et qu'elles peuvent plus facilement s'approprier. L'Apocalypse les désoriente, les déconcerte; leur sens chrétien ne trouve dans ce livre ni la nourriture, ni la clarté dont il a besoin, et parmi les vérités révélées il choisit de préférence celles dont la révélation est claire et complète, intelligible et point mystérieuse. On peut comprendre sans peine cette manière de faire, et chacun peut-être l'a pratiquée pour ce qui le concerne, à une époque ou à une autre de sa vie religieuse; mais comprendre n'est pas excuser. Dès qu'on admet que l'inspiration divine a dicté à l'apôtre ses magnifiques révélations, il faut admettre que la lecture de ce livre doit être pour le chrétien une source de bénédictions qu'il ne lui est pas permis de dédaigner, ou de trouver trop difficiles à exploiter. On oublie trop d'ailleurs que l'Apocalypse est une révélation, dont le sens par conséquent peut être trouvé, et doit être cherché; et, tout en avouant l'obscurité qui enveloppe cette révélation des choses futures, encore pénétrera-t-on mieux cette obscurité par le travail que par l'absence de recherches. Si beaucoup d'opinions erronées ont été mises au jour, si des essais infructueux ont été faits, si plusieurs théologiens ont fini par déclarer qu'ils n'entrevoyaient aucune solution satisfaisante aux énigmes de la prophétie, pourtant un grand pas est fait; leur ignorance consciencieuse et savante est tout autre, moins pénible, plus honorable, plus éclairée que l'ignorance volontaire et complète sur ces sujets; ils ont gagné cela tout au moins de connaître les difficultés de l'interprétation, de savoir quelles sont les questions débattues, et de pouvoir facilement rapporter aux choses qu'ils savent ignorer, celles qu'ils découvrent à mesure; et c'est déjà beaucoup que de connaître les questions auxquelles on ne peut pas répondre. À force de chercher, d'ailleurs, on finit par trouver, et, selon la remarque de Newton, il n'est pas un interprète qui n'ait fait faire un pas à cette science de la prophétie.

 

Ajoutons que, s'il y a dans l'Apocalypse des profondeurs insondables, il s'y trouve aussi des passages dont l'intelligence est facile: «Un lecteur ordinaire, dit le docteur Lowth, peut trouver une grande édification dans les hymnes magnifiques chantées à Dieu et à Jésus-Christ; il peut découvrir dans ce livre plusieurs vérités importantes, telles que l'adoration d'un Dieu suprême en opposition au culte des créatures, la foi dans les mérites de Jésus-Christ pour obtenir uniquement de lui le pardon, la sanctification et le salut; la patience et la vigilance avec laquelle nous devons attendre l'avènement de Jésus-Christ et de son règne, en professant avec fermeté la vraie foi, et en pratiquant la sainteté, quels que soient les obstacles qu'il faille surmonter, etc., etc.» Un autre théologien, qui ne saurait être accusé d'un grand enthousiasme pour l'Apocalypse, le docteur Lücke, dans sa préface à cet ouvrage, s'exprime ainsi: «Le théologien qui admet la canonicité de l'Apocalypse n'est plus libre de l'employer ou de ne pas l'employer pour la construction systématique d'une dogmatique chrétienne, ou pour l'édification populaire d'une paroisse. Si ce livre est reconnu canonique, il est tout aussi nécessaire de le méditer dans le culte public que de l'exposer dans des leçons ou dans des commentaires.»

 

La grande difficulté que l'on rencontre dans l'étude de ce livre provient de ce que, depuis longtemps déjà, l'on a pris l'habitude d'y chercher des prophéties relatives à l'histoire passée de l'Église, et par conséquent d'en regarder une bonne partie du moins comme étant déjà accomplie; on y a vu toutes les persécutions de l'Église: Néron, Julien, les mahométans, les guerres des Sarrasins, la papauté, les Albigeois, le protestantisme, les missions, Napoléon, etc. Il n'est dès lors pas surprenant que chacun se contentant de vagues allusions, y trouve, comme dans les nuages, des ressemblances avec l'objet qui le préoccupe. Si ces oracles étaient accomplis, il n'y aurait sur leur signification ni doute, ni hésitation, ni divergence. Ce qui importe donc, lorsqu'on lit ce livre, c'est d'y chercher les destinées futures, finales de;l'Église, l'histoire de la grande lutte qui doit précéder immédiatement la seconde venue du Sauveur. Il importe également de s'en tenir, autant que faire se peut, au sens littéral (les emblèmes et les symboles ne sauraient être assujettis à cette règle). La méthode symbolique ne provient que du besoin de se donner plus d'aisance et de liberté dans l'interprétation des prophètes afin de pouvoir les rapporter aux temps passés, au gré de ses caprices et de son imagination; elle est fatale aux interprètes comme à la vérité elle-même.

 

Au milieu de la foule de livres et d'opuscules qui ont traité de l'Apocalypse, commentaires, brochures, etc., nous ne mentionnerons en français que Basset, (3 vol.) diffus et peu sobre; Vivien, d'un usage facile, mais un peu trop sûr de son fait; Barbey, faible exégète, plus scripturaire en apparence qu'en réalité, consciencieux et quelquefois intéressant; les Pensées de W, B. Newton sur l'Apocalypse (traduit de l'anglais), grave et sage, mais trop absolu, et quelquefois exagéré quant à la notion d'Église; puis une quantité de brochures sur des points spéciaux, publiées à Genève, chez Kaufmann, et appartenant presque toutes à l'école de Plymouth; Digby, Burgh, Hartley, Cumming, Elliott en anglais. En Allemagne, on a sur ce sujet peu d'ouvrages de valeur; on annonce un commentaire de Hengstenberg.

 

Ce livre, dit Digby, se trouve en germe dans les prophéties de Daniel, lesquelles renferment une histoire anticipée de l'Église de Dieu dans son assujettissement aux puissances de ce monde, qui y sont représentées par quatre bêtes. Cette histoire comprend tous les temps qui devaient s'écouler depuis la fin de la théocratie juive jusqu'au jour glorieux où le Fils de l'Homme viendra pour rétablir le royaume d'Israël.

 

La période de la domination funeste de ces bêtes forme une grande semaine d'années prophétiques, dont les sept années (temps) de la démence de Nébucadnetsar sont peut-être un symbole, laquelle commence avec la chute de Samarie et la déportation des dix tribus par le roi d'Assyrie, et s'étend jusqu'au commencement du son de la septième trompette de l'Apocalypse, époque à laquelle les royaumes de ce monde seront remis, et où les saints seront mis en possession du royaume. Cette période forme donc un grand calendrier prophétique de 2,520 ans, ou sept fois 360 ans. Les 1260 jours prophétiques de Daniel et de saint Jean, désignés aussi par trois ans et demi (d'années), en forment la dernière moitié. Les trois premières bêtes, celles qui désignaient les Babyloniens, les Perses et les Macédoniens, avaient déjà été englouties, du temps de saint Jean, par la quatrième bête, qui représentait la puissance romaine. Ainsi, les prophéties de l'Apocalypse ne concernent que cette dernière, qui existait alors seule sur la terre. Le théâtre de l'Apocalypse, c'est donc l'empire de Rome.

 

Les destinées de cet empire et de l'Église qu'il renferme, sont écrites dans le livre mystérieux scellé de sept sceaux, 5:1; sq. C'était un grand volume formé de sept volumes distincts, roulés l'un sur l'autre à la manière des livres anciens. L'arrangement de toutes les prophéties apocalyptiques est admirable: elles suivent un ordre chronologique. Le septième volume, sept fois plus grand que les six premiers, renferme la vision des sept trompettes, laquelle nous conduit jusqu'à la fin des temps, et pareillement, la septième trompette, qui est la dernière, cf. 1 Corinthiens 15:52; 1 Thessaloniciens 4:16, comprend les sept coupes par lesquelles la colère de Dieu est accomplie. Ainsi le septième volume, la septième trompette et la septième coupe, se terminent tous ensemble avec la chute du dernier royaume terrestre et rétablissement du règne visible de Jésus-Christ sur la terre.

 

À ce grand volume scellé, l'esprit de prophétie a ajouté un codicille, ou une récapitulation prophétique: c'est le petit livre ouvert qui commence par ces mots: «Il faut que tu prophétises derechef», etc., 10:11. Ce livre ouvert concerne principalement les événements des 1260 jours prophétiques de la révolte de l'Église de Rome, et nous en trouvons l'archétype dans les visions du prophète Ézéchiel, contenues dans le petit livre qui lui fut donné à manger, Ézéchiel 2:8.

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APOCRYPHES.

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C'est le nom qu'on donne à certains livres, reliés quelque fois avec la Bible, entre l'Ancien et le Nouveau Testament, et qui cependant ne font pas partie du volume inspiré. Quoique leur nom même ne se trouve pas dans la Bible, nous avons cru pouvoir en dire quelques mots, soit parce qu'une partie de la chrétienté les regarde comme divins, soit parce que c'est par les apocryphes seuls qu'on peut juger du caractère et de l'histoire des Juifs, 3 ou 400 ans avant Christ, soit enfin parce que le Nouveau Testament semble y faire parfois des allusions indirectes.

 

Les anciens chrétiens les lisaient, si ce n'est en entier, du moins en partie; mais ils n'en faisaient lecture que chez eux et jamais dans leurs assemblées: ils ne les admettaient pas au nombre des écrits canoniques. Aucun de ces livres ne fut reconnu comme inspiré par les Juifs, «auxquels les oracles de Dieu avaient été confiés.» Philon qui les connaît, leur emprunte quelquefois des phrases ou de belles expressions, mais il ne les cite jamais comme ayant une autorité divine ou canonique, et Flavius Josèphe (C. Ap. 1, 8) déclare expressément que, chez les Juifs, «les apocryphes étaient d'un degré de crédibilité inférieur à celui des livres canoniques.» Au deuxième siècle de l'ère chrétienne, Méliton dressa le catalogue des livres sacrés, et les apocryphes n'y sont pas mentionnés; ni Origène au troisième siècle, ni au quatrième Épiphane, Athanase, Cyrille, ne reconnaissent leur authenticité. Jérôme et Ruffin nomment quelques livres apocryphes qu'ils déclarent positivement n'être pas canoniques. Dès lors l'Église, se corrompant de jour en jour davantage, en admit au fur et à mesure quelques-uns, jusqu'à ce qu'enfin le concile de Trente, tenu en 1550, sous le pontificat de Pie IV, les déclara tous d'autorité divine.

 

Il suffit d'un peu d'attention pour s'assurer que ces livres ne procèdent pas du Saint-Esprit. Non seulement ils n'ont pas la majestueuse simplicité des autres, mais encore ils renferment un grand nombre de choses mauvaises, mensongères et opposées aux oracles de Dieu.

 

— On les divise ordinairement en livres historiques et didactiques; mais cette division est peu tranchée, parce qu'il y en a qui sont des contes moraux, ou prétendus tels, à la fois historiques et sentencieux.

 

Le Premier livre d'Esdras n'est guère qu'un extrait mal rédigé des deux derniers chapitres des Chroniques, et du livre authentique d'Esdras. La traduction en est libre et abrégée, les hébraïsmes sont évités; l'auteur ajoute quelques idées et quelques faits, mais dont l'inexactitude évidente montre un homme peu au fait de l'histoire. Il fait par exemple de Zorobabel un jeune homme au temps de Darius Hystaspes, et il lui donne pour fils Joachim, 5:2, tandis que celui-ci était fils du souverain sacrificateur Jésuah, Néhémie 12:10. Il appelé Darius roi d'Assyrie, longtemps après que cet empire eut été complètement détruit; et il rapporte comme ayant eu lieu sous ce règne, des événements qui se sont passés sous Cyrus, cf. 4:43,57-58 avec Esdras 1; 3:1.

 

— Il est difficile de reconnaître un plan dans cet ouvrage, d'autant plus qu'il n'est pas achevé, et que nous n'en possédons qu'un fragment. Cependant, un auteur allemand, Berchthold, a émis l'opinion, assez probable, que l'auteur a voulu donner une histoire du temple de Jérusalem depuis la dernière époque du culte légal, sous Josias, jusqu'au rétablissement de ce culte par la nouvelle colonie revenue de l'exil. Ce plan est exécuté aussi bien qu'on pouvait l'attendre d'un Juif alexandrin, c'est-à-dire qu'il est extrêmement peu important pour l'histoire elle-même.

 

Le Second livre d'Esdras qui n'a même jamais été vu en grec, mais seulement en latin, est une collection de fables, de songes et de visions, si pitoyable que le concile de Trente lui-même rougit de lui concéder le titre de livre divin. Plusieurs passages de cet écrit laissent supposer qu'il a été fabriqué depuis la prédication de l'Évangile.

 

L'histoire de Tobie, sa piété, ses épreuves, et le secours qu'il trouve en Dieu, est une fiction poétique où l'auteur a voulu montrer que la piété, les bonnes œuvres, les aumônes et la prière, sont abondamment bénies, 12:13 sq. Un Juif de la Palestine paraît avoir pris son sujet dans la tradition, pour y rattacher ses idées et celles qui se répandaient parmi le peuple depuis l'exil. Il dit souvent: Les aumônes sauvent de la mort, 4:7-11; 12:8-14. La doctrine des anges a un caractère persan, et le Zend-Avesta nous parle comme Tobie 3:16; 12:12, de ces anges qui exaucent les prières et qui les apportent devant Dieu. De même, le voluptueux démon Asmodée, et le moyen de chasser ces êtres malfaisants par la fumée ou autres cérémonies, se retrouvent dans les livres religieux du paganisme oriental.

 

— L'auteur doit avoir vécu assez tard, car il commet des fautes dont plusieurs trahissent un moderne: on le place ordinairement un siècle avant Jésus-Christ. On ignore si Tobie fut d'abord écrit en hébreu. Saint Jérôme l'a traduit du caldéen, langue dans laquelle il semble le plus probable qu'il a été composé. Les héllénismes que l'on trouve dans l'exemplaire de Castellion, ou dans les exemplaires publiés par Munster et Fagius, démontrent manifestement que ce ne sont là que des traductions du grec, et non des productions originales. En tout cas, cette légende ou histoire, aussitôt qu'elle eut paru, reçut des modifications de tous genres: aussi n'y a-t-il pas une seule de ces versions qui ressemble à l'autre. L'imitation en vers, d'Andrieux, n'est ni la moins poétique, ni la moins édifiante de toutes ces éditions retouchées et augmentées.

 

Le Livre de Judith est un roman dont l'intrigue est connue de tout le monde. Une femme s'introduit auprès d'Holopherne comme courtisane, l'endort de vin et de propos caressants, lui coupe la tête, et vient annoncer au peuple juif qu'il est délivré du général assyrien. Ce livre paraît avoir été écrit en caldéen comme le précédent, et c'est de cette langue que saint Jérôme l'a traduit en latin. On ne saurait à quelle époque de l'histoire des Juifs placer l'action qui fait le sujet de ce livre. Ce devait être après le retour de Babylone et la reconstruction du temple; mais depuis la dix-huitième année de Nébucadnetsar, les Juifs ne furent en aucune manière inquiétés pendant plus de quatre-vingts ans. (2:1; 4:3; 5:18-19; 16:20-23). Comment concilier ces faits avec la vérité? Quelle improbabilité d'ailleurs que Béthulie, petite ville, ait pu tenir contre une si puissante armée, et que la mort d'un général ait suffi pour faire prendre la fuite à toutes ses troupes! Quant à la géographie de l'ouvrage, elle dénote la plus incroyable ignorance, et l'on croirait volontiers que l'auteur, après avoir fait sa petite histoire, l'a parsemée au hasard, de tous les noms de villes ou de pays qui lui passaient par la tête. On peut en dire autant de la chronologie.

 

Les Additions au livre d'Esther n'ont jamais paru en hébreu. Contrairement à ce que rapporte l'histoire inspirée, l'auteur de cet écrit prétend que ce fut dans la deuxième année de son règne qu'Assuérus faillit être assassiné par un de ses eunuques; il dit que Mardochée fut récompensé sur-le-champ pour avoir révélé le complot; qu'Haman avait été élevé en dignité déjà avant cette circonstance, et que sa haine contre Mardochée provint de la révélation qu'il avait faite; que cet Ha-man était un Macédonien qui voulait s'emparer du trône des Perses au profit de son royaume. Les Juifs s'y donnent le nom d'enfants du Dieu très-haut, et prétendent que leur Dieu a ordonné aux païens mêmes d'observer la fête du Purim. Cela étant dit, nous pouvons ajouter que ces additions renferment aussi quelques belles et bonnes choses, dont Racine a su tirer parti dans sa belle tragédie de ce nom. Il n'est pas sûr que le concile de Trente ait déclaré cet ouvrage canonique: quelques docteurs romains prétendent que non.

 

Le Livre de la Sapience, dit de Salomon, n'a point été écrit par Salomon, et jamais on ne l'a vu en hébreu. Celui qui l'a composé avait lu Platon et les poètes grecs, ainsi qu'on le voit par plusieurs passages de son livre. En quelques endroits, il copie presque les prophètes et quelques écrits de l'Ancien Testament. Cet ouvrage se divise en trois parties générales:

1.             1-6:8;

2.             6:9-10;

3.             11-19.

Ces parties sont isolées et bien tranchées, mais non pas tellement qu'elles fassent penser à trois ouvrages ou à trois auteurs différents. L'auteur s'adresse d'abord aux rois en leur proposant la sagesse comme but de leurs études et de leurs efforts; puis il fait l'histoire de la sagesse, comment on peut l'obtenir et quels en sont les fruits: il montre les peuples idolâtres éprouvant les rigueurs de l'Éternel, et les compare au bonheur du peuple juif, qui reconnaît Jéhovah pour son roi. Il est possible que l'auteur ait eu un but politique, mais son objet principal était bien religieux.

 

— L'idée de saint Augustin que Sirach est l'auteur de ce livre est assez heureuse; cependant on ne peut rien décider à cet égard, et il faut se contenter de l'idée générale d'un auteur alexandrin et antérieur à Philon, parce que la Sapience renferme une spéculation plus saine que celle de ce Juif.

 

L'Ecclésiastique, ouvrage préférable au précédent. Un certain Jésus, fils de Sirach, en lisant les Écritures et d'autres bons livres, avait acquis de grandes connaissances morales. Il se mit à recueillir ça et là diverses maximes, auxquelles il en ajouta de son propre fonds. C'est donc un recueil de sentences et de proverbes dans le genre de ceux de Salomon; il renferme des excursions plus ou moins étendues sur l'ordre moral du monde, dans lesquelles l'auteur passe en revue les classes et les âges de l'homme. On ne saurait y chercher de plan ni d'ensemble, et le livre ne se laisse pas diviser. Primitivement écrit en hébreu ou en caldéen, l'Ecclésiastique fut traduit en grec par un petit-fils de l'auteur, sous Ptolémée Évergète, roi d'Égypte, probablement environ 240 ans avant J.-C. Du reste, la date se laisse difficilement déterminer, car tout repose sur les indications de l'auteur lui-même, qui nous dit avoir écrit sous le pontificat d'un Simon, pendant le règne d'un Évergète; or il y a eu deux pontifes Simon qui ont vécu tous les deux sous le règne d'un Évergète. L'auteur se donne si peu pour inspiré, qu'il s'excuse lui-même des imperfections de son travail; il fait du Fils de Dieu, de la Parole, une simple créature; il représente l'aumône et l'obéissance à père et mère comme un moyen d'expier ses péchés; il prétend que Samuel prophétisa encore après sa mort; enfin, selon lui, ce serait à Élie le Thisbite qu'il appartiendrait de faire cesser la colère de Dieu: à ce dernier égard, cf. Malachie 4:5.

 

Baruch est un insigne roman qu'on dit avoir été écrit par Baruch à Babylone. Or, selon toute probabilité, jamais Baruch ne fut à Babylone. Il fut lu à Jéchonias, près d'une rivière qui n'a point existé; et d'ailleurs, comme on sait, Jéchonias vivait en prison pendant son séjour à Babylone, et n'avait pas le loisir d'aller se promener le long des eaux courantes. On y parle d'une collecte qui aurait été faite parmi les Juifs de la captivité, pour acheter des victimes, qu'on aurait envoyées au sacrificateur Joachim avec les vases sacrés de Sédécias! Mais comment des esclaves, tout au commencement de leur captivité, peuvent-ils avoir de l'argent à déposer dans une collecte? Comment envoya-t-on ces victimes à un souverain sacrificateur qui n'existait pas? Comment put-on renvoyer de Babylone des vases sacrés faits par Sédécias, lorsqu'il est probable que Sédécias n'en a jamais fait faire? Il faut remarquer, en outre, que l'auteur emprunte diverses expressions de Daniel, qui cependant vécut après la mort de Baruch.

 

— Le chapitre 6 se donne pour une lettre de Jérémie aux exilés de Babylone, et renferme des déclamations contre l'idolâtrie. Ce morceau est séparé de ce qui précède par une inscription, et il se distingue par un meilleur style: ce n'est que par accident qu'il se trouve lié à Baruch, mais il ne porte pas davantage le cachet de l'authenticité; les soixante et dix semaines de Daniel y sont ridiculement converties en sept générations. Il est cité 2 Maccabées 2:2, et appartient sans doute aux Alexandrins, qui traduisaient en général très librement les oracles de Jérémie, et parmi lesquels s'étaient conservées un bon nombre de légendes sur ce prophète.

 

Le Cantique des trois jeunes Hébreux dans la fournaise est une mauvaise imitation du Psaumes 148. Ces flammes de 49 coudées de hauteur, et ce vent de rosée que faisait souffler l'ange du Seigneur au milieu du feu, sont des détails qui portent tous les caractères de la fiction.

 

L'Histoire de Susanne, (formant quelquefois le 13e chapitre de Daniel), est probablement une fable d'un bout à l'autre. Qu'elle ait été primitivement écrite en grec, c'est ce que prouve l'espèce de jeu de mots que fait le prétendu Daniel versets 55 et 59, et qui n'a de sens que dans cette langue. Et puis, n'est-il pas absurde d'imaginer que tout au commencement de la captivité, un Juif ait pu être aussi riche qu'on nous représente le mari de Susanne? que le droit de vie et de mort ait été donné à des tribunaux juifs en Caldée? que Daniel élevé à la cour ait pu assister à ce procès? et enfin, que si jeune, on l'ait admis au nombre des juges, surtout après que la sentence avait été prononcée?

 

Le livre de Bel et celui du Dragon sont encore plus romanesques. En effet, quelle invraisemblance que Cyrus, roi de Perse, ait adoré une idole babylonienne, et une idole qui fut mise en pièces lors de la prise de la ville! Un homme de sa trempe pouvait-il croire qu'une statue d'airain pût réellement boire et manger? Quel pitoyable moyen que celui qu'imagine Daniel pour découvrir la supercherie des prêtres de l'idole! Comment ceux-ci ne virent-ils pas les cendres semées sur le parquet? ou comment Daniel put-il empêcher qu'ils ne fussent avertis par les serviteurs du roi? Puis, quelle absurdité que de faire trembler Cyrus devant les Babyloniens jusque-là qu'il leur sacrifie son cher Daniel de faire vivre Habacuc jusqu'à cette époque, pour qu'il puisse porter de la nourriture au jeune prophète dans la fosse des lions d'imaginer enfin que Cyrus ait pu rester six jours sans s'informer de ce qu'était devenu son ami!

 

— Ces deux livres forment ce que, sans leur donner de titre à part, les catholiques romains appellent le 14e chapitre du prophète Daniel.

 

La Prière de Mariasse, qui ne se trouve pas dans le texte hébreu, semble être l'ouvrage de quelque Pharisien. Il y est parlé des justes, savoir d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, comme de gens sans péché, et qui n'ont pas eu besoin de repentance. Elle n'a été admise comme canonique que par l'Église grecque.

 

Enfin les Livres des Maccabées renferment l'histoire des Juifs sous le souverain sacrificateur Mattathias et ses descendants. Ils sont d'une très grande utilité, surtout le premier. Il doit avoir été composé en hébreu ou en caldéen: Origène l'a lu dans cette langue, et il paraît que c'est aussi de là que Jérôme l'a traduit en latin. Toutefois ce livre ne saurait être attribué à l'esprit de Dieu, et l'auteur lui-même fait l'observation qu'il n'y avait point de prophètes en ces temps-là, 4:46; 9:27; 14:41. Il renferme d'ailleurs diverses méprises qui constatent son origine humaine. On y voit qu'Alexandre le Grand partagea lui-même ses conquêtes entre ses illustres généraux, tandis que ce partage ne se fit qu'après sa mort; qu'Antiochus le Grand fut fait prisonnier par les Romains; que ces derniers donnèrent à Eumènes, roi de Pergame, l'Inde et la Médie, États qui faisaient partie de ceux d'Antiochus; que le sénat romain comptait 320 membres; qu'Alexandre Balas était fils d'Antiochus Épiphanes, etc., etc., tout autant d'assertions qui sont positivement contredites par l'histoire.

 

— Le second livre des Maccabées, contenant l'histoire de quinze années, est de beaucoup inférieur au premier. C'est l'abrégé de l'ouvrage d'un certain Jason de Cyrène. L'auteur termine en faisant des excuses sur sa manière d'écrire l'histoire; et dans le fait il a bien des choses à se faire pardonner. À l'en croire, Judas Maccabée aurait vécu jusqu'à la 188e année des Séleucides, tandis qu'il mourut l'an 152; Antiochus Épiphane aurait été tué dans le temple de Nanée, en Perse, et l'on sait qu'il finit ses jours sur les frontières de la Babylonie. Néhémie aurait bâti le second temple et l'autel, constructions qui se firent soixante ans avant que Néhémias revînt de Perse; Jérémie aurait caché dans une grotte et le tabernacle, et l'arche, et l'autel des parfums; Persépolis aurait encore été debout un siècle après qu'Alexandre l'eut réduite en cendres; Judas aurait bien fait d'offrir des prières et des sacrifices pour les morts, et Ragis serait aussi louable de s'être suicidé pour échapper à la fureur des Syriens.

 

On peut juger, par tout ce qui précède, combien ces livres apocryphes sont indignes d'occuper une place quelconque dans notre volume sacré, même en en faisant une catégorie tout, à fait à part, ainsi que cela se pratiquait encore il n'y a pas beaucoup d'années. Aussi les sociétés bibliques se refusent-elles maintenant presque toutes à joindre ces livres aux versions qu'elles distribuent, et elles ont bien fait de prendre ce parti, puisqu'elles ne veulent et ne doivent répandre que la Bible.

 

Si quelques personnes désiraient étudier la question des apocryphes, elles trouveraient, dans un ouvrage sur ce sujet de feu l'excellent pasteur Moulinié de Genève, une apologie assez complète de ces livres; mais elles verraient en même temps combien sont faibles les meilleures raisons que l'on peut avancer en faveur de leur authenticité. Il n'a paru aucun écrit français quelque peu détaillé qui traite de la non inspiration des apocryphes; mais on peut lire avec intérêt quelques mots de M. Hævernick à ce sujet, dans les Mél. de théol, réformée, par Hævernick et Steiger, p. 214-222.

 

Le Nouveau Testament a eu aussi ses Apocryphes; mais les livres auxquels on a donné ce nom sont loin d'avoir acquis l'importance historique des Apocryphes de l'Ancien Testament. Il ne paraît pas que l'Église chrétienne ait jamais hésité sur la formation de son Canon. À aucune époque, aucun écrit humain n'est venu s'adjoindre au recueil des écrits sacrés. À la vérité, certaines sectes, assez mal connues d'ailleurs, ont essayé de modifier la collection évangélique à leur point de vue, mais ces tentatives ont avorté devant l'opinion générale, et il en reste à peine quelques traces, encore sont-elles contestables et contestées.

 

On croit, par exemple, que les Évangiles des Égyptiens, des Hébreux, de Marcion, n'étaient que des reproductions altérées des Évangiles canoniques, et l'on suppose que chacun de nos quatre Évangiles a dû être plus ou moins corrompu au profit des tendances diverses qui se partageaient l'Église primitive, tendances dont les germes se trouvaient dans les écrits sacrés eux-mêmes. La disparition prompte et presque totale de ces altérations, atteste à la fois la rectitude du sens chrétien, l'autorité de la tradition générale, et la pureté du Canon dans l'Église primitive.

 

À côté de ces écrits se placèrent d'autres livres. Les uns avaient uniquement en vue l'édification, comme le célèbre Pasteur d'Hermas qui est cité avec respect et entouré d'une sorte d'autorité morale. Les autres, dictés par l'imagination, avaient pour but de suppléer aux lacunes du Nouveau Testament sur la vie de Jésus, et de fournir une pâture à la curiosité avide des âmes pieuses. Tels sont le Protévangile de Jacques, les Évangiles de Marie, de l'enfance, de Thomas, de Nicodème, etc. M. Cellérier a fait entre ces derniers écrits et les Évangiles inspirés un parallèle intéressant. (Origine du Nouveau Testament p. 174-215) Une de ses remarques est assez importante pour être rappelée ici. «Ces Apocryphes ne sont point l'ouvrage d'imposteurs individuels, mais le résultat de l'imagination, des opinions, des préjugés du temps, l'ouvrage successif et en quelque sorte national des compatriotes ou des contemporains du Sauveur. On y voit, en d'autres termes, de quoi nos Évangiles eussent été infailliblement remplis s'ils n'eussent été divins... Pour traduire la chose en langue scientifique, ces écrits sont des mythes, et nos Évangiles, s'ils se fussent formés de la même manière, ne leur seraient pas supérieurs.» M. Cellérier avait à l'avance et en deux mots, réfuté le fameux système de Strauss.

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APOLLONIE.

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Il y avait une ville de ce nom en Illyrie, et une autre au nord du pays de Canaan; mais celle dont il est fait mention Actes 17:1, était une ville de Macédoine, fondée par-les Corinthiens, à 36 milles romains (62 kilomètres), sud-ouest de Thessalonique, et qui n'est guère connue que par la circonstance que César-Auguste y étudia la langue grecque; (aujourd'hui Paleo-Chori).

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APOLLOS,

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Juif d'Alexandrie, qui arriva à Éphèse dans le temps même où Paul entreprenait son troisième voyage à Jérusalem. C'était un homme éloquent, et profondément versé dans les Écritures. Quoiqu'il ne connût encore que le baptême de Jean, il enseignait avec chaleur les choses qui regardaient le Seigneur Jésus. Aquilas et Priscille l'ayant entendu prêcher avec hardiesse dans la synagogue, le prirent chez eux et l'instruisirent plus à fond de la doctrine chrétienne. Il partit d'Éphèse pour l'Achaïe, muni de lettres de recommandations, et il fut très utile aux nouveaux convertis en les affermissant dans la foi. De Corinthe il se rendit dans l'île de Crète avec Zénas; puis à Éphèse, où il était lorsque Paul écrivait sa première lettre aux Corinthiens, Actes 18:24; 19:1; 1 Corinthiens 16:12; Tite 3:13.

 

— Quelques personnes pensent que la prédication d'Apollos à Corinthe y avait occasionné le schisme dont saint Paul fait mention dans sa première épître; mais d'autres, et cette opinion paraît plus vraisemblable, croient que Paul emploie les noms d'Apollos et de Céphas par ménagement pour les vrais auteurs du schisme, pour généraliser ses observations et pour rendre ses raisonnements d'autant plus concluants, 1 Corinthiens 1:12; 3:4,6; 4:6.

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APOLLYON,

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— Voir: Abaddon.

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APOSTOLAT,

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mission, charge d'apôtre, 1 Corinthiens 9:1-2; 2 Corinthiens 12:12. Il paraîtrait, d'après ces passages, que pour être capables d'exercer l'apostolat dans le sens spécial du mot, il fallait avoir vu notre Seigneur Jésus-Christ, être autorisé par lui à rassembler en tous lieux son Église, et se rendre recommandable par une grande patience, des signes, des prodiges et des miracles: quelques-uns y ajoutent même l'infaillibilité d'enseignement, et le don de communiquer le Saint-Esprit par l'imposition des mains, Actes 8:17. Nous laissons à la dogmatique ce qui lui appartient, le droit de discuter en détail et à fond les questions si graves qui se rapportent à l'apostolat, à la manière dont il était transféré, aux caractères qui le constituaient, aux signes auxquels on le reconnaissait, à son exclusisme et à la possibilité ou l'impossibilité de voir cette charge se prolonger au-delà du siècle dit apostolique. Nous nous bornerons à quelques observations. Le passage Galates 2:14, semble prouver que l'infaillibilité n'était pas un des caractères immuables de la charge d'apôtre, et l'on ne peut douter que lorsque Simon Pierre «ne marchait pas de droit pied selon la vérité de l'Évangile», son enseignement ne s'en ressentît d'une manière fâcheuse. En outre, il n'est point dit 1 Corinthiens 9:1-2, qu'il fallût avoir vu le Seigneur pour être apôtre: c'est en passant que saint Paul dit: «N'ai-je pas vu notre Seigneur Jésus-Christ!» tout comme il dit au même verset: «Ne suis-je pas libre?» sans que cela entraîne le moins du monde, pour l'apôtre, l'obligation d'être libre ou de se démettre de sa charge s'il vient à perdre sa liberté. Le Nouveau Testament ne nous donne aucune règle bien précise sur les conditions d'admission dans le corps apostolique: nous y voyons entrer, outre les douze, Matthias, Actes 1:26; saint Paul, 1 Corinthiens 9:1; Barnabas, Actes 14:14; Andronique et Junias, Romains 16:7; Épaphrodite, Philippiens 2:25. (dans l'original) et d'autres. Notre Sauveur lui-même est appelé dans l'Épître aux Hébreux 3:1, l'apôtre et le souverain sacrificateur de notre profession. Ce qui est sur, c'est que cette charge sacrée se manifestait d'une manière sensible, de telle sorte que les chrétiens ne pussent s'y tromper; et pour exprimer cette pensée encore plus clairement, il paraît qu'en général 2 Corinthiens 12:12, on reconnaissait un apôtre à ses œuvres plutôt qu'au mode de sa nomination. C'est du moins le principe duquel saint Paul semble partir toutes les fois qu'il aborde ce genre de sujets.

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APÔTRE

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(f, l'art précédent) missionnaire, messager, envoyé. On désigne spécialement sous ce nom les douze disciples que notre Seigneur chargea d'une façon particulière de fonder son Église. Après sa résurrection, il les envoya prêcher l'Évangile et baptiser; et non seulement il leur donna le pouvoir de faire des miracles, mais encore il voulut qu'ils pussent conférer ce pouvoir à d'autres. Leurs noms se trouvent Matthieu 10:2; Marc 3:16; Luc 6:14; Actes 1:13. L'ordre dans lequel ils sont nommés paraît arbitraire. Quelques-uns ont cru qu'ils étaient rangés suivant l'ordre dans lequel ils furent appelés; mais il paraît d'après Jean 1:40, qu'André fut le premier qui reçut vocation, tandis qu'il n'est nommé que le second dans Matthieu, le cinquième dans Marc. D'autres ont cru y voir l'établissement d'une espèce de hiérarchie commençant par Pierre et finissant par Judas lscariot; mais, s'il y a peut-être quelque chose de vrai dans les extrêmes, il n'en est pas de même pour les intermédiaires, et la preuve en est dans le fait que l'ordre n'est pas le même dans les quatre catalogues qui nous en sont donnés. Quant à Judas lscariot, il va sans dire qu'on ne pouvait lui donner d'autre place que la dernière; il n'y a pas besoin de supposer une hiérarchie pour cela.

 

— Cinq d'entre eux nous ont laissé des écrits, Matthieu, Jean, Pierre, Jacques le Mineur et Jude. Nous les retrouverons, du reste, à leur article spécial.

 

Soulignons que le ministère d’apôtre n’est plus en vigueur de nos jours, il était désigné uniquement pour l’enfance de l’Église, une fois le but accompli il a cessé avec tous les dons miraculeux qui lui étaient propre.

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APPEL.

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«J'en appelle à César», dit saint Paul, Actes 25:11. Tout citoyen romain avait le droit d'en appeler des gouverneurs de province à l'empereur lui-même. Pline, dans une de ses lettres à Trajan, dit qu'il avait pour habitude et pour système d'envoyer à Rome les citoyens romains qu'on lui déférait pour cause d'attachement au christianisme.

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APPIE ou Apphie.

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Philémon 2. Probablement la femme de Philémon; on croit qu'elle souffrit le martyre avec son mari.

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APPIUS,

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consul romain (303 avant J.-C.) qui avait fait construire la ville connue sous le nom de Marché d'Appius (— Voir: Forum). Il avait aussi fait tracer une route qui porte son nom, la Voie Appienne.

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AQUILAS,

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Juif né dans le Pont et fabricant de tentes. Sa femme (Prisca ou Priscilla) et lui furent de très bonne heure convertis au christianisme; peut-être le furent-ils par le discours de Pierre à la Pentecôte. Après avoir résidé quelque temps à Rome, occupés sans doute à faire des tentes pour l'armée d'Italie, ils durent quitter la capitale, comme tous les Juifs, bannis par l'édit de Claude, et vinrent se fixer à Corinthe, Actes 18:2. Ils continuèrent d'y exercer leur industrie, et plus d'un Juif, plus d'un Grec, plus d'un soldat romain, logèrent sous des tentes qu'un des ouvriers d'Aquilas, un nommé Saul, apôtre des gentils, avait fabriquées de ses mains. Saint Paul cependant quitta bientôt la maison d'Aquilas, et alla, peut-être pour complaire aux chrétiens d'entre les gentils, peut-être pour être plus près du lieu des réunions et parce que ses devoirs pastoraux se multipliaient, habiter auprès de Juste, païen converti, dont la maison était voisine de la synagogue. Au bout de quelque temps, lorsque Paul s'embarqua pour la Syrie, Aquilas et Priscille partirent avec lui et l'accompagnèrent à Éphèse: c'est probablement là, dans l'émeute de Démétrius, 19:24, qu'ils exposèrent leur vie pour lui, Romains 16:4; c'est encore là qu'ils instruisirent Apollos dans la voie du Sauveur et dans le baptême de Jésus, lui qui ne connaissait encore que le baptême de Jean. Plus tard, ils retournèrent à Rome, où il paraît que l'édit de Claude était tombé en désuétude, et nous voyons leur maison servir d'église à quelques fidèles de la ville. Ils sont en tête de ceux auxquels saint Paul adresse des salutations dans sa lettre aux Romains. Enfin ils revinrent en Asie et se fixèrent de nouveau à Éphèse ou dans les environs: c'est là que nous les trouvons pour la dernière fois. L'amitié qui les unit au grand apôtre ne se démentit jamais, et Paul pressentant son prochain supplice, les mentionne encore les premiers dans sa lettre testamentaire, lorsqu'il charge Timothée de saluer les frères qui l'entourent, 2 Timothée 4:19.

 

Quelques auteurs, poussés par des principes ou scrupules dogmatiques, attribuent à Aquilas, et non à saint Paul, le vœu dont il est question. Actes 18:18; mais le contexte de la phrase ne permet pas cette interprétation. C'est de Paul, et non point d'Aquilas, qu'il s'agit; c'est Paul qui fait le voyage, et ses amis ne sont nommés qu'en passant. D'ailleurs l'ensemble des principes et de la conduite de Paul nous prouve que cet apôtre, si large avec les païens, ne laissait pas d'être encore Juif pour les Juifs, et qu'il avait conservé de l'ancien culte quelques rites, quelques cérémonies pieuses auxquelles il était toujours attaché.

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ARABIE,

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vaste contrée de l'Asie, à l'est et principalement au sud du pays de Canaan. Sa plus grande longueur d'orient en occident est d'environ 3,000 kilomètres, et du nord au midi de 2,500. Dans sa partie septentrionale, à l'est de Canaan, l'Arabie n'a pas, à beaucoup près, la moitié de ces dimensions. On évalue sa surface à cinq ou six fois celle de la France; elle est bornée au sud par l'Océan indien, à l'ouest par la mer Rouge et l'isthme de Suez, au nord-ouest et au nord par le pays de Canaan et par la Syrie, à l'est par les montagnes de la Caldée et le golfe Persique. On la divise communément en trois parties:

 

1.             L'Arabie Pétrée ou rocheuse, au nord-ouest. C'est maintenant la province d'Hedjaz: on y trouve au sud-ouest les villes fameuses de La Mecque et de Médine, lieux de pèlerinages chers aux mahométans. Cette contrée se divisait autrefois en pays d'Édom, désert de Paran, pays de Cusan, etc., et il semble qu'on lui ait donné le nom d'Arabie soit parce qu'elle est à l'occident de l'Asie, soit à cause du mélange, à cause de la variété des tribus qui l'habitaient, soit enfin à cause de la stérilité du pays, le mot Arabie pouvant signifier ces trois choses.

— On y trouvait Guérar, Kadès-Barné, Lakis, Béersébah et le mont Sinaï.

2.             L'Arabie Déserte, en partie au sud de l'Arabie rocheuse, en partie s'étendant à l'est de Canaan, comprenait les pays de Hammon, de Moab, de Madian, la contrée des Ituréens, celle des Hagaréniens, et probablement aussi le pays de Huz: c'est là qu'on trouve surtout ces affreux déserts qui font avec leurs caravanes légères la réputation de l'Arabie; des hordes sauvages et quelques bêtes féroces, moins redoutables pour les voyageurs, en sont les seuls habitants.

3.             L'Arabie Heureuse, au sud des deux premières; contrée délicieuse et fertile, riche en parfums de toutes espèces. Selon quelques auteurs, la reine de Séba, aurait étendu sa domination jusque-là.

 

Toutefois, et malgré tout ce qu'il peut y avoir de tranché dans les différences qui séparent ces trois grandes provinces, elles ne forment effectivement qu'un seul tout, un même pays, avec de fortes nuances, mais avec une unité plus forte encore, et des caractères communs qui ne permettent pas de les séparer. Le climat en est sec et chaud, l'ardent Simoun y souffle presque continuellement, les nuits y sont fraîches, les sources rares, les rivières peu abondantes, les montagnes nombreuses mais sans végétation; quelques eaux souterraines, conduites avec art, et conservées avec soin par les Arabes, donnent une grande fertilité aux oasis clairsemées dans les déserts. On pêche les plus belles perles sur les côtes méridionales du golfe Persique. Le climat, généralement salubre, rend cependant les ophthalmies fréquentes et dangereuses. Des lions, des chacals, des hyènes, des panthères, des léopards sont la plaie des troupeaux; les sauterelles sont la plaie des lieux herbeux et des oasis; l'autruche nourrit quelquefois de ses œufs les voyageurs ou les Bédouins. Le millet et les dattes sont la principale ressource contre la faim. Les caféiers, l'aloès, l'acacia-gommier, l'encens, la manne, la myrrhe et le séné se trouvent en abondance au midi du désert et sur les côtes. Les moutons que l'Arabe nomade fait paître dans les plaines du Nedjed près de l'Yémen et jusqu'à l'Euphrate, donnent leur lait et leur viande à ceux qui ne vivent pas de pillage. Les chevaux arabes sont célèbres par leur beauté et la rapidité de leur course; ils ont leurs généalogies, leurs titres de noblesse, leur histoire et leurs rivalités. Enfin le chameau, la merveille du désert, l'idole de ses maîtres, et le chef-d'œuvre de la création pour ces peuples abandonnés, leur tient lieu de vaisseau pour traverser les sables; son poil les habille, son lait et sa chair les nourrit; sa compagnie les charme, il aime la musique, il dresse la tête au son du fifre ou du tambour; chargé de masses pesantes il fuit avec la rapidité de la flèche, et transporte, sans se fatiguer, des familles, des marchandises, ou des guerriers, ne demandant qu'une poignée de farine toutes les vingt-quatre heures, et une source tous les huit jours; sa fiente même sert à l'Arabe, et remplace le bois si rare et si coûteux. Enfin, près de périr de soif au milieu des sables et des rochers, le maître tue son serviteur et trouve encore, dans ses quatre estomacs, une source qui le rend à l'existence. C'est ainsi que, par sa sobriété, son courage et ses nombreux services, le chameau se fait pardonner sa laideur, et l'Arabe l'aime à l'égal de ses nobles coursiers.

 

L'Arabe est passionné de la liberté; son gouvernement est patriarcal, jamais il n'en a voulu d'autre, on n'a pu l'asservir. Mais les querelles des tribus sont quelquefois sanglantes. Brigands entre eux, et barbares pour les étrangers, ils sont hospitaliers pour celui qui vient réclamer leur tente et leur pain mal cuit: leur ennemi le plus cruel peut dormir en paix si quelque circonstance fortuite l'a amené sous le toit de celui qui le hait; mais la vengeance relève la tête aussitôt que l'hôte est sorti de la maison.

 

L'Arabie heureuse doit avoir été peuplée essentiellement par la nombreuse famille de Joktam, descendant de Sem; les deux autres Arabies furent d'abord habitées par les Réphaïms, les Émims, les Zamzummims, les Hamalécites, les Horites, et autres descendants de Cus, l'aîné des fils de Cam. Les Cusites en furent insensiblement dépossédés par la postérité de Nacor, Lot et Abraham. Ismaël s'établit d'abord dans l'Hedjaz, et fonda les douze puissantes tribus des Nabathéens, des Kédaréens, etc., Genèse 25:13-15, qui s'étendirent peu à peu de manière à occuper tout au moins les contrées septentrionales du pays: les restes des Uzites, des Buzites, des Hammonites, des Moabites, des Madianites, etc., s'incorporèrent à eux plus tard.

 

Les anciens Arabes étaient adonnés à une grossière idolâtrie: ils adoraient le soleil, la lune, les étoiles, et un grand nombre d'anges et d'hommes qui, selon eux, s'étaient illustrés; ils rendaient même un culte à de grandes pierres qui, dans l'origine, ne marquaient autre chose que les emplacements où leurs ancêtres avaient servi le vrai Dieu, Genèse 28:18. Les Perses introduisirent parmi eux la religion des mages, et les Juifs qui fuyaient la fureur des Romains, firent plus tard, chez les Arabes, grand nombre de prosélytes. Paul prêcha l'Évangile en Arabie, Galates 1:17, et l'on assure que dix tribus embrassèrent la foi chrétienne dans le siècle des apôtres ou dans le suivant. Mais depuis Mahomet, c'est-à-dire depuis 630 environ, les Arabes ont généralement adhéré à l'islamisme.

 

— Voir: Ismaël.

 

— Torrent des Arabes.

 

— Voir: Saules.

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ARAIGNÉE.

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La toile de cet animal sert à marquer, Job 8:14, combien est vaine et fragile la confiance de celui qui oublie le Dieu fort. Ésaïe lui compare aussi les œuvres du méchant, 59:5.

 

— Quelques versions traduisent à tort le mot teigne, Job 27:18, par araignée; et dans le passage, Proverbes 30:28, il ne s'agit pas de l'araignée non plus, ainsi que nos versions le portent, mais d'une espèce de lézards, peut-être venimeux, qui se trouvent en abondance dans les maisons, même dans les plus belles, et qui se nourrissent de mouches et d'autres insectes.

 

— Voir: Bochart, Hiéroz. II, 491.

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ARAM.

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1.             Genèse 10:22 Un des enfants de Sem. C'est le nom que la Bible donne ordinairement à la Syrie, mais il prend quelquefois une signification plus étendue: les descendants d'Aram occupèrent non seulement la Syrie, mais encore les contrées qui sont à l'orient jusqu'au-delà de l'Euphrate, dans la Mésopotamie, que la Bible appelle Aram-Naharajim, Genèse 24:10 (dans l'hébreu), ou Paddan Aram, 25:20, ou encore Paddan tout simplement, 48:7. Parmi les différentes peuplades ou tribus du pays d'Aram, nous remarquons l'Aram de Damas, 2 Samuel 8:6, Mahaca, 1 Chroniques 19:6, la Syrie de Tsoba, 2 Samuel 10:8, Guésur, 2 Samuel 15:8, la Syrie de Beth-Réhob, 2 Samuel 10:6. C'est probablement encore dans la même contrée qu'il faut chercher Hul, Genèse 10:23. La Syrie de Tsoba fut, sous Saül et David, le plus puissant des États araméens.

— Voir: Hadadéser: sous Salomon ce fut Damas.

q.v. Quelques autres villes semblent avoir été situées en Syrie, sans cependant qu'elles soient nommées araméennes, telles que Hamath, Helbon, Ribla, Bethéden, Thadmor, etc., qu'on trouvera en leur lieu et place.

— On peut remarquer qu'Homère, Hésiode et Strabon donnent aux Syriens le nom d'Araméens.

2.             Fils de Cémuel, et petit-fils de Na-cor, frère d'Abraham, Genèse 22:21. C'est lui qui, d'après quelques auteurs, aurait été le père des Syriens; mais cela paraît peu probable, car, du vivant d'Abraham déjà, le nom d'Aram est le nom d'un peuple nombreux, Genèse 24:10; 25:20, dont l'origine doit par conséquent remonter bien plus haut. Il est possible cependant que la postérité de cet Aram se soit confondue plus tard avec celle du fils de Sem, et qu'il ait donné son nom à l'une des nombreuses peuplades de la Syrie.

3.             Aram ou Ram, Ruth, 4:19; 1 Chroniques 2:10, père d'Aminadab, et arrière-petit-fils de Juda; un des ancêtres de notre Sauveur. Matthieu 1:3; Luc 3:33. Du reste, inconnu.

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ARARAT,

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pays d'Asie, Ésaïe 37:38; 2 Rois 19:37; Jérémie 51:27, probablement une province de l'Arménie, extrêmement fertile, située entre le fleuve Araxès et les lacs Van et Ormias. C'est aussi le nom de la montagne sur laquelle l'arche s'arrêta, Genèse 8:4. Elle se trouve à l'extrémité d'une vaste plaine, à l'est d'Érivan, et ressemble à un pain de sucre; sa hauteur est de plus de 4,000 mètres; le voyageur Parrot qui doit en avoir fait l'ascension en 1829, lui donne 16,200 pieds, environ 1,500 pieds de plus qu'au Mont-Blanc. Sa hauteur est évaluée, par l'Edinburgh Gazelteer, à 9,500 pieds; par Stieler (édition de 1839), à 16,100; par d'autres, à 10, 11, 12, et 12,700. Rien de plus incertain. On y trouve les traces d'un volcan éteint. La montagne conserve encore aujourd'hui le nom d'Ararat, et l'on rencontre partout des traditions de la descente de l'arche. Les Perses l'appellent Kuhi Nuach, montagne de Noé; au pied se trouve un village nommé Tamanim (les huit) chiffre qui rappelle la famille de Noé sauvée dans l'arche, et selon El-Matzim (Hist. Saracenorum) ce serait Noé lui-même qui l'aurait construit.

 

— L'Ararat est couvert de neiges et de glaces éternelles; son sommet est ordinairement enveloppé de nuages.

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ARAUNA, ou Ornan,

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2 Samuel 24:16-25, ou Ornan, 1 Chroniques 21:15, Jébusien; il possédait en Morijah une aire à battre le blé. Quand David eut vu l'ange de l'Éternel qui volait au-dessus de Jérusalem pour en détruire les habitants à cause du dénombrement qu'il avait fait faire dans son orgueil, il apprit de Cad le prophète qu'il devait élever un autel et offrir un sacrifice à l'Éternel dans l'aire d'Arauna, que Dieu lui-même avait désignée. Le pieux Jébusien, qui se cachait avec ses fils de devant la colère de l'Éternel, n'eut pas plutôt appris ce que David demandait, qu'il lui offrit en pur don, et l'aire, et le bois nécessaire pour le sacrifice, et même des bœufs pour servir de victimes. Non, dit le roi, je n'offrirai point à l'Éternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne me coûtent rien; et il refusa d'aller plus avant, aussi longtemps que le prix ne serait pas déterminé. Arauna vendit donc l'aire à David, qui, pour les bœufs, lui donna 50 sicles d'argent (165 fr., 50 c.) et pour le fonds de terre où l'aire était située, environ 600 sicles d'or, 23,844 fr. David offrit son sacrifice, et la plaie s'arrêta.

 

— Voir: Jébusiens.

 

Quant à Arauna lui-même, il parait qu'il était entré de cœur dans le sein de l'Église et de, la nation juive, quoique Cananéen d'origine, et il se montre bien digne, par son désintéressement et sa générosité, de l'honneur que Dieu lui fit en choisissant son .domaine pour en faire le théâtre de sa miséricorde envers les Juifs.

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ARRAH,

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inconnu; probablement un des plus célèbres d'entre les enfants de Hanak. Il fonda la ville qui porte son nom, Kiriath-Arbah, ville d'Arbah, Josué 15:13, laquelle reçut plus tard le nom d'Hébron: c'est tout ce que nous savons de lui.

 

— Voir: Hébron. Géants.

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ARBÉ,

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Lévitique 11:22.

 

— Voir: Sauterelles.

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ARBRE.

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Les principaux arbres dont l'Écriture fasse mention sont le sittim (acacia), le cèdre, le châtaigner, le cyprès, l'algummim, le chêne, le tilleul, le frêne, l'orme, le buis, le sapin, l'olivier, le pommier, le grenadier, le figuier, le sycomore, le mûrier, l'amandier: nous les retrouverons à leur lettre.

 

— Voir: encore l'article Plantes.

 

Le Paradis renfermait toutes sortes d'arbres agréables et utiles, dont les plus remarquables était l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et l'arbre de Vie. Le premier était ainsi nommé parce qu'il était destiné à éprouver l'obéissance d'Adam, et parce qu'en mangeant de son fruit, l'homme devait apprendre à connaître la différence entre le bien et le mal. Les fruits du second étaient peut-être le moyen naturel dont Dieu voulait se servir pour conserver intactes les forces physiques d'Adam s'il fût demeuré dans l'obéissance; on ne peut douter du moins qu'il ne fût le signe de l'alliance de Dieu avec notre premier père, comme l'arc-en-ciel le fut pour Noé, la circoncision pour Abraham, et le baptême poulies fidèles, Christ étant l'arbre de vie pour ceux qui croient en lui. Mais après la chute, et l'homme étant maudit, l'arbre de l'immortalité n'était plus qu'un malheur pour Adam, et le gage de malédictions éternelles: aussi Dieu lui en interdit l'usage et l'éloigna du Paradis. Dieu lui promit ainsi la mort, qui devait être la fin de ses souffrances, en même temps qu'il lui annonça la bonne nouvelle d'un fils qui naîtrait de sa femme, et qui triompherait du serpent.

 

Quant à la nature de ces deux arbres, il est impossible de rien avancer de sûr; les hypothèses n'ont pas manqué, mais ce ne sont que des hypothèses plus ou moins hasardées. Nous sommes ici vis-à-vis de mystères, et toutes les questions sur le pourquoi et le comment ne serviront à rien, et sont de trop. Ce que Dieu n'a pas voulu révéler, nous n'avons pas besoin de le savoir.

 

L'agriculture devant être une des principales occupations des Hébreux, les arbres fruitiers avaient été dans la loi l'objet de divers dispositions (— Voir: fruits), dont une des plus remarquables était la défense faite aux Israélites de gâter ou détruire les arbres fruitiers des villes ennemies dont ils faisaient le siège. Deutéronome 20:19.

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ARC,

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instrument de guerre, bien connu. Il consiste en une branche de corne, de bois ou d'acier, qui, fortement ployée au moyen d'une corde attachée à ses deux extrémités, repousse avec force en reprenant sa première position la flèche placée sur la corde tendue. C'est une des plus anciennes armes dont on ait fait usage, et on la retrouve chez les peuples les plus barbares. Ismaël était déjà grand tireur d'arc, Genèse 21:20. Cependant c'est des Philistins que les Hébreux paraissent avoir appris l'usage de cette arme pour la guerre, mais ils ne s'en servirent guère que jusqu'aux temps de David; cf. Genèse 27:3; 1 Samuel 31:3; 1 Rois 22:34; 2 Rois 13:45, etc. Le roi Hosias en avait rempli ses arsenaux, 2 Chroniques 26:14. On y joignait souvent l'épée, Genèse 48:22; 1 Samuel 18:4.

 

— Le mot arc est pris quelquefois dans un sens plus général, pour armes. Psaumes 44:7.

 

— Jérémie, pour annoncer que la puissance d'un peuple sera anéantie, dit que Dieu brisera son arc, 49:35, cf. Osée 1:5; et le prophète Osée compare à un arc qui trompe les Israélites qui, au lieu de prendre l'Éternel pour leur but, s'en sont détournés pour se diriger ailleurs.

 

— Arc-en-ciel, phénomène de la décomposition des rayons du soleil par les nuages qui jouent dans ce cas le même rôle que le prisme. Il en est parlé pour la première fois, Genèse 9:13, lorsque Noé sortit de l'arche. Il est inutile d'examiner si la pluie existait ou non avant le déluge, et si par conséquent l'arc-en-ciel ne fut qu'un symbole, un signe choisi parmi les choses existantes, ou s'il fut en quelque sorte une garantie physique donnée à Noé, prouvant que l'organisation actuelle de l'atmosphère ne permettra plus un déluge nouveau. Le chrétien ne peut regarder l'arc-en-ciel sans un sentiment de gratitude envers Dieu, et sans se rappeler que Dieu lui renouvelle l'assurance de sa grâce et de sa miséricorde aussi souvent qu'il fait paraître dans les airs ce brillant phénomène. C'est nous qui connaissons vraiment le message de la paix, et qui pouvons à plus juste titre que les païens appeler l'arc-en-ciel Iris deorum nuntia.

 

— Arc de triomphe; c'est ainsi que la Vulgate entend le passage, 1 Samuel 15:12, où il est dit que Saül après la défaite des Hamalécites se lit ériger un monument. L'hébreu porte une main: ce fut peut-être une colonne, peut-être un simple monceau de pierre; il ne saurait être question d'un arc de triomphe.

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ARCHANGE.

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Ce mot ne se rencontre que deux fois dans l'Écriture, 1 Thessaloniciens 4:16. Jude 9, et il signifie proprement prince, chef des anges. Il n'est jamais parlé que d'un seul archange; l'apôtre Jude le nomme Michel, nom qui se trouve déjà dans Daniel 12:1. (Micaël), et deux fois dans l'Apocalypse, et qui signifie image de l'Éternel. Quelques-uns supposent l'existence de plusieurs archanges, Gabriel, Raphaël, Uriel (la tradition juive en compte sept); mais ils ne s'appuient sur aucun fait ni passage. Il paraît beaucoup plus probable qu'il n'y en a qu'un seul qui est Christ lui-même. On dérive ordinairement le nom d'archange du livre de Daniel, où Micaël est appelé grand chef, et les rationalistes prétendent que les Juifs ont reçu cette croyance des Caldéens; mais, sans nier que les Juifs envisagés comme peuple, aient hérité des Caldéens quelques erreurs et quelques superstitions, nous devons rejeter cette hypothèse pour ce qui regarde les auteurs bibliques; et quant au nom de grand chef que Daniel emploie, nous le trouvons déjà chez Josué, qui pour sur ne le tenait pas des Caldéens, sous une forme encore plus développée, 5:13-14; c'est l'ange de l'Éternel qui porte ce nom, et qui se dit être le chef de l'armée de l'Éternel,

 

— Voir: Micaël.

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ARCHE,

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1.             de Noé: c'est le vaisseau qui sauva ce patriarche et sa famille des eaux du déluge. Il porte en hébreu le même nom que celui qui est donné au coffret de jonc dans lequel Moïse fut placé par sa mère, Exode 2:3. On croit généralement que Noé mit cent-vingt ans à construire l'arche, et qu'il y employa beaucoup d'ouvriers; cependant c'est une erreur qui provient sans doute de Genèse 6:3. Noé avait six cents ans quand le déluge vint sur la terre 7:6. Cent ans auparavant, à l'âge de cinq cents ans, il n'avait pas encore d'enfant, 5:32; or, quand Dieu lui ordonna de construire l'arche, il avait déjà trois fils, et tous les trois mariés, ce qui suppose déjà, pour le temps d'alors, un âge assez avancé, soixante à quatre-vingts ans, ou même davantage. Il n'y mit donc qu'une vingtaine d'années tout au plus, et peut-être deux ou trois seulement; d'ailleurs il n'est pas nécessaire de supposer un si long espace de temps, et Dieu fut le principal architecte de l'arche dont Noé ne fut que l'ouvrier en chef.

 

La forme de ce bâtiment était un grand carré long, avec un fond plat, et un toit légèrement incliné; il n'avait ni voiles ni cordages, et ses deux extrémités n'étaient point taillées de manière à fendre les eaux; l'arche n'était point faite pour voguer, mais pour flotter seulement, et pour surnager, et sa disposition offrait la plus grande résistance possible aux courants et à l'agitation des eaux; elle n'aurait pu que très difficilement se voir entraînée dans les mers, il ne faut pas oublier que l'Éternel lui-même s'était chargé d'en être le pilote.

 

L'arche avait 300 coudées de long, 50 de large, et 30 de haut, c'est-à-dire environ 162 mètres de long, 27 de large, et 16m,20 de haut, soit plus de 70,000 m, cubes; en sorte qu'elle était calculée de manière à pouvoir porter plus de 80,000 tonneaux, soit 80,000,000 kilogrammes.

 

Elle était divisée en trois étages, le fond de comble non compris, chacun desquels, déduction faite des planchers, devait avoir 4 à 5 mètres de hauteur, et se distribuait sans doute en un grand nombre de loges et de compartiments. Il est à présumer aussi que ce bâtiment était construit de manière à recevoir du jour et de l'air par les côtés, et qu'il y avait par-dessus le toit quelque grande couverture en peau, qui, s'abattant par devant les croisées, empêchait l'entrée de la pluie; mais cette circonstance, comme tant d'autres qui regardent le détail de la construction, peut avoir été passée sous silence. Ce serait en écartant cette espèce de contrevent que Noé aurait reconnu la fin du déluge, 8:13.

 

Le grand cheval de bataille des incrédules contre cette histoire miraculeuse, c'est l'impossibilité prétendue de loger dans l'arche un aussi grand nombre d'animaux. Pour rendre l'objection plus forte, il n'y a qu'à faire l'arche aussi petite, et le nombre des animaux aussi grand que possible; mais il y a des limites à tout, même à la valeur des objections. L'arche était un édifice immense, et tel qu'il n'y a guère de grand temple en Europe qui présente une masse à lui comparer. Quant aux animaux, il est sûr, puisque Dieu se proposait simplement d'en conserver les espèces différentes, qu'il n'aura pas fait entrer dans l'arche des subdivisions de ces espèces, provenant de croisements successifs, mais seulement les espèces primitives et principales. Or, si l'on porte à 130 ou 140 le nombre des espèces bien tranchées de quadrupèdes qui vivent sur la terre, à 160 celui des oiseaux, et à 30 ou 40 celui des reptiles qui n'ont pu se réfugier sous le sol et y demeurer dans un état d'engourdissement, comme cela peut avoir eu lieu pour les serpents, l'arche se trouverait avoir été plus que suffisante pour contenir tous les animaux qui durent y entrer, avec la nourriture nécessaire à tous pendant une année. D'ailleurs, s'il y a de gros animaux, il ne sont pas tous gros: on n'en connaît que six espèces plus grandes que le cheval; il y en a peu qui soient aussi grandes, et il y en a un fort grand nombre qui sont au-dessous de la brebis. Le premier étage à lui seul aurait reçu tous les quadrupèdes; au second aurait été leur nourriture; et le troisième présente assez d'espace pour loger les oiseaux et les reptiles, puis Noé et sa famille avec les provisions nécessaires. Des calculs très détaillés et très exacts ont amené là-dessus les résultats les plus satisfaisants, qu'il n'est pas difficile de vérifier. En outre, la position particulière et tout exceptionnelle où se trouvaient les animaux, aura influé sur leurs rapports entre eux (rapports du reste que nous ne connaissons pas pour les temps antédiluviens), comme aussi sur leurs rapports avec l'homme, de manière à faciliter beaucoup les soins qu'on était obligé de leur donner. On objecte de même souvent, qu'à cette époque peu avancée de l'industrie, il était presque impossible de construire un bâtiment d'une telle grandeur, et de le mettre en état de résister aux vagues de l'Océan universel. Mais l'antiquité tout entière, même la plus reculée, a pris soin de répondre à cette objection. L'industrie s'est développée bien longtemps avant le commerce, presque en même temps que l'agriculture, et nous possédons dans les pyramides, et dans les ruines les plus anciennes des pays classiques, le témoignage irréfutable d'un vaste esprit d'entreprises, et d'une connaissance étonnante et profonde de la mécanique et des autres arts, chez les hommes des siècles passés. Le grand temple de l'Inde percé dans une montagne, et le mur de la Chine, sont d'ailleurs des travaux bien autrement gigantesques, et Dieu n'en a pas été l'architecte et l'ordonnateur, comme il le fut de l'arche destinée à faire surnager ses huit sur le chaos et les débris d'un monde qui allait cesser d'être.

 

L'arche fut faite de bois de gopher (q.v.), et Noé l'enduisit de bitume. Après qu'elle eut vogué pendant cinq mois environ, elle s'arrêta sur le mont Ararat en Arménie.

 

— Voir: Déluge.

— Sermons de Rochat, etc.

 

2.             Arche de l'alliance. Le mot hébreu que nos traductions rendent par Arche, Exode 37:1, et ailleurs, n'est pas le même que celui qui désigne le vaisseau de Noé. L'arche de l'alliance était un coffret de bois de sittim, d'environ 1m,62 de longueur, large de 1m,08, et profond d'autant. Il était garni de plaques d'or pur en dehors et en dedans; il avait en dehors une corniche également d'or, et il était recouvert d'une table en or massif appelé le couvercle ou le propitiatoire, sur lequel se tenaient deux chérubins. Ils étaient l'un vis-à-vis de l'autre, regardant le propitiatoire qu'ils couvraient de leurs ailes; c'est du milieu d'eux que l'Éternel rendait ses oracles, Exode 25:22; Nombres 7:89; cf. 2 Rois 19:15; Psaumes 80:1, et qu'il manifestait visiblement sa gloire et sa présence. Dans l'arche se trouvaient la cruche d'or avec la manne, la verge d'Aaron qui avait fleuri, et les tables de l'alliance, Hébreux 9:4. Elle était placée dans le lieu très saint, et au grand jour des expiations, le souverain sacrificateur venait et répandait sur le propitiatoire le sang des victimes immolées. Il est facile de voir que ce coffret mystérieux était un type de notre Seigneur Jésus-Christ: c'est lui qui a réellement magnifié la loi de Dieu, tout en faisant propitiation pour nos péchés; il est notre alliance avec le Saint des saints, et c'est en lui qu'a brillé toute la gloire du Père.

 

Maintenant qu'est-elle devenue, cette arche de l'alliance? On n'en sait rien et l'on n'a pas besoin de le savoir, puisque la présence de notre Dieu n'est plus attachée à aucune chose périssable, mais que nous pouvons le trouver partout où nous sommes avec un cœur pur et des mains nettes. Toutefois, voici quelques mots sur les traditions relatives au sort final de cet ustensile sacré qui fut si longtemps, pour les Juifs, l'objet de leur juste vénération. D'après 2 Maccabées 2:4; et sq., Jérémie aurait caché l'arche dans une caverne de la montagne où Moïse était monté peu avant sa mort (Pisga), afin que personne ne la pût trouver jusqu'au jour où le Seigneur rassemblerait de nouveau son peuple. Théophylacte, Épiphane et le rabbin Joseph Ben-Gorion racontent la même histoire, mais sur la foi de ce même témoignage, de sorte qu'il n'y a qu'une seule source pour cette tradition. Toutefois, en l'absence d'autres données, celle-là pourrait avoir quelque poids. La Bible n'en dit plus rien. Lorsque Cyrus rendit à Esdras, Esdras 1:7, les vases que Nébucadnetsar avait emportés, nous n'y trouvons pas un mot sur l'arche; les Juifs sont d'accord pour dire qu'elle ne se trouvait pas dans le second temple, et lorsque Flavius Josèphe (Bell. jud.) énumère les objets qui ont été emmenés par Titus triomphant, il nomme la table d'or, le candélabre et la loi; et sur l'arc de Titus dont on admire encore les restes bien conservés, on no trouve parmi les dépouilles du temple que le candélabre et la table. Tout cela prouve assez clairement qu'au retour de la captivité, l'arche d'alliance n'existait plus pour les Juifs. Quelques rabbins s'appuyant sur 2 Chroniques 36:10, ou sur 2 Rois 20:17; et 24:13, prétendent qu'elle fut détruite et emmenée à Babylone avec les autres trésors du palais et du temple; cependant il est peu probable qu'elle soit tombée entre les mains des Caldéens, car on ne saurait comprendre pourquoi il n'est jamais parlé de ce monument précieux, ni dans le récit des choses emmenées, ni dans la liste des effets rendus à Esdras.

 

Selon d'autres, elle aurait été détruite lors de la ruine de Babylone, ou par accident, ou à dessein; car, d'après Ésaïe 37:19, les Assyriens avaient coutume de jeter au feu les dieux des nations vaincues. Aucun auteur juif n'admet cette supposition; les chrétiens au contraire l'ont presque tous acceptée en se fondant sur Jérémie 3:16: dans ce passage le prophète exprime en effet l'idée que, dans les temps à venir, l'arche ne sera plus honorée comme le seul trône de l'Éternel; mais il parle par opposition à la vénération superstitieuse que les Juifs de son temps, après la réformation de Josias, avaient pour les objets visibles de leur culte, et il veut dire qu'un temps viendra où le véritable temple de l'Éternel sera dans les cœurs de son peuple: ce passage ne peut donc pas s'entendre à la lettre.

 

Il ne reste plus maintenant que la troisième supposition, c'est que l'arche ait été cachée. C'est la supposition des Juifs: ils sont, à peu d'exceptions près, d'accord sur ce point. Selon eux, Josias, averti des maux qui allaient fondre sur le peuple de Dieu, 2 Chroniques 34:24, cacha l'arche dans l'intérieur de la montagne, au-dessous du temple, dans une retraite préparée déjà par Salomon pour cet effet. Ils allèguent 2 Chroniques 35:3, qui semblerait prouver le contraire de ce que les Juifs prétendent; mais ils l'expliquent en disant que l'ordre même qui est donné de remettre l'arche à sa place, indique qu'elle n'y avait pas été sous le règne de l'impie prédécesseur de Josias, et qu'elle avait été probablement mise en lieu de sûreté. Conséquents avec eux-mêmes, ils espèrent que le temps viendra où, par une direction providentielle, l'arche sera retrouvée, et rendue au peuple de retour dans la terre promise.

 

Quant à nous, ce qui nous paraît à la fois le plus probable et le plus simple, c'est que les sacrificateurs, sachant que la captivité ne devait durer que soixante et dix ans, auront mis de côté les monuments les plus précieux de leur culte, et que Jérémie le prophète, en réponse peut-être à une demande qui lui aura été adressée par le sacrificateur, aura indiqué le moment précis où devait avoir lieu l'invasion: on l'aurait ainsi prévenue en se hâtant d'enfouir quelques-uns des vases sacrés. Puis au retour de l'exil, les Juifs, toujours entourés d'ennemis et de difficultés de tout genre, auront voulu attendre des temps meilleurs et l'érection du second temple, avant de sortir de leur retraite ces monuments ensevelis, et à force de délais on aura perdu la connaissance exacte des détails et de l'emplacement; il n'en sera plus resté qu'une tradition vague et peu solide, appuyée, comme toujours, sur un fond de vérité, mais amplifiée et défigurée par de curieuses conjectures rabbiniques, ou par l'imagination des poètes.

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ARCHÉLAUS,

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fils d'Hérode le Grand, par la samaritaine Malthace, sa cinquième femme. Ce fut le plus cruel et le plus sanguinaire des fils d'Hérode. Celui-ci, après avoir fait mourir ses fils Alexandre, Aristobule et Antipater, et après avoir interdit à Hérode Antipas toutes prétentions au trône, s'établit pour successeur Archélaüs, en réservant toutefois l'agrément de l'empereur. Le peuple et l'armée parurent satisfaits du choix d'Hérode, et prêtèrent à Archélaüs le serment de fidélité. Le nouveau monarque fit à son père de magnifiques obsèques, solennisa un deuil de sept jours, et fit de grandes réjouissances populaires. Ayant rassemblé la multitude dans les cours du temple, il promit de gouverner avec douceur et de ne prendre le titre de roi qu'après qu'il en aurait obtenu de Rome la permission. Peu de temps après, la populace se réunit tumultueusement, demandant la mort d'un homme parles conseils duquel Hérode avait, fait exécuter un Juif zélé, qui avait arraché des portes du temple l'aigle d'or qu'on y avait placée. Le peuple demandait en outre que Joazas fût dépouillé de la souveraine sacrificature, et il maudissait la mémoire d'Hérode le Grand. Pour se venger de ces insultes, Archélaüs envoya ses troupes contre la multitude, et massacra 3,000 hommes sur le lieu même du rassemblement près du temple. Tout cela se passait l'année même de la naissance de notre Sauveur.

 

Cependant Archélaüs ne tarda pas à partir pour Rome, pour y solliciter la confirmation du testament de son père, tandis que de son côté, Hérode Antipas demandait qu'un testament antérieur, qui le faisait héritier, fût seul déclaré valide, comme ayant été écrit dans un moment où leur père jouissait mieux de toutes ses facultés. Auguste, ayant entendu les parties, ajourna la sentence. D'autre part, la nation juive pétitionnait auprès de l'empereur pour que les prétentions de la famille d'Hérode tout entière, fussent écartées, et que la Judée fut annexée à la Syrie comme province romaine. Après un délai de quelques jours, l'empereur investit Archélaüs d'une partie des domaines de son père, avec le titre d'Ethnarque ou chef du peuple, lui promettant la couronne s'il la méritait par sa conduite. À son retour en Judée, Archélaüs déposa Joazas de sa charge, sous prétexte qu'il avait excité des séditions parmi le peuple, et le remplaça par Éléazar, frère de Joazas. Mais, au bout de sept ans, les Juifs et les Samaritains, fatigués de ses violences et de sa tyrannie, le dénoncèrent à l'empereur. Contraint de comparaître, il se rendit à Rome, fut condamné à l'exil, et finit ses jours à Vienne en Dauphiné.

 

— Ce fut le caractère cruel de ce prince qui détourna Joseph et Marie de résider en Judée avec le petit enfant Jésus, Matthieu 2:22-23.

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ARCHERS,

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guerriers ou chasseurs se servant d'arcs. Avant l'invention des armes à feu, l'usage de l'are était presque universel, et il remonte à la plus haute antiquité, Genèse 21:20; Jérémie 51:3. Les archers qui avaient donné beaucoup d'amertume à Joseph et qui avaient tiré contre lui, Genèse 49:23, signifient ses ennemis, savoir ses frères et la femme de Potiphar. Les archers de Dieu dont parle Job 16:13, étaient les afflictions et les terreurs qui étaient venues fondre sur lui, et qui avaient produit sur son âme des effets tels que feraient des flèches empoisonnées.

 

— Les Benjamites passaient pour excellents archers, 1 Chroniques 8:39-40; 2 Chroniques 14:8; 17:17, de même que les Philistins, 1 Samuel, 31:3, et les Hélamites, Ésaïe 22:6; Jérémie 49:35; Ézéchiel 32:24.

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ARCHIPPE,

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ministre du saint Évangile à Colosses. Les membres de cette Église sont invités par Paul à exciter leur pasteur à la diligence et au courage dans l'œuvre de son maître, Colossiens 4:17. Paul le salue dans sa lettre à Philémon, verset 2.

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ARÉOPAGE,

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Actes 17:19. Tribunal suprême des Athéniens, célèbre par la justice de ses sentences. Institué par Solon comme cour de judicature, il fut dans la suite élevé au rang d'un conseil d'État, puis dépouillé de nouveau d'une partie de ses attributions par Périclès, puis encore réintégré dans ses droits après la chute des trente tyrans. Présidés par l'archonte, ils jugeaient les causes de meurtre, de blessures graves, d'incendie, d'empoisonnement, et toute atteinte au respect dû aux dieux de la patrie. L'aréopage tirait son nom de la colline, ou du faubourg où il tenait ses séances, lequel était consacré au dieu Mars (Ares), et qui s'élevait, dans Athènes, à l'ouest de l'Acropolis, citadelle séparée de la ville basse par une muraille. C'est du haut de cette colline (et non point devant des juges, mais devant le peuple) que saint Paul adressa la parole aux philosophes épicuriens et stoïciens qui avaient désiré de l'entendre.

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ARÉTAS

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(vertueux). Il y eut sous ce nom plusieurs petits rois qui régnèrent à l'est de Canaan, vers les frontières de l'Arabie, sur le pays de Ghassan. Mais l'Écriture ne parle que de celui qui succéda à Obodas, et qui fut le beau-père d'Hérode Antipas. Son gendre, amoureux d'Hérodias, femme d'Hérode son frère, et ayant poussé sa première femme à demander une séparation, Arétas, père de l'épouse congédiée, résolut de la venger.

 

À ce grief vinrent encore s'ajouter quelques contestations à propos des frontières des deux États; la guerre commença, l'armée d'Hérode fut entièrement battue. Hérode s'en plaignit à Rome, et Vitellius fut chargé de punir l'Arabe; mais ayant appris la mort de Tibère (37 après J.-C.), il fit rentrer ses troupes en quartier d'hiver. C'est vers cette époque qu'Arétas doit avoir occupé Damas et y avoir placé l'ethnarque dont il est question 2 Corinthiens 11:32; cf. Actes 9:24. Plus tard un intrigant, nommé Syllæus, essaya de nouveau de perdre Arétas dans l'esprit de l'empereur, qui, ayant démasqué le traître, confirma solennellement le roi de Ghassan dans son autorité.

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ARGENT.

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Il ne paraît pas que ce métal ait été en usage avant le déluge; du moins les seuls métaux mentionnés dans la Bible jusqu'à cette époque sont le cuivre et le fer, Genèse 4:22. Mais dès le temps d'Abraham nous le voyons employé pour le commerce et les arts: Joseph avait une coupe d'argent, 44:2,8, et les Égyptiens avaient des vases et autres ustensiles du même métal, Exode 12:35; Nombres 7:13; 10:2. Comme monnaie, les patriarches s'en servaient déjà, Genèse 20:16; 23:16, il n'était pas frappé au coin, mais on l'estimait au poids en morceaux ou lingots, selon qu'il était plus ou moins pur. À l'époque même de la destruction de Jérusalem par les Babyloniens, nous voyons le prophète Jérémie acheter le champ de son cousin Hanaméel, et lui peser 17 sicles d'argent (198 grammes) en échange, Jérémie 32:9. Plusieurs passages nous autorisent à penser que l'exploitation de ce métal, et l'art de le raffiner et de le travailler, étaient connus des Israélites; cf. Job 28:1; Psaumes 12:7; 66:10; Proverbes 10:20; 17:3; 27:21; Ézéchiel 22:22; Zacharie 13:9; 1 Chroniques 29:4, et ailleurs. Les Phéniciens, ces rois du commerce d'alors, tiraient surtout l'argent de l'Espagne, et l'apportaient en lingots, Ézéchiel 27:12, ou en plaques, Jérémie 10:9.

 

Le nom hébreu de ce métal (kèseph) signifie pâle, et dérive d'un verbe qui signifie être pâle, languir après quelque chose d'aimé. C'est pour cela sans doute que chez eux l'argent a été regardé comme le symbole de la charité.

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ARGOB.

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1.             Contrée de Basan, appartenant à la demi-tribu de Manassé; elle était extrêmement fertile, surtout en oliviers, et contenait soixante villes fermées, que Jaïr, fils de Makir, répara et qu'il appela de son nom bourgs de Jaïr. Cette contrée se nommait sans doute Argob, du nom de sa capitale, ou de celui de quelque Amorrhéen célèbre auquel elle aurait autrefois appartenu, Deutéronome 3:4,14; 1 Rois 4:13.

2.             Argob et Arié, inconnus. Leur nom ne se trouve que 2 Rois 15, 25, mentionné à propos de la conspiration de Pékach, dont on ne sait pas s'ils furent les complices ou les victimes: la phrase dans l'original, comme dans nos traductions, permet l'une et l'autre interprétation, mais favoriserait davantage l'idée qu'ils succombèrent dans la défense d'Hazaria leur roi.

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ARIÉ,

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— Voir: Argob.

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ARIEL,

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Ésaïe 29:1, mot composé qui peut signifier lion de Dieu ou foyer de Dieu; cette dernière signification se justifie davantage par la comparaison de Ézéchiel 43:15-16. (Hariel est mis par erreur), où le prophète donne ce nom à l'autel des holocaustes. C'est un nom prophétique et symbolique de la ville de Jérusalem, la ville forte et vaillante qui doit être le foyer et l'autel de Jéhovah. Dans le premier sens, l'allusion porterait sur la force de ses moyens de défense dans la guerre.

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ARIMATHÉE,

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ville de Judée, que quelques écrivains pensent être la même que Ramathajim Tsophim, 1 Samuel 1:1, la patrie de Samuel le prophète, dans le voisinage de Béthel. Suivant Clarke et Buckingham, Arimathée est sur la route de Jérusalem à Joppe, à l'extrémité d'une vaste et fertile plaine, à 50 kilomètres environ nord-ouest de Jérusalem. C'est dans cette ville que demeurait l'honorable conseiller juif qui demanda la permission d'ensevelir Jésus dans un sépulcre neuf qui lui appartenait. Matthieu 27:57; Luc 23:50.

 

— Voir: Rama.

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ARIOC ou Arjoc.

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1.             Roi d'Ellasar, un des alliés de Kédor-Lahomer, Genèse 14,1. Du reste, inconnu.

2.             Capitaine des gardes de Nébucadnetsar qui reçut l'ordre de faire périr tous les sages de Babylone. À la demande de Daniel, il suspendit l'exécution et introduisit ce prophète devant le roi, pour lui révéler le songe qui l'inquiétait, et lui en donner l'explication, Daniel 2:14.

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ARISTARQUE,

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natif de Thessalonique, un zélé chrétien qui accompagna Paul à Éphèse, et faillit perdre la vie dans le tumulte qu'excita l'orfèvre Démétrius. Il suivit Paul en Grèce, de là en Asie, puis à Jérusalem; on dit qu'il fut mis à mort dans la capitale de l'Empire, en même temps que l'Apôtre. Actes 19:29; 20:4; 27:2; Colossiens 4:10.

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ARISTOBULE

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passe pour avoir été frère de Barnabas et l'un des soixante et dix disciples; on dit même qu'il prêcha l'Évangile en Angleterre avec de grands succès. Mais en réalité l'on ne sait rien de positif sur son compte; on ne sait pas même s'il fut chrétien, puisque ce n'est pas lui mais sa famille ou ses serviteurs que saint Paul salue Romains 16:10.

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ARJOC,

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— Voir: Arioc.

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ARKÉVIENS,

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Esdras 4:9, peuplade issue probablement de Érec, Genèse 10:10, q.v.

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ARKIEN, et Arkite,

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Josué 16:2,4, (et Arkite, 2 Samuel 15:32) Arki était une ville de la tribu d'Éphraïm, près de Béthel: peut-être faut-il joindre à ce nom celui de Hataroth qui suit, de sorte que ce serait le même endroit que Hatroth-Addar au verset 5.

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ARMAGEDDON,

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Apocalypse 16:16. Ce mot semble dérivé de Méguiddo, la plaine où Barac, avec 10,000 hommes découragés et presque sans armes, mit en déroute la formidable armée des Cananéens, Juges 4 et 5, et où le pieux roi Josias fut blessé à mort dans la bataille contre Néco, roi d'Égypte, 2 Chroniques 35:22. C'est le nom hébreu donné par saint Jean au lieu qui sera le théâtre de la destruction des troupes ennemies sous la sixième fiole. Sera-ce en Italie, en Judée, ou dans les deux contrées à la fois, ou ailleurs? C'est ce qu'il n'est pas possible de déterminer; le sens littéral est préférable. Il s’agit plutôt ici d’une guerre spirituelle entre la souveraineté de l’homme et la Souveraineté de Dieu, plus particulièrement entre le salut par les œuvres et le salut par la grâce seule.

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ARMÉES.

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Les plus nombreuses armées dont il soit parlé dans la Bible, sont celles de Zérah, forte d'un million d'hommes et plus, 2 Chroniques 14:9, celle de Jéroboam, de 800,000 hommes (ib. 13, 3), celle d'Abija, 400,000 hommes (ibid.), et enfin celle de Josaphat, qui se composait d'environ 1,200,000 combattants (17:14-18). Un nombre aussi considérable d'hommes, levés sur un espace de terrain assez peu étendu, peut sembler étonnant; mais il faut se rappeler que ces armées ne se composaient pas de troupes régulièrement organisées, soudoyées et entretenues par leurs gouvernements: ce n'étaient que des levées en masse dans lesquelles se rencontraient tous les Israélites en état de porter les armes, vieillards ou jeunes gens, riches ou pauvres, hommes de toutes classes, espèces d'armées semblables à celles que Xercès lança sur la Grèce, semblables encore à celles du turc Bajazet, du tartare Tamerlan, ou aux armées ecclésiastiques des croisés du moyen âge. Après la guerre, chacun de ceux qui en revenaient reprenait son métier et le cours interrompu de ses occupations. Il va d'ailleurs sans dire que les chiffres indiqués plus haut ne sont, avec toute l'exactitude désirable, que des nombres ronds tels que nous les marquerions nous-mêmes en pareils cas.

 

— Voir: Nombres.

 

Avant le règne de David, les Israélites ne combattaient qu'à pied, et chaque soldat portait ses vivres avec lui. La plupart de ses successeurs n'eurent que des gardes du corps, et toute leur armée se composait de milices. Lorsque les Hébreux étaient à la veille d'une bataille, il se faisait une proclamation par laquelle étaient invités à se retirer tous ceux qui avaient nouvellement bâti une maison ou planté une vigne, ceux qui étant fiancés n'étaient pas encore mariés, et tous ceux qui se laissaient influencer par la peur, Deutéronome 20:5-8; puis les sacrificateurs sonnaient de la trompette et exhortaient ceux qui étaient demeurés à se confier dans l'assistance du Seigneur (ibid.).

 

Les Hébreux sont souvent représentés comme l'armée de l'Éternel, ils marchaient sous ses ordres, lui-même étant leur prince et leur général; quelquefois il désignait leurs chefs et traçaient leurs plans de campagne; les ministres de ses autels étaient chargés de donner le signal du combat, Josué 5:14. Daniel 8:10-11. Les anges, les ministres, les hommes zélés, les astres, les sauterelles, les troupes romaines, et en général toutes les créatures composent la grande armée du Seigneur; il s'en sert pour la défense de son peuple et pour l'extermination de ses ennemis: toujours elles sont prêtes à obéir à ses commandements, Psaumes 103:21; 68:12; Daniel 4:25; Joël 2:7,25; Matthieu 22:7. L'armée des cieux et toutes ces brillantes étoiles du firmament appartiennent au suprême Créateur de toutes choses, qui est appelé l'Éternel des armées, le Dieu des cieux et de la terre, parce que sa puissance s'étend sur toutes choses: il commande, et ils obéissent. Le nom de l'Éternel des armées, qui ne paraît jamais dans le Pentateuque ni dans les Juges, est très fréquemment employé par Ésaïe, Jérémie, Zacharie et Malachie; on trouve encore: Éternel, Dieu des armées, Psaumes 59:5, et le Seigneur, l'Éternel des armées, Ésaïe 10:16. Les armées désignent dans cette locution les puissances célestes et spirituelles, essentiellement les anges, par opposition aux choses de la terre.

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ARMÉNIE,

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contrée d'Asie, bornée au nord par la Colchide et l'Ibérie, à l'est par la Médie, au sud par la Mésopotamie, à l'ouest par la Cappadoce, enfin au sud-ouest par l'Euphrate et par la Syrie. Elle fut conquise par Astyage le Mède, qui lui laissa ses propres rois tout en se la rendant tributaire. Sous Cyrus, elle devint une simple province de la Perse, dont elle continua de faire partie jusqu'au moment de la conquête de l'empire par Alexandre. Après lui, elle échut en partage aux rois de Syrie, qui la possédèrent jusqu'à Antiochus le Grand, sous le règne duquel cette province se révolta et se partagea en deux royaumes, la grande et la petite Arménie. Environ cinquante ans avant Christ, elle tomba au pouvoir des Romains, auxquels les Arabes ou Sarrasins l'enlevèrent du temps de Justin II, empereur d'Orient; cinquante ans après, elle fut envahie par les Tartares; en 1472 elle fut annexée derechef à l'empire perse, jusqu'à l'an 1522, où elle fut conquise par les Turcs dont elle est encore, en majeure partie, la propriété.

 

Le christianisme pénétra de bonne heure dans cette contrée, et il y est encore professé. Les Arméniens font un commerce très étendu avec l'Inde, la Perse et la Turquie, où ils ont des établissements.

 

L'Arménie est un pays de montagnes; les hivers y sont très froids; mais en été, et dans les vallées surtout, la température y est extrêmement élevée.

 

Elle ne se trouve nulle part mentionnée dans la Bible sous le nom même d'Arménie, mais on croit qu'elle est désignée en divers passages par les mots de Ararat, Genèse 8:4, de Thogarma, 10:3, et de Minni, Jérémie 51:27:

 

— Voir: ces articles.

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ARMES.

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On trouve, en général, employées chez les Hébreux les mêmes armes que chez les autres nations d'alors, 1 Samuel 17:5; sq. 2 Chroniques 26:14; Néhémie 4:13,16; mais il est difficile de rien préciser ni sur la forme de ces armes, ni sur les matières dont elles étaient faites. On distinguait:

 

1.             Parmi les armes défensives,

a.             le bouclier;

b.             le casque, 2 Chroniques 26:14; Jérémie 46:4; cf. Éphésiens 6:17; d'airain, 1 Samuel 17:5,38;

c.             la cuirasse, qui recouvrait le ventre et la poitrine, 1 Samuel 17:38; Néhémie 4:16; 2 Chroniques 26:14, ordinairement d'airain, et souvent de lames d'airain disposées en écailles. Pour blesser un guerrier cuirassé, il fallait l'atteindre à l'endroit des jointures et de l'agencement des deux pièces principales de la cuirasse, cf. 1 Rois 22:34.

d.            Les jambières: espèce de bottés destinées à couvrir l'os de la jambe, aussi d'airain, 1 Samuel 17:6; elles étaient fréquemment employées par les guerriers de l'antiquité, Iliade 7, 42. Énéide 11, 777.

e.             Il est encore parlé, Ésaïe 9:4, suivant quelques traductions, d'une espèce de soulier militaire, ou bottine de cuir (lat. caliga) garnie de fortes pointes; c'est le mot que nos versions rendent par tumulte.

 

2.             Armes offensives,

a.             L'épée, qu'on ceignait autour du corps avec une ceinture de cuir; les Juifs, comme l'infanterie romaine, portaient l'épée du côté gauche: on a voulu prouver le contraire par l'histoire d'Ehud, Juges 3:16,21, mais l'historien fait précisément remarquer l'exception dans le fait de ce guerrier qui était gaucher, verset 15. L'épée se mettait dans un fourreau, 1 Samuel 17:51; 1 Chroniques 21:27; souvent elle était à deux tranchants, Juges 3:16; Proverbes 5:4; cf. Hébreux 4:12.

b.             La lance, hallebarde ou javelot, dont, parfois, on se servait pour le combat corps à corps, et qui, d'autres fois, se lançait contre l'ennemi: ce dernier cas était le plus rare, 1 Samuel 19:10; 20:33. La hampe était ordinairement de bois et se terminait par une pointe de fer ou d'airain, 1 Samuel 17:7; 2 Samuel 21:16,19. Nahum 2:3. (dans ce passage le mot traduit par sapin se rapporte à la hampe de la lance, le contexte le prouve suffisamment),

c.             L'arc (q.v.) avec ses flèches.

d.            La fronde, e. On peut croire, enfin, qu'il s'agit encore d'une hache d'armes, Psaumes 35:3 (au lieu de lance), et d'un marteau de guerre, Proverbes 25:18; mais ce n'est pas très clair.

 

Quant à l'usage des anciens d'ensevelir avec un guerrier les armes dont il se servait pendant sa vie, on peut en trouver une trace Ézéchiel 32:27. On suspendait volontiers dans les temples, ou bien on brûlait par morceaux, les armes prises sur l'ennemi, Ézéchiel 39:9. (Ésaïe 9:3?) Il parait que les rois d'Israël avaient des arsenaux; du moins, nous voyons que David, Cantique 4:4, Salomon, 2 Chroniques 9:16; Roboam, 11:12, Hosias, 26:14, et Ézéchias, Ésaïe 39:2, en avaient. Le temple lui-même servit à ces dépôts, 1 Samuel 21:9; 2 Chroniques 23:9.

 

Les armes de Dieu sont, dans un certain sens, tous les moyens que le Seigneur emploie pour défendre son peuple et le faire triompher de ses ennemis; dans un autre sens, ces armes sont les secours mêmes qu'il prête aux fidèles, pour combattre le bon combat de la foi contre le péché, le monde et Satan. Psaumes 35:2; Éphésiens 6:11-20.

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ARMONI, et Méphiboseth,

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fils de Saül et de Ritspa, et Méphiboseth, son frère (qu'il ne faut pas confondre avec le fils de Jonathan), furent livrés par David, de même que cinq de leurs neveux, fils de Mical, aux Gabaonites, qui les mirent à mort, pour expier les crimes de Saül à l'égard de cette peuplade, 2 Samuel 21:1,8; ils furent exposés en croix sur une colline.

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ARNON,

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rivière ou torrent dont il est fréquemment parlé dans l'Écriture, Nombres 21:13; 22:36; Deutéronome 2:24,36; 3:8,12; 4:48; Josué 12:1-2; 13:15-16; Juges 11:18; Ésaïe 16:2; Jérémie 48:20. Il prend sa source dans les plaines du plateau de Galaad, brise la chaîne des hauteurs qui limitent le désert, coule au sud-ouest dans un étroit et sombre ravin, au milieu de vastes et fertiles plaines, le long de la frontière de Moab, et se jette dans la mer Morte. Bamoth-Arnon, Nombres 21:28, est le nom propre d'une petite ville maintenant inconnue, ou bien il doit se traduire les hauteurs d'Arnon, ce qui se rapporterait aux rives escarpées et rocheuses du fleuve.

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ARPACSAD ou Arphaxad,

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(qui guérit), Genèse 11:10-13; 10:22; 1 Chroniques 1:17; ou Arphaxad, Luc 3:36, fils de Sem, naquit deux ans après le déluge; c'est de lui qu'Abraham descendait par Sélah, à la septième génération. Il mourut l'an 1916 avant J.-C., âgé de quatre cent trente ans. Abraham était alors déjà en Canaan, et séparé de Lot depuis une année environ.

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ARPAD,

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ville de Syrie, probablement voisine de celle de Hamath avec laquelle elle est presque toujours nommée. Quelques-uns la confondent avec Arvad en Phénicie, mais il est plus probable que c'est l'Arphas de Flavius Josèphe, située au nord-est de Bassan. 2 Rois 18:34; 19:13; Ésaïe 10:9; 36:19.

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ARTAXERCÈS, ou plutôt Arthachschaschtha.

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signifie, en vieux persan, un grand roi. C'était un nom générique, et en quelque sorte un titre donné aux rois de Perse. Plusieurs rois de ce nom sont mentionnés dans l'Écriture, mais il règne beaucoup d'incertitude sur l'identité de ces rois avec ceux dont nous parle l'histoire profane. Ces noms, qui n'étaient souvent que les noms généraux des rois d'une dynastie ou des titres honorifiques accordés à quelques-uns d'entre eux, variaient en outre si facilement, soit par le changement des voyelles, soit par le changement des consonnes, soit même par l'addition ou le retranchement d'une ou de plusieurs syllabes, en passant d'une langue à l'autre, du persan au grec, et du grec au latin, que parfois ils sont devenus entièrement méconnaissables. Il arrive ainsi que souvent plusieurs rois portent un seul nom, comme aussi que plusieurs noms très différents ne servent à désigner qu'un seul et même personnage. De tout cela résulte une confusion que les recherches historiques peuvent parvenir à débrouiller dans bien des cas, mais qui parfois déroute aussi la critique. Le cas actuel en est un exemple: nous trouvons dans la Bible trois Artaxercès différents; mais il n'est pas sûr que le deuxième et le troisième ne soient pas le même, Artaxercès Longuemain; il est de même possible que l'un des Artaxercès soit identique avec l'un des Assuérus, q.v.

 

1.             Celui qui est mentionné Esdras 4:7,8, est presque sans contestation le faux Smerdis, surnommé par d'autres Mardus, par d'autres encore Speudata ou Oropaste. Prétendu fils de Cyrus, et prétendu frère cadet de Cambyse, il fut porté au trône des Perses par une révolution de prêtres (522 avant J.-C.); mais son usurpation ne fut pas de longue durée: au bout de huit ans il fut renversé. Cédant aux menées des Samaritains, et en suite d'un rapport de Réhum, Artaxercès lit défendre aux Juifs de continuer les travaux commencés pour le rétablissement du temple et de Jérusalem; il eut ainsi le temps, pendant son règne si court, d'être trouvé taisant la guerre à Dieu. Ces travaux restèrent interrompus l'espace d'environ soixante ans.

 

2.             Esdras 7:1,11; 8:1. Peut-être le fameux Xercès, époux d'Ester, sous le nom d'Assuérus, et successeur de Darius Hystaspe. La septième année de son règne tomberait sur l'an 478 avant J.-C. Il est cependant possible, ainsi que nous l'avons dit, que ce soit Artaxercès Longue-main. C'est l'opinion de Bossuet, c'est encore celle de plusieurs historiens; c'est celle de Gesénius, mais ce n'est qu'une opinion; les données manquent, et c'est parce que les dates sont incertaines et fixées diversement, que les uns plaçant le retour des Juifs en 478, le mettent sous Xercès; les autres, le renvoyant à 457, le placent sous le règne de Longue-main. Tout cela importe peu. À la requête d'Esdras, cet Artaxercès permit aux Juifs de reprendre la suite de leurs travaux et de pourvoir à la reconstruction du temple. L'édit qu'il promulgua à cet effet est empreint d'un esprit de générosité, de paix et d'amour pour le bien du peuple de Dieu; il permet aux exilés de retourner dans leur patrie; il leur permet de faire des collectes, de recueillir autour d'eux l'or et l'argent dont ils auront besoin, et de l'employer comme il leur semblera bon; il leur rend les ustensiles et vases sacrés destinés au service de l'Éternel, et les autorise, en outre, à puiser dans les trésors royaux tout ce qui sera nécessaire pour les dépenses de leur culte. Esdras est chargé d'établir des juges, des magistrats et des hommes capables d'appliquer les lois de Dieu, et de les enseigner à ceux qui ne les sauraient pas; enfin le roi exempte de toutes charges, impôts et tributs, les sacrificateurs, lévites, chantres, portiers, porteurs d'eau, et autres employés du nouveau temple.

 

3.             Néhémie 2:1; 5:14; 13:6. C'est, sans contestation, l'Artaxercès qui reçut le surnom de Longuemain. Le commencement de son règne ne se laisse pas préciser très exactement; selon les uns ils commença 474 ans avant J.-C., selon d'autres, et c'est plus probable, en 464; il régna jusqu'en 425. Ce roi, qui accepta les services de Thémistocle exilé, avait pour échanson un vieillard vénérable, Juif d'origine, et dont la tristesse un jour le frappa et l'irrita. «Que le roi vive éternellement, lui répondit l'échanson; mais comment mon visage ne serait-il pas abattu, puisque ma ville, qui est le Heu des sépulcres de mes pères, demeure désolée? Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur t'est agréable, envoie-moi en Judée, vers la ville de mes pères, pour la rebâtir.» Le roi et sa femme eurent égard à la prière du Juif qui, lui-même, nous a conservé ce récit; c'est Néhémie. Il obtint une escorte et des passeports pour son voyage, avec les pleins pouvoirs nécessaires pour se procurer tous les matériaux dont il aurait besoin; il fut même fait gouverneur de Judée par Artaxercès. C'est de cet édit en faveur des Juifs qu'il faut partir pour compter les soixante et dix semaines de Daniel; Daniel 9:24-25. «Cette importante date, dit Bossuet, a de solides fondements.»

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ARTÉMAS,

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Tite 3:12, était, selon toute apparence, un fidèle ministre de l'Évangile. Paul avait l'intention de l'envoyer en Crète, lui ou Tychique, sans doute pour y remplacer Tite pendant que celui-ci aurait été visiter l'apôtre à Nicopolis.

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ARTSA,

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maître d'hôtel du roi Éla, et gouverneur de Tirtsa, capitale du royaume des dix tribus. C'est dans sa maison et pendant un repas qu'Artsa donnait à son maître qu'Éla fut assassiné par Simri. 1 Rois 16:9.

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ARUMA,

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Juges 9:41, ville dans le voisinage de Sichem. Eusèbe dit qu'elle prit plus tard le nom de Remphin, et qu'elle était située non loin de Diospolis; mais,

 

— Voir: Rama.

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ARVADIENS,

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descendants de Canaan; Genèse 10:48; 1 Chroniques 1:16. Ils bâtirent, peu après le déluge, la ville d'Arvad ou Aradus, en Phénicie, sur une petite île au sud de Tyr, à la distance d'environ 5 kilomètres du rivage, à l'embouchure du fleuve Éleuthère. En face de cette île, et sur la terre ferme, se trouvait la ville d'Antaradus, au nord de Tripoli.

 

— Les Arvadiens s'étaient acquis la réputation d'habiles marins, Ézéchiel 27:8,11, témoignage qui est confirmé par Strabon; ils étaient gouvernés par leurs propres rois et avaient un commerce assez étendu, surtout depuis que Tyr et Sidon eurent passé sous la domination syrienne. Cette ville compta plus tard au nombre des alliés de Rome; 1 Maccabées 15:23. On possède encore des monnaies arades.

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ASA,

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troisième roi de Juda, fils et successeur d'Abija. (Il régna quarante et un ans, 955-914 avant J.-C.) Il épousa Hazuba, fille de Silhi, qui donna le jour au noble Josapbat. Animé des dispositions les plus pieuses, dans les mesures qu'il prit contre l'idolâtrie, il n'épargna pas même son aïeule Mahaca, la mère de son père, qui s'était fait une idole infâme. Il fit la guerre à la débauche comme à l'idolâtrie, et renversa les autels des faux dieux, dont il brisa les statues. Mais, ajoute l'historien sacré, les hauts lieux ne furent point ôtés, 1 Rois 15:14; 2 Chroniques 15:17, observation qui est immédiatement suivie de celle-ci: «et néanmoins le cœur d'Asa fut droit devant l'Éternel tout le temps de sa vie.» Il paraît donc que c'est la puissance, plutôt que la volonté, qui lui manqua pour achever entièrement l'œuvre de réformation qu'il avait commencée; on voit de même qu'il ne put exterminer du pays toutes les prostituées qui s'y trouvaient; 1 Rois 22:47.

 

— Il profita de la paix dont il jouit pendant les quinze premières années, pour pourvoir à la sûreté extérieure de son royaume, en construisant des forteresses et en donnant à son armée une organisation plus régulière; 2 Chroniques 14:6; sq. La onzième année de son règne, il fut attaqué par le roi d'Éthiopie Zéraph (probablement celui qui est nommé Sabacon par Manetho, dans la chronique d'Eusèbe); les deux années étaient immenses; mais celle de l'Éthiopien était deux fois plus forte que celle du roi juif. Elles se rencontrèrent dans la vallée de Tséphat; Asa cria à l'Éternel: «Aide-nous, car nous nous sommes appuyés sur toi», et la victoire se déclara en faveur de celui qui avait prié. Dieu frappa les Éthiopiens; les guerriers de Juda en firent un grand carnage et retournèrent à Jérusalem avec un riche butin, des brebis et des chameaux. Fortifié par cette délivrance miraculeuse, et encouragé par le prophète Hazaria, qui lui dit: «L'Éternel sera avec vous aussi longtemps que vous resterez avec lui», Asa continua de détruire les idoles dans son royaume et dans les villes qu'il avait prises, et rétablit la peine de mort contre «tous ceux qui ne rechercheraient pas l'Éternel de tout leur cœur.» Il rassembla son peuple à Jérusalem: un grand nombre d'Israélites fidèles du royaume des dix tribus vinrent grossir cette foule pieuse, et ils offrirent un sacrifice solennel au Dieu des délivrances, 700 bœufs et 7,000 brebis du butin qu'ils avaient fait. Cette fête, où l'alliance fut renouvelée avec l'Éternel, fut suivie d'une longue paix. Puis, en la trente-sixième année depuis la séparation des deux royaumes, la seizième du règne d'Asa, Bahasa, roi d'Israël, vint en Juda, s'empara de Rama, la fortifia, et s'en fit une position importante; 1 Rois 15:16; 2 Chroniques 16:1. Asa, qui venait de faire une expérience si remarquable du secours de Dieu, montra, par une triste chute, combien sa foi était encore faible et mêlée de doutes, d'incrédulité, de confiance humaine. Pour résister à son ennemi, il contracta alliance avec Ben-Hadad, roi de Syrie, et acheta même son secours avec les trésors du temple, qu'il avait consacrés d'abord à l'Éternel. Il obtint la victoire, força Bahasa d'abandonner ses travaux, et se servit des matériaux que le roi d'Israël avait fait transporter à Rama, pour fortifier à son tour Guébah et Mitspa, qu'il entoura de fossés; cf. Jérémie 41:9. Mais il recueillit ce qu'il avait semé, et moissonna les fruits du péché: sa démarche lui fut vivement reprochée par le prophète Hanani, et occasionna même des troubles civils. Asa, irrité contre le voyant, parce qu'il lui avait annoncé de nouvelles guerres comme châtiment de son alliance avec les étrangers, le fit traîner en prison; mais cela ne lui donna pas la paix. Dans ce même temps encore, et comme poussé par une conscience malheureuse, il se laissa aller à opprimer quelques-uns de son peuple, et ternit ainsi la fin d'un règne commencé sous de si heureux auspices. Pendant sa dernière maladie, il montra aussi moins de confiance en Dieu que dans l'art des médecins; il mourut, à ce qu'il paraît, de la goutte, après deux ans de souffrances, et dans la quarante et unième année de son règne. On l'ensevelit dans une sépulture qu'il s'était fait préparer à Jérusalem.

 

Quel que soit le jugement que nous soyons disposés à porter sur la fin du règne d'Asa, ce règne fut, à tout prendre, un des plus heureux qu'ait eu le royaume de Juda; la Bible même cite en diverses occasions Asa comme un des rois dont la piété dut servir de modèle à leurs successeurs; 1 Rois 22:43; 2 Chroniques 20:32; 21:12. Et sa fidélité est d'autant plus digne d'être remarquée, que pendant son long règne six rois se succédèrent sur le trône d'Israël, qui tous furent coupables (Nadab, Bahasa, Éla, Zimri, Homri, Achab), et dont l'exemple eût pu facilement entraîner au mal tout autre qu'un monarque fidèle.

 

Pour concilier la chronologie des rois de Juda avec celle des rois d'Israël, il faut nécessairement admettre que lorsqu'il est dit, 2 Chroniques 15:19; 16:1, qu'il n'y eut point de guerre jusqu'en la trente-cinquième année, ce chiffre se rapporte, non point à l'avènement d'Asa, mais à l'époque de la séparation des deux royaumes; car, d'après 1 Rois 15:33, Bahasa commença de régner la troisième année d'Asa, et comme il ne régna que vingt-quatre ans, il atteignit à peine la vingt-sixième année d'Asa, bien loin d'avoir atteint sa trente-sixième année.

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ASAPH,

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1.             descendant de Lévi par Kéhath, fut un des trois principaux chantres établis par David pour le service du sanctuaire; ses enfants, 1 Chroniques 25:2, formaient les classes première, troisième, cinquième et septième des musiciens. Il paraît que leur place, dans les cérémonies, était au côté méridional de l'autel d'airain. Le Psaumes 50e et les onze depuis le 73e jusqu'au 83e, sont indiqués comme étant d'Asaph, quoique l'on puisse traduire aussi Psaumes pour Asaph, destinés à être chantés par lui, ou par les chœurs de ses enfants.

 

— Voir: Psaumes.

 

Quelques personnes pensent, à cause du contenu de ces psaumes, qui ne paraissent pas convenir au temps d'Asaph, qu'il y eut plus tard un autre prophète du même nom, qui les aurait composés; d'autres enfin supposent, et c'est l'opinion du bénédictin Calmet, que quelques descendants d'Asaph les auront écrits, et leur auront donné le nom de ce fameux chef de la musique du temple; ils rapportent les Psaumes 50, 74, 79 et 80 à l'époque de la captivité, le 78e au temps d'Asa, les autres au temps de Josaphat. Asaph est appelé voyant ou prophète 2 Chroniques 29:30.

2.             Le père de Joach qui fut secrétaire du roi Ézéchias, 2 Rois 18:18.

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ASDOD, ou Azote,

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appelée Azote par les Grecs et les Romains, ville forte sur la côte sud-est de la Méditerranée, sous la même latitude à peu près que Jérusalem, à 55 ou 60 kilomètres ouest de cette ville, à 50 de Gaza, à 25 de Hékron. Cette ville devait appartenir à la tribu de Juda, mais elle demeura aux Philistins qui surent la conserver ou la reprendre, Josué 15:47. C'est là que se trouvait le fameux temple de Dagon; c'est là que fut conduite l'arche captive, qu'elle mit en pièces l'idole du faux dieu, et qu'elle frappa de plaies les Philistins, 1 Samuel 5:1-6. Hozias en démolit les fortifications, et l'entoura de quelques forts pour la tenir en respect, 2 Chroniques 26:6. Tartan, général assyrien, l'ayant prise de vive force, y plaça une garnison qui tint ferme contre Psammétique, roi d'Égypte, Ésaïe 20:1. Prise et ravagée plus tard par les troupes de Nébucadnetsar, elle fut de nouveau reprise par Alexandre le Grand. Jonathan Maccabée la réduisit en cendres avec le temple de Dagon, 1 Maccabées 5:68; 10:84; mais elle fut ensuite rebâtie. Dès les premiers temps de l'établissement du christianisme, l'Évangile y fut prêché par Philippe, Actes 8:40, et une église chrétienne s'y forma et s'y maintint, sans doute jusqu'au temps de l'invasion des Sarrasins, cf. encore Sophonie 2:4; Zacharie 9:6. Ce n'est plus maintenant qu'un misérable village qui a conservé son ancien nom.

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ASÉNATH,

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fille de Potiphérah, et femme de Joseph; elle fut mère d'Éphraïm et de Manassé. Genèse 41:45; 46:20. Quelques-uns pensent que Potiphérah est le même que Potiphar, le premier maître de Joseph. Les fables, les légendes, les traditions et les livres mystiques abondent sur l'histoire des amours de Joseph et d'Asénath; les Orientaux ont voulu en faire une espèce de Cantique des Cantiques.

 

— Voir: Calmet, Dict.

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ASER

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(bonheur, bénédiction), huitième fils de Jacob et second fils de Zilpa, Genèse 30:13; il a donné son nom à l'une des douze tribus des Hébreux. Il eut pour fils Jimna, Jisua, Jisui, Biriha, et pour fille Sérah, Genèse 46:17; 1 Chroniques 7:30-40. Au sortir de la servitude d'Égypte, cette tribu comptait 41,500 hommes en étal de porter les armes, sous la conduite de Paghiel, fils de Hocran, Nombres 1:13,40. Celui d'entre eux qui alla épier le pays de Canaan, s'appelait Séthur, Nombres 13:14, et leur chef, lors du partage des terres, était Ahihud, fils de Sélomi, 34:27. À la sortie du désert leur nombre était de 53,000 hommes au-dessus de vingt ans, 26:44-47. Le lot qui leur échut en Canaan, Josué 49:24-31, était dans la partie nord-ouest du pays, occupant la haute Galilée avec la plaine d'Acre, depuis le Carmel jusqu'au Liban, contrée d'un sol très fertile et riche en fer et autres minéraux: c'était l'accomplissement des prophéties de Jacob et de Moïse. «Le pain excellent viendra d'Aser; il fournira les délices royales; il trempera ses pieds dans l'huile; ses souliers (mal traduit verrous) seront de fer et d'airain.» Genèse 49:20; Deutéronome 33:24-25. Il aurait pu s'avancer encore davantage vers le nord, et la moitié inférieure de la vallée de Békaa lui appartenait; mais les Asérites, par nonchalance et par lâcheté, laissèrent entre les mains des Cananéens les villes de Sidon, d'Ahlab, d'Aczib, d'Helba, d'Aphek et de Réhob, Juges 1:31-32. La tribu d'Aser était une des six qui, placées sur le mont Hébal, devait répondre amen aux malédictions de la loi, Deutéronome 27. Après s'être soumis sans résistance à la tyrannie de Jabin, roi de Canaan, les descendants d'Aser assistèrent puissamment Gédéon contre les Madianites, Juges 5:17; 7:23. Quarante mille d'entre eux, tous vaillants guerriers, assistèrent au couronnement de David. Pahana, fils de Cusaï, gouverna cette tribu sous le règne de Salomon. Enfin nous voyons qu'elle ne demeura pas étrangère au réveil religieux qui eut lieu du temps d'Ézéchias, 1 Chroniques 12:36; 1 Rois 4:16; 2 Chroniques 30:11.

 

— Anne la prophétesse était Asérite. Luc 2:36.

 

— Voir: encore l'article Tribu.

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ASHUR,

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1 Chroniques 2:24; 4:5, fils de Hetsron et d'Abija, et père de Tékoah; du reste, inconnu.

 

— Voir: Tékoah.

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ASIARQUES,

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Actes 19:31. C'était le nom que portaient, dans l'Asie proconsulaire, certains magistrats annuels, chargés, comme les édiles, de faire célébrer les jeux solennels en l'honneur des dieux et des empereurs romains. Cette place était purement honorifique, et ceux qui l'acceptaient devaient être riches et considérés, car les frais de ces fêtes religieuses étaient à la charge des asiarques. Ils résidaient dans les principales villes de l'Asie Mineure, à Smyrne, Éphèse, etc. Ces villes, à l'époque de l'équinoxe d'automne, élisaient chacune un de leurs bourgeois, qui pouvait être pris dans les familles sacerdotales, sans que ce fût cependant une condition exclusive; tous même ne pouvaient pas appartenir à la caste des prêtres. Sur le nombre de ceux qui avaient été élus, dix étaient choisis pour former une espèce de conseil administratif, dont il paraît que le proconsul désignait lui-même le président; c'était ordinairement l'asiarque de la métropole à qui ce titre était dévolu. Un passage d'Eusèbe montre qu'on désignait l'année par le nom de ce président (Hist. Ecclésiaste 4:15).

 

— Ceux de la ville d'Éphèse, par amitié et par considération pour saint Paul, l'engagèrent, dans l'affaire de Démétrius l'orfèvre, à ne point se présenter devant le peuple. On voit par là combien devait être grand le crédit de l'apôtre chez les populations païennes au milieu desquelles il demeurait.

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ASIE.

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Sous ce nom par lequel nous désignons maintenant l'une des cinq grandes parties du monde, les anciens entendaient tour à tour, l'Asie entière (— Voir: Hérodote), la partie de l'Asie soumise aux Romains jusqu'à l'Indus, puis l'Asie Mineure, enfin l'Asie propre. Ces deux dernières sont les seules qui soient expressément mentionnées dans l'Écriture Sainte.

 

1.             L'Asie Mineure, Natolie, ou le Levant, bornée au nord par l'Hellespont et le Pont-Euxin, à l'occident et au midi par la Méditerranée, avait environ 1,000 kilomètres de long sur 830 de large, et renfermait les provinces de la Mysie, la Lydie, la Carie, à l'ouest; la Bithynie, la Phrygie, la Pisidie, la Pamphylie, et la Lycie à l'est des premières; plus à l'est encore, se trouvaient la Paphlagonie, la Galatie et la Lycaonie; enfin à l'extrême frontière orientale, le Pont et la Cappadoce.

 

2.             L'Asie propre, que le roi Attale laissa par testament aux Romains, comprenait la Phrygie, la Mysie, la Carie et la Lydie. C'est là que se trouvaient les sept églises dont il est parlé dans l'Apocalypse, 1:11. C'est de cette Asie qu'il est question lorsqu'il est dit que le Saint-Esprit défendit à Paul de prêcher l'Évangile en Asie, lors de son premier voyage dans le Nord, Actes 16:6. C'est là que de faux apôtres parvinrent à détourner les âmes de l'affection et de la confiance qu'elles devaient à saint Paul, pendant qu'il était prisonnier à Rome, 2 Timothée 1:15; cf. encore Actes 2:9. Dans le Nouveau Testament, on doit donc presque toujours entendre par le mot Asie, l'Asie propre.

 

L'Asie Mineure, à l'exception peut-être de la Lydie, fut primitivement peuplée par les descendants de Japhet, qui se la partagèrent en un très grand nombre de petites souverainetés. Les plus remarquables, avec les États de la Grèce qui avaient une commune origine, furent la Troade, la Lydie, le Pont et la Cappadoce. Il ne paraît pas que les Assyriens, ou Caldéens, aient jamais étendu leurs conquêtes jusque-là. Mais il n'en fut pas de même des armées perses: de là naquirent les guerres de ces derniers avec les Grecs. Sous Alexandre le Grand, et environ 330 ans avant Christ, les Grecs d'Europe s'emparèrent de l'Asie Mineure tout entière, après quoi elle tomba au pouvoir des Romains, et leur demeura soumise, du moins en partie, jusqu'aux invasions des Sarrasins; puis les Turcs en dépouillèrent les empereurs d'Orient. Depuis plus de trois cents ans le farouche musulman opprime ces magnifiques contrées, qu'il a presque réduites en désert.

 

Il n'est pas douteux que ce pays ne soit un de ceux que les prophètes appellent les îles de la mer, Ésaïe 42:10; 49:1, etc. Le christianisme y fut généralement connu et adopté dès les jours des apôtres. Pendant longtemps un grand nombre d'Églises y fleurirent et brillèrent d'un vif éclat; c'est là que se tinrent, entre autres, les fameux conciles de Nicée, d'Éphèse et de Chalcédoine. Maintenant la plupart de ces Églises sont détruites, et celles qui subsistent encore sont dans un état déplorable; les sept Églises de l'Apocalypse en particulier, ont toutes subi le sort qui leur fut annoncé par le Seigneur.

 

— Voir: les articles spéciaux, et Hartley, Voyage en Grèce et aux sept Églises.

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ASIMA,

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2 Rois 17:30; c'est le nom de l'idole que se firent les gens de Hamath. On ne sait rien sur sa forme; quelques-uns lui donnent la figure d'un singe (cf. le latin Simia), d'autres celle d'un âne, d'un bœuf, du soleil, d'un agneau, d'un bouc, d'un satyre, du dieu Pan, etc. Les mages enfin pensent qu'Asima était l'ange de la mort, qui sépare les âmes des corps. Ce sont tout autant de conjectures.

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ASKÉLON,

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capitale du pays des Philistins, sur la côte de la Méditerranée, à 25 ou 30 kilomètres nord de Gaza sa rivale, à 15 kilomètres sud d'Asdod, à 65 kilomètres ouest de Jérusalem, et à 50 de Jaffa. Cette ville fut autrefois célèbre par son temple et son vivier poissonneux, l'un et l'autre consacrés à la déesse Dercéto, par ses produits en épices, en vin et en fruits excellents, et par ses oignons si fameux (d'où nos échalotes, coepe ascalonicum). C'était la plus forte des villes appartenant aux Philistins, ce qui n'empêcha pas qu'elle ne leur fût enlevée par la tribu de Juda, de même que Gaza et Hékron; mais les Philistins la reconquirent plus tard, Juges 1:18; 14:19. Elle fut prise et saccagée par les Assyriens, détruite par les Caldéens, puis rebâtie. Alexandre le Grand s'en empara; puis les Juifs s'en rendirent maîtres de nouveau du temps des Maccabées. Amos 1:8; Jérémie 47:5-7; Zacharie 9:5. Une Église chrétienne y fut fondée peu après l'ascension de notre Sauveur, et subsista durant plusieurs siècles, jusqu'à la funeste invasion des Sarrasins, 1191. Maintenant c'est à peine s'il reste quelques vestiges de cette ville ruinée, et quelques traces d'un port que le sable a comblé.

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ASKÉNAS.

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Genèse 10:3; Jérémie 51:27. Un des descendants de Japhet. La contrée qu'il habita paraît avoir été proche du pays de Gomer son père, et du royaume d'Ararat; mais c'est tout ce qu'on en sait de positif, et les interprètes varient beaucoup sur le lieu où ils doivent fixer sa descendance. Bochart fait observer que l'on rencontre ce nom dans plusieurs endroits de la Phrygie; il y a une ville Ascania, un sinus Ascanius, un lacus Ascanius, les insulæ Ascaniæ, etc. Quelques-uns supposent qu'Askénas, partant de l'Asie Antérieure, aura traversé l'Asie Mineure, où il aura en quelque sorte semé ces divers noms; puis, arrivés en Europe, ses descendants auraient pris deux directions différentes; les uns, franchissant les Alpes et les Pyrénées, auraient peuplé la Grèce, l'Italie et l'Espagne, leur langue nous serait conservée dans la langue basque; l'autre branche aurait suivi les côtes de la mer vers le nord, et aurait conservé le nom de son aïeul Gomer dans la dénomination de Cimbri, les Cimbres (les mêmes peut-être que les Gaëls, les Celtes, les Gaulois); leur langue nous aurait été conservée dans le dialecte du pays de Galles (province de Wales), elle a beaucoup de rapports avec la langue basque. Les Juifs, d'après leurs traditions, appellent l'Allemagne Askénas.

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ASPÉNAZ,

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Daniel 1:3; sq., capitaine des eunuques de Nébucadnetsar; chargé de présenter à son maître quelques jeunes Hébreux, beaux et bien faits, il lui présenta Daniel et ses trois compagnons, dont il changea les noms afin de leur en donner d'autres plus en rapport avec ceux des idoles babyloniennes. Les jeunes prisonniers lui demandèrent de n'être point contraints à manger des viandes sacrifiées, et Dieu inclina le cœur de cet officier, de telle sorte qu'il leur accorda un essai de dix jours, malgré les dangers auxquels il s'exposait en n'exécutant pas en tous points la volonté du monarque.

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ASPERSIONS,

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Baptêmes sous l’Ancienne Alliance. Les rituels de purifications étaient nombreux et variés.

 

— Voir: Libations et Baptême.

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ASPHALTE ou Bitume,

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hébreu Hhémar. Cette matière résineuse, semblable à de la poix fondue, sort de terre, soit comme une source, soit en filtrant à travers les crevasses dont le sol est parsemé. L'asphalte se trouve tantôt dans les montagnes, tantôt nageant à la surface des sources et des lacs de plusieurs contrées de l'Orient; il Hotte surtout en abondance sur les eaux de la mer Morte, dont les rives et le fond le vomissent en masses considérables, gras et foncé. La mer Morte, comme on sait, occupe maintenant la place où existait autrefois la vallée de Siddim, Genèse 14:10, qui était remplie de puits de bitume, et le voyageur Mariti a trouvé sur la côte occidentale de ce lac de petits cratères pleins de cette substance continuellement en fusion; elle se solidifie dans les eaux lourdes et salées du lac auquel elle donne son nom, le lac Asphaltite.

 

— Voir: Mer Morte.

 

Lors de la construction de la tour de Babel, Genèse 11:3, on se servit de bitume au lieu de mortier, et de tout temps les habitants de la Babylonie l'ont employé pour le même objet. Le voyageur Balbi rapporte que dans le désert de Bagdad, il y avait un lac tellement plein de bitume, que si les habitants des contrées environnantes n'avaient pas été le recueillir pour fabriquer des tuiles, ou construire des maisons, il y aurait eu bientôt tout autour du lac des montagnes de bitume devenu solide. Dans l'île de Zante, on trouve également de ces puits d'asphalte, et l'on a remarqué que ce bitume, employé comme ciment, devient si tenace et si durable, lorsqu'il a été séché au soleil, qu'il est plus facile de briser que de séparer les pierres qu'il sert à lier. Pline le naturaliste, raconte que les Égyptiens se servaient d'asphalte pour enduire leurs petites barques de papyrus, et pour empêcher les eaux du Nil d'y pénétrer. Cette coutume parait être fort ancienne, car déjà nous lisons dans la Bible que le petit vaisseau ou coffret de jonc (papyrus), dans lequel l'enfant Moïse fut exposé sur le Nil, était enduit de poix et d'asphalte; et, longtemps auparavant, l'arche de Noé avait été garantie des eaux du déluge par une précaution semblable, Genèse 6:14; Exode 2:3.

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ASPIC.

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1.             Ce serpent (hébreu Pèthen) est mentionné six fois dans l'Ancien Testament; dans cinq de ces passages, Deutéronome 32:33; Job 20:14,16; Psaumes 58:5; Ésaïe 11:8; Jérémie 8:17, les Septante le traduisent par aspic, et dans le 6e, Psaumes 91:13, ils le rendent par basilic, sans avoir cependant aucune raison pour faire cette différence. Une espèce de serpent qui, chez les Arabes, porte encore le nom de Béten et que quelques savants croient être le Pèthen de la Bible, a environ un pied de longueur, et une grosseur proportionnée; sa peau est couverte de taches de diverses couleurs, de noires et de blanches; il est ovipare, et si venimeux que sa morsure tue en très peu de temps, eu faisant enfler le corps, et produisant une gangrène générale. Le célèbre voyageur Hasselquist rapporte à peu près la même chose d'un autre serpent appelé aspic par les Grecs de l'île de Chypre, et dont le venin, dit-il, est le plus violent qui soit connu en Orient. Il est très possible que ce soit le même que le Béten des arabes, ou du moins une espèce de la même famille. Les habitants de l'île de Chypre le représentent comme privé de l'ouïe, et lui ont donné à cause de cela le surnom de sourd, parce qu'aucun charme ne saurait dompter sa méchanceté. Jérémie nous dit la même chose, 8:17, que ce serpent est le plus malicieux et le plus dangereux de tous, qu'on ne peut ni l'apprivoiser, ni le mettre hors d'état de nuire, comme on le fait avec d'autres espèces, et dans le Psaumes 58:5-6, il est encore appelé sourd à la voix des enchanteurs et du charmeur.

 

Les voyageurs qui ont visité l'Orient racontent des traits étonnants de l'adresse et du pouvoir dont certaines personnes, hommes ou femmes, font preuve pour dompter et presque apprivoiser les serpents. Cet art, pratiqué dans l'antiquité par les Marses et les Psylles, qui habitaient la portion de l'Afrique comprise entre la mer Rouge et la Méditerranée, est encore connu, mais gardé secret, chez les Égyptiens, les Arabes, les Indous, et d'autres peuples de ces contrées. Le fait est suffisamment constaté pour être hors de doute; mais depuis deux mille ans, malgré toutes les recherches qu'on a faites, rien n'a transpiré sur les mystérieux moyens employés pour obtenir d'aussi singuliers résultats: c'est une espèce d'art et de gagne-pain que certaines familles possèdent seules, et qu'elles transmettent à leurs descendants comme elles l'ont reçu de leurs ancêtres. Tout ce qu'on a pu observer, c'est que les charmeurs se nourrissent volontiers de serpents, crus ou cuits, et qu'ils en font des soupes pour leur nourriture ordinaire; ils en mangent surtout lorsqu'ils se proposent une de leurs exécutions, expéditions ou représentations; et le sheik de leur tribu ou de leur village les bénit en prononçant sur eux certaines formules accompagnées de cérémonies mystérieuses.

 

— Les charmeurs de serpents ne s'occupent jamais d'apprivoiser d'autres animaux venimeux, tels que les lézards ou les scorpions; il y a pour chacune de ces spécialités des personnes spéciales qui n'empiètent pas sur les attributions les unes des autres.

2.             Quant à la plante d'aspic, Cantique 1:11; 4:13-14.

 

— Voir: Nard.

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ASSEMBLÉE.

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C'est ainsi que doivent se traduire les deux mois d'origine grecque église et synagogue. (Contrairement à la notion populaire, le mot Église est un mot Grec composé de ek-klesis et dont le sens réel est «appelé hors de». Il s’agit de l’appel de la grâce à renaître en Christ et non d’un appel à s’assembler.)

 

— Voir: ces deux mots.

 

L'Ancien Testament parle fréquemment de l'assemblée de l'Éternel, de l'assemblée des saints et des justes, des anciens de l'assemblée, et de l'assemblée dans un sens absolu, comme le Nouveau Testament dit l'Église de Dieu, l'Église des premiers-nés dont les noms sont écrits dans le ciel, les anciens de l'Église, ou aussi l'Église dans un sens absolu, sans autre désignation; cf. Nombres 27:17; Actes 20:28; Psaumes 89:5; 1:5; Hébreux 12:23; Lévitique 4:15; Jacques 5:14.

 

— Le terme hébreu qu'on a rendu par assemblée, aussi bien que le terme grec dont on a fait celui d'Église, s'applique d'ailleurs à une réunion d'hommes quelconque, soit religieuse, soit politique, soit autre, Genèse 49:6; Psaumes 22:16; Actes 19:32; il veut dire simplement une multitude, Genèse 28:3; 1 Samuel 17:47; Jérémie 6:11, ou bien le peuple d'Israël en masse. Exode 16:3; Nombres 10:3; 20:6; Néhémie 5:7; Lévitique 4:21; 10:17; 16:33. Mais son sens le plus habituel est celui que nous avons signalé d'abord.

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ASSIR,

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1 Chroniques 3:17.

 

— Voir: Salathiel.

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ASSOS,

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port de mer sur la côte nord-ouest de l'Asie Mineure, au sud de Troas, et vis-à-vis de l'île de Lesbos. L'apôtre Paul y aborda lors de son quatrième voyage à Jérusalem, Actes 20:13-14; mais il n'est pas question d'une église chrétienne dans cette ville avant le huitième siècle.

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ASSUÉRUS,

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1.             Daniel 9:1, doit être Astyage le Mède, fils du vaillant Cyaxare, qui concourut au renversement de l'empire des Assyriens et à la destruction de Ninive; il fut père de Darius le Mède et de Mandane, et grand-père de Cyrus. (601 avant J.-C.)

 

2.             Esdras 4:6, c'est Cambyse, roi de Perse, 529 avant J.-C. Il succéda à son père Cyrus, et régna sept ans et cinq mois. À peine fut-il monté sur le trône que les Samaritains le sollicitèrent d'empêcher la reconstruction du temple de Jérusalem, et quoiqu'il ne leur accordât pas officiellement leur demande en publiant un décret formel de révocation, les travaux commencés restèrent suspendus tout le temps de son règne. Ce prince, en général, ne fut célèbre que par sa violence, sa folie et sa cruauté. Après avoir fait avec succès la guerre d'Égypte, il perdit son armée dans les déserts de la Lybie par son obstination à vouloir envahir l'Éthiopie. Dans sa rage il fit tomber la tête de ses principaux officiers, celle de son frère, et même celle de sa sœur. Apprenant que le mage Patizithes, auquel il avait confié le gouvernement en son absence, en avait profité pour placer sur le trône son propre frère, mage comme lui, Smerdis, qu'il donnait pour Smerdis le frère de Cambyse, celui-ci hâta son retour dans son royaume. On dit qu'en traversant la Judée, il assouvit sur les malheureux Juifs la fureur qui l'animait; mais près du mont Carme], il se blessa lui-même de son épée, en descendant précipitamment de son cheval, et comme il se sentait mourir, il réunit ses officiers, leur déclara qu'il avait fait mourir lui-même son propre frère Smerdis, et que celui qui occupait maintenant le trône n'était qu'un imposteur, et les engagea fortement à venger et punir cette usurpation.

 

— Voir: Artaxercès #1.

 

— Que ce Cambyse soit l'Assuérus dont il est parlé Esdras 4, et Smerdis le mage, l'Artaxercès mentionné immédiatement après, c'est un point sur lequel il ne saurait y avoir de doute, puisqu'il n'y a eu que ces deux rois entre Cyrus qui donna l'édit en faveur des Juifs, et Darius qui le confirma.

 

3.             Enfin, l'Assuérus dont il est parlé dans le livre d'Ester et qui fut le mari de cette belle et pieuse Juive. On a essayé de toutes sortes de conjectures, et l'on a cherché un peu partout quel était le roi de Perse auquel pouvait le mieux se rapporter, sous le point de vue historique, le peu que nous savons de cet Assuérus. On en a fait tour à tour Cambyse, Smerdis, Darius fils d'Hystaspe, Darius Nothus, Artaxercès Mnémon, et enfin le fameux Xercès, et Artaxercès Longuemain. L'histoire profane ne nous donne aucune indication qui puisse nous mettre sur la voie; nulle part il ne nous est parlé d'un roi perse, époux d'une Israélite Ester; nulle part nous ne voyons un premier ministre Haman disgracié et remplacé par un Juif Mardochée. Les Grecs et les Romains, qui seuls nous ont conservé l'histoire de la Perse, ne font nulle part mention du massacre projeté des Juifs de la dispersion; mais leur silence sur ce point ne prouve rien: il tient à ce qu'ils avaient assez d'autres choses à nous raconter, quand ils voyaient l'Orient se ruer sur l'Occident par millions d'hommes, et les principes des gouvernements se discuter dans de sanglantes batailles. Ester pâlissait devant Marathon peut-être, et Mardochée devant Salamine. Mais Ester a été la première femme d'un roi perse, et Mardochée son premier ministre. Qui est ce roi? La plupart des interprètes semblent, au milieu de toutes les suppositions que nous venons d'énumérer, hésiter entre Xercès et Longue-main. C'est donc très probablement de l'un de ces deux rois qu'il est question, et les raisons que l'on met en avant pour Xercès paraissent l'emporter encore de beaucoup sur celles qui prouvent en faveur d'Artaxercès Longuemain. En effet, ce dernier (— Voir: notre article) a été contemporain de Néhémie; sa femme parut s'intéresser à lui, Néhémie 2:1, et l'on ne comprendrait pas comment, si cette femme était Ester, Néhémie ne l'aurait jamais nommée, ne fût-ce qu'en passant ou pour lui donner un témoignage public de la reconnaissance de ses compatriotes, dont elle avait protégé la vie contre les tentatives de leur oppresseur. D'ailleurs, on ne saurait pas non plus où placer l'histoire d'Ester sous le règne de cet Artaxercès: serait-ce pendant que Néhémie était à la cour? mais comment Ester eût-elle souffert jusqu'alors cet asservissement des Juifs dont se plaint l'échanson? serait-ce après la faveur accordée à Néhémie de retourner à Jérusalem pour en rebâtir le temple et les murailles? mais cette faveur même était une garantie qui devait rendre impossibles les machinations d'Haman contre les Hébreux dispersés. Ces motifs, joints à la circonstance que cette histoire tout entière cadre mieux avec l'histoire de Xercès et avec la chronologie, nous paraissent décisifs autant qu'il peut y avoir quelque chose de décisif en pareille matière. Le fameux Xercès aurait été l'époux de la cousine de Mardochée (485-465 avant J.-C.). Le caractère cruel, capricieux, voluptueux, bizarre, de ce prince est le même dans les livres d'Hérodote et dans le livre d'Ester: là nous le voyons faisant frapper et emprisonner la mer qui a détruit son pont de bateaux; ici, par une boutade sans motifs, nous l'entendons livrer, donner le peuple juif tout entier à Haman pour qu'il en fasse «comme il lui plaira» Esther 3:11. Là ce prince farouche se prend à verser des larmes en contemplant son immense armée du haut d'une colline, à la pensée que, dans un siècle, il n'existera plus un seul de ces innombrables guerriers; ici de même, en apprenant les représailles sanglantes des Juifs révoltés à Susan, Assuérus paraît ému et voudrait venger les familles en deuil (cf. Esther 9:11-12; Hérodote 7, 33; 37; Justin 2, 12. Strabon 14, etc.). Pour ce qui regarde la chronologie, on peut encore comparer Esther 1:3; 2:16; avec Hérodote 7, 7.

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ASSUR,

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Genèse 10:11,22, fils de Sem, et père des Assyriens. Moïse raconte l'origine de l'Assyrie à l'occasion du royaume de Nimrod. Assur, probablement avec une colonie, ou avec une tribu mécontente, partit de Sinhar, où Nimrod exerçait son pouvoir absolu, et s'en vint fonder les royaumes de Ninive, etc. Il faut aussi quelquefois entendre sous ce nom le royaume même d'Assyrie, comme Osée 14:3.

— Voir: l'article suivant, et Nimrod.

— Dans le passage cité de la Genèse, d'autres commentateurs, et notamment Schrœder, traduisent: «Nimrod sortit vers Assur;» c'est-à-dire qu'après avoir fondé le royaume de Babylone, son vaste génie fonda un second royaume, celui d'Assyrie, dont Ninive fut la capitale. La question est indécise.

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ASSYRIE,

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ancien royaume de l'Asie, borné au nord par les montagnes de l'Arménie, à l'est par la Médie et la Perse, au sud par la Suziane, province perse, et la Babylonie; à l'ouest enfin par le Tigre (Hiddekel), dans lequel se jettent le Lycus, le Capros, le Gorgus et le Silla, quatre rivières qui parcourent l'Arménie dans une direction sud-ouest. Les villes les plus célèbres de ce royaume furent Ninive, Résen, Calah, Bessarah, Ctésiphon, sur la rive orientale du Tigre, Arbèle et Artémita, encore plus à l'orient. Ninive était le centre général du commerce entre l'Occident et l'Orient. Cf. 2 Rois 17:24; 48:11; 2 Chroniques 33:11; Ésaïe 7:20; 10:8-9; 22:6. L'Assyrie est appelée le pays de Nimrod, Michée 5:6. Ses habitants avaient une grande réputation de richesse, Ézéchiel 23:6,17,23; ils étaient orgueilleux, Ésaïe 10:12; Zacharie 10:11, et redoutables, Nahum 2:11-12. Cette contrée porte de nos jours le nom de Kourdistan; depuis deux cents ans ce n'est plus guère qu'un vaste désert, par suite des luttes sanglantes qu'y ont entretenues pendant de longues années tant et de si puissants peuples.

 

Après avoir dit que le royaume d'Assyrie fut fondé par Nimrod, l'Écriture n'en reparle plus jusqu'au jour de la mission de Jonas le prophète, 840 ans avant J.-C.; puis nous voyons un roi assyrien, nommé Pul (Sardanapale II), attaquer le pays de Canaan, environ soixante-dix ans après Jonas, vers 770, 2 Rois 15:19. Peu après, Tiglath-Piléser, 2 Rois 16:7; 2 Chroniques 28:16, autre roi d'Assyrie, envahit la portion de la Judée qui était sur la rive gauche du Jourdain, ce qui n'empêcha pas Achaz de contracter une alliance avec lui. Tiglath-Piléser eut pour successeur son fils Salmanassar, qui s'empara de la Samarie et emmena captives les dix tribus d'Israël 722 avant J.-C., 2 Rois 17:5; 18:9. Le royaume même de Juda lui fut rendu tributaire, 18:7; la Médie et la Perse lui furent également assujettis, 18:11. Sanchérib, son fils, monta sur le trône à sa place 714 avant J.-C. Après une heureuse expédition contre l'Égypte, il entreprit aussi, mais sans succès, la conquête de Juda et le siège de Jérusalem sous Ézéchias, 2 Rois 18:13; 19:36; Ésaïe 37. Mis à mort par ses deux aînés, il fut remplacé par son troisième fils Ésar-Haddon, Ésaïe 37:38; 2 Rois 19:37, appelé Osnapar Esdras 4:10, et qui fit prisonnier Manassé, roi de Juda. L'Écriture nomme encore Sargon, Ésaïe 20:1, dont le règne assez court doit se placer probablement entre ceux de Salmanassar et de Sanchérib.

 

— À l'exception de ce dernier (Hérodote 2, 141), aucun de ces rois ne paraît dans les auteurs profanes.

 

Les derniers rois d'Assyrie ne sont pas nommés dans l'Écriture. Le successeur d'Osnapar fut son fils Saosduchinus, qu'on suppose être le Nabuchodonosor du livre de Judith: son règne fut d'environ vingt ans. Après lui vint Chyniladanus, contemporain de Josias, roi de Juda. Ce prince efféminé vit son empire démembré par Nabopolassar, un de ses généraux, qui se déclara roi de Babylone, dont il était satrape; Babylone, depuis une cinquantaine d'années, appartenait aux Assyriens. Nabopolassar, s'étant allié avec Cyaxare, roi des Mèdes, attaqua le roi d'Assyrie, s'empara de Ninive, trancha les jours de Chyniladanus, et mit ainsi fin à l'antique royaume de Nimrod le chasseur.

— Voir: Ninive.

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ASTARTÉ,

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Deification de Sémiramis, femme de Nimrod. Connue aussi chez les différents peuples comme Vénus, Isis, Diane, la Madone, etc..

— Voir: Bahal et Caldéens.

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ASTRES.

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Le soleil, la lune et les étoiles sont appelés, dans l'Écriture, l'armée des cieux, l'armée de l'Éternel. C'est le plus magnifique spectacle que Dieu ait donné à notre terre; il est digne de l'admiration des hommes, et doit élever leurs cœurs vers l'Être suprême, créateur de ce vaste univers. Mais comme la pauvre créature, pécheresse et corrompue depuis la chute, ne saurait admirer sans être tentée d'adorer et de rendre un culte, l'Esprit-Saint qui, dans les trois premiers chapitres de la Genèse, semble avoir renfermé le plus sublime manuel de dogmatique, a pris soin de raconter la création de ces divers luminaires auxquels Dieu n'a donné l'existence que pour l'agrément et l'utilité de l'homme. Ces astres ne sont point des dieux, ce sont des choses créées qui s'en iront et s'envieilliront; ces astres ne sont que des serviteurs de Dieu, destinés à l'usage de l'homme; un jour ils passeront, mais l'homme vivra éternellement. Les peuples, sans connaissance du vrai Dieu, sont tous arrivés à une astrolâtrie, qui est bien la plus concevable et la plus noble des idolâtries, mais qui n'est cependant qu'une idolâtrie. L'éclat, la beauté de ces astres, leur influence réelle, mais éloignée, sur l'ordre du monde, la fixité des uns, la régularité des autres dans leur cours, le retour des saisons qui en dépend, les effets de la lune sur quelques maladies, en un mot, tout ce qu'il y a en eux de grand et de mystérieux, leur a fait attribuer, par différents peuples et dans presque tous les temps, une force, une connaissance, une espèce de vie, une action, une influence magique sur les destinées de ce monde, bonne ou mauvaise suivant la constellation sous laquelle tel homme est né, suivant la conjonction d'étoiles dans laquelle telle entreprise se forme ou s'exécute; de là l'astrologie si généralement crue des anciens, et même de quelques modernes (Bodin, de Thou, Montaigne), et dont l'Écriture nous montre des traces chez les Babyloniens, q.v. Ésaïe 47:13; Daniel 1:20. Les Juifs semblent avoir puisé dans leur captivité de soixante et dix années, quelques idées astrologiques; Philon fait à cet égard une profession de foi très explicite, et les rabbins plus modernes ne se sont pas fait faute des mêmes erreurs. Maïmonides en particulier, estime qu'entre les sages il ne peut pas y avoir deux opinions pour ce qui regarde les astres: chaque herbe doit avoir son étoile particulière, chaque homme de même, sans toutefois que sa liberté morale en soit atteinte ni détruite; les astres n'ont d'influence que sur les choses extérieures, sur le corps, la santé, la génération et la corruption des êtres. On trouve à la vérité, dans l'Écriture, des passages où les astres sont traités comme des créatures intelligentes, invitées à louer le Seigneur, capables de recevoir des ordres et d'y obéir, exerçant même une espèce d'influence particulière sur les produits du sol, Job 9:7; Psaumes 148:3; Deutéronome 33:14; Psaumes 104:19, etc. Mais tous ces passages sont pris dans un sens poétique, et ne peuvent pas plus favoriser l'astrologie, que tant d'autres passages où la terre, l'herbe, les eaux sont personnifiées, ne prouvent que ces objets soient effectivement animés. Moïse se prononce très fortement contre le penchant à l'astrolâtrie; il interdit au peuple de Dieu de se faire aucune espèce d'image ou d'effigie «de peur, ajoute-t-il, qu'élevant tes yeux vers les cieux, et qu'ayant vu le soleil, la lune et les étoiles, toute l'armée des cieux, tu ne sois poussé à te prosterner devant elles, et que tu ne les serves, vu que l'Éternel ton Dieu les a données en partage à tous les peuples qui sont sous tous les cieux», Deutéronome 4:19. Et Job, parlant de la supposition où il aurait pu se laisser aller à adorer le soleil qui brille et la lune qui marche noblement, dit: «C'eût été une iniquité toute jugée, car j'eusse renié le Dieu d'en haut», 31:26,28.

 

Quant à l'astronomie des Hébreux, elle ne paraît pas avoir été fort avancée, non plus que celle des autres peuples de l'antiquité. Elle reposait sur les observations que les pâtres pouvaient faire en gardant leurs troupeaux dans de vastes steppes dont aucune montagne ne bornait l'horizon: de là vient aussi que la plupart des noms que les constellations ont reçus, sont empruntés à la vie champêtre de ces premiers astronomes, le Bélier, le Taureau, etc. Les patriarches ont déjà senti leurs cœurs s'émouvoir à la contemplation des beautés célestes, cf. Genèse 15:5; 37:9, et leur langue emprunta plus d'une figure à la langue des cieux. Le soleil et la lune furent distingués naturellement au milieu des autres habitants de l'espace, à cause de leur grandeur et de leur éclat, cf. Genèse 1:16, et la lune amena la première division du temps en mois et années (q.v.). On célébrait chaque nouvelle lune par des fêtes solennelles; cf. Psaumes 81:4; 1 Samuel 20:5; etc. Les principales étoiles ou constellations mentionnées dans la Bible, sont: l'étoile du matin, Vénus, Ésaïe 14:12; cf. Apocalypse 2:28; 22:16, la Grande Ourse, ou le Chariot, Job 9:9; Orion, ibid. 38, 31, et Amos 5:8, les Pléiades, ou la Poussinière, Job 9:9; Amos 5:8; la Petite Ourse avec ses enfants (sans doute les trois étoiles courbées en arc dont la dernière marque le pôle), l'hébreu de Job 38:32; le Serpent traversant, 26:13, peut-être le Dragon entre la Grande et la Petite Ourse; les Gémeaux, Castor et Pollux, Actes 28:11, Quant à une division des astres en comètes, étoiles fixes et planètes, il n'en est parlé nulle part dans l'Écriture, et le passage Jude 13 n'a qu'un sens tout à fait figuré.

 

L’expression «astre errant» signifie dans le Grec «planète». Cela nous amène à penser que le monde de Nod où Caïn fut bani fut une planète, car Nod signifie «errant». Il s’agit donc d’une terre errante, un corps céleste qui, selon certains, se trouvaient entre Mars et Jupiter avant d’éclater dans une catastrophe cosmique, qui en toute probabilité occasionna le Déluge sur notre Terre.

 

Les Égyptiens, les Caldéens, les Babyloniens, d'autres peuples dont la configuration géographique et les vastes plaines étaient plus favorables à l'observation des astres, et ceux qui, cherchant leur vie dans le commerce et dans la navigation, devaient avoir l'astronomie pour alliée, ont à cet égard laissé les Hébreux bien en arrière. C'est en Égypte que, d'après Hérodote, on aurait découvert la véritable année solaire, et les habitants de ce pays auraient, d'après Dion Cassais, trouvé la division en semaines de sept jours dans le nombre des planètes. Cette dernière assertion cependant est plus que douteuse, car il est très probable que la semaine était connue dès les jours de la création, et qu'elle se sera conservée au moins comme tradition, et comme division du temps, chez tous les descendants de Noé.

 

Mais quelque reculés qu'aient été les Hébreux dans la science de l'astronomie, il est remarquable qu'aucun de leurs livres sacrés ne renferme une seule erreur sur ce sujet; on y découvre au contraire, avec étonnement, une science ou prescience de la véritable astronomie, qui montre à l'évidence l'intervention de l'Esprit de vérité qui a conduit la plume des historiens comme celle des prophètes. Tous les peuples ont compté le nombre des étoiles, et les premiers télescopes ont bien servi cette opération; mais la Bible nous dit qu'elles sont innombrables, et Herschel l'a prouvé. «Comme leur nombre, dit-il, croît indéfiniment à mesure que les instruments se perfectionnent, on peut dire, par expérience, que ce nombre est infini dans toute l'étendue du sens qu'on voudra donner à ce mot.» Il estime qu'une nébuleuse est un groupe qui ne renferme pas moins de vingt mille soleils. Ailleurs la Bible nous parle de la terre comme d'un globe, Ésaïe 40:22; Job 26:10; Proverbes 8:27: ailleurs encore elle nous la montre suspendue dans le vide, Job 26:7,: autant de notions inconnues des anciens, et qui eussent passé pour hérétiques en cour de Rome, aussi bien que le mouvement de la terre de Galilée. Le passage, Luc 17:31,34, où le glorieux avènement de notre Seigneur est annoncé comme devant avoir lieu pour les uns de jour, pour les autres de nuit, semble encore supposer la rotation de la terre et le mouvement diurne. Nous n'insisterons pas davantage sur cette idée; un maître habile l'a développée de manière à ne rien laisser désirer, M. Gaussen, dans sa Théopneustie, pages 172 et suivantes.

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ASTROLÂTRIE, Astrologie, Astronomie,

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— Voir: l'article précédent.

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ASYNCRITE,

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Romains 46:14, est inconnu. Les Grecs le font évêque d'Hyrcanie.

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ATAD,

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Cananéen qui possédait une aire dans le lieu qui fut appelé Abel-Mitsraïm (deuil d'Égypte), en suite du deuil que les fils de Jacob et les Égyptiens menèrent sur ce patriarche, Genèse 50:11.

 

— Voir: Abel-Mitsraïm.

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ATHALIE

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(heure de l'Éternel). On devrait écrire Hathalie; mais Racine a immortalisé une orthographe fautive, et peut-être plus harmonieuse; c'est presque maintenant le seul nom connu de cette méchante reine. Elle était petite fille de Homri, et fille d'Achab et de Jézabel; elle épousa Joram roi de Juda, et sut entraînera l'idolâtrie son époux, et son fils Achazia, 2 Rois 8:18,26. (884 avant J.-C.). La révolution de Jéhu ayant fait périr la famille entière d'Achab, et avec elle Achazia, qui se trouvait alors à Samarie, Athalie s'empara du trône laissé vacant par la mort de son fils et, pour s'en assurer la possession, elle extermina toute la race royale. Joas, son petit-fils, encore à la mamelle, échappa seul au massacre, grâces aux soins d'une tante, Jéhosébah, sœur de son père. Caché dans le temple, et secrètement élevé pendant six ans par son oncle Jéhojadah, souverain sacrificateur, il est proclamé roi à l'âge de sept ans. Les cris de vive le roi éveillent l'attention de la régente usurpatrice; elle accourt, elle regarde, elle voit dans le temple un roi déjà oint de l'huile sacrée et assis près de la colonne selon la coutume des rois; les capitaines, les sacrificateurs et tout le peuple font entendre des cris de joie qui se mêlent au bruit retentissant des trompettes. Elle s'écrie conjuration! conjuration! elle déchire ses vêtements, elle voudrait recourir aux quelques créatures qui lui sont restées fidèles; mais sa dernière heure a sonné: seulement le souverain sacrificateur ne permettra pas qu'on mette à mort cette profane dans la maison de l'Éternel; on la chasse du temple, et en rentrant dans son palais, elle trouve le châtiment qu'elle a si justement mérité, 2 Rois 11; 2 Chroniques 23.

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ATHÈNES,

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ville célèbre de la Grèce, située dans une plaine délicieuse, à environ 40 kilomètres est de Corinthe. Elle passe pour avoir été bâtie 1580 ans avant la naissance de Jésus, c'est-à-dire à peu près au temps du séjour de Moïse en Égypte; mais il est probable que c'est placer cette origine quelques siècles trop tôt. Athènes fut d'abord gouvernée par des rois de la famille de Cécrops, égyptien, son fondateur. Au bout de 487 ans, à la mort de Codrus, les Athéniens se donnèrent pour chefs les Archontes, espèce de magistrats nommés d'abord à vie, puis pour dix ans seulement, puis enfin pour un an, et dont le pouvoir ressemblait beaucoup à celui des rois. Ils finirent par se constituer en démocratie pure, sous Solon, vers 588. Quatre siècles plus tard, les Athéniens, qui étaient tombés sous la puissance des rois de Macédoine successeurs d'Alexandre, subirent avec eux le joug des Romains; ils le portaient encore aux jours de notre Seigneur.

 

Athènes brilla de bonne heure, au sein du monde idolâtre, par ses succès dans les sciences et dans les arts. Peu de villes donnèrent le jour à plus d'hommes illustres, et jouirent de plus de gloire. La littérature et les beaux arts y survécurent à la ruine de sa puissance et de sa liberté: Athènes demeura longtemps le centre des sciences, et de toutes parts on allait à l'école de ses grands maîtres, puiser cet atticisme dont les Romains eux-mêmes faisaient tant de cas. Ce fut aussi l'une des villes où le paganisme prit le plus de développements, et où il se formula de la manière la plus précise. Jaloux d'adorer tous les dieux, sans en excepter aucun, les Athéniens avaient, par surcroît de précaution, élevé un autel au Dieu inconnu, Actes 17:23, ou plutôt à un dieu inconnu. Peut-être même existait-il plusieurs autels consacrés aux divinités étrangères et inconnues. Saint Paul, avec cette habileté, cet à propos, cette argumentation ad hominem qui le caractérise à un si haut degré comme orateur, rattache à ce fait qu'il a sous les yeux, et qui est bien connu des Athéniens, tout ce qu'il veut dire à cette population légère et distraite. Il ne veut pas leur annoncer quelque nouvelle étrange, inattendue; mais ce Dieu inconnu dont les Athéniens semblent attendre qu'il se manifeste, saint Paul le connaît et veut le leur faire connaître aussi. Ses auditeurs, d'accord avec Paul sur le point de départ, et piqués par la curiosité de savoir quelles conclusions il tirera de ses prémisses, l'écoutent avec attention, et entendent l'Évangile; mais, comme toujours, peu d'entre eux le reçurent, et lorsque l'apôtre vint à parler de la résurrection, ils se dispersèrent en se moquant. Quelques-uns crurent la Parole, Denys l'aréopagite, Damaris, et d'autres; la plupart la rejetèrent.

 

Athènes, au temps de Paul, était déjà à une époque de décadence. Conquise par Sylla, elle avait vu détruire ses plus beaux édifices; elle languit jusqu'aux temps d'Adrien qui s'efforça de lui rendre son premier lustre. Sa chute graduelle a été ensuite l'effet des troubles du moyen âge. Ce n'est plus maintenant qu'une ville de 14 à 18,000 âmes; mais sa population tend à augmenter de nouveau. Résidence royale, elle a vu depuis quelques années s'élever des édifices plus somptueux que les cabanes et les ruines qui l'ornaient seules il y a peu d'années. Le peuple travaille courageusement à sortir de sa misère, et le gouvernement le seconde de tout son pouvoir.

 

— On trouve dans la contrée peu de bêtes à cornes, mais beaucoup d'ânes, de chevaux, de mulets, et quelques chameaux, (voir dans le Morgenland de 1839, trois lettres écrites d'Athènes, par Woringer, p. 273, 300, 342, et les Voyages de Hartley en Grèce).

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ATTALIE,

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ville maritime de la Pamphylie, à l'embouchure du fleuve Kattarrhactes, et résidence principale d'un préfet de Rome; elle portait le nom d'Attale Philadelphe, roi de Pergame, son fondateur; elle subsiste encore de nos jours sous le nom de Antali, et n'est pas sans importance. Paul et Barnabas y passèrent en allant de Perge à Antioche, Actes 14:25; mais nous ne savons rien de plus sur l'histoire religieuse de cette ville, sinon qu'au cinquième et au sixième siècle, il s'y trouvait un évêque.

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ATTIRSATHA,

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Néhémie 8:9; 10:1, surnom de Néhémie, tiré de son emploi; il signifie échanson du roi.

 

— Voir: Néhémie.

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AUGUSTE,

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Luc 2:1, d'abord appelé Caius Octavius, était petit-fils de Julia, la sœur de Jules-César. Son grand oncle l'avait adopté pour son fils, et le déclarait par son testament, son principal héritier. Le jeune Octave, poussé par une ambition excessive qui le faisait aspirer à la domination de sa patrie, prit une part active aux guerres qui déchiraient la république romaine, et déploya tout ensemble beaucoup de hardiesse, de ruse et de cruauté. Il sut se défaire de ses ennemis en les détruisant les uns par les autres, jusqu'à ce qu'il ne lui resta plus qu'un seul adversaire, le consul Marc-Antoine. Il le vainquit à la bataille d'Actium, et se fit dès lors adjuger par le sénat de Rome, le pouvoir suprême avec le titre d'Imperator (général victorieux), ceux de roi et de dictateur étant odieux au peuple romain, et celui de consul ne suffisant pas à l'ambition d'Octave, parce qu'il ne conférait cette dignité que pour un an, et qu'Octave entendait bien ne pas se dessaisir du pouvoir. Il fut aussi nommé Auguste, et même Père de la patrie; il prit en outre le nom de César qu'il légua à ses successeurs. Dans la suite il fit sans doute semblant d'abdiquer, il offrit même sa démission au sénat; mais il choisissait bien son temps, ce n'était qu'une comédie: il avait gagné le sénat par des flatteries et des largesses, le peuple par sa modération et sa douceur, l'armée par les succès de ses généraux. Son pouvoir fut ainsi trempé à neuf et consolidé pour la vie; le sénat et le peuple ne furent plus qu'une machine dont il tenait tous les fils, et qu'il conduisait comme il voulait. Il conserva au gouvernement les anciens noms et les anciennes formes, sachant bien que ces hochets (puisque hochets il y a), ont plus d'empire sur l'esprit des peuples, que les constitutions elles-mêmes; il laissa au peuple le droit d'élire les principaux magistrats, et au sénat la nomination des gouverneurs des provinces, à l'exception de celles qui étaient exposées aux attaques de l'ennemi, et dans lesquelles par conséquent les légions se trouvaient réunies: c'était se faire la part du lion. Son plus grand soin était de rendre sa domination insensible, afin de ne pas irriter un peuple qui avait répandu son sang pour la république; il séduisit les Romains par ses manières et par sa politique, et les laissa croire à la liberté lorsque déjà son gouvernement n'était plus qu'une complète tyrannie.

 

Son siècle fut l'époque des plus beaux génies, soit dans le domaine des lettres, soit dans l'art de l'administration et de la guerre: les noms des Tite-Live, des Virgile, des Horace et des Mécènes dans la littérature, des Agrippa, des Drusus, des Tibère dans la science des batailles, répandent un éclat immortel sur ce règne despotique.

 

Auguste eut encore l'honneur et le bonheur de faire, pour la troisième fois depuis la fondation de Rome, fermer le temple de Janus, qui restait ouvert en temps de guerre; mais cette paix ne fut pas obtenue sans de violents combats: il fallut en livrer en Afrique, en Asie, dans les Gaules et en Espagne, où les légions eurent bien de la peine à soumettre les Cantabres. Ses armes soumirent encore l'Aquitaine, la Pannonie, la Dalmatie, l'Illyrie, et continrent les Daces, les Numides, les Éthiopiens. Il fit une alliance avec les Parthes, qui cédèrent l'Arménie, et rendirent les drapeaux enlevés à Crassus et à Antoine dont les armées avaient été taillées en pièces. Cet hommage rendu à Auguste par les barbares, fut imputé à celui-ci par les Romains comme un véritable triomphe. Il eut à combattre aussi les Germains sur lesquels il remporta divers avantages, mais qui lui firent éprouver un échec terrible par le massacre de l'armée commandée par Varus. Ce revers causa la plus vive douleur à l'empereur, qui s'écria plus d'une fois: «Varus, Varus, rends-moi mes légions!» Tibère effaça par ses triomphes la défaite de ce général qu'il vengea cruellement.

 

Les jours de l'empereur furent deux fois menacés par le fer des conspirateurs: la première fois, au commencement de son règne, la deuxième vers la fin. Cinna, qu'Auguste avait comblé de ses bienfaits, était à la tête de cette dernière conjuration. Auguste informé de la chose, fit venir auprès de lui le coupable, lui pardonna généreusement en lui témoignant beaucoup d'affection, et le fit même consul pour l'année suivante. Ce noble procédé désarma tous les complices, et porta au plus haut degré l'amour et l'admiration du peuple romain pour son chef. Dès lors il n'eut plus d'ennemis, ni au dedans ni au dehors; sa douceur, sa clémence, son amour pour la justice lui avaient gagné tous les cœurs. Nous avons vu sa conduite à l'égard d'Archelaüs (— Voir: cet article); ce fut encore lui qui fit donner à Hérode, par le sénat romain, la couronne de la Judée, et il y ajouta plus tard la tétrarchie de Zénodonus: il voulut faire lui-même l'éducation d'Alexandre et d'Aristobule, fils d'Hérode, et leur donna des appartements dans son propre palais. On comprend, d'après cela, combien Auguste dut être affligé lorsque, dans la suite, Hérode versa le sang de ces deux jeunes princes. «Il vaut mieux être le porc d'Hérode que son fils!» s'écria-t-il dans son indignation.

 

Quand la paix fut rétablie dans son empire, il fit faire un recensement général de tous ses sujets; il en ordonna même trois presque consécutivement, et c'est pendant le second qui commença sept ans environ avant Christ, et qui durait encore à cette époque, que Joseph et Marie vinrent se faire enregistrer dans le lieu de leur bourgeoisie, Bethléhem, Luc 2:1-6. (Il faut ajouter cependant, que l'impôt qui fut établi par l'empereur en suite de ce recensement, ne fut prélevé que quelques années plus tard.) Ce fut dans la vingt-sixième année d'Auguste que naquit le Sauveur du monde; et le même règne qui vit fermer les portes du temple de Janus, vit naître aussi le prince de la paix, mais d'une paix meilleure et plus durable, de celle dont l'Éternel a dit: «C'est moi qui la donne.» À côté du fondateur de la monarchie impériale de Rome, s'élevait celui qui venait fonder le nouveau royaume d'Israël, un empire universel, éternel, qui devait, quelque chétifs que fussent ses commencements, envahir le monde entier, et dominer les ruines de l'empire romain.

 

Auguste mourut à Nole en Campanie, l'an 14 avant J.-C., au retour d'un voyage qu'il avait entrepris pour sa santé. Il avait atteint sa soixante-treizième année, (selon d'autres sa soixante-dix-septième), et avait régné quarante ans. Après sa mort, comme pendant sa vie, il fut regardé comme un Dieu par le peuple romain qui lui éleva des temples, et lui rendit un culte particulier.

 

— Son nom devint un titre pour les empereurs suivants, et nous voyons, Actes 25:21, Néron désigné sous le nom d'Auguste.